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Subsides aux PME ou primes à la brique ?

Par Ludovic Delory dans Décryptage, Socio-éco , le 29 octobre 2010 12h45 | 4 commentaires

arton310-758fbLe labyrinthe des primes, des aides et des administrations n’a sans doute pas fini de décourager le chercheur d’emploi. Alors qu’on apprend coup sur coup l’échec de l’activation des chômeurs à Bruxelles, je rebondis sur cet excellent billet de Charles Bricman et sur ce constat désabusé de Waldorf.be pour vous conter ma petite histoire sur les cheminements tortueux de certaines aides à l’investissement.

A Bruxelles, le taux de chômage flirte avec la barre des 21%. Parmi les innombrables machineries publiques instaurées pour endiguer ce fléau, on trouve la SRIB, Société Régionale d’Investissement de Bruxelles. Mise en place en 1980, cette « société d’investissement à vocation généraliste » a pour mission de « soutenir financièrement la création, la réorganisation ou l’expansion d’entreprises privées situées en Région de Bruxelles-Capitale ».

Si j’en juge les dernières infos mises en ligne sur son site Internet, la SRIB et ses filiales soutiennent plus de 350 entreprises bruxelloises, assurant plusieurs milliers d’emplois. Le principe est assez simple en apparence : la SRIB prête de l’argent aux PME (lorsqu’elle n’intervient pas directement dans leur actionnariat), ce qui facilite l’accès desdites PME au financement bancaire. La SRIB se targue aussi d’apporter son expertise, ses compétences,… bref un véritable allié pour les petits patrons qui désirent se lancer. Lire la suite

Et vous, combien gagnez-vous ?

Par Ludovic Delory dans Socio-éco, Votre argent , le 12 octobre 2010 14h02 | 8 commentaires

salaryUn travailleur belge sur deux gagne moins de 2.595 € bruts par mois. C’est l’un des enseignements de la grande grille des salaires fraîchement sortie des tableaux statistiques du SPF Economie.

Globalement, les grandes tendances des salaires en Belgique restent les mêmes : pour bien gagner sa vie, mieux vaut être un patron d’entreprise flamand de formation universitaire plutôt qu’une serveuse de café travaillant dans la région de Dinant. C’est dans cet arrondissement, en effet, que les employeurs paient le moins leurs salariés. A l’autre bout de l’échelle, les travailleurs bruxellois sont les plus choyés par leur patron.

La finance et l’industrie pétrochimique restent les secteurs où l’on rémunère le mieux. Si vous travaillez dans l’Horeca, par contre, attendez-vous à figurer parmi les travailleurs les moins bien payés en moyenne, même si les salaires ont considérablement augmenté par rapport aux autres secteurs depuis 1999.

Et les salaires, justement ? Les statistiques montrent que 10% des salariés gagnent maximum 1.911 € bruts par mois. Du côté des gros salaires, 10% de petits veinards dépassent les 4.303 € mensuels. Le salaire médian (celui qui se place juste au centre de la distribution statistique) est fixé à 2.595 € bruts, le salaire moyen s’élève à 2.936 €.

Enfin, l’écart salarial entre femmes et hommes se fixe à 9,1% en 2007 (différence entre les salaires horaires bruts), ce qui constitue une progression par rapport à l’année d’avant. En moyenne, un travailleur belge gagne 3.022 € bruts par mois, contre 2.682 € pour une travailleuse. Mais ne criez pas au sexisme, plusieurs facteurs bien connus des économistes (au premier rang desquels l’aménagement du temps de travail) expliquent cette différence salariale.

BHV éclipse la crise

Par Ludovic Delory dans Socio-éco , le 27 avril 2010 08h44 | 16 commentaires

bhv

La crise ? Quelle crise ? La politique ou l’économique ? BHV ou la spirale de l’endettement ? L’avenir du pays ou le chômage galopant ?

