Nouveautés

Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Grasset

Par Christine Calmeau dans Coup de coeur, Nouveautés, Romans , le 14 octobre 2016 14h08 | Ajouter un commentaire

ledernierManhattan, 1969. Werner Zilch est assis dans un restaurant quand il aperçoit une jeune femme:  »La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… »

Une rencontre, un coup de foudre pour Werner qui a été adopté par une famille américaine au sortir de la guerre, et qui ne s’est jamais vraiment préoccupé de ses origines.

Une passion instantanée aussi pour la jeune femme. Rebecca, la fille d’un des hommes les plus puissants du pays. Rebecca, l’artiste en vue, l’enfant hyper gâtée par son père.

Rebecca et Werner donc. Qui vont très vite s’aimer. Jusqu’au jour où le jeune homme est présenté à Judith, la mère de Rebecca qui s’effondre quasi instantanément en voyant l’amoureux de sa fille.  Qu’est-ce qui a bien pu provoquer cet évanouissement ? Judith a-t-elle reconnu quelqu’un sous les traits de Werner ? Une chose est certaine, plus rien ne sera jamais comme avant, parce Rebecca disparaît du jour au lendemain de la vie de Werner qui ne comprend absolument rien à ce qui lui arrive.

Dans ce New York si captivant de la fin des années 60, Werner va devoir plonger dans son propre passé pour découvrir la vérité : celle de deux frères ennemis et celle de deux femmes liées par une amitié indéfectible, à Dresde, en 1945, sous une déluge de bombes.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre signe une superbe saga, une véritable tragédie sur les ruines de la seconde guerre mondiale.

Un roman impossible à lâcher, tellement on est pressé de connaître le sort réservé à ces héros si attachants. Tellement attachants que « le dernier des nôtres » a reçu, dès sa sortie, le premier prix « Filigranes ».

Mon Amérique, 50 portraits de légendes, Philippe Labro, collection Points

Par Christine Calmeau dans Coup de coeur, En poche, Nouveautés , le 14 octobre 2016 10h55 | Ajouter un commentaire

ameriqueIl y avait longtemps que Philippe Labro voulait rendre hommage à ces héros qui l’ont accompagné à dix-huit ans quand il a débarqué en Virginie pour étudier et ensuite voyager à travers cette Amérique qui le fascine tant.

Le journaliste écrivain en a finalement choisi cinquante. D’une manière plus ou moins aléatoire précise-t-il. « Il m’a fallu procéder à de cruelles impasses et riquer les apostrophes : pourquoi celui-ci et pas celui-là ? Pourquoi préférer Louis Armstrong à Miles Davis, Hemingway à Dos Passos (…) Dylan à Springsteen (…) Pourquoi ignorer certains contemporains ? (…) Parce que c’est eux, parce que c’est moi. »

Et Labro poursuit :  »Mes Américains sont des rebelles, des mavericks, des empêcheurs de tourner en rond … Ils ont bousculé l’ordre établi avec courage et inventivité. »

Parmi ces cinquante portraits, on trouve ceux de Mohamed Ali, Woody Allen, Marlon Brando, Al Capone, Amelia Earhart, Katharine Hepburn, Edward Hooper, JFK, Robert de Niro ou encore Orson Welles. Rien que des légendes, Labro avait prévenu !

Libre à vous de les lire dans l’ordre alphabétique dans lequel ils sont présentés.

Libre à vous de piocher où bon vous semble au gré de vos envies.

Libre à vous encore de les lire en une après-midi au coin du feu, ou choisir de faire durer le plaisir, un peu comme on laisserait fondre un caramel beurre salé ou un chocolat sur la langue, en réservant un de ces portraits par jour.

Parce que la sensation ressentie est la même : un vrai moment de bonheur.

L’Insouciance, Karine Tuil, Gallimard

Par Christine Calmeau dans Coup de coeur, Nouveautés, Romans , le 14 octobre 2016 10h27 | Un commentaire>

insouciance-karine-tuil-chroniqueRomain Roller est lieutenant dans l’armée française. De retour d’Afghanistan, il ne va pas bien. Plusieurs de ses hommes ont été tués ou très grièvement blessés, et il n’a pas pu l’empêcher.

