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« Non Johnny, t’es pas tout seul »

Par aschildt dans musique , le 11 janvier 2011 15h59 | 4 commentaires

La solitude, il l’a déjà chantée des centaines de fois. Grand thème récurrent de son répertoire, juste après l’amour, peut-être. Parce qu’elle lui colle à la peau, cette solitude. Parce qu’elle le définit, bien plus que les Harley ou les aigles tatoués. Et ça, les paroliers M et Hocine Merabet l’ont bien compris. Johnny revient avec un single, « Jamais seul ». Bluesy, authentique. Loin de la variété commerciale qui avait bien failli ternir l’âme du rockeur.

jamais-seul-johnnyD’abord, il y a les loups qui hurlent à la lune. Le trop plein d’alcool. La nuit noire, celle des angoisses, propice à faire ressurgir les vieux démons qu’on croyait étouffés, mais qui dorment toujours, paisiblement. Ensuite il y a ces mots… « Jamais seul ». Comme un leitmotiv, une bribe de mantra, bien vaine auto-persuasion en fait, car ce n’est pas après 50 ans de carrière qu’on lui fera croire qu’il n’est pas seul.

A coeur ouvert

Même s’il a beau clamer le contraire, aujourd’hui même dans une lettre ouverte adressée à son public, sur son site officiel : « Jamais seul est la seule notion que je retiens lorsque l’on s’attaque à ma femme Laeticia, mon fils David, ma fille Laura et mes petites Jade et Joy. Jamais seul, je ne le serai jamais parce que comme ma propre famille, vous êtes là aussi et indéfectiblement ».

Et pourtant… Juste avant de monter sur scène, recroquevillé dans la main de fer géante qui le libérera dans ce Zénith surchauffé de 1984, l’exposera à ce public survolté, qui n’en peut plus d’attendre sa légende. Une idole bien fragile, comme jetée en pâture. « Seul dans un rond de lumière, seul avec la terre entière« . Face au miroir de sa loge, sous la lumière blafarde des néons, le visage défait et dégoulinant de sueur après avoir tout donné. Bien sûr qu’il est seul. Malgré les photos de famille qui décorent les murs, malgré sa présence à elle, bienfaitrice, apaisante, mais pas toujours suffisante. A bout de forces, quand l’envie se barre, quand les vieilles douleurs de sa carcasse de rockeur repointent leur sale gueule, et qu’approche l’heure du 23e concert en trois mois… Bien sûr qu’il est seul. Plus seul que jamais, sur ce lit d’hôpital du Cedars-Sinai en décembre 2009, entre la vie et la mort. Entouré, mais seul.

« La solitude est grand pays, j’y vivrai le reste de ma vie »

Nier la solitude pour mieux la faire taire, la chanter sous toutes les coutures, en bon exorciste du Rock. La hurler, même. Appuyé sur le genou gauche, la jambe droite tendue. « Je suis seul ! Désespéré ! », au son larmoyant des trompettes et saxo.  »Je suis seul! », un cri pour se faire aimer encore plus de ces milliers d’hommes et de femmes qui assistent impuissants à ce désarroi d’un chanteur abandonné qu’on voudrait bien sauver. « Seul au beau milieu d’un lac« , « Seul mais pas solitaire« . 

On aimerait pouvoir le rassurer, lui souffler « Non Johnny, t’es pas tout seul« , comme le grand Brel à son Jeff. Mais voilà, quoi qu’il en dise, Johnny est fait de ça. De blues, de spleen et de solitude. Et c’est aussi pour ça qu’on l’aime.



Johnny hallyday je suis seul
envoyé par ejr2. – Regardez la dernière sélection musicale.

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