Voici le nouveau panier de la ménagère

Par Ludovic Delory dans Conso, Votre argent , le 4 janvier 2010 12h44 | 10 commentaires

caddieIl évolue au même rythme que notre mode de vie. Le célèbrissime « panier de la ménagère » a changé de composition, ce 1er janvier 2010. Il contient désormais 520 services ou produits, contre 518 l’année passée. Les nouveaux venus sont au nombre de cinq : les lampes économiques, les GPS, les disques durs externes, les maisons de repos et, plus singulièrement, les abonnements de fitness. Ils prennent la place de biens de consommation tombés en désuétude auprès du citoyen lambda : les imprimantes à encre, les lampes à incandescence et les paquets software.

Le « panier de la ménagère », c’est le nom habituellement donné à ce que l’on appelle l’indice des prix à la consommation. Instauré en 1919 par le ministre de l’Industrie de l’époque, Joseph Wauters (beaucoup de rues de Wallonie portent son nom), il sert à mesurer l’évolution des prix des principaux biens de consommation. A l’époque, il ne comprenait que 56 produits. En 1994, l’indice des prix à la consommation salue la naissance de son petit frère : l’indice-santé, version « light » du panier de la ménagère, puisqu’on en retire le tabac, l’alcool et les carburants.Dès que l’indice-santé franchit ce qu’on appelle un « indice-pivot », les salaires, les loyers et les prestations sociales sont indexés (parfois par le bas). C’est une particularité belge. Inconvénient : si le prix des carburants et des cigarettes augmente, cela n’est pas répercuté en proportion sur votre fiche de paie. Les salaires ne suivent donc pas exactement le coût de la vie. En 10 ans, le Belge aurait ainsi perdu de 2 à 3% de son pouvoir d’achat.

L’indice-santé de janvier 2010 sera connu début février. Il vaut actuellement 110,96 (sur une base de 100 en 2004). Avec la crise, il valait bien plus l’année passée, voilà pourquoi votre salaire est (un peu) moins élevé aujourd’hui que fin 2008. Reste le gros bémol, sur lequel se chamaillent régulièrement patrons et syndicats : comment canaliser l’indexation incontrôlée des salaires ? Selon le Conseil central de l’Economie, la hausse des salaires belges au cours des dix dernières années a dépassé de 4,1% celle des salaires dans les pays voisins. Voilà qui risque de plomber la compétitivité du travailleur belge. Bientôt le chant du cygne pour l’indexation automatique des salaires, dont le président de la BCE a explicitement demandé la mise à mort ?

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