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Alonso sur une voie royale ?

Par avankerckhove dans En piste, Présentation , le 25 octobre 2010 16h09 | 5 commentaires

Le double champion du monde espagnol a frappé un grand coup en Corée du Sud. De quoi en faire le favori pour décrocher la couronne en fin de saison ? Certainement. Mais en F1, rien n’est gagné avant d’avoir franchi la ligne.

belga-picture-23066160Sebastian Vettel l’a encore démontré en Corée du Sud quand son moteur l’a lâché à quelques tours de l’arrivée. Dans ce sport, rien n’est acquis avant le drapeau à damiers. De favori incontestable pour le titre (en cas de victoire), l’Allemand est devenu le moins bien loti des quatre candidats à la couronne mondiale. Le tout en quelques dixièmes de seconde, le temps que son moteur ne crache un gros panache de fumée.

Victoire par KO

Du coup, c’est le taureau des Asturies qui a décroché la timbale. Une victoire par K.O., étant donné le « zéro pointé » de ses deux principaux rivaux, Webber et Vettel. Avec 11 points d’avance, le pilote Ferrari est bien placé pour décrocher le Graal en fin de saison. Mais ce ne sera pas simple pour autant. J’ai tenté, ci-dessous, d’analyser les éléments de manière objective. Voici ce que j’en pense:

Avantage Alonso

- Oui, Alonso a l’avantage. Au niveau des points, mais aussi au niveau psychologique. Si Vettel est sûrement déçu, Webber est, lui, anéanti. Son abandon, c’est sa faute. Et pour l’Australien, ce sera difficile à digérer.

- Alonso a l’expérience de la lutte pour le titre. Il saura résister à la pression. Tant en 2005, face à Raikkonen, qu’en 2006, face à Schumacher, il avait gardé la tête froide malgré l’enjeu. Hamilton ne peut pas en dire autant. Il a loupé le coche en 2007 (OK, c’était sa première saison). Et les pilotes Red Bull ont déjà fait assez d’erreurs cette saison que pour douter de leur sérénité.

- Pareil au niveau des équipes. Ferrari a déjà géré ce genre de situation. McLaren aussi, mais Alonso craint-il vraiment Hamilton, vu l’écart de points ? Par contre, Red Bull gaspille, encore et encore… Sauront-ils gérer tous les éléments pour « maximiser » leurs chances de gagner le titre ?

- Alonso est sûr de bénéficier de toute l’attention de son écurie. Et Massa est même prêt, dans la mesure de ses capacités, à l’aider sur la piste. Chez Red Bull, je ne suis pas certain qu’il soit demandé à Vettel d’aider Webber. Si les deux pilotes sont rivaux sur la piste, ce ne sera pas évident…

Avantage Red Bull/Hamilton:

- Les moteurs. Depuis le début de la saison, c’est le talon d’Achille de Ferrari. Alonso n’a plus de bloc neuf, et les circuits d’Interlagos et d’Abou Dhabi ne sont pas tendres avec les V8. Webber, par contre, en a encore un. A ce niveau, il est beaucoup plus à l’aise.

- Les Red Bull restent plus rapides. Si les conditions sont « normales » (entendez par là sèches), Alonso aura du mal à les devancer.

- 11 points, ce n’est pas tant que cela vu le nouveau barème. Par contre, 21 (Hamilton) et 25 (Vettel), c’est plutôt pas mal. Il sera intéressant de voir si Red Bull avantagera Webber ou pas, parce que cela pourrait vraiment tout changer. S’il dispose de l’aide du jeune Allemand, l’Australien peut vite reprendre le commandement.

Faites vos jeux

Bref, rien n’est joué. Cinq pilotes peuvent encore (mathématiquement) prétendre au titre. Enfin disons plutôt quatre, parce que Button a déjà dit que sa tâche sera… d’aider Hamilton. Mais dans les faits, je pense qu’ils sont deux à pouvoir encore sérieusement y songer. Un Espagnol qui semble depuis quelques courses en état de grâce et un Australien, très calme et serein jusqu’à son abandon de dimanche qui l’a probablement fait mettre un genou à terre. Mais comme on dit souvent, c’est dans l’adversité qu’on reconnaît les grands champions. Webber aura l’occasion de le prouver au Brésil. Alonso, il l’a déjà fait… Et ne se fera pas prier pour le refaire. Un « ogre » pareil n’est jamais rassasié.

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