En poche

Betty et ses filles, Cathleen Schine

Par Christine Calmeau dans Concours ..., En poche, Romans , le 14 septembre 2012 11h28 | Ajouter un commentaire

bettyBetty a 75 ans. Un âge respectable. Un âge où l’on croit surtout qu’on va pouvoir vivre heureux auprès de l’homme qu’on aime jusqu’à sa mort.

Enfin, c’est ce que Betty pensait jusqu’à ce jour où Joseph, son époux depuis 48 ans, lui annonce sans trop de précautions qu’il compte divorcer pour cause de  »différences incompatibles ».

Un choc plutôt difficile à digérer. Encore plus dur quand Betty comprend qu’elle doit dégager de l’appartement familial, sur Central Park  West à New York.

Heureusement, qu’il y a un cousin très généreux pour lui prêter un petit cottage , à Westport, en bord de mer, dans le Connecticut.

Désespérée, Betty s’y installe avec ses deux filles. Miranda, agent littéraire, bientôt rattrapée par le scandale, et Annie, bibliothécaire divorcée, mère de deux grands enfants.

Et la vie continue lentement, au rythme des saisons et des réceptions dans ce milieu bourgeois. Betty semble petit à petit se faire à l’idée que son mari l’ait quittée pour une autre femme.

Seul problème : l’argent, qui vient très vite à manquer…

Heureusement, que la présence des deux filles efface quelque peu les tracas du quotidien. Les deux filles qui ont, elles aussi, bien du mal à gérer leur vie sentimentale.

Miranda s’entiche d’un bel âtre beaucoup plus jeune qu’elle, alors que sa soeur Annie ne sait plus très bien où elle en est dans sa liaison avec un célèbre écrivain…

 

 »Betty et ses filles » est un roman qu’on referme avec regrets, tellement ces trois femmes sont attachantes. Un roman plutôt drôle, malgré la gravité de la situation, même si un peu de mélancolie prend parfois le dessus dans cette comédie de moeurs familiale qui rappelle un peu, à certains moments, l’univers de Jane Austen combiné à celui de Woody Allen.

L’écriture est vive et le style délicieusement désuet.

Un excellent moment de lecture.

 

« Betty et ses filles », Cathleen Schine, collection POINTS

Le chemin des faux serments, Denis Lépée

Par Christine Calmeau dans En poche, Thriller , le 12 juin 2012 09h06 | Ajouter un commentaire

9782266212489Depuis quelques mois, depuis qu’il est sorti de prison, Gabriel Beauchêne, ethnologue de formation,  vit reclus, dans une petite maison, sur une île de Floride.

Et cela lui convient parfaitement pour essayer de tirer un trait sur son passé : sur la mort de sa femme, sur  Bryan Grove, son ex-meilleur ami qui l’a, non seulement, cocufié, mais aussi envoyé au trou.

Un jour, troublant sa solitude, une avocate débarque chez lui, à l’improviste et lui annonce que Bryan est décédé, qu’il lui lègue son immense fortune, à une condition : que Gabriel élève Conrad, son fils adoptif de 8  ans.

Dans un premier temps, l’ethnologue refuse : pas question de s’occuper du fils de son pire ennemi, et puis il change d’avis … les ennuis ne font que commencer …

C’est que des dizaines de millions de dollars attirent toutes les convoitises, et Gabriel est très loin de se douter que les intérêts qui entourent cette fortune colossale sont surveillés de très près par le FBI, la CIA et par une foule de personnes mal intentionnées.

Pour assurer sa survie, celle de Conrad, le petit garçon dont il a à présent la garde, Gabriel va devoir revenir sur son passé et comprendre pourquoi il s’est retrouvé en prison.

« Le chemin des faux serments » est à la fois un roman d’espionnage et un thriller psychologique. Très bien écrit, construit sur un rythme d’enfer.  Un roman qui parle d’amitié, de vengeance, de trahison, un roman qui raconte aussi la redemption d’un homme qui croyait avoir tout perdu, et qui reprend goût à la vie, à travers un machiavélique puzzle.

