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Un homme ordinaire, Yves Simon

Par Christine Calmeau dans Coup de coeur , le 3 février 2012 13h53 | Ajouter un commentaire

9782841115778 »Pourquoi faut-il attendre tant de temps pour oser prononcer les mots justes ? Le temps de la mort, celui des silences, le temps de l’absence ? Attendre que l’arrogance de la jeunesse se soit adoucie et que l’ajustement du regard et des mots vise ce qui a compté et non ce qui a manqué.  »

C’est avec cette question très forte qu’Yves Simon commence la lettre qu’il écrit à son père. André Simon, cheminot à la SNCF, cantonnier poseur plus précisément, est cet  »homme ordinaire ».

Un homme qui a épousé une femme seize ans plus jeune que lui, Yvonne.

Le couple n’aura qu’un enfant : Yves.

Yves qui n’a que vingt ans quand son père meurt, atteint d’un cancer. 

 »Il y a plus de 40 ans que tu as disparu et pourtant je te parle comme si le fossé du passé n’existait pas. Douloureusement je retrouve ton chemin. »

Celui d’un homme qui n’aura jamais fait de vague, qui n’avait pas d’ambition, d’une génération qui a connu deux guerres, trop jeune pour la première, trop vieux pour la seconde, en subissant peurs et privations.

André Simon qui ne fut le héros de rien écrit son fils. Un fils qui a parfois eu honte de son père, devant ses camarades, nés dans des familles plus riches, plus bourgeoises, honte de ce père qui semblait s’accommoder de la précarité, mais qui n’a jamais cessé d’aimer sa femme et son fils, d’un amour très simple et très fort.

 »Sans t’en rendre compte, tu fus le faiseur de miracles qu’il me fallait pour que je puisse m’envoler. »

Malheureusement, André Simon n’assistera jamais à cet envol, emporté trop tôt par la maladie. Il ne verra jamais ce fils qu’il aimait tant monter sur scène et devenir une des références de la chanson française.

Yves qui lui rend un hommage très touchant.

Une très belle déclaration d’amour dans ce tout petit bouquin d’à peine 80 pages. En nous rappelant, en passant, l’urgence qu’il y a à dire aux personnes de notre entourage, à nos amis, à nos parents, qu’on les aime…

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