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Archives du octobre, 2010

Subsides aux PME ou primes à la brique ?

Par Ludovic Delory dans Décryptage, Socio-éco , le 29 octobre 2010 12h45 | 4 commentaires

arton310-758fbLe labyrinthe des primes, des aides et des administrations n’a sans doute pas fini de décourager le chercheur d’emploi. Alors qu’on apprend coup sur coup l’échec de l’activation des chômeurs à Bruxelles, je rebondis sur cet excellent billet de Charles Bricman et sur ce constat désabusé de Waldorf.be pour vous conter ma petite histoire sur les cheminements tortueux de certaines aides à l’investissement.

A Bruxelles, le taux de chômage flirte avec la barre des 21%. Parmi les innombrables machineries publiques instaurées pour endiguer ce fléau, on trouve la SRIB, Société Régionale d’Investissement de Bruxelles. Mise en place en 1980, cette « société d’investissement à vocation généraliste » a pour mission de « soutenir financièrement la création, la réorganisation ou l’expansion d’entreprises privées situées en Région de Bruxelles-Capitale ».

Si j’en juge les dernières infos mises en ligne sur son site Internet, la SRIB et ses filiales soutiennent plus de 350 entreprises bruxelloises, assurant plusieurs milliers d’emplois. Le principe est assez simple en apparence : la SRIB prête de l’argent aux PME (lorsqu’elle n’intervient pas directement dans leur actionnariat), ce qui facilite l’accès desdites PME au financement bancaire. La SRIB se targue aussi d’apporter son expertise, ses compétences,… bref un véritable allié pour les petits patrons qui désirent se lancer. Lire la suite

La Belgique en chiffres

Par Ludovic Delory dans Non classé , le 22 octobre 2010 14h35 | 2 commentaires

BELGIUM POLITICS MARCH FOR UNITYA l’occasion de la présidence belge du Conseil de l’Union Européenne, le SPF Economie a la bonne idée de réunir dans un seul document les données statistiques les plus récentes sur la Belgique. A l’heure où les débats politiques sont essentiellement tournés vers l’institutionnel et la confection d’une majorité gouvernementale, il n’est pas inutile de se remettre en tête quelques données macro-économiques permettant de situer notre pays à sa juste place, parmi ses 26 voisins européens.

A en juger le PIB par habitant, le Belge n’est pas à blâmer. Nous nous situons au-dessus de la moyenne européenne, coincés entre la Finlande et l’Allemagne mais bien loin encore de deux de nos plus proches voisins, les Pays-Bas et surtout le Luxembourg, qui reste l’un des pays les plus prospères au monde. Plus de 70% de la richesse globale de la Belgique est assurée par le secteur tertiaire (les services). Inquiétant: les Belges, à l’instar de presque tous les autres Européens, ont perdu une part non négligeable de leur pouvoir d’achat au cours des dix dernières années.

Au sein des 27, la Belgique se distingue par la haute productivité de ses travailleurs (et ce n’est pas toujours une bonne nouvelle), mais aussi par sa dette publique extrêmement élevée (96,7% du PIB) qui la place à la troisième place européenne, derrière l’Italie et la Grèce. Avec un taux d’emploi (61,6%) inférieur à la moyenne des 27, notre pays a toutefois moins souffert de la crise que les autres. Toujours aussi inquiétant: le taux de chômage chez les moins de 25 ans (21,9%). Le travailleur belge à temps plein preste en moyenne 41,2 heures par semaine (moins que la moyenne européenne).

Parmi les autres données intéressantes, on peut aussi noter que 67% des ménages belges disposent d’un accès Internet à domicile (contre 90% aux Pays-Bas), que le nombre de tués sur nos routes est en baisse depuis plusieurs années, ou que la Belgique figure en haut du classement des pays européens comptant le plus de résidents étrangers.

« Belgique : les chiffres-clés 2009″, une excellente référence pour les étudiants, les chercheurs, les journalistes… ou les citoyens curieux.