En séjour de décompression dans un Palace chypriote, il fait la connaissance d’une journaliste avec qui il a une liaison. Elle s’appelle Marion, elle est l’épouse de François Vély : un homme d’affaires très en vue, fils d’une ancien ministre et résistant juif.

A Paris, Romain et Marion se revoient alors que François devient très rapidement la cible des médias qui l’accusent de racisme, après qu’il ait posé pour un magazine assis sur une œuvre d’art représentant une femme noire. Le tollé est général, de quoi menacer et complètement ruiner sa réputation. De quoi surtout faire crouler l’empire financier qu’il a mis des années à construire.

C’est Osman, un des amis d’enfance de Romain qui va prendre publiquement sa défense. Osman, fils d’immigrés ivoiriens. Une personnalité politique montante depuis les émeutes dans les banlieues en 2005. Osman qui conseille le Président de la République. Osman qui navigue à présent dans les coulisses du pouvoir et de l’Elysée.

Comment ces quatre-là vont-ils vivre ce tourbillon qui les entraîne inéluctablement vers les tourments ? Comment vont-ils faire face à cette déferlante médiatique qui pourrait bien tous les emporter ?

Réponse dans ce roman magistral. Fascinant. Si cruellement contemporain.

Peut-être le meilleur de cette rentrée littéraire.

La vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker

Par Christine Calmeau dans Coup de coeur, Nouveautés, Romans , le 18 octobre 2012 09h36 | Ajouter un commentaire

Marcus Goldman a tout pour être heureux : jeune écrivain à succès, son premier livre lui a offert renommée et aisance financière.

Sauf que depuis quelques mois, il n’arrive pas à écrire la moindre ligne qui ait un sens, et c’est plutôt embêtant : il doit remettre  son nouveau manuscrit à son éditeur dans quelques mois, sous peine de tout perdre et d’être condamné à rembourser les coquettes sommes qu’il a déjà touchées.

C’est à ce moment là qu’il décide d’aller rendre visite à son ancien professeur de littérature à l’université, son mentor, qui est aussi devenu son ami le plus proche : Harry Quebert. Harry, qui est l’un des auteurs les plus respectés des Etats-Unis, une véritable star dans le monde de l’édition, vit à Aurora dans le New Hampshire.

En sa présence, Marcus semble reprendre un peu confiance en lui, mais pas suffisamment pour éviter la panne et la hantise de la page blanche.

Après quelques semaines passées chez son ami, dans sa très belle maison, au bord de l’océan, Markus doit bien se rendre à l’évidence : il n’arrivera pas à fournir un nouveau livre à son éditeur et rentre chez lui, à New York, la mort dans l’âme.

Jusqu’au moment où l’on retrouve, dans le jardin de la maison d’Harry Quebert, la cadavre de Nola Kellergan, une adolescente de 15 ans disparue depuis 33 ans.

Harry, qui avoue avoir eu une liaison avec elle, est aussitôt accusé d’assassinat et emprisonné.

Convaincu de l’innocence de celui qui lui a tout appris, et toujours en manque d’inspiration, Markus revient donc à Aurora pour enquêter sur cette sordide histoire.

Mais, l’enquête s’annonce mal. Le jeune écrivain se rend compte très rapidement qu’il n’est pas le bienvenu dans cette petite ville, où plane l’ombre de Nola. Que s’est-il réellement passé durant cet été de 1975, pendant les semaines qui ont précédé la disparition de la jeune fille ?  Et qui l’a tuée ? Est-ce vraiment Harry, comme tout le monde semble le croire ?

De très nombreuses questions sans réponse qui finissent par hanter Marcus … alors que Harry dépérit en prison …

Autant le signaler d’emblée, on referme « la vérité sur l’Affaire Harry Quebert » avec beaucoup de regrets, tellement on a été captivés par ce thriller qui nous balade dans l’Amérique d’aujourd’hui, celle d’Obama, celle aussi des années 70 : l’Amérique profonde et calme d’Aurora.

Un tableau exceptionnel. La véritable surprise de cette rentrée littéraire 2012, servie par un quasi inconnu : Joël Dicker, un suisse, pas encore trentenaire, né à Genève et juriste de formation, dont le premier roman est passé inaperçu en France.

‘La vérité sur l’Affaire Harry Quebert » est non seulement un thriller captivant qui vous tient en haleine tout au long de ses 670 pages, mais c’est bien plus que ça.

