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L’ingrat métier d’entraîneur

Par Mathieu Tamigniau dans Jupiler League , le 28 février 2012 15h41 | Ajouter un commentaire

En foot, on parle beaucoup de deux entraîneurs en ce moment. Le 1er, Denis Van Wijk, a décidé de ne pas prolonger le contrat qui le liait à Mons. Le second, Tibor Balog, a été licencié par Charleroi. Quelques réflexions sur l’ingrat métier d’entraîneur…

imageglobe-25968541par Eddy Daniel

Il y a quelques jours, Vincent Legraive avait évoqué les difficultés du métier d’entraîneur de foot. Pas toujours bien payé, devant gérer des paramètres humains, matériels, financiers, et autres… Être maître tacticien, observateur, didactique, être psychologue (beaucoup), masseur, pharmacien (un peu), un père d’adoption parfois… Vous comprenez que ça coince, parfois.

Voyez l’entraîneur de Mons, Denis Van Wijk.

Battu à La Gantoise samedi alors qu’il était en pleine négociation pour la prolongation de son contrat. Mais manifestement ça coince. Après un bon 1er tour, l’équipe n’a pas gagné une fois en 2012. On dit que la révolte gronde dans le vestiaire… 13 mutins sur un noyau de 26 joueurs. Alors Denis Van Wijk jette l’éponge. En pleine conférence de presse d’après match, il annonce d’une manière un peu cavalière qu’il ne prolongera pas son contrat. Sur papier.

La direction en a conclu que cela prendrait effet immédiatement sur le terrain. M Van Wijk peut rester à la maison. Son adjoint se chargera de l’entraînement et du coaching.

Dès que l’équipe pend un peu de l’aile, vlan ! Par ici la sortie.

Un des spécialistes du limogeage express: le président de Charleroi Abbas Bayat. En novembre on avait évoqué le cas de son coach Tibor Balog. Un intermittent en fait. Il n’avait pas de contrat ce brave Tibor. En novembre, il se plaignait un peu le pauvre: « je pense que le président va me faire signer. Il faut qu’on discute de choses importantes. Je le connais. Il ne traînera plus ». Tiens, cause toujours ! 3 mois après, toujours rien. Et un faux pas: un partage contre Boussu Dour. Résultat: la pooorte !

13 victoires et une deuxième place au classement à deux points du leader n’y ont rien changé. Remplacé par Notaro. J’allais dire licencié, mais ce n’est pas possible puisqu’il n’avait pas de contrat. Le 3ème entraîneur cette année à Charleroi. Le 22ème changement depuis 2000.

Bayat, le président « Lucky Luke », qui vire plus vite que son ombre.

Les supporters en ont marre. Pour eux Abbas Bayat est devenu « à bat Bayat » ! Ils l’ont fait savoir clairement avant le match contre St Nicolas, dimanche dernier. Feux de Bengale, manif en rue, pancartes dans toute la ville, blocages des entrées aux tribunes populaires, coups de sifflet, banderoles vengeresses, huées…

Sur Facebook, un ancien joueur s’est lâché:  » une petite pensée pour ce club de Charleroi qui subit encore les foudres de ce dictateur de m… qui ne fait encore que tacher l’image du club. »

Le président Bayat a peut-être bien fait d’arriver sous escorte policière. C’est sûr, c’est regrettable d’en arriver à des extrémités pareilles. Mais faut pas se moquer du monde non plus.

Quand son équipe s’est trouvée menée 0-1, le président a quitté les tribunes. Comme un capitaine quitte son navire qui tangue. Il n’a donc pas vu les 3 buts qui ont permis à Charleroi de remporter le match 3-1.

Qui a dit « bien fait » ?

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