 

« Le chemin des faux serments », Denis Lépée, Pocket

L’heure d’avant, Colin Harrison

Par Christine Calmeau dans En poche , le 5 février 2012 10h22 | Ajouter un commentaire

9782264054548George Young vit à New York, où il est avocat. Un avocat un peu particulier  : il travaille au sein d’un cabinet qui a une clientèle très spécialisée. Un client unique en fait : une très grosse compagnie d’assurances internationale. Un nom synonyme d’argent. Un argent que George protège. C’est son job.

Jusqu’au jour où il reçoit l’appel de la veuve de son ancien patron. La vieille dame lui demande d’enquêter sur la mort de son fils et surtout sur l’heure qui a précédé le décès.

Pourquoi cette heure plus particulièrement ? Mystère !

Un mystère qui s’épaissit au fur et à fur que George avance dans ses investigations, et se rend compte que le fils en question, Roger Corbett a été victime d’un stupide accident : il a tout simplement été écrasé par une benne à ordures alors qu’il sortait d’un bar de Manhattan. Rien, à priori, qui puisse laisser penser à un meurtre.

Mais sa mère insiste : pourquoi Roger a-t-il passé 4 heures dans ce bar avant de mourir ?

Et puis, qui est Eliska ? Est-elle uniquement un mannequin de  »détails », ou ses mains, que tout le monde s’arrache, ont-elles d’autres secrets ? Enfin, pourquoi George est-il, depuis quelque temps, suivi par de petites frappes russes ?  Quel est le lien avec ces caisses de figurines de Noël découvertes dans l’appartement de la victime ?

Autant de questions auxquelles il devra répondre …

Mais les réponses pourraient bien changer son existence et le bouleverser à un point qu’il n’aurait jamais imaginé…

 »L’heure d’avant », paru chez Belfond Noir en septembre 2010,  chez 10/18 en poche, nous emmène à New York. C’est devenu une habitude pour Colin Harrison (  »Havana Room »,   »Manhattan nocturne  » ,   » la nuit descend sur Manhattan » ).  Un roman noir qui a d’abord été publié sous forme de feuilleton hebdomadaire dans le New York Times avant d’être retravaillé par l’auteur.

L’histoire d’un héros sympathique et un suspense qu’on lit avec beaucoup de plaisir.

 

 

 »L’Heure d’avant », Colin Harrison, 10/18

Les interdits religieux, Caroline Fourest, Fiammetta Venner

Par Christine Calmeau dans En poche , le 9 décembre 2011 10h57 | Ajouter un commentaire

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Le livre est minuscule : deux fois plus petit qu’un format poche classique, et pourtant on y trouve une foule de choses.

Saviez-vous par exemple qu’il est interdit dans la religion juive de s’épiler les sourcils pour un décès ?


Saviez-vous aussi que les personnes qui se font limer les dents, ou celles qui se font arranger un écart entre les 2 incisives sont maudites par Mahomet ?


Saviez-vous également que les témoins de Jéhovah refusent la transfusion sanguine, ce qui entraîne la mort de 450 à 1100 d’entre eux chaque année ? Des témoins de Jéhovah qui interdisent également les sapins de Noël…


Saviez-vous encore que le botox était interdit chez les musulmans, mais pas tout à fait pour les juifs ? Les juifs où le caviar fait partie des interdits alimentaires ? Comme en Iran où Khomeiny, probablement inspiré par la tradition juive, avait interdit la consommation de poisson sans écaille, et donc l’esturgeon, avant qu’une fatwa de 1983 ne vienne lever l’interdiction pour permettre à l’Iran de recommencer à exporter son caviar…

Autant d’interdits insoupçonnés, très souvent méconnus.

Caroline Fourest est journaliste et essayiste comme Fiammetta Venner qui est également politologue. Deux auteurs pour une question : ‘’Interdits religieux ou interdits au nom de la religion ?’’

Une question très sérieuse qui revient sur des exemples beaucoup plus graves et plus importants que les précités, non pas pour ‘’porter un jugement sur l’absurdité ou au contraire la validité d’un interdit, … mais simplement pour offrir un catalogue non exhaustif, un aperçu varié de la somme des interdits et anathèmes pouvant être prononcés au nom d’une autorité suprême que les hommes appellent Dieu.’’