On a entre les mains une espèce de compte à rebours de génie vers la vérité sur le meurtre et l’existence de Nola, grâce au portait au scalpel des habitants de cette bourgade qui avaient tous au moins une bonne raison de souhaiter la disparition de la lolita …

Un cold case de luxe …

L’écriture est magnifique, la construction diaboliquement efficace.

Et comme dirait Bernard Pivot :  »Si vous mettez le nez dans ce gros roman, vous êtes fichus. Vous ne pourrez pas vous empêcher de courir jusqu’à la 600 ième page » … Vous voilà prévenus !

Dernière précision : Dicker a peut-être écrit le prochain Goncourt, puisqu’il figure toujours sur la deuxième sélection du prestigieux prix qui sera décerné au mois de novembre.

 

« La vérité sur l’Affaire Harry Quebert », Joël Dicker, Editions de Fallois / L’Âge d’Homme

 

Pourquoi pas, David Nicholls

Par Christine Calmeau dans Coup de coeur, Nouveautés, Romans , le 4 juin 2012 09h14 | Ajouter un commentaire

9782714451248Il a 18 ans. Il s’appelle Brian Jackson.

A la fin de l’été, il passe encore quelques moments avec ses potes d’enfance, avant de faire le grand saut et s’inscrire à l’université.  Brian qui est convaincu que sa vie, plutôt morne et insignifiante jusqu’ici, va enfin changer, que le monde va enfin s’offrir à lui.

Adieu l’usine de toasters. Adieu la mère envahissante… A lui les soirées les plus folles, à lui les bons mots, à lui les superbes fringues de dandy intello… à lui surtout les filles : à lui la belle Alice…

C’est beau de rêver tout haut, mais la chute est douloureuse car la réalité est franchement très différente. Brian n’a rien du jeune adulte que les filles s’arrachent. Certes, il est plutôt sympa, mais il est doté d’un solide acné juvénile récalcitrant, assez repoussant.

Compliqué alors de devenir la coqueluche de sa classe.

Heureusement, le jeune homme n’a pas dit son dernier mot : sa culture générale est absolument impressionnante. Ce qui lui permettra d’être sélectionné, in extrémis, c’est vrai, pour participer au « Questions pour un champion » inte-universitaire diffusé à la télé. L’occasion de redorer son blason et peut-être enfin séduire Alice…

Belfond nous propose ici le premier roman de David Nicholls. Ecrit en 2003, bien avant « un Jour ». Un roman bourré d’humour, d’une tendresse infinie, sur la fin de l’adolescence et le début de la vie amoureuse, le tout dans l’Angleterre de Maggy Thatcher, et en plein milieu de la culture pop des eighties.

A la fois comédie et drame, « Pourquoi pas » nous fait sourire, rire, et parfois nous arrache une larme : un vrai petit bijou !

Enfin un livre qui fait du bien !

 

« Pourquoi pas » de David Nicholls, Belfond

Le carnet Moleskine, Johanna Assand

Par Christine Calmeau dans Coup de coeur, Nouveautés, Romans , le 27 mai 2012 15h10 | Ajouter un commentaire

9782819501954Etudiante en journalisme, Julie a 20 ans à peine quand elle se retrouve orpheline : ses parents viennent de se tuer dans un accident de voiture.

Son père était publicitaire, sa mère écrivain. Un milieu privilégié, une famille modèle aux yeux de tout l’entourage, très présent autour de la jeune femme après l’enterrement. Trop peut-être, car Julie a envie d’être seule. Seule pour faire  face à son deuil et au vide laissé par le couple dans l’appartement familial.

Seule aussi pour ranger toutes les affaires de ses parents.

En particulier les écrits de sa mère, consignés dans des carnets intimes, des carnets Moleskine, que Julie, ni personne d’ailleurs, n’a jamais pu lire.

Première question : faut-il oui ou non  braver l’interdit maternel ?

Après plusieurs jours de réflexion, Julie décide que oui, elle doit lire tout ce que sa mère a écrit, pour partir à la rencontre de ce couple si particulier que formaient ses parents.

