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La fronde des patrons

Par Ludovic Delory dans Socio-éco , le 26 janvier 2010 18h20 | 9 commentaires

laisseznousLa photo était inhabituelle, hier, au siège de la FEB. Quatorze responsables des fédérations patronales placés côte à côte pour lancer un message fort aux Belges : « laissez-nous entreprendre !« . Une pétition en ligne qui, à l’instant où j’écris ces lignes, a récolté 15.200 signatures, rappelle que les entrepreneurs sont les moteurs de la croissance et de la prospérité.

Face à la crise, les patrons ont aussi leurs pistes. Pour eux, la lutte pour la compétitivité passe inévitablement par une baisse des charges sur le travail et une simplification des démarches administratives. Le droit de licencier doit être le même pour tous, d’où la préconisation d’un statut unique ouvrier/employé. Enfin, les patrons demandent aux pouvoirs publics de stimuler l’innovation en faveur de l’économie « verte » et de se pencher en urgence sur la question des pensions.

« Laissez-nous entreprendre ! », c’est donc un cri du coeur, un appel à la raison à l’heure des revendications sociales et de la fronde contre le patronat. Le moment n’a jamais été aussi bien choisi. Les licenciements chez Opel Anvers et chez InBev rappellent que la Belgique n’a plus son mot à dire dans le concert de la mondialisation. Et vendredi, la manifestation « pour l’emploi, le respect des travailleurs et la justice sociale » ameutera des milliers de travailleurs sur le pavé bruxellois.La riposte syndicale n’a pas traîné. Dès hier, la FGTB a radicalement critiqué les mesures proposées par les employeurs, rejetant l’idée d’un statut unique et contestant les attaques qui portent sur la liaison automatique des salaires à l’index. Ce midi, la CSC a elle aussi fait part de ses remarques. Le syndicat chrétien force sans doute le trait en parlant de « violence médiatique de la part des employeurs envers les travailleurs d’Opel et les chômeurs« . Pour le reste, il appelle à un débat « ouvert et honnête » avec le patronat.

Pour tenter d’équilibrer le débat, il convient de rappeler quelques réalités :

- la haute productivité peut aussi être un handicap, et la Belgique l’apprend souvent à ses dépens ;

- certaines mesures d’urgence prises « au nom du social » en raison de la crise peuvent se révéler désastreuses pour les finances des PME ; la prime de crise des ouvriers, par exemple, durement combattue par les patrons ;

- fustiger les employeurs en les accusant d’avoir joué un rôle dans les dérapages du secteur financier, c’est taper à côté de la cible ; leur demander d’investir dans l’innovation sans défendre une baisse des charges, c’est faire preuve d’angélisme économique.

- appeler sans cesse le gouvernement à l’aide pour préserver l’emploi, c’est aussi priver l’économie d’une dynamique indispensable à la survie à long terme des entreprises. Les ouvriers de GM à Detroit n’ont pas fini de ruminer cette règle essentielle.

Vendredi, le pavé va chauffer. Chaque manifestant aura en tête les perspectives dramatiques qui s’annoncent, cette année, pour l’emploi. Espérons que, de part et d’autre, la sérénité l’emporte sur la passion.

(Photo : Isopix)

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