Un tout tout petit bouquin, surprenant, intéressant, interpellant…

Pour ne pas mourir idiot…

‘’Les interdits religieux ‘’, Caroline Fourest, Fiammetta Venner, Editions Dalloz

La fille de son père, Anne Berest

Par Christine Calmeau dans En poche , le 26 novembre 2011 15h07 | Ajouter un commentaire

97827578246891 »Ce matin, j’ai entendu à la radio qu’un enfant sur vingt, en France, serait illégitime. Un enfant sur vingt. Un enfant sur vingt ne serait pas l’enfant de son père présumé. »


Trois soeurs, trois grandes rousses : Irène, l’aînée, Charlie, la benjamine, et la narratrice, la cadette de la famille, se rendent dans leur maison natale pour y fêter l’anniversaire de l’aînée. Elles sont accueillies par leur père, Albert.

Pour les filles, le repas tourne vite au pugilat et l’échange de cadeaux à la bataille rangée. Et c’est Catherine, la belle-mère, pas toujours très appréciée par ses belles-filles,  qui pète un plomb : elle n’en peut plus de l’égoïsme des soeurs , de celui de leur père. Elle n’en peut plus non plus d’entendre parler de Martine, l’épouse, la mère, décédée il y a très longtemps, près de trente ans … Martine qui  »n’était quand même pas une sainte, parce que faire un enfant avec un autre, et ne rien dire à personne, c’est quand même pas des comportements de Vierge Marie » …

Voilà qui jette un froid parmi l’assistance… Le doute aussi.

Pour les trois filles, c’est l’heure à présent de se plonger dans les secrets de famille.

Irène est la première à s’y coller. Elle est persuadée que sa mère a eu un autre amour que son père et qu’elle en est le fruit. Elle commence ses recherches, alors que la vie continue pour ces trois femmes bien différentes malgré leur point commun, cette flamboyante chevelure…

 »La fille de son père  » est le premier roman d’Anne Berest. Il est paru au Seuil en 2010, il vient de sortir en format poche dans la collection Points.

Le thème est classique : celui des secrets de famille et de la filiation. Classique, et servi par une écriture simple et efficace puisque le lecteur fait plusieurs fois fausse route, et il n’est pas le seul dans le cas…

Un roman charmant, troublant, tout en pudeur.



 »La fille de son père », Anne Berest, POINTS

La délicatesse, David Foenkinos

Par Christine Calmeau dans Coup de coeur, En poche , le 22 novembre 2011 17h24 | Ajouter un commentaire

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Elle s’appelle Nathalie. Belle, jeune, délicate. Elle est l’épouse de François. Entre eux, un amour fou, de tous les instants. Malgré leur mariage, ils continuent de s’aimer passionnément, jusqu’au drame. Jusqu’au jour où Nathalie se retrouve veuve.

Une descente en enfer … Pendant des mois, la jeune femme ne veut voir personne. Faire face, seule. Et puis un jour, sans trop savoir pourquoi, Nathalie décide de retourner au boulot. Dans la société suédoise où elle travaille depuis des années. Là où son patron est secrètement amoureux d’elle.

Le problème, c’est qu’elle n’éprouve absolument rien pour lui, pas la moindre parcelle de sentiment ou d’attirance. Même si leur dîner avait plutôt bien commencé, même si elle n’a plus passé une soirée avec un homme depuis longtemps.

Peu de temps après,  Markus, un employé suédois, très ordinaire, pas sexy du tout, vient frapper à la porte du bureau de la jeune veuve pour lui soumettre un dossier. Quelle n’est pas sa surprise de sortir de la pièce après avoir échangé un  »très long et très intense » baiser…

Pour Markus, peu habitué à l’amour et aux femmes, c’est la découverte de nouveaux sentiments, de nouvelles sensations. De la peur aussi. Une peur partagée par Nathalie qui n’a jamais songé être attirée par un homme comme lui.

David Foenkinos propose une histoire d’amour banale en somme, mais tellement bien écrite !

Avec finesse, élégance, humour, ironie, légèreté, fraîcheur et discrétion qu’elle en devient incroyablement belle… toute en délicatesse.

Un parcours sentimental improbable qui illumine le quotidien de manière savoureuse.

