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Archives du juin, 2010

2010, un bon cru ?

Par avankerckhove dans Présentation, Règlements , le 30 juin 2010 14h35 | Ajouter un commentaire

Nous sommes quasi à la moitié de cette saison 2010. Il est donc temps de dresser un bilan des gros changements de règlement imposés aux écuries…

belga-picture-21018525Neuf des 19 courses de la saison ont été courues. Après Silverstone, on aura donc passé la moitié du championnat. Il est donc temps d’analyser les faits et de se poser la question suivante: les modifications apportées au règlement ont-elles porté leurs fruits ? Après Bahreïn, on avait vraiment toutes les raisons d’être inquiets, tant le Grand Prix d’ouverture de la saison avait été monotone. Après Valence, le constat, en tout cas en ce qui me concerne, est différent. J’estime qu’il y a plusieurs raisons d’être optimiste. Tout d’abord, même si Red Bull et McLaren dominent, les performances entre les différentes écuries sont assez serrées. Excepté les trois nouveaux teams, ils se retrouvent tous en 1,5 seconde au tour. De quoi offrir au public des courses fort indécises.

Autre point positif: cinq pilotes peuvent encore lutter pour le titre. Entre Hamilton (1er) et Alonso (5e), il y a 29 points. Soit un peu plus que le nombre de points « offerts » au vainqueur d’une course. A la mi-saison, on a déjà connu pire.

Peloton plus bagarreur

Si, auparavant, la qualification faisait tout, on a aussi pu s’apercevoir que cette saison, le poleman n’a pas si souvent gagné. En neuf Grand Prix, ce fut le cas à 4 reprises, dont les deux dernières courses (Hamilton au Canada et Vettel à Valence). Une bonne nouvelle pour ceux qui pensaient qu’une quantité d’essence identique pour tous figerait la hiérarchie.

Enfin, qui aurait pu imaginer qu’une bagarre pour la 10e place soit un jour si passionnante. Avec le nouveau barême de points, il y a plus de luttes au coeur du peloton. Si l’intérêt pour ces places n’est pas aussi important que la tête de la course, cela nous offre parfois de belles passes d’armes entre jeunes loups ou vétérans. Du pur bonheur.

Le bon tracé

Pour conclure, je voudrais signaler que les plus beaux circuits n’ont pas encore été visités par le grand cirque de la F1 cette année. Je pense à Silverstone, Spa-Francorchamps, Monza, Suzuka ou encore Interlagos. Ces tracés offrent traditionnellement beaucoup de spectacle et il n’y a pas de raison pour que ce ne soit pas le cas en 2010. Et c’est peut-être ça le plus important à retenir de mon analyse. Car, de mon point de vue, le circuit fait beaucoup plus que le règlement. On peut modifier les règles autant que possible, le Grand Prix de Monaco gardera l’allure d’une procession, même s’il a beaucoup de charme et que les vues à bord des monoplaces en valent la peine. Pareil pour Barcelone, Bahreïn ou encore Valence. Par contre, le Canada, la Turquie et l’Australie nous ont offert de magnifiques courses, comme à chaque fois. Dommage que ce ne soit pas ces critères là qui soient retenus au moment où tonton Bernie élabore le calendrier…

A la mode Red Bull

Par avankerckhove dans Coulisses, Règlements , le 21 juin 2010 09h52 | 2 commentaires

Ferrari et Mercedes devraient refondre l’arrière de leur monoplace pour Valence. Tant en ce qui concerne les suspensions que les échappements, les deux écuries vont s’inspirer de la Red Bull.

belga-picture-20140999Il n’y a pas eu de vraie déclaration d’amour, mais Ferrari et Mercedes ont fait un superbe compliment à Red Bull. En effet, les deux écuries vont présenter une nouvelle version de leur monoplace à Valence, ou peut-être Silverstone (pour Mercedes). Dans les deux cas, l’arrière de leur monoplace sera complètement redessiné. Et celle qui leur a servi de modèle n’est autre que la F1 dessinée par Adrian Newey.

New Look

La F10 et la W01 auront donc très prochainement les échappements qui sortent très bas, soufflant vers les canaux latéraux des diffuseurs et améliorant l’effet de sol. Le dessin des suspensions sera également revu. Si ces modifications s’adaptent bien aux monoplaces, elles devraient rapidement améliorer leurs performances.

