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Belgocontrol : des manquements, un audit et puis… plus rien

Par Ludovic Delory dans Décryptage , le 27 novembre 2010 09h25 | Un commentaire>

BELGIUM BELGOCONTROL YEAR RESULTS 2009Il est passé presque inaperçu, ce rapport du bureau de KPMG, daté du 26 janvier 2010 portant sur le fonctionnement et la gestion de Belgocontrol. Je dis « presque », car La Libre Belgique a publié, en mars, des articles sur ce « temple de l’incurie » qu’est devenu l’organisme détenant le monopole de la sécurité aérienne en Belgique.

Le rapport (128 pages), commandé par le ministre Schouppe, épingle divers manquements au sein de l’entreprise publique : manque de vision stratégique, existence d’un « shadow cabinet« , taux d’absentéisme très élevé. Et puis il y a aussi les coûts.

A la page 26 de ce rapport que je me suis procuré, on peut constater que Belgocontrol est, de loin, le plus cher des opérateurs aériens européens. Le coût par heure de vol y est de 671 euros, contre 439 euros pour Skyguide (l’opérateur suisse) et 563 euros pour LVNL (l’opérateur néerlandais). Tout cela pour une efficacité moindre. Car à la page suivante, et sur base d’un indice composite calculant la productivité par contrôleur aérien, le rapport octroie à Belgocontrol une productivité de 0,63, inférieure à la moyenne européenne. Pour info, LVNL et Skyguide obtiennent respectivement des scores de 0,79 et 1,16. Lire la suite

« Stop wasting our money ! »

Par Ludovic Delory dans Dans le monde , le 3 novembre 2010 19h00 | 6 commentaires

USA OBAMA RALLY CLEVELANDA mi-mandat, Barack Obama est déjà le président le plus dispendieux de toute l’histoire des Etats-Unis. A son arrivée à la Maison Blanche, c’est vrai, il a hérité du lourd tribut des années Bush : une dette de près de 10.000 milliards de dollars.  Deux ans plus tard, cette dette dépasse les 13.000 milliards $. Plus de 90% du PIB. Le pays a beau connaître l’une des pires récessions de son histoire, voilà des chiffres qui, s’ils sont communs en Europe, n’ont jamais été aussi alarmants du côté de l’Oncle Sam.

Aux USA, nombre de journaux, de blogs et de commentateurs (tant démocrates que républicains) se sont vite alarmés de cette accumulation de dettes. Une caricature célèbre représente Ben Bernanke, le patron de la Federal Reserve, en train de balancer les billets dans les airs depuis son hélicoptère (on en a même fait une figurine). Des compteurs en temps réel de la dette défilent toujours sur de nombreux sites Internet. En janvier, Fitch a menacé les Etats-Unis de perdre leur précieux AAA (Standard&Poor’s avait brandi la même menace sous Bush). Depuis lors, le trou s’est encore creusé et, avec un tel passif, n’importe quel autre pays mineur aurait déjà été dégradé par les agences de notation. Pour vous dire : un investisseur réputé vient de comparer la dette US à une arnaque en pyramide semblable à celle qui a envoyé Bernard Madoff en prison. Lire la suite

Subsides aux PME ou primes à la brique ?

Par Ludovic Delory dans Décryptage, Socio-éco , le 29 octobre 2010 12h45 | 4 commentaires

arton310-758fbLe labyrinthe des primes, des aides et des administrations n’a sans doute pas fini de décourager le chercheur d’emploi. Alors qu’on apprend coup sur coup l’échec de l’activation des chômeurs à Bruxelles, je rebondis sur cet excellent billet de Charles Bricman et sur ce constat désabusé de Waldorf.be pour vous conter ma petite histoire sur les cheminements tortueux de certaines aides à l’investissement.

A Bruxelles, le taux de chômage flirte avec la barre des 21%. Parmi les innombrables machineries publiques instaurées pour endiguer ce fléau, on trouve la SRIB, Société Régionale d’Investissement de Bruxelles. Mise en place en 1980, cette « société d’investissement à vocation généraliste » a pour mission de « soutenir financièrement la création, la réorganisation ou l’expansion d’entreprises privées situées en Région de Bruxelles-Capitale ».

