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La faute à la com’

Par Alain Raviart dans Actu , le 3 février 2012 08h47 | Ajouter un commentaire

 Y a comme un truc qui gave. A chaque fois que le gouvernement fédéral est pointé du doigt, il répond systématiquement : « C’est la faute à la com’ ».

 Souvenez-vous. La réforme des pensions. Nécessaire ! Mais Vincent Van Quickenborne, ministre responsable, responsable surtout d’avoir crié urbi et orbi que ça allait changer. Et que ce n’était pas fini. Sa sortie a été jugée maladroite par certains de ses collègues – trop violente. La bonne stratégie de communication viserait donc à dire qu’il faut le dire sans le dire.

 Autre exemple complètement foireux : la déductibilité fiscale des crédits hypothécaires.  Le secrétaire d’Etat aux réformes institutionnelles, Servais Verherstraeten, avait insisté sur ce point. Imbroglio. Des jours pour rectifier le tir qui, au fait, n’a toujours pas été aligné dans un discours commun. La com’, bougre d’un porte-parole silencieux, n’a pas été optimale. Mais, rassurez-vous bonnes gens, la décision est pertinente… Ça ne changera rien aux montants que vous percevez…

 Cause toujours. Vu la situation financière des Régions wallonnes et bruxelloises, cette promesse n’engage que les francophones qui y croient. Ce n’est pas seulement la faute de la com’ si personne n’est rassuré.

 Dernier exemple en date. Bien sûr, la politique de l’asile.

 Misère : c’est l’hiver. Pas prévu ça dites donc. Les collègues de la secrétaire d’Etat Maggie De Block ne manquent pas de cynisme, poids des mots, choc des photos : « Elle communique mal, mauvaise image ». Comme une évidence déplacée.

 Pourtant bravement, Maggie a quitté son cabinet médical pour se rendre dans un cabinet ministériel tout pourri et terminer hier soir dans un entrepôt de Molenbeek. Des centaines de lits y ont été dressés.

 A table !

 Les caméras sont là pour filmer. En voilà une bonne com’. Sauf que c’est la ligue d’impro. La situation n’est pas grave puis du jour au lendemain elle devient urgente, comme si une administration ne pouvait assurer et anticiper le suivi minimum – quand bien même après 531 jours d’affaires courantes, quand bien même après un changement de ministres, au pluriel, qui incarnent aussi l’échec collectif.  

 En fait les demandeurs d’asile, les sdf c’est comme le sel sur les routes : il faut espérer que ça ne caille pas trop, sinon ça exigent des mesures, ça coûte cher, ça demande une gestion du stock et ça ennuie un gouvernement. Pas facile de gérer l’humain.

 Le dire sans le dire, le faire sans le dire et plus classiquement le dire sans le faire. Depuis la crise économique de 2008, la population est saoulée par une formule de com’muniant : « C’est pas de votre faute !». Bien sûr ! Pourtant l’austérité frappe d’abord les gens. Pour de plus en plus de monde, ce n’est plus une question de vie mais de survie. Pendant ce temps, le marché n’est toujours pas régulé et, en cette année 2012, il a arrêté de boiter et il remarche même de mieux en mieux. Il va finir par courir et faire en sorte qu’on ne puisse définitivement plus le rattraper pour le domestiquer.

 La communication des partis politiques est à l’avenant. La gauche dit qu’elle comprend la grève de lundi, la droite ne comprend pas et le centre dit comprendre tous ceux qui comprennent et tous ceux qui ne comprennent pas. Bref, comment comprendre qu’il y a encore quelque chose à comprendre.

 Ce texte tourne fou, c’est fait exprès.

 On peut vous prédire la prochaine gaffe de communication du gouvernement : la hausse de la TVA. En octobre dernier, elle était déjà sur la table des négociateurs. Chuuut ! Rien dire sauf qu’on vous avait prévenu à l’époque… L’augmentation généralisée était chiffrée à 0,5 point.

 Si cette hausse de la TVA est adoptée, calmez-vous, ce sera juste une erreur de com’ et vous n’aurez qu’à l’expliquer à votre… portefeuille.      

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