Et très vite, on plonge dans la vie secrète de chacun d’eux …

Savoir d’où on vient  pour mieux savoir où on va …

Une quête de soi qui réserve bien des surprises, et qui montre combien on a parfois du mal à cerner la personnalité des êtres qui nous sont les plus proches.

Tout cela servi par une très belle écriture : fraîche, profonde, énergique.

Un premier roman très touchant.

 

 

 »le carnet Moleskine », Johanna Assand, les Nouveaux Auteurs

Mufle, Eric Neuhoff

Par Christine Calmeau dans Nouveautés, Romans , le 10 janvier 2012 11h42 | Ajouter un commentaire

9782226238351Il n’y a pas que les femmes qui parlent de leurs chagrins d’amour . Les hommes aussi. Certains l’écrivent même. Comme Eric Neuhoff.

Lui, la cinquantaine.  Deux divorces. Deux grands enfants qu’il voit peu. Très amoureux de Charlotte.

Jusqu’au jour où la belle oublie son téléphone portable dans la salle de bains…

 »Thank you my darling for the most wonderful week-end of my life » … Ce sont les mots du SMS qu’il vient de lire, des mots qui ne lui sont pas, bien sûr, destinés.

Une gifle terrible. Pourtant, il choisit de ne pas quitter celle qu’il aime. Trompé, trahi, meurtri et cocu, il reste et se met à faire des choses pas bien, très peu reluisantes, comme lire le carnet intime de Charlotte.

Et là, la gifle se transforme en cauchemar, puisqu’il apprend que celle qu’il aime a multiplié les aventures dans tous les pays où elle est passée.

Il ne lui dira rien, il gardera tout ce qu’il sait pour lui. Il continuera à jouer le jeu, en la laissant s’enfoncer dans ses mensonges… pour finir finalement par la quitter quelque temps plus tard.

Il a réussi à rompre, n’a plus donné de nouvelles, n’a plus répondu au téléphone, et ne va pas mieux pour autant.

 »Et un jour, il se réveille en deuil de son chagrin ».

C’est un très beau roman que nous propose Eric Neuhoff : l’histoire d’un difficile sevrage après une rupture douloureuse. L’autopsie d’un mensonge, côté masculin… L’analyse d’une douleur et d’une renaissance.

Un roman très fort qui parle de passion, de colère, de souffrance, de panique et d’espoir. Bref, de la vie.

 

 »Mufle », Eric Neuhoff, ALBIN MICHEL

Les Morues, Titiou Lecoq

Par Christine Calmeau dans Nouveautés, Romans , le 28 octobre 2011 13h25 | Ajouter un commentaire

morues3Elles sont 3 : Ema, la journaliste, Gabrielle, la maîtresse d’un politicien et Alice, barmaid dans un bistrot sinistre. Il est tout seul : Fred, secrétaire . A eux quatre, ils composent un club très fermé : celui des Morues.

Tous sont trentenaires et vivent leur vie à fond, même si parfois, ils essaient de surmonter les turpitudes de leur vie amoureuse et professionnelle. Car rien n’est simple dans cette société où tout va beaucoup trop vite à l’heure d’internet…

Et tout commence au moment où Ema revient de l’enterrement de celle qui a été, des années durant, sa meilleure amie.

Un suicide paraît-il. La police, la famille, tout le monde veut croire à cette version. Tout le monde sauf Ema…

La jeune femme va donc très naturellement essayer de mener l’enquête, avec les membres de son club, parfois au détriment de sa propre vie professionnelle : en utilisant son titre de journaliste pour aller gratter là où ça ne sent pas très bon, on prend des risques… Ema le découvre très vite à ses dépens en se faisant virer !

Heureusement, elle peut trouver un poil de réconfort auprès de ses amis…

 »Les Morues », c’est le premier roman de Titiou Lecoq, bloggeuse de profession. Une bloggeuse qui a eu raison de se mettre à l’écriture pour nous proposer un petit bijou de drôlerie, de tendresse et de légèreté… passagère puisque le livre est bien plus que cela.

Ce sont 3 histoires  qui s’entremêlent : une histoire d’amitié, une histoire qui nous plonge au coeur de magouilles politiques et l’histoire de notre époque, où Internet commence à prendre trop de place.

