Rencontre avec Romain Sardou : Tel père, tel fils ?
Il s’est fait connaître avec ses sagas médiévales. Romain Sardou continue sur sa lancée historique, en consacrant une trilogie au pays de son enfance : les Etats-Unis.
Il est des rencontres qui vous plombent un adage en moins de deux. Prenez Romain Sardou. Fils de Michel, réputé pour son capital sympathie. Ses sourires, sa bonne humeur. Le roi de la blagouille entre deux chansons, sur scène. Michel Sardou, quoi ! Eh bien figurez-vous que le fiston s’avère tout à fait charmant dès le premier contact. Poli, propre sur lui, soucieux de bien répondre à vos questions. Appliqué surtout à défendre son livre le mieux possible, car promo à part, son attachement à ce nouveau roman saute aux yeux.
« America – La treizième colonie »
Il faut dire que le passionné d’histoire s’est attaqué à un gros morceau : raconter la naissance des Etats-Unis. L’aventure des colonies, la vie de ces pionniers qui ont un jour tout quitté pour fonder une nouvelle vie, de l’autre côté de l’Atlantique. Le premier tome nous fait ainsi voyager entre trois, puis deux destins.
Romain Sardou vous balade à volonté, à coup d’aller-retour, entre les familles ennemies. Ce qui demande au lecteur une attention toute particulière, le temps de bien faire connaissance avec ces Muir et ces Bateman, qu’il va suivre sur plusieurs générations. Si vos habitudes de lecture consistent à lire dix minutes par-ci, dix par-là, passez votre chemin ! « America » demande une vraie assiduité, sans quoi vous allez vous perdre au détour d’une rivière, entre Philadelphie et New York.
Wall Street, la Wallonne
Au cours de cette épopée, il vous faudra aussi affronter quelques longueurs, car je vous l’ai dit, Romain Sardou est un passionné… Si vous ne partagez pas son amour des dates et des descriptions détaillées de tel ou tel événement, de ce cadre historique qu’il semble juger nécessaire et palpitant, alors vous trouverez comme moi certains passages un peu laborieux. Accrochez-vous, sautez quelques lignes au besoin, car la suite en vaut la peine ! La force de l’intrigue est bien là, elle s’intensifie même au fil des chapitres.
D’ailleurs la mauvaise élève d’histoire que je suis doit bien reconnaître que grâce à Maître Sardou, votre culture y gagne. Saviez-vous par exemple, en bon Belge, que « Wall Street » tient son nom des Wallons, et non d’un quelconque mur ? Voilà une info non négligeable par les temps qui courent. Alors rien que pour ça, merci Romain !