A lire séance tenante, avant bien évidemment, d’aller voir l’adaptation du livre au cinéma. Le film sort en salles en France le 21 décembre prochain.

 »La délicatesse », David Foenkinos, FOLIO

Une bonne épouse indienne, Anne Cherian

Par Christine Calmeau dans En poche, Romans , le 10 octobre 2011 12h36 | Ajouter un commentaire

epouse-3Il s’appelle Neel Sarath. Il est anesthésiste dans un grand hôpital de San Fransisco. Né en Inde, possédant un passeport américain, Neel est toujours célibataire, au grand dam de sa mère qui ignore l’existence de la pulpeuse blonde, maîtresse de son fils chéri.

Leila, elle, est professeur à l’université. Elle vit dans une petite ville indienne, et, à plus de 30 ans, elle est toujours célibataire, pour le plus grand malheur et la plus grande honte de sa famille.

Quand Neel prend l’avion pour retourner dans la maison familiale et se rendre au chevet de son grand-père gravement malade, il est loin d’imaginer ce qui l’attend : un mariage arrangé … la base de la famille dans son pays d’origine …

C’est comme ça que le brillant spécialiste se voit présenter Leila. Avant même de comprendre ce qui lui arrive, le piège se referme : Neel se retrouve pieds et poings liés : le voilà fiancé à la jeune femme.

Fiancé et aussitôt marié à une femme qu’il n’a vue qu’une seule fois dans sa vie…

Même si  la jeune épouse est belle, intelligente, douce et cultivée, il n’en veut pas et compte bien divorcer rapidement. Neel commence  donc par lui mener la vie dure, quand ils rentrent tous les deux à San Fransisco, après la noce.

Mais Leila ne bronche pas. Après un temps d’adaptation à la culture occidentale, elle va se reprendre et arrêter d’accepter le comportement de son mari, pour lui prouver qu’on ne renie pas aussi facilement ses racines.

« Une bonne épouse indienne » est le premier roman d’Anne Cherian.

Il vous fera passer un très très bon moment avec cette histoire d’amour qui sort de l’ordinaire.

 

« Une bonne épouse indienne », Anne Cherian, FOLIO

Marée sombre, Andrew Gross

Par Christine Calmeau dans En poche, Thriller , le 7 octobre 2011 14h28 | Ajouter un commentaire

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En plein coeur de New York,  au centre de Manhattan, Grand Central Station, une des plus grandes gares des Etats-Unis.  Une bombe explose sur les rails. Le train qui arrive de banlieue est détruit et le wagon dans lequel a pris place Charles Friedman est complètement pulvérisé.

A la même heure, Karen, son épouse, est à son cours de yoga. Sur les écrans de télé de la salle de sport, les images de l’attentat défilent en boucle. Il ne lui faudra que quelques minutes pour comprendre que son mari, brillant gestionnaire de fonds, est mort dans l’attaque, qu’elle ne le reverra plus jamais.

Au même moment, mais à des dizaines de kms de là, dans le Connecticut, un jeune homme est tué par un chauffard.

Pour Karen, le cauchemar commence. Il faut annoncer la mort de Charles aux enfants. Il faut apprendre à vivre sans lui, mais surtout, plusieurs choses  perturbent son deuil.

Il y a ces hommes qui viennent sonner à la maison, pour lui réclamer de l’argent, en lui expliquant que son mari n’était pas celui qu’elle croyait. Il y a ceux qui essaient de s’en prendre aux enfants pour lui faire peur… Charles a-t-il vraiment détourné ces sommes colossales ? Il y a tous ces morts autour d’elle …

Avec un inspecteur de police, elle va essayer d’y voir plus clair et essayer de comprendre qui était vraiment Charles Friedman. Elle devra bien se rendre à l’évidence…

 »Marée sombre » est le deuxième roman en solo d’Andrew Gross, qui a déjà co-écrit plusieurs best-sellers avec James Patterson, un des maîtres du genre.

Deuxième thriller et toute la confirmation de son talent. Style direct, intrigue efficiace, suspense permanent.

C’est un très bon thriller que vous avez là entre les mains.

 

 »Marée sombre », Andrew Gross, J’ai lu

Les Petits Sacrifices, Caroline Sers

Par Christine Calmeau dans En poche, Nouveautés , le 1 octobre 2011 17h25 | Ajouter un commentaire

sacrificeChez les Dutilleul, une famille française bien comme il faut, on organise chaque année la Fête de l’été. Tous les notables du coin profitent de la magnifique maison et du somptueux buffet pendant que le petit personnel fait ripaille dans les écuries. C’est qu’on ne mélange pas les torchons et les serviettes chez ces gens là, Madame !

En juillet 1914, la réception est plus belle que jamais, sauf que les rumeurs de la guerre commencent à arriver aux oreilles des invités.  Et puis, ce qui fait tâche , surtout, pour la petite Charlotte, une des filles de la famille, c’est que son père vient d’abattre un homme en plein banquet…

Charlotte grandira avec le souvenir des catastrophes de ce jour-là, le jour aussi où Jaurès est assassiné, le jour où sa famille a commencé  à comprendre les dures réalités de la vie.

Pas facile en effet de se faire à une existence où l’argent ne coule plus à flots. Pour ces aristocrates désargentés, le monde semble s’écrouler. Mais chez ces gens-là, Madame, on est plein de ressources…

Devenue jeune femme, Charlotte sera donc  »sacrifiée » à l’intérêt familial et mariée à un commerçant qui n’a pas de problèmes financiers. L’objectif est clair : il faut sauver la propriété à la campagne, menacée de saisie.

A son tour, la jeune femme devient mère. Elle aussi prendra des décisions terribles …

Quel est le prix à payer pour continuer à faire partie de la bonne société ? Vous aurez la réponse en lisant  »les Petits Sacrifices », le troisième roman de Caroline Sers, qui a reçu  en 2004 le prix du Premier Roman.

Une confirmation de son talent dans cette saga qui met en scène trois générations de femmes prêtes à tout.

Un roman parfois très dur, mais délicieusement vieillot.

 

 »Les Petits Sacrifices », Caroline Sers, Livre de Poche

Katiba, Jean-Christophe Rufin

Par Christine Calmeau dans En poche, Nouveautés, Thriller , le 28 septembre 2011 17h27 | Ajouter un commentaire

katibaQuatre touristes italiens viennent d’être assassinés sur une route de Mauritanie. Une attaque signée l’AQMI, Al Qaïda au Maghreb islamique. Une attaque comme il s’en produit de plus en plus dans cette région d’Afrique de l’Ouest , ancienne zone d’influence française, un désert où il se passe de drôles de choses pour le moment…

A Paris, au Quai d’Orsay, Jasmine, jeune française de 30 ans, veuve d’un diplomate, se concentre sur son tout nouveau job, au service du protocole.

Dans les rues poussiéreuses de Nouakchott, la capitale mauritanienne, Dimitri, médecin canadien, essaie, tant bien que mal, de faire tourner les urgences de l’hôpital local. Mais, ce n’est pas son objectif principal. Sa mission : infiltrer un groupe de médecins islamistes, alors que les services de renseignements du monde entier, de Washington à Alger en passant par les Emirats, sont sur les dents : on s’attend à un attentat de grande envergure, et on ne sait pas trop ce qui est en train de se tramer là-bas, dans le désert, dans ces contrées hostiles et arides.

La réponse viendra peut-être du côté de Jasmine : que manigance-t-elle, sous ses grands airs de bourgeoise stricte, que cache-t-elle exactement, quelle a été sa vie avant qu’elle n’épouse ce diplomate, quels liens entretient-elle avec le monde musulman, et avec les islamistes en particulier ?

Ce sont quelques-unes des réponses qu’il faudra apporter pour essayer de démêler toute cette histoire…

Un suspense rondement mené par Jean-Christophe Rufin, qui connaît particulièrement bien tous les dessous et les ficelles de la diplomatie, puisqu’il a occupé plusieurs postes à responsabilités à l’étranger pour le compte du gouvernement français. Ce médecin de formation, engagé dans l’humanitaire, a notamment été ambassadeur de France au Sénégal.

Il a reçu le prix Goncourt en 2001 pour « Rouge Brésil ».

Il signe ici un excellent thriller.

 

« Katiba », Jean-Christophe Rufin, FOLIO