Archives du octobre, 2009

Chèque-mazout : du retard à l’allumage

Par Ludovic Delory dans Financier, Votre argent , le 29 octobre 2009 09h36 | 4 commentaires

A l’approche de l’hiver, des centaines de milliers de ménages n’ont toujours pas vu la couleur de leur chèque-mazout. Le gouvernement fédéral avait promis une réduction forfaitaire de 105 euros aux ménages à faibles revenus, pour alléger le coût du chauffage. Plusieurs centaines de milliers de ménages ont introduit leur demande il y a 10 mois ; ils n’ont toujours rien reçu. Ecolo et Groen avancent les chiffres et s’indignent : sur plus d’un million de demandes, 330.000 seulement ont été honorées. Selon le journal Gazet van Antwerpen, ce sont en réalité des considérations budgétaires qui seraient à l’origine de ce retard. Il manquerait 40 millions d’euros au budget 2009 pour financer le chèque-mazout. Réponse du ministre Magnette : en réalité, le chèque-mazout est victime de son succès. Chaque demande doit être évaluée, et cela prend du temps. Voilà pourquoi certains ne recevront leur réduction qu’en 2010. Lire la suite

Votre entreprise pour un euro

Par Ludovic Delory dans Socio-éco, Votre argent , le 28 octobre 2009 09h30 | Un commentaire>

La nouvelle va réjouir les entrepreneurs en herbe. Il sera bientôt possible de créer une entreprise avec un capital de départ d’un petit euro. Ca peut paraître étonnant. Mais la mesure existe déjà chez nos voisins néerlandais, français ou allemands. Le journal L’Echo nous apprend que la commission Justice a voté hier à l’unanimité le projet de loi visant à créer une SPRL-S. Alors, qu’est-ce que c’est ? Une Société à Responsabilité Limitée qui a une durée de vie réduite à 5 ans. Délai après lequel elle deviendra une SPRL comme toutes les autres. Mais l’avantage, donc, c’est qu’il suffit d’un euro seulement pour lui donner vie. Un euro minimum, et jusqu’à 18.550 euros maximum. Evidemment, le candidat starter devra au préalable s’appuyer sur un solide plan financier, dans le but d’éviter les faillites trop rapides. La mesure doit encore être votée en plénière. Elle entrera en vigueur dès janvier 2010. Lire la suite

Que va faire Citibank ?

Par Ludovic Delory dans Financier, Votre argent , le 26 octobre 2009 16h43 | Un commentaire>

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Citibank dans l’œil du cyclone. La question n’a cessé de tracasser les clients belges de la grande banque américaine, ce week-end : seront-ils remboursés, suite aux pratiques douteuses de l’institution ? 4.000 clients lésés par ce qu’on pourrait appeler « tromperie sur la marchandise ». Citibank Belgique leur a conseillé d’investir dans des produits qui se sont révélés toxiques. Des produits de la banque Lehman Brothers, tombée en faillite il y a un peu plus d’un an. Citibank aurait caché ces informations cruciales, et devra en répondre devant la justice belge à partir du 1er décembre. Comme le révélait De Tijd ce week-end, le parquet de Bruxelles compte réclamer des comptes à Citibank : 128 millions d’euros à rembourser (plus les intérêts !). La pression est forte. Le ministre de l’Entreprise Van Quickenborne a enfoncé le clou, en déclarant qu’il préférait un accord à l’amiable plutôt qu’une longue procédure judiciaire. Les petits actionnaires représentés par le cabinet Deminor comptent eux aussi se joindre à la procédure au pénal. Citibank n’a pas encore officiellement réagi.

Et la crise financière a clairement des répercussions sur le secteur bancaire en Belgique, comme en témoignent les chiffres de Febelfin, publiés dans le Tijd de ce lundi. L’année passée, 71 agences ont disparu du paysage belge. Et 1.655 emplois sont passés à la trappe, essentiellement dans les grandes agences bancaires. Attention : il faut nuancer les statistiques de la fédération du secteur. Sur le long terme, la tendance a toujours été à la baisse. Ainsi, en 98, on dénombrait 7.000 agences bancaires en Belgique. Aujourd’hui, on en compte 4.316 exactement. Soit 40% de moins. Résultat surtout des fusions et de la rationalisation du paysage bancaire. Exemple : Dexia, qui ferme en ce moment 80 banques situées géographiquement trop près l’une de l’autre.

