Dexia a remboursé Belfius, mais le Belge n’est pas sauvé…

Par asolimando dans #Debrief7h50 , le 6 février 2015 13h23 | Commentaires fermés sur Dexia a remboursé Belfius, mais le Belge n’est pas sauvé…

Le patron de la banque Belfius était l’invité de Bel-RTL à 7h50. Marc Raisière est venu annoncer que Dexia a remboursé le dernier euro de dette qu’elle devrait à Belfius.

 

 

 

 

 

Dexia a remboursé sa dette auprès de Belfius, ça ne veut pas dire que le contribuable en a totalement fini avec les risques…

La banque nationale belge Belfius est remboursée, mais l’Etat belge est lui toujours exposé. dans le groupe Dexia (appelé aussi la « Bad Bank »). On le rappelle, quand Dexia a commencé à éprouver des difficultés, lors de la crise des dettes souveraines, non seulement les Etats belge et français ont injecté de l’argent, pour recapitaliser le bancassureur. Mais en plus, la Belgique, la France et le Luxembourg ont octroyé une garantie d’Etat, au groupe. Comme une sorte d’hypothèque. Les trois Etats se sont portés garants des emprunts contractés par Dexia, au départ pour une somme maximale de 85 milliards d’euros. Aujourd’hui pour 75 milliards. Une somme qui pourrait tomber à 60 milliards à la fin du mois de février.

Cet engagement tient jusque 2021. Jusqu’à cette date, il reste donc une sorte d’épée de damoclès, sur la tête des contribuables, en cas de nouvelle crise financière internationale.

 

« Le rôle de la banque belfius, c’est de récolter l’épargne et de l’injecter dans l’économie ». Cette phrase a retenu notre attention, Antonio…

Elle sonne comme un slogan publicitaire. Et comme une volonté d’effacer le passé, de Belfius. Le passé, le bancassseur Dexia des années 2000, c’est d’abord l’épargne des belges mobilisée par la branche crédit local en France, et qui finançait donc des projets de collectivités territoriales en France.  

Le passé de Belfius, c’est aussi une série de montages « Offshore », comme on dit : des montages financiers mis en place par l’ancienne direction de la banque Dexia,  pour inciter ses clients à placer leur argent dans des paradis fiscaux. Une pratique qui ne collait pas vraiment avec l’éthique que l’on pouvait attendre d’une banque détenue par des pouvoirs publics.

 

L’Etat belge pourrait vendre Belfius, en tout ou en partie. Sur le sujet, le patron de la banque prend de fameuses précautions…

 Dossiers ultrasensible. On n’aurait de toute façon pas imaginé le patron de Belfius prendre position publiquement sur le sujet ce matin.  Il suit benoitement la position du Ministre des finances : « prendre le temps d’analyser la situation ». Médiatiquement, Johan Van Overtveldt n’a pas toujours été aussi attentiste dans ce dossier par le passé.

 

Antonio Solimando

 

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