La crise politique ne sera pas sans influence sur l’économie. Fragilisé, notre pays est automatiquement plus exposé sur la scène européenne. Cela fait quelques jours que les marchés financiers guettent la Belgique du coin de l’œil. Et dès l’amorce de la crise (politique), on a vu, déjà, les taux d’intérêt se relever légèrement. Les taux payés par l’Etat belge sur ses obligations ; s’ils augmentent, ça veut dire que la Belgique devra payer plus cher pour rembourser sa dette, qui frôle actuellement les 100% du produit intérieur brut. Si les taux d’intérêt continuent de monter, les marchés pourraient avidement se retourner vers la Belgique. Et avec un gouvernement faible, le risque est grand de voir le trou s’agrandir. Dans les pages du Soir, l’économiste Etienne de Callatay redoute ce scénario. On l’a vu tout récemment avec le cas de l’Irlande : pour résister à la spirale de l’endettement, il faut un gouvernement qui prenne des mesures fortes. Et pour l’instant, on ne peut pas dire que ce soit le cas de la Belgique.

Au fond, pas besoin d’être mis en minorité au Parlement pour tirer la sonnette d’alarme. Dans les colonnes de L’Echo, Wilfried Vestraete exprime sans doute l’avis de beaucoup de patrons belges. « Pendant que BHV fait les gros titres, on reporte l’assainissement des finances publiques ». Cet homme de 52 ans dirige Euler Hermes, l’un des principaux acteurs de l’assurance crédit. Et sa principale crainte, c’est l’emballement,… l’effet boule de neige. Lui aussi redoute une hausse des taux, une plongée dans l’endettement, et une augmentation du nombre de faillites. « Je ne serais pas étonné, ajoute Wilfried Verstraete, que l’on dépasse les 11.000 faillites cette année en Belgique ». A titre d’info, en 2009, on en a dénombré 10.500.

Ce matin, l’ONEM va publier les tous derniers chiffres du chômage en Belgique. Voilà qui risque de rappeler que la vraie crise n’est peut-être pas politique.

(Photo : le grand Bazar de l’Hôtel de Ville, à Paris)

La fronde des patrons

Par Ludovic Delory dans Socio-éco , le 26 janvier 2010 18h20 | 9 commentaires

laisseznousLa photo était inhabituelle, hier, au siège de la FEB. Quatorze responsables des fédérations patronales placés côte à côte pour lancer un message fort aux Belges : « laissez-nous entreprendre !« . Une pétition en ligne qui, à l’instant où j’écris ces lignes, a récolté 15.200 signatures, rappelle que les entrepreneurs sont les moteurs de la croissance et de la prospérité.

Face à la crise, les patrons ont aussi leurs pistes. Pour eux, la lutte pour la compétitivité passe inévitablement par une baisse des charges sur le travail et une simplification des démarches administratives. Le droit de licencier doit être le même pour tous, d’où la préconisation d’un statut unique ouvrier/employé. Enfin, les patrons demandent aux pouvoirs publics de stimuler l’innovation en faveur de l’économie « verte » et de se pencher en urgence sur la question des pensions.

« Laissez-nous entreprendre ! », c’est donc un cri du coeur, un appel à la raison à l’heure des revendications sociales et de la fronde contre le patronat. Le moment n’a jamais été aussi bien choisi. Les licenciements chez Opel Anvers et chez InBev rappellent que la Belgique n’a plus son mot à dire dans le concert de la mondialisation. Et vendredi, la manifestation « pour l’emploi, le respect des travailleurs et la justice sociale » ameutera des milliers de travailleurs sur le pavé bruxellois. Lire la suite

Opel Anvers : chronique d’un désastre social

Par Ludovic Delory dans Globalization, Socio-éco , le 21 janvier 2010 21h56 | 16 commentaires

BELGIUM GENERAL MOTORS OPEL ANTWERPL’annonce de la fermeture prochaine d’Opel Anvers n’aura finalement pas surpris grand monde. Hélas ! Cela fait longtemps que le site était en sursis, suspendu au bon vouloir d’une maison-mère allemande et d’une chancelière bien décidée à préserver l’industrie nationale. A force de proclamer — au conditionnel — la fermeture de l’usine anversoise, les médias (et le personnel, n’en doutons pas) s’étaient sans doute fait une raison. Etait-ce inéluctable ?