La saison des transferts s’annonce très calme

Toujours en ce qui concerne Mercedes, la fameuse réunion dont je vous avais parlé il y a plusieurs semaines, comme quoi Schumacher évaluerait les bienfaits de son retour, a bien eu lieu après le Grand Prix du Canada. Sans surprise, le Kaiser veut continuer et a l’objectif de revenir aux avant-postes le plus rapidement possible. Nico Rosberg a également été confirmé pour 2011. Après Massa et Webber, on peut en conclure que les premières (et meilleures) cases 2011 sont déjà remplies. Très en avance par rapport aux autres saisons…

Alonso perd patience

Par avankerckhove dans Coulisses , le 9 juin 2010 16h59 | 4 commentaires

Le taureau des Asturies a sorti les cornes. Sa proie est sa propre écurie qu’il accuse de ne pas faire suffisamment évoluer la F10. Luca di Montezemolo a pris le pas de son pilote, histoire de mettre la pression sur tout le team.

belga-picture-20495981L’aventure entre Fernando Alonso et Ferrari a commencé par une victoire à Bahreïn lors de la première course de la saison. Après s’être tourné autour pendant près de deux ans, le pilote et la Scuderia se sont dits « oui » et semblaient partis sur de bonnes bases. Mais la lune de Miel entre le double champion du monde et Maranello est terminée. Désormais, même si leur union ne semble pas en danger, ce n’est plus l’amour fou.

Le pilote espagnol déplore que sa F10 n’ait pas progressé depuis le Grand Prix de Chine, soit la 4e course de la saison. « A part l’aileron soufflé (alimenté par le F-Duct), qui n’apporte pas ce que l’on attend et qui a monopolisé les efforts des ingénieurs, il n’y a rien de nouveau. A part à Bahreïn, nous n’avons fait que jouer la défense. J’espère que ça ira mieux avec les grosses évolutions prévues pour Valence, où la F10 se présentera sous une version B très évoluée. Le fossé qui nous sépare de Red Bull et McLaren est large. Je dirais 7 à 8 dixièmes« , a pesté Alonso dans le magazine AUTOhebdo.

Le boss suit son poulain

Suite à cette première offensive menée contre les siens, on aurait pu s’attendre à une riposte des rouges. Mais le président de Ferrari a devancé l’écurie en allant dans le même sens que son poulain. « Au début de la saison, nous avons réussi le doublé. Mais maintenant, nous sommes quatrième. Je ne sais pas si nous serons en mesure de revenir car nous avons affaire à une compétition très rude« , a indiqué Luca di Montezemolo à la BBC. De quoi mettre pas mal de pression sur Stefano Domenicali…

Malgré ce manque de performance, Alonso reste bien placé au championnat. Il est 4e et accuse 14 points de retard sur le leader, Mark Webber. Pas un gouffe… mais cela pourrait vite le devenir.

Peut-être temps de penser à la F1…

Par avankerckhove dans Coulisses , le 6 juin 2010 16h52 | Un commentaire>

La blessure dont a été victime Valentino Rossi, samedi sur le circuit de Mugello, a relancé les rumeurs quant à un possible transfert du pilote italien sur quatre roues…

rossiA 30 ans, Valentino Rossi connaît sans aucun doute le moment le plus pénible de sa carrière. La pilote italien a lourdement chuté lors des essais libres du Grand Prix de Mugello, samedi devant un public tout acquis à sa cause. Résultat: une double fracture ouverte tibia-péroné. Un grop coup de massue sur le casque du « docteur » qui n’avait jamais subi pareille blessure depuis le début de sa carrière. Il avait déjà eu quelques bobos, parfois sérieux, mais jamais de quoi le tenir à l’écart des circuits. Désormais, il est « out » pour trois mois minimum.

Même s’il est encore en pleine forme, Rossi est certainement plus proche de la fin de sa carrière que du début. Et parmi ses fans, de plus en plus se posent la question de savoir si les risques que représentent les courses sur deux roues sont encore bien justifiés. Bien entendu, et on le comprend, Valentino rêve de quitter le monde de la moto avec 10 titres (il en a déjà gagnés 9), tout en battant le record de 122 victoires de Giacomo Agostini (Rossi en est à 104).