Suspense, humour, réflexion sur la société actuelle : le style des Morues fait mouche …

L’éditeur Au Diable Vauvert en est déjà à la 3ième réimpression…

 

 »Les Morues », Titiou Lecoq, Au Diable Vauvert

Mingus Mood, William Memlouk

Par Christine Calmeau dans Nouveautés, Romans , le 24 octobre 2011 10h19 | Ajouter un commentaire

mingus2La Nouvelle Orléans, 1981. Un homme est attablé dans un bar. A ses côtés, une journaliste qui l’interroge. Cet homme, c’est le vieil ami de Charlie M. , célèbre contrebassiste et compositeur de jazz.

Les premières notent résonnent, les premiers souvenirs remontent à la surface . Et l’ami raconte…

New York, 1957, quand Charlie décide de quitter la ville, sur un coup de tête, pour filer vers Tijuana, au volant d’une voiture qu’il vient de gagner lors d’une joute musicale.

Tijuana à la frontière mexicaine, là où tout est permis…

Tijuana pour oublier le visage de la femme blanche aux yeux bleus qui le hante depuis si longtemps, Tijuana pour se souvenir de sa mère, morte dans l’indifférence générale, Tijuana enfin pour composer ce que les spécialistes désignent comme le plus bel album de sa carrière : Tijuana Moods.

L’ami qui raconte aussi tous les combats du musicien : l’alcool, la drogue, et toutes les injustices dont Charlie a été victime dans cette Amérique des années 50 qui doit encore lutter contre ses vieux démons : la ségrégation raciale y fait toujours des ravages.

 »Mingus Mood » est le premier roman de William Memlouk qui a choisi de le construire un peu comme une partition musicale improvisée  : on y trouve des éléments imaginaires  et biographiques, d’une écriture envoûtante et sensuelle, comme si on se laissait bercer par les notes d’un morceau de jazz.

S’attaquer à un personnage aussi charismatique que Charles Mingus était un pari risqué, mais réussi : on accroche à l’histoire et à ce destin hors du commun.

 

 »Mingus Mood », de William Memlouk, chez  JULLIARD

Madame DSK, un destin brisé, Revel / Rambert

Par Christine Calmeau dans Document, Nouveautés , le 20 octobre 2011 08h14 | Ajouter un commentaire

dskDepuis que le ciel lui est tombé sur la tête, depuis le 14 mai 2011, il y a une question que tout le monde se pose : comment Anne Sinclair fait-elle pour tenir le coup dans cette saga politico-judiciaire qui a tenu la planète entière en haleine tout l’été. Comment cette ancienne icône de la télévision arrive-t-elle à gérer ce scandale qu’elle redoutait tant ? Comment peut-elle faire face sans baisser les yeux, elle qui fait partie à présent du cercle très fermé et très peu envié, avec Hillary Clinton,  des cocues les plus célèbres de la terre ?

Quel est ce courage ? Quelle est cette force qui lui a permis d’affronter les centaines de caméras, d’appareils photos et de journalistes qui l’ont traquée tout l’été à New York ?

Renaud Revel, rédacteur en chef à l’Express et Catherine Rambert, journaliste et directrice de la rédaction de Télé Star, ont enquêté, longtemps, et bien avant le début de l’affaire, sur ce couple si puissant à Paris.

Un couple qui avait tout.

Lui, le boss du FMI, côtoyant tous les grands de ce monde , favori à l’élection présidentielle française de 2012.

Elle, ex-star de TF1, héritière d’une fortune imposante, se voyait déjà première dame de France.

Un destin qui a basculé  dans la nuit du 14 au 15 mai dernier, quand la France entière découvre, stupéfaite, Dominique Strauss Kahn, menottes aux poings.

Et c’est toute la vie du couple que retracent les auteurs : leur enfance, leur parcours privé et professionnel, leur mariage en 1991, leur entourage. Tout cela pour essayer de comprendre le soutien indéfectible qu’Anne Sinclair offre à son époux depuis le début de l’affaire. Anne Sinclair, cette femme de paradoxes, cette femme en colère, que certains décrivent en guerre contre la terre entière.

 »Madame DSK, un destin brisé », malgré son titre un peu racoleur, est un document sérieux, très agréable à lire. Il permet de mieux cerner les deux protagonistes du plus grand scandale sexuel de la décennie.

« Madame DSK, un destin brisé », Renaud Revel/Catherine Rambert, FIRST