Archives du mars, 2010

Pourquoi les patrons n’aiment pas la Belgique

Par Ludovic Delory dans Décryptage , le 18 mars 2010 12h41 | 48 commentaires

billet20francsLa Belgique n’est pas une terre d’investissement. Le constat est d’autant plus cinglant qu’il émane des entrepreneurs eux-mêmes, et que cette situation tend à perdurer.

Voilà comment j’analyse la dernière livraison du sondage Ipsos sur l’attractivité des principaux pays européens. Les chiffres ont été publiés la semaine dernière. Ils montrent comment, à un instant donné, les patrons perçoivent la fiscalité d’un pays. C’est important, pour un patron, la fiscalité. C’est l’un des facteurs déterminants lorsqu’il s’agit de s’implanter quelque part. Vous aurez d’ailleurs remarqué que les petits pays pratiquent une fiscalité basse pour attirer un maximum d’entreprises sur leur sol étroit et — généralement — inhospitalier. Ce n’est pas un hasard si l’attractivité fiscale reste le meilleur argument d’Andorre, du Liechtenstein ou des îles Caiman.

Petite, la Belgique l’est aussi. Or, elle tend à pratiquer une politique fiscale plutôt décourageante. Regardez le tableau ci-dessous, et comparez la situation belge avec celle de nos voisins néerlandais. Lire la suite

Et voici venir l’impôt européen

Par Ludovic Delory dans Financier , le 17 mars 2010 11h52 | 21 commentaires

strasbourgIl est remarquable de constater à quel point la logique économique dominante peut être prévisible. A peine les nouvelles instances européennes mises en place, voici venir le temps du super-gouvernement des 27. Le Traité de Lisbonne ayant accordé de nouveaux pouvoirs au Parlement, on apprend que celui-ci vient de voter, à une large majorité (536 voix contre 80), une ébauche de taxe sur les transactions financières. La Commission sera chargée de l’examiner.

Les défenseurs de la taxe Tobin exultent. Même si un gouvernement national peut encore opposer son veto (mais à part le Royaume-Uni, je ne vois vraiment pas…), cette décision marquera le début d’une fiscalité européenne à grande échelle. On peut même penser qu’elle contaminera le monde entier, puisqu’il semble désormais acquis que l’idée d’une taxe mondiale sur les transactions financières sera au menu de la réunion des pays du G20, en juin prochain. Essentiel car, si l’on veut s’assurer une efficacité maximale, ce type de taxe ne peut s’appliquer qu’au niveau de la planète tout entière. Et si cela ne fonctionne pas (ce qui paraît hautement probable), l’Europe fera cavalier seul. L’Espagne, qui occupe en ce moment la présidence tournante, rêve de jeter les bases d’un gouvernement économique. Lire la suite