Même si Opel Anvers était présentée comme une usine modèle, divers facteurs ont mené à la situation actuelle. J’en épinglerai deux principaux :

Le protectionnisme. General Motors est un géant de l’industrie américaine. La crise aidant, le réflexe protectionniste a pris le dessus. Malgré les mises en garde des institutions internationales, malgré les promesses émises au forum de Davos en janvier 2009. Barack Obama n’a pas ménagé ses efforts pour sauver le géant de Detroit, qui de son côté n’a jamais vraiment adapté ses produits aux réalités du marché. Lorsque Toyota est devenu le leader mondial des productions de véhicules, en 2007, GM a continué à vendre des pick ups consommant près de 20 litres de carburant aux 100 km (les célèbres Hummer), des voitures spacieuses et gourmandes, pendant que son concurrent japonais axait sa recherche/développement sur l’hybride et les matériaux légers. Toyota, comme d’autres, avait senti le vent tourner. Lire la suite

Dette et déficit : la Belgique limite la casse

Par Ludovic Delory dans Décryptage, Socio-éco , le 12 janvier 2010 16h00 | 4 commentaires

watheletEn l’absence remarquée du ministre du Budget, le bilan chiffré de l’année 2009 a été présenté ce matin rue de la Loi. La crise n’a semble-t-il pas érodé les sourires de circonstance des ministres présents. Avec un déficit de 20 milliards d’euros (5,9% du PIB, contre 1,2% en 2008), la Belgique se classe dans la moyenne européenne (-6% pour les 27).

On le savait : c’est essentiellement à la diminution des recettes fiscales (-8,6%) qu’il faut imputer cette détérioration budgétaire. En 2009, les impôts ont rapporté près de 86 milliards d’euros à l’Etat (contre plus de 93 milliards en 2008). En contrepartie, comme il l’avait promis, le gouvernement s’est (un peu) serré la ceinture : les dépenses primaires (qui comprennent essentiellement les salaires de la fonction publique) ont baissé de 0,2% par rapport à 2008.

La sécurité sociale a souffert de la crise. Sans surprise là aussi, les recettes (cotisations et financements alternatifs) ont été inférieures aux attentes. La sécu termine 2009 sur un déficit de 2,74 milliards d’euros (0,8% du PIB), ce qui est quand même un peu moins que les plus récentes estimations. Deux bémols : crise oblige, le nombre de chômeurs a augmenté, entraînant un surplus de 900 millions d’euros pour les allocations ; et les sources de financement alternatif sont en progression constante, preuve que les cotisations ne suffisent plus à répondre aux besoins.

La dette, elle, repart vers les sommets. Avec un taux d’endettement égal à 97,9% du PIB (on devrait franchir la barre des 100% cette année, alors que nous étions à 84% en 2007), la Belgique devra se méfier de l’effet boule de neige, même si une fois encore elle a mieux résisté que ses partenaires européens. Les agences de notation tiennent notre pays à l’oeil et l’on sait à quel point elles sont attentives au moindre signe de faiblesse ces derniers jours. Au sein de l’eurozone, la Belgique figure sur la troisième marche des pays les plus endettés (en pourcentage du PIB) derrière l’Italie et la Grèce.

Une nouvelle, enfin, qui a de quoi réjouir le gouvernement (et le contribuable) : le sauvetage des banques se révèle être une bonne opération pour les finances publiques. Grâce aux intérêts sur les prêts, grâce aux dividendes et aux primes diverses, les recettes sont supérieures aux dépenses. Didier Reynders l’a annoncé ce matin : les actionnaires de BNP Paribas Fortis qui ont perdu (un peu, beaucoup,…) ne seront pas oubliés. Reste à voir quand et dans quelle mesure.

2010 : le défi de l’emploi

Par Ludovic Delory dans Socio-éco , le 8 janvier 2010 15h32 | 4 commentaires

chomage-chiffres-00037A n’en pas douter, 2010 sera une année importante sur le front de l’emploi en Belgique. La conjoncture ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, et le rebond passager des indicateurs ne doit pas occulter les mois pénibles qui s’annoncent.