Energies renouvelables et rentabilité économique

Par Ludovic Delory dans Votre argent , le 23 octobre 2009 21h08 | 3 commentaires

energie_champ_eoliennesLa suppression des primes aux panneaux photovoltaïques en Wallonie et à Bruxelles a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers jours. Pour avoir suivi le conclave en cours à l’Elysette, il me semblait acquis, vu l’état budgétaire de la Région wallonne, que ces cadeaux fiscaux risquaient de passer à la trappe, au même titre que les écobonus offerts à l’achat d’un véhicule moins polluant. Admettons-le : pour un ministre du Budget, ces mesures ne sont pas rentables à court terme.

Si l’on enfile maintenant le costume du chroniqueur économique, reconnaissons que les subventions aux énergies dites « renouvelables » se sont avérées jusqu’ici plus dispendieuses qu’utiles. Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont servi à rien. Test-Achats estime que chaque bénéficiaire de primes au photovoltaïque a pu obtenir une réduction moyenne de 4.300 euros des pouvoirs publics. Le montant investi fera « tourner le compteur à l’envers », selon le principe des certificats verts. Cela devrait permettre d’amortir l’investissement dans un laps de temps compris entre 5 et 10 ans. Bien.

Mais au risque de décevoir les plus verts d’entre vous, ni l’éolien ni le photovoltaïque n’ont encore prouvé leur véritable utilité sur le long terme. Les champs d’éoliennes qui fleurissent dans notre belle région ne produisent suffisamment d’énergie que dans 15% des cas en moyenne. Pour faire tourner un hôpital ou une entreprise nécessitant un apport continu en électricité, c’est très peu. A tel point que le monde politique est très partagé aujourd’hui en Allemagne. Une étude toute récente indique que le subventionnement massif des secteurs éolien et solaire a pour conséquence d’augmenter les importations de gaz (productrices de CO2)… Lorsque les éoliennes ne tournent pas, il faut réactiver les centrales à l’énergie fossile pour garantir la fourniture en énergie. Et l’électricité, je vous le rappelle, ne se stocke pas. Lire la suite

Faillites bancaires : ça continue !

Par Ludovic Delory dans Non classé , le 20 octobre 2009 22h35 | 3 commentaires

WOGNUM-DSB-BANKLes amateurs de football l’auront sans doute remarqué : les joueurs de l’AZ Alkmaar ont disputé leur match de Ligue des Champions avec un maillot vierge de toute inscription. Quelques jours avant la rencontre, le champion des Pays-Bas a en effet perdu son sponsor, la banque DSB.

Le gouvernement néerlandais a refusé de voler au secours de la banque, faute de plan de reprise crédible. Spécialiste du crédit aux particuliers, DSB ne disposait pas de liquidités suffisantes (de « fonds de caisse ») pour répondre aux attentes de ses clients inquiets. Tellement inquiets d’ailleurs qu’ils ont précipité la chute de l’institution, en récupérant massivement leurs économies. En dix jours, 600 millions d’euros ont été retirés des caisses de DSB, ce qui représente un sixième de ses dépôts totaux. Dans ces conditions, impossible de survivre.

La purge du système bancaire se poursuit donc au tout petit trot. On n’en parle plus beaucoup, mais les Etats-Unis viennent de vivre leur centième faillite bancaire depuis le début de l’année 2009. La Warren Bank a disparu du paysage financier américain. Cette petite banque n’a pas eu la même chance que les géants Goldman Sachs, JP Morgan Chase ou US Bancorp, qui ont profité de l’aide de Washington. Plus inquiétant : le rythme des faillites de « petites » banques risque de s’accélérer et 581 d’entre elles pourraient passer à la trappe d’ici 2011 aux USA. Lire la suite

La crise en une seule image

Par Ludovic Delory dans Dans le monde , le 14 octobre 2009 11h17 | 2 commentaires

article-1212013-06435781000005dc-710_634x403Cette photo exprime à elle seule l’ampleur de la crise économique que traverse le monde. Cette flotte impressionnante de pétroliers et de navires cargo est figée sur la mer de Chine, au large de Singapour. Vide de tout équipage et de toute cargaison.

La photo a été publiée le 28 septembre par le Daily Mail, qui l’appelle la « flotte fantôme de la récession ». A elle seