Et si le souhait de Mme Hoefkens devenait réalité ?

Par Gaëtan Willemsen dans Diables Rouges, Divers , le 27 août 2010 21h10 | 7 commentaires
En ces temps institutionnels incertains, ce ne sont pas nos Diables Rouges moribonds qui poussent Flamands et francophones à se réunir autour d’une bonne bière belge pour célébrer nos couleurs. Au contraire… un pavé dans la marre est aujourd’hui jeté, mais il ne vient pas d’où on l’attendait.
 
Carl Hoefkens et sa femme Vanessa

Carl Hoefkens et sa femme Vanessa

« Je pense qu’il serait préférable de faire deux équipes nationales, l’une flamande et l’autre wallonne. » Cet avis n’est pas celui d’une ancienne gloire du football belge, ni même celui d’un joueur de seconde zone de notre D1 (à qui, il est vrai, on ne demande jamais l’avis…). Non, il provient de Vanessa. Vanessa qui ? Pour l’immense majorité des francophones qui ne la connaissent pas, laissez-moi vous la présenter. Vanessa Hoefkens est une ancienne serveuse de la boite de nuit lierroise La Rocca dont la poitrine aurait pu lui ouvrir les portes de la série Alerte à Malibu… Et comme elle semble aimer les ballons, quoi de plus normal que d’épouser un joueur de foot originaire du coin, qui plus est quand il s’agit du beau gosse de l’équipe locale ? Il s’agit, vous l’avez compris à son patronyme, du défenseur brugeois et ex-Diable Rouge Carl Hoefkens, qui a débuté sa carrière au Lierse à la grande époque du club, vers 95-97.

Et c’est là que ça coince ! Car dans le magazine flamand Menzo, à qui elle a confié corps et esprit (autant joindre l’utile à l’agréable me direz-vous…), elle assure que « Carl et ses équipiers sont du même avis. » Selon la Bekende Vlaming, et apparemment d’après les joueurs flamands du Club Brugeois, « en réunissant les Flandriens, il y aurait à nouveau une identité et du caractère dans l’équipe. » Si c’est vrai, je n’ose imaginer les folles soirées de complicité que Jonathan Blondel (soit dit en passant le Blauw-en-Zwart ayant le plus de caractère sur le terrain) doit passer avec ses coéquipiers !

 

Faisons plaisir à Vanessa…

Mais prenons un instant la blonde au mot. Que donneraient deux équipes nationales distinctes, l’une Flamande et l’autre francophone (on ne va tout de même pas pousser le bouchon jusqu’à créer une « équipe nationale » bruxelloise à côté d’une wallonne, puisque même Bart De Wever voudrait que les Bruxellois choisissent leur « sous-nationalité »). Et bien chers internautes, à mon humble avis, nos amis du nord du pays auraient bien du souci à se faire !

Analysons poste par poste en ne prenant en compte que les joueurs ayant déjà été internationaux A ou Espoir et plaçons-les en 4-4-2 classique.

 

Gardien de but : gros avantage aux francophonesbailly

FR : Logan Bailly, Silvio Proto, Jean-François Gillet, Olivier Renard… voir Cyprien Baguette et Thibault Courtois pour l’avenir

NL : Stijn Stijnen et … Simon Mignolet pour le futur (sans oublier les éphémères Brian Vandenbussche et Kenny Steppe)

En gros, les 3 titulaires potentiels des Diables côté francophone et le seul Stijnen côté flamand. Voyons le bon côté des choses pour la Flandre: lui au moins sait comment arrêter Cristiano Ronaldo…

 

Défense : léger avantage aux francophonesvermaelen

FR : Sébastien Pocognoli, Vincent Kompany, Daniel Van Buyten, Laurent Ciman / Anthony Vanden Borre

NL : Jelle Van Damme / Olivier Deschacht, Thomas Vermaelen / Nicolas Lombaerts, Toby Alderweireld, Gill Swerts / Sepp De Roover

Non Mme Hoefkens, votre mari ne serait pas titulaire indiscutable ici non plus… Si la Flandre compte plus de joueurs par poste, les qualités intrinsèques de ceux-ci sont peut-être un ton en dessous, exception faite de Thomas Vermaelen, à mon avis le meilleur défenseur belge actuel. Côté francophone, Guillaume Gillet est, à mon sens, plus utile en milieu de terrain où ses qualités de buteur/infiltreur (on sent qu’il a évolué en attaque jusqu’à son arrivée à La Gantoise) pourraient mieux s’exprimer.

