Carrefour et le contribuable
C’est un très beau cas d’école qui s’est présenté cette semaine : le gouvernement doit-il délier les cordons de la bourse pour financer les pré-pensions des travailleurs remerciés par la direction de Carrefour ? Depuis plusieurs semaines, cette question a animé le débat entre différents ministres du gouvernement fédéral. Un chiffre a fait la une de la presse, cette semaine : 100 millions d’euros, le coût estimé des pré-pensions à 52 ans pour quelque 984 travailleurs concernés. J’ai fait le compte très vite, sur base des données de la société SD Worx : ((1.150 euros x 12) x 984 travailleurs) x 10 ans d’allocation = près de 135,8 millions d’euros. Pour la ministre de l’Emploi, « ça coûtera maximum 10 millions d’euros à l’Etat« . Effectivement, ajoute Joëlle Milquet, beaucoup de ces personnes ne travaillent pas à temps plein, et mieux vaut assumer le coût des pré-pensions que celui des licenciements. Pour rester dans les déclarations politiques, on rappellera que Didier Reynders, début mars, avait explicitement annoncé qu’il ne paierait pas les pré-pensions dans le cas de Carrefour, entreprise qui réalise de substantiels bénéfices. Tollé à gauche par la voix de Laurette Onkelinx, et intervention du Premier ministre d’alors : « ils ont tous les deux raison« . Bon, d’accord, mais on fait quoi alors ?
Le projet d’accord finalement conclu prévoit des départs volontaires et des pré-pensions à 52 ans, ainsi que le sauvetage de 12 magasins.
Là-dessus, que peut-on dire ? Est-il cohérent de pousser les quinquas à la pré-pension en plein débat sur le recul de l’âge de la retraite ? Est-il cohérent d’aider une entreprise multinationale (et bénéficiaire) à financer des départs dont sa mauvaise gestion est, en grande partie, à l’origine ? Je m’attarderai sur cette dernière interrogation, qui découle des précédentes : est-il juste de faire payer le contribuable pour attirer les entreprises en Belgique ? Lire la suite
Ah ! Ils ont l’air malins, les supporters de la dette, les as de la titrisation, les apôtres de la décroissance ! Voilà que leurs conceptions économiques bâties sur des océans de dettes s’écroulent, sous la pression des spéculateurs, comme des châteaux de cartes. La confiance en l’euro s’érode, les marchés s’affolent, et nous voici revenus au temps, stupidement simple, du « épargner pour grandir ».