Le scandale qui peut ruiner l’économie mondiale

Par Ludovic Delory dans Dans le monde, Financier , le 18 octobre 2010 17h12 | 17 commentaires

USA HOME FORECLOSUREVous n’avez sans doute pas encore entendu parler du « Foreclosure Gate » ? Ne vous inquiétez pas, ça va venir. A l’instant où j’écris ces lignes, Google propose déjà plus d’un million six cents mille occurrences pour ce terme, et ce n’est probablement pas fini, tant ce nouveau scandale venu en droite ligne des Etats-Unis risque de reléguer les « subprimes » à une petite farce d’étudiant-trader.

J’avoue que l’affaire est extrêmement complexe à résumer en quelques lignes. Vincent Bénard fut, à ma connaissance, le premier blogueur francophone à en parler. De son côté, la presse généraliste commence timidement à évoquer cette bombe atomique qui menace d’exploser à la figure de l’ensemble de l’économie mondiale.

Comment résumer simplement cette affaire ? On peut dire que le Foreclosure Gate (« scandale des saisies ») est une suite chronologique de la crise des subprimes, mais à la puissance dix. Souvenez-vous, les crédits subprimes avaient été accordés facilement à des ménages américains par des banques pas très regardantes sur la solvabilité desdits ménages. Mais comme le rêve américain a un prix et comme l’argent ne pousse pas dans les arbres, la crise est venue jeter à la porte des millions de ménages qui se sont défendus bec et ongles pour conserver leur bien.

Fin 2008, les lettres de  »foreclosure » débarquent par centaines de milliers dans les boîtes des Américains. Mais en examinant les dossiers de saisie d’un peu plus près, des avocats dénichent une faille dans le système. En résumé, il apparaît que les banques ont contourné la procédure légale. Les saisies auraient été effectuées dans la précipitation, sans tenir compte des règles administratives en vigueur. Lire la suite

Et vous, combien gagnez-vous ?

Par Ludovic Delory dans Socio-éco, Votre argent , le 12 octobre 2010 14h02 | 8 commentaires

salaryUn travailleur belge sur deux gagne moins de 2.595 € bruts par mois. C’est l’un des enseignements de la grande grille des salaires fraîchement sortie des tableaux statistiques du SPF Economie.

Globalement, les grandes tendances des salaires en Belgique restent les mêmes : pour bien gagner sa vie, mieux vaut être un patron d’entreprise flamand de formation universitaire plutôt qu’une serveuse de café travaillant dans la région de Dinant. C’est dans cet arrondissement, en effet, que les employeurs paient le moins leurs salariés. A l’autre bout de l’échelle, les travailleurs bruxellois sont les plus choyés par leur patron.

La finance et l’industrie pétrochimique restent les secteurs où l’on rémunère le mieux. Si vous travaillez dans l’Horeca, par contre, attendez-vous à figurer parmi les travailleurs les moins bien payés en moyenne, même si les salaires ont considérablement augmenté par rapport aux autres secteurs depuis 1999.

Et les salaires, justement ? Les statistiques montrent que 10% des salariés gagnent maximum 1.911 € bruts par mois. Du côté des gros salaires, 10% de petits veinards dépassent les 4.303 € mensuels. Le salaire médian (celui qui se place juste au centre de la distribution statistique) est fixé à 2.595 € bruts, le salaire moyen s’élève à 2.936 €.

Enfin, l’écart salarial entre femmes et hommes se fixe à 9,1% en 2007 (différence entre les salaires horaires bruts), ce qui constitue une progression par rapport à l’année d’avant. En moyenne, un travailleur belge gagne 3.022 € bruts par mois, contre 2.682 € pour une travailleuse. Mais ne criez pas au sexisme, plusieurs facteurs bien connus des économistes (au premier rang desquels l’aménagement du temps de travail) expliquent cette différence salariale.