 

Milieu de terrain : avantage aux francophoneshazard

FR : Eden Hazard / Mehdi Carcela, Marouane Fellaini, Axel Witsel / Guillaume Gillet, Jonathan Legear

NL : Maarten Martens, Jan Vertonghen, Steven Defour, Kevin De Bruyne

L’équipe francophone aurait fière allure avec deux des Belges qui réussissent le mieux à l’étranger, Fellaini et Hazard (sans oublier des joueurs comme Blondel, Lepoint, Lamah, Odjidja-Ofoe ou Mudingayi qui pourraient suppléer). Les Flamands manqueraient, eux, de percussion sur les flancs, mais la vista de Steven Defour resterait un atout. De plus, leur banc serait léger car composé de vieux serviteurs comme Simons, Thijs ou Buffel, même si le jeune Dries Mertens de Utrecht semble promis à un très bel avenir.

 

Attaque : avantage à … personne !lukaku

FR : Benteke, Mirallas
NL : Dembélé, De Sutter

Pourquoi Romelu Lukaku n’est pas dans une des sélections, me demanderez-vous ? Car le jeune homme devrait choisir. Lui qui est né à Anvers, a suivi un cursus scolaire flamand, mais qui parle parfaitement le français puisque c’est la langue parlée par ses parents à la maison ! Idem pour Igor De Camargo. Arrivé en Belgique à Genk à l’âge de 16 ans, le Belgo-brésilien a d’abord appris le néerlandais avant de devenir un pion majeur du Standard et d’y parler surtout français, une langue plus proche de son portugais natal.

Avantage à personne donc, car notre plat pays se révèle effectivement bien plat quand il s’agit de secouer les filets adverses. Même en considérant les solutions de rechange de part et d’autre de la frontière linguistique (Mpenza, Pieroni, Sonck, Vleminckx, Vossen, …), force est de constater qu’on ne trouve pas (encore) d’attaquant de calibre international en Belgique.

 

Pourquoi se déforcer ?

Preuve en est, il fut un temps où Vanessa soutenait les Diables...

Preuve en est, il fut un temps où Vanessa soutenait les Diables...

Je considère donc une hypothétique équipe francophone meilleure sur papier que sa consœur flamande. Mais si cela reste subjectif, personne ne pourra nier que couper les Diables en deux ne pourrait que déforcer chacune des équipes restantes. Dès lors, quel pourrait être l’argument de certains footballeurs flamands pour souhaiter une scission de notre équipe nationale ? La barrière de la langue explique les mauvais résultats des Diables ? Moi je dis « foutaises » ! Allez demander à des effectifs ultra cosmopolites comme on en trouve à l’Inter Milan ou à Arsenal si le fait de parler 68 langues différentes dans le vestiaire les empêche de jouer en équipe ?

A moins qu’au nord du pays, l’amour du maillot ne grandisse à mesure que celui-ci jaunit ? Suis-je bête, j’avais déjà la réponse : « En Belgique, jouer pour son équipe nationale est devenu une obligation, une contrainte. Les supporters ne se reconnaissent plus dans les joueurs et je pense qu’il y aurait beaucoup plus de monde si une équipe 100% flamande était sur la pelouse. Il y aurait au moins une interaction. Là, on pousse deux nationalités différentes à s’entendre et ça ne colle pas. » Si c’est Vanessa qui le dit, on ne peut qu’en rire… de bon cœur en offrant une bière bien belge à un compatriote néerlandophone lors d’un match des Diables !

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