Si j’en juge les dernières infos mises en ligne sur son site Internet, la SRIB et ses filiales soutiennent plus de 350 entreprises bruxelloises, assurant plusieurs milliers d’emplois. Le principe est assez simple en apparence : la SRIB prête de l’argent aux PME (lorsqu’elle n’intervient pas directement dans leur actionnariat), ce qui facilite l’accès desdites PME au financement bancaire. La SRIB se targue aussi d’apporter son expertise, ses compétences,… bref un véritable allié pour les petits patrons qui désirent se lancer. Lire la suite

La Belgique en chiffres

Par Ludovic Delory dans Non classé , le 22 octobre 2010 14h35 | 2 commentaires

BELGIUM POLITICS MARCH FOR UNITYA l’occasion de la présidence belge du Conseil de l’Union Européenne, le SPF Economie a la bonne idée de réunir dans un seul document les données statistiques les plus récentes sur la Belgique. A l’heure où les débats politiques sont essentiellement tournés vers l’institutionnel et la confection d’une majorité gouvernementale, il n’est pas inutile de se remettre en tête quelques données macro-économiques permettant de situer notre pays à sa juste place, parmi ses 26 voisins européens.

A en juger le PIB par habitant, le Belge n’est pas à blâmer. Nous nous situons au-dessus de la moyenne européenne, coincés entre la Finlande et l’Allemagne mais bien loin encore de deux de nos plus proches voisins, les Pays-Bas et surtout le Luxembourg, qui reste l’un des pays les plus prospères au monde. Plus de 70% de la richesse globale de la Belgique est assurée par le secteur tertiaire (les services). Inquiétant: les Belges, à l’instar de presque tous les autres Européens, ont perdu une part non négligeable de leur pouvoir d’achat au cours des dix dernières années.

Au sein des 27, la Belgique se distingue par la haute productivité de ses travailleurs (et ce n’est pas toujours une bonne nouvelle), mais aussi par sa dette publique extrêmement élevée (96,7% du PIB) qui la place à la troisième place européenne, derrière l’Italie et la Grèce. Avec un taux d’emploi (61,6%) inférieur à la moyenne des 27, notre pays a toutefois moins souffert de la crise que les autres. Toujours aussi inquiétant: le taux de chômage chez les moins de 25 ans (21,9%). Le travailleur belge à temps plein preste en moyenne 41,2 heures par semaine (moins que la moyenne européenne).

Parmi les autres données intéressantes, on peut aussi noter que 67% des ménages belges disposent d’un accès Internet à domicile (contre 90% aux Pays-Bas), que le nombre de tués sur nos routes est en baisse depuis plusieurs années, ou que la Belgique figure en haut du classement des pays européens comptant le plus de résidents étrangers.

« Belgique : les chiffres-clés 2009 », une excellente référence pour les étudiants, les chercheurs, les journalistes… ou les citoyens curieux.

Le scandale qui peut ruiner l’économie mondiale

Par Ludovic Delory dans Dans le monde, Financier , le 18 octobre 2010 17h12 | 17 commentaires

USA HOME FORECLOSUREVous n’avez sans doute pas encore entendu parler du « Foreclosure Gate » ? Ne vous inquiétez pas, ça va venir. A l’instant où j’écris ces lignes, Google propose déjà plus d’un million six cents mille occurrences pour ce terme, et ce n’est probablement pas fini, tant ce nouveau scandale venu en droite ligne des Etats-Unis risque de reléguer les « subprimes » à une petite farce d’étudiant-trader.

J’avoue que l’affaire est extrêmement complexe à résumer en quelques lignes. Vincent Bénard fut, à ma connaissance, le premier blogueur francophone à en parler. De son côté, la presse généraliste commence timidement à évoquer cette bombe atomique qui menace d’exploser à la figure de l’ensemble de l’économie mondiale.

Comment résumer simplement cette affaire ? On peut dire que le Foreclosure Gate (« scandale des saisies ») est une suite chronologique de la crise des subprimes, mais à la puissance dix. Souvenez-vous, les crédits subprimes avaient été accordés facilement à des ménages américains par des banques pas très regardantes sur la solvabilité desdits ménages. Mais comme le rêve américain a un prix et comme l’argent ne pousse pas dans les arbres, la crise est venue jeter à la porte des millions de ménages qui se sont défendus bec et ongles pour conserver leur bien.

Fin 2008, les lettres de « foreclosure » débarquent par centaines de milliers dans les boîtes des Américains. Mais en examinant les dossiers de saisie d’un peu plus près, des avocats dénichent une faille dans le système. En résumé, il apparaît que les banques ont contourné la procédure légale. Les saisies auraient été effectuées dans la précipitation, sans tenir compte des règles administratives en vigueur. Lire la suite

Et vous, combien gagnez-vous ?

Par Ludovic Delory dans Socio-éco, Votre argent , le 12 octobre 2010 14h02 | 8 commentaires

salaryUn travailleur belge sur deux gagne moins de 2.595 € bruts par mois. C’est l’un des enseignements de la grande grille des salaires fraîchement sortie des tableaux statistiques du SPF Economie.

Globalement, les grandes tendances des salaires en Belgique restent les mêmes : pour bien gagner sa vie, mieux vaut être un patron d’entreprise flamand de formation universitaire plutôt qu’une serveuse de café travaillant dans la région de Dinant. C’est dans cet arrondissement, en effet, que les employeurs paient le moins leurs salariés. A l’autre bout de l’échelle, les travailleurs bruxellois sont les plus choyés par leur patron.

La finance et l’industrie pétrochimique restent les secteurs où l’on rémunère le mieux. Si vous travaillez dans l’Horeca, par contre, attendez-vous à figurer parmi les travailleurs les moins bien payés en moyenne, même si les salaires ont considérablement augmenté par rapport aux autres secteurs depuis 1999.

Et les salaires, justement ? Les statistiques montrent que 10% des salariés gagnent maximum 1.911 € bruts par mois. Du côté des gros salaires, 10% de petits veinards dépassent les 4.303 € mensuels. Le salaire médian (celui qui se place juste au centre de la distribution statistique) est fixé à 2.595 € bruts, le salaire moyen s’élève à 2.936 €.

Enfin, l’écart salarial entre femmes et hommes se fixe à 9,1% en 2007 (différence entre les salaires horaires bruts), ce qui constitue une progression par rapport à l’année d’avant. En moyenne, un travailleur belge gagne 3.022 € bruts par mois, contre 2.682 € pour une travailleuse. Mais ne criez pas au sexisme, plusieurs facteurs bien connus des économistes (au premier rang desquels l’aménagement du temps de travail) expliquent cette différence salariale.

Titres-services en péril

Par Ludovic Delory dans Conso, Votre argent , le 12 août 2010 10h45 | 19 commentaires

large_377216La success story va bientôt virer au cauchemar budgétaire. En lançant le système des titres-services en 2004, le gouvernement fédéral désirait lutter plus activement contre le travail au noir en vigueur dans le secteur des aides ménagères. Mais en voulant récupérer le beurre et l’argent du beurre, il risque de se retrouver avec une crème aigre au bout des papilles.

Personnellement, j’ai du mal à croire que le ministre Frank Vandenbroucke, bardé de diplômes en économie, n’ait pas pu prendre conscience, dès le lancement des titres-services, du succès futur (et des échecs inévitables) de son initiative. Lorsque l’argent public vient inonder un secteur économique en particulier, on appelle cela l’effet d’aubaine. Il n’y a rien d’anormal à voir affluer des entrepreneurs sur un marché comportant, à court terme, peu de risques. Nos titres-services inspirent même l’étranger. Figurez-vous que des sites internet polonais expliquent aux travailleuses intéressées la manière de s’y prendre pour venir « faire des ménages » en Belgique ! Voilà un effet d’aubaine inespéré !

Le secteur des titres-services est en cela comparable à celui des poseurs de panneaux photovoltaïques ou des éco-bonus pour voitures propres : tant que le politique soutient l’idée, il y a une manne potentielle d’argent facile à disposition. Les acteurs impliqués ont donc tout intérêt à préserver le système… aux dépens des contribuables les plus défavorisés (et les plus nombreux, ceux qui financent le système sans avoir les moyens d’en bénéficier).

C’est ainsi que, tout naturellement, les titres-services ont rencontré un énorme succès. Imaginez donc ! Payer 7,50 euros pour une heure de ménage à domicile, faire financer le solde par la collectivité et retoucher, de surcroît, une partie du montant via un remboursement d’impôt : n’importe quel bon père de famille s’est très vite rendu compte qu’il s’agissait d’un placement on ne peut plus rentable. Résultat : une diminution certaine du travail au noir, une hausse du nombre d’utilisateurs, un « boum » des CDI (+80% selon l’étude d’Idea Consult), mais en retour un coût exorbitant pour le contribuable. En 2009, l’Etat belge aurait ainsi déboursé 662 millions d’euros nets pour maintenir à flots le système des titres-services. Un chiffre appelé à frôler le milliard dans les années qui viennent… si rien ne change. Lire la suite

Oouuuh, les vilains mots !

Par Ludovic Delory dans Décryptage , le 5 juin 2010 11h15 | 9 commentaires

taniaRigueur et austérité : deux termes bannis du vocabulaire de campagne. A peine peut-on lire, ici et là, quelques allusions à l’inévitable scénario d’après-13 juin. Sur ce point-là, Elio Di Rupo joue sans doute le plus la carte de la franchise. Ce matin encore dans la DH, le président du PS répète son credo : « Autant je suis favorable à la rigueur, autant je suis opposé à l’austérité libérale : il n’est pas question de payer une deuxième fois la crise« . Elio Di Rupo reste cohérent avec les propos qu’il a tenus lors du grand débat organisé sur RTL TVI. Mais l’électeur qui devra se prononcer dimanche prochain reste dans le flou le plus total sur les intentions des partis francophones quant aux sacrifices qu’il faudra réaliser.

Austérité, rigueur. Rigueur, austérité. J’ignore quelle véritable nuance il faut apporter à ces termes, sachant que la réalité économique ne ment pas. La Belgique devra réaliser un effort de 22 milliards d’euros pour atteindre les mesures d’équilibre du Pacte de stabilité en 2015. C’est de la rigueur ou de l’austérité, ça ? Avec une dette qui va dépasser les 100% du PIB, un taux de chômage aux alentours de 13%, une fiscalité pesante et une fonction publique pléthorique, la Belgique n’a pas le choix. Au lendemain des élections, elle devra suivre le rythme enclenché, avec plus ou moins de succès, dans les autres pays européens. Sous peine de se retrouver dans le collimateur des marchés, qui guettent les faux pas des dettes souveraines.

Seulement voilà : qu’on les qualifie de rigueur ou d’austérité, ces mesures feront mal. Au Portugal, le gouvernement a décidé de fermer 900 écoles d’ici la fin de l’année scolaire. En Espagne, la récession et la bulle immobilière ont poussé le gouvernement à tailler dans les dépenses sociales, alors que le chômage est en passe d’atteindre les 20%. En Italie, le plan d’austérité prévoit 24 milliards d’euros d’économie. Berlin vient d’annoncer 30 milliards d’économies d’ici à 2013. Quant au Royaume-Uni, il va lui aussi entrer dans une « ère d’austérité », selon les termes du Secrétaire d’Etat au Trésor David Laws.