Je vous avais déjà parlé, dans un billet précédent, du défi de la dette. Avec un déficit frôlant les 20 milliards d’euros en 2009, la dette de la Belgique devrait atteindre les 100% du PIB dans le courant de cette année. Jusqu’à quel point faut-il s’en inquiéter ? Les économistes Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, réputés pour leur analyse historique des crises, estiment qu’au-delà de 90% du PIB, la dette publique réduit automatiquement la croissance de 1%. L’impact est d’autant plus fort que la dette extérieure (l’appel aux investisseurs étrangers) est important : franchie la barre des 60% du PIB, la croissance est réduite non pas de un, mais de deux pourcents. Si l’on en croit les prévisions du FMI, la Belgique devrait connaître cette année une croissance de 0,8% et un taux de chômage aux alentours des 9%. Lire la suite

« Le marché de l’emploi en Wallonie semble mort »

Par Ludovic Delory dans Socio-éco , le 14 décembre 2009 07h12 | 14 commentaires

14150918La phrase a été lancée ce week-end par Geert Noels sur son blog Econoshock. En se basant sur les chiffres trimestriels du baromètre Manpower, cet économiste très écouté en arrive à une conclusion sans appel :

« il n’y a pas de pays ou de région du monde où le marché de l’emploi est aussi anémique qu’en Wallonie. En fait, le marché de l’emploi en Wallonie semble bel et bien mort.« 

Pour appuyer son affirmation, Geert Noels se base sur une comparaison des graphiques Manpower entre la Flandre et la Wallonie (dossier pdf à télécharger ici… en néerlandais, curieusement la version française « plante »). Que constate-t-on ? Que les perspectives d’emploi (auprès des employeurs) poursuivent leur baisse continue en Belgique depuis presque un an, mais qu’elle s’est subitement accélérée pour le premier trimestre 2010. La faute à qui ? D’abord à la Région bruxelloise, où elles sont en baisse de 8%, contre -4% pour la Wallonie et -2% pour la Flandre. Il faut remonter à 2003 pour trouver des prévisions aussi pessimistes.

Qu’est-ce qui peut donc amener Geert Noels à tirer une conclusion si péremptoire ? Sans doute l’observation à long terme du graphique qui indique, pour la Wallonie, une fâcheuse tendance à la stagnation. Comparée à ses consoeurs bruxelloise et flamande, la courbe wallonne des perspectives d’emploi prend des allures d’encéphalogramme plat depuis 2003, date de naissance du baromètre Manpower. Lire la suite

La Cour des Comptes tape sur les doigts de l’élève wallon

Par Ludovic Delory dans Socio-éco , le 26 novembre 2009 15h00 | 4 commentaires

courdescomptesRigoureux et argumentés, les rapports de la Cour des Comptes constituent toujours des mines d’information pour les journalistes qui prennent le temps de les éplucher. Comme le relève L’Echo, la dernière livraison sur le budget wallon donne en tout cas une bonne idée de l’état actuel de l’économie au Sud du pays.

Sur les dix premiers mois de l’année, 614 demandes de primes à l’investissement ont été rentrées. C’est 20% de moins qu’en 2008. Effet de la crise ? Pour la Cour des Comptes, cela ne fait aucun doute. Mais pas seulement. En juin dernier déjà, l’Union Wallonne des Entreprises avait relevé la faible croissance endémique de l’entreprenariat wallon. La crise ne peut donc suffire à expliquer ce qui apparaît de plus en plus, malheureusement, comme un problème structurel.

La Cour des Comptes ne manque pas non plus de souligner la faiblesse du rendement de l’impôt en Wallonie : il est inférieur de 13,03% à la moyenne nationale. Un seul exercice a suffi à gommer les excédents du passé. Lire la suite

Votre entreprise pour un euro

Par Ludovic Delory dans Socio-éco, Votre argent , le 28 octobre 2009 09h30 | Un commentaire>

La nouvelle va réjouir les entrepreneurs en herbe. Il sera bientôt possible de créer une entreprise avec un capital de départ d’un petit euro. Ca peut paraître étonnant. Mais la mesure existe déjà chez nos voisins néerlandais, français ou allemands. Le journal L’Echo nous apprend que la commission Justice a voté hier à l’unanimité le projet de loi visant à créer une SPRL-S. Alors, qu’est-ce que c’est ? Une Société à Responsabilité Limitée qui a une durée de vie réduite à 5 ans. Délai après lequel elle deviendra une SPRL comme toutes les autres. Mais l’avantage, donc, c’est qu’il suffit d’un euro seulement pour lui donner vie. Un euro minimum, et jusqu’à 18.550 euros maximum. Evidemment, le candidat starter devra au préalable s’appuyer sur un solide plan financier, dans le but d’éviter les faillites trop rapides. La mesure doit encore être votée en plénière. Elle entrera en vigueur dès janvier 2010. Lire la suite