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Opel Anvers : chronique d’un désastre social

Par Ludovic Delory dans Globalization, Socio-éco , le 21 janvier 2010 21h56 | 16 commentaires

BELGIUM GENERAL MOTORS OPEL ANTWERPL’annonce de la fermeture prochaine d’Opel Anvers n’aura finalement pas surpris grand monde. Hélas ! Cela fait longtemps que le site était en sursis, suspendu au bon vouloir d’une maison-mère allemande et d’une chancelière bien décidée à préserver l’industrie nationale. A force de proclamer — au conditionnel — la fermeture de l’usine anversoise, les médias (et le personnel, n’en doutons pas) s’étaient sans doute fait une raison. Etait-ce inéluctable ?

Même si Opel Anvers était présentée comme une usine modèle, divers facteurs ont mené à la situation actuelle. J’en épinglerai deux principaux :

Le protectionnisme. General Motors est un géant de l’industrie américaine. La crise aidant, le réflexe protectionniste a pris le dessus. Malgré les mises en garde des institutions internationales, malgré les promesses émises au forum de Davos en janvier 2009. Barack Obama n’a pas ménagé ses efforts pour sauver le géant de Detroit, qui de son côté n’a jamais vraiment adapté ses produits aux réalités du marché. Lorsque Toyota est devenu le leader mondial des productions de véhicules, en 2007, GM a continué à vendre des pick ups consommant près de 20 litres de carburant aux 100 km (les célèbres Hummer), des voitures spacieuses et gourmandes, pendant que son concurrent japonais axait sa recherche/développement sur l’hybride et les matériaux légers. Toyota, comme d’autres, avait senti le vent tourner.

L’Allemagne aussi. L’usine de Bochum n’était pas spécialement la plus performante du groupe Opel, mais elle disposait de l’avantage indéniable d’être située outre-Rhin. Protégés par le gouvernement de la première économie européenne, les 4.800 salariés allemands n’avaient, à bien y réfléchir, pas beaucoup de souci à se faire. Le président CDU de la région de Rhénanie du Nord-Westphalie, issu du même parti que la chancelière Merkel, a dû peser de tout son poids auprès de la maison-mère.

Une question vient automatiquement : la Belgique est-elle vouée à voir disparaître tous les fleurons de son industrie ? Cela nous amène au second facteur, tout aussi déterminant sans doute, qui a précipité la décision de General Motors : le coût du travail.

Car l’ouvrier belge a beau figurer dans le peloton de tête des travailleurs les plus productifs, il est aussi l’un de ceux qui coûtent le plus cher. Et pour une multinationale comme GM, c’est évidemment d’une importance capitale. Pour Geert Noels, la Belgique a perdu la bataille dans la première moitié des années 2000, à l’époque où le coût par unité de production est devenu plus avantageux en Allemagne qu’en Belgique. Produire, chez nous, coûte très cher. On peut incriminer des tas de facteurs, au premier rang desquels la couverture sociale exclusive dont se targuent tant le monde politique et les syndicats, la réalité des chiffres s’est imposée.

Malinvestissements, conjoncture, protectionnisme, sauvetages de fortune,… Dans une économie de plus en plus dirigiste, à l’heure où les gouvernements des grandes puissances n’ont à la bouche que la riposte du « Too Big to Fail » pour éviter la catastrophe du chômage, fallait-il espérer un miracle pour Anvers ? Seuls les éternels optimistes répondront par l’affirmative. Reste à espérer que la casse sociale (quelle horrible expression !) soit limitée.

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