Et en Belgique ? C’est la campagne, alors on rase gratis. Untel promet une pension minimale de 1.000 euros. Le lendemain, Telautre promet une pension à 1.150 euros. Sur le fond, on parle beaucoup des priorités socio-économiques, mais qui ose avancer des chiffres, des mesures, des projets ? A l’exception de l’Open VLD, timidement suivi par les autres partis flamands obligés de se positionner, je n’ai pas trouvé trace de programme de rigueur digne de ce nom. Côté francophone, en tout cas, on n’avance aucun programme chiffré. Faudrait pas faire peur à l’électeur, à l’heure où chacun y va de son cahier de revendications… Lire la suite

Carrefour et le contribuable

Par Ludovic Delory dans Conso, Votre argent , le 29 mai 2010 17h06 | 11 commentaires

gogos-11C’est un très beau cas d’école qui s’est présenté cette semaine : le gouvernement doit-il délier les cordons de la bourse pour financer les pré-pensions des travailleurs remerciés par la direction de Carrefour ? Depuis plusieurs semaines, cette question a animé le débat entre différents ministres du gouvernement fédéral. Un chiffre a fait la une de la presse, cette semaine : 100 millions d’euros, le coût estimé des pré-pensions à 52 ans pour quelque 984 travailleurs concernés. J’ai fait le compte très vite, sur base des données de la société SD Worx : ((1.150 euros x 12) x 984 travailleurs) x 10 ans d’allocation = près de 135,8 millions d’euros. Pour la ministre de l’Emploi, « ça coûtera maximum 10 millions d’euros à l’Etat« . Effectivement, ajoute Joëlle Milquet, beaucoup de ces personnes ne travaillent pas à temps plein, et mieux vaut assumer le coût des pré-pensions que celui des licenciements. Pour rester dans les déclarations politiques, on rappellera que Didier Reynders, début mars, avait explicitement annoncé qu’il ne paierait pas les pré-pensions dans le cas de Carrefour, entreprise qui réalise de substantiels bénéfices. Tollé à gauche par la voix de Laurette Onkelinx, et intervention du Premier ministre d’alors : « ils ont tous les deux raison« . Bon, d’accord, mais on fait quoi alors ?

Le projet d’accord finalement conclu prévoit des départs volontaires et des pré-pensions à 52 ans, ainsi que le sauvetage de 12 magasins.

Là-dessus, que peut-on dire ? Est-il cohérent de pousser les quinquas à la pré-pension en plein débat sur le recul de l’âge de la retraite ? Est-il cohérent d’aider une entreprise multinationale (et bénéficiaire) à financer des départs dont sa mauvaise gestion est, en grande partie, à l’origine ? Je m’attarderai sur cette dernière interrogation, qui découle des précédentes : est-il juste de faire payer le contribuable pour attirer les entreprises en Belgique ? Lire la suite

L’euro, la dette et notre avenir

Par Ludovic Delory dans Financier, Globalization , le 20 mai 2010 10h04 | 8 commentaires

zero-euroAh ! Ils ont l’air malins, les supporters de la dette, les as de la titrisation, les apôtres de la décroissance ! Voilà que leurs conceptions économiques bâties sur des océans de dettes s’écroulent, sous la pression des spéculateurs, comme des châteaux de cartes. La confiance en l’euro s’érode, les marchés s’affolent, et nous voici revenus au temps, stupidement simple, du « épargner pour grandir ».

Or, la croissance ne naît pas des baguettes agitées par les magiciens des salles de marchés. La crise grecque (et européenne) nous révèle deux choses : les dettes finissent par se payer un jour ou l’autre (leçon économique) ; mais les gouvernements cherchent à les épurer le plus tard possible (leçon politique).

Angela Merkel a choisi une voie difficile et réaliste. Devant le Bundestag, elle n’a pas pratiqué la langue de bois : « L’euro est en danger ». En rechignant à aider les falsificateurs et les égarés de la zone euro, la chancelière pose un geste économique, celui qui refuse à encourager l’irresponsabilité. Son raisonnement tient en une phrase : à quoi bon aider les mauvais élèves alors qu’ils n’ont jamais démontré leur capacité à s’en sortir ? En même temps, si l’on regarde la situation d’un oeil politique, la question qui vient à l’esprit peut être, elle aussi, résumée simplement : pour préserver l’euro, tous les moyens seront bons. La réplique de la Française Christine Lagarde n’a pas tardé : « L’euro n’est pas en danger ». C’est une réponse politique à un problème économique. Or, l’euro est un projet politique construit en dépit du bon sens économique. Charles Gave le compare à la ligne Maginot, cette forteresse que toutes les élites de l’armée française croyaient imprenable. Lire la suite