« Sport cruel »

Mais un autre rêve pourrait venir trotter dans la tête du pilote italien: celui de briller sur 4 roues après avoir triomphé sur deux roues. Lui-même l’a encore évoqué avant de se blesser, vendredi. Son père Graziano, ancien pilote et mentor de son fils prodigue, lui a emboîté le pas après avoir vu son gamin se tordre de douleur dans le bac à sable. « Peut-être qu’en voyant à quel point la moto est un sport cruel il est temps de commencer l’aventure en F1 ?« , a-t-il confié au journal AS avant d’ajouter que cette blessure pourrait hâter sa décision de se tourner vers la F1.

di Montezemolo saute sur l’occasion

Et, bien entendu, Luca di Montezemolo, le patron de Ferrari, n’a pas perdu de temps pour ouvrir la porte de son écurie à la star italienne. « Tout Ferrari est avec toi en ces moments difficiles« , a-t-il transmis à Rossi. « Et si pendant ta convalescence tu as besoin de t’entraîner sur 4 roues, la porte de Maranello t’es toujours ouverte« , a-t-il conclu. Un message « on ne peut plus clair ».

Mais avant que Rossi ne prenne une décision, laissons-lui tout de même le temps de se relever…

Avec ou sans KERS en 2011 ?

Par avankerckhove dans Coulisses, Règlements , le 3 juin 2010 14h33 | Ajouter un commentaire

Le KERS, introduit en 2009, a été abandonné après seulement une saison. Mais il pourrait déjà faire son retour l’année prochaine. C’est en tout cas le souhait des dirigeants…

kersLa F1 cherche à jouer un rôle important dans la lutte pour l’environnement. Et même si cette discipline a déjà permis aux constructeurs de réduire énormément la consommation des voitures de série ainsi que leur émission de CO2, elle reste la cible de nombreux défenseurs d’une « planète verte » à cause de l’image qu’elle véhicule. Jean Todt, nouveau président de la FIA, l’a bien compris et compte pousser dans la direction d’une F1 écolo.

On le sait, en 2013, diverses nouveautés viendront s’ajouter au règlement. Parmi celles-ci, des moteurs dont la cylindrée passerait de 2,4 l. à 1,5 l. et qui seraient équipés d’un turbo. Les écuries seront aussi libres d’utiliser des carburants moins polluants dont seule la quantité sera limitée. La conception, par contre, sera totalement incontrôlée tant qu’il s’agira de composants écologiques.

Todt veut marquer son passage à la tête de la FIA

Mais 2013, c’est loin. Todt arrivera au terme de son mandat et le Français ne veut pas attendre si longtemps. Il veut marquer de son empreinte la F1 et le fait qu’elle prenne un virage important au niveau environnemental doit se faire sous son règne. Il veut donc sauter quelques étapes pour déjà négocier cette courbe primordiale pour l’avenir de la F1, et peut-être de la planète.

Pour perdre un minimum de temps, Todt a donc pensé à ressortir le KERS (Kinetic Energy Recovery System), ce système qu’avaient , entre autres, utilisé Ferrari et McLaren l’année passée. Il permettait de récupérer l’énergie dépensée lors d’un freinage pour en profiter lors d’une accélération. Le souci, c’est que ce système pesait lourd, détériorait l’équilibre d’une monoplace et, au final, faisait perdre plus de temps qu’il n’en faisait gagner. Autre point négatif: sa mise au point coûtait très cher, de l’ordre de 15 à 30 millions d’euros. Autrement dit une tuile pour les petites équipes.

Version standardisée

Mais le nouveau président de la FIA compte bien se servir de l’expérience passée pour mieux réintroduire le KERS. Tout d’abord, il souhaite une version standardisée. Après tout, cela pourrait surtout arranger les petites écuries ainsi que les téléspectateurs. Car dans le cas contraire, une équipe qui disposerait d’un KERS plus puissant qu’une autre en profiterait souvent à la relance, pour ne pâs se faire dépasser… un scènario comparable à celui de 2009 où le KERS a plus souvent « tué » le spectacle qu’autre chose.

En effet, si l’on repense à 2009, quels étaient vraiment les défauts du KERS ? Tout d’abord, le fait qu’il n’était pas obligatoire. Les équipes qui ne l’avaient pas étaient incapables de passer celles qui l’avaient car les pilotes s’en servaient au début des lignes droites, empêchant celui qui suivait de prendre l’aspiration et de passer au freinage. Si tout le monde dispose du système, cet aspect sera gommé. Autre point négatif: le coût. Là aussi, une version standardisée du KERS règlerait le problème. Troisième et dernier point négatif: son intégration dans la voiture. Mais à partir du moment où toutes les écuries devraient l’utiliser, le problème existe pour chacun et n’en est donc plus un pour le téléspectateur lambda.

Divergences

Au niveau sportif, cette proposition semble tenir la route. Reste juste un souci: une version standardisée signifie peu d’améliorations. Le système serait créé et les recherches pour le perfectionner se feraient sans aucune pression de l’un ou l’autre adversaire. Les progrès seraient donc beaucoup moins rapides. Et là, on s’éloigne de l’objectif N1, qui est de donner un sérieux coup de boost aux différents constructeurs, via la F1, afin d’accélérer les recherches pour de nouvelles technologies adaptables aux voitures de monsieur « Tout le monde »…

Vettel pointé du doigt

Par avankerckhove dans Coulisses, En piste , le 1 juin 2010 14h59 | 5 commentaires

Quarante-huit heures après l’accrochage entre les deux Red Bull en Turquie, les langues commencent à se délier. Et la plupart des pilotes et observateurs prennent la défense de Mark Webber par rapport à Vettel. Dans l’écurie, par contre, on ne se prononce pas…

belga-picture-20494475Le Grand Prix de Turquie a été marqué par le hara-kiri des pilotes Red Bull. Au 40e tour, Vettel a tenté de déborder Webber avant de changer de trajectoire. Le jeune Allemand est alors venu percuter son équipier en pleine ligne droite, ce qui a provoqué son abandon et la chute de Webber de la première à la 3e place, offrant par ailleurs un doublé à l’écurie McLaren.

Fou de rage, Vettel est alors descendu de sa voiture en faisant des gestes qui semblaient vouloir dire que son équipier était fou. Pourtant, l’Australien n’a pas bougé de sa ligne. « Où Mark pouvait-il aller ?« , a déclaré Hamilton, témoin privilégié de la scène. Le vainqueur de la course a même ajouté qu’il pensait que « la place qu’il (Webber) a laissée était assez grande. »

« C’est la faute de Sebastian »

Les autres pilotes qui se sont exprimés à ce sujet ont tenu le même discours. « Mark n’est pas sorti de sa trajectoire. Pour moi, c’est la faute de Sebastian« , a indiqué Rosberg. Ancien pilote chez Benetton et McLaren, Alexander Wurz a confirmé cette vision des choses. « Tous les pilotes que je connais et moi-même sommes d’accord pour dire que c’est la faute de Vettel« .

Red Bull et Webber temporisent

Le jeune Allemand ne s’est pas encore exprimé publiquement suite à cette salve de critiques. Quant à Webber, qui tient une chronique dans le Daily Telegraph, il a écrit: « Nous aurons probablement des points de vue différents jusqu’à la fin de nos jours. Mais nous sommes des adultes et devons trouver un moyen de vivre ensemble sans compromettre les chances de l’équipe« .

Chez Red Bull, personne n’a voulu s’exprimer après ce crash. Christian Horner a simplement tenu à préciser que « la chose la plus importante était de mettre les problèmes sur la table et non de les garder pour soi, pour ensuite les régler« .

Malaise au sein de l’écurie

Si on lit entre les lignes de ce qu’ont dit Webber et Horner, on peut en conclure que ces faits n’ont pas encore été digérés par les pilotes et qu’il y a bien un malaise au sein de l’écurie. Cet accident pourrait donc laisser des traces et faire perdre d’autres points à Red Bull, qui a déjà énormément gaspillé cette saison.

S’il faut, malgré la situation tendue, trouver un point positif, j’en vois un: Webber, la victime, a tout de même sauvé les 15 points de la 3e place. Si ça lui laisse une occasion de se plaindre, la pillule sera plus facile à avaler que s’il avait dû renoncer. Mais il y a un « gros » point négatif aussi: Vettel ne s’estime pas en tort. Et lui, il a tout perdu dans cette manoeuvre. En outre, il a un sacré caractère ce qui risque de provoquer d’autres étincelles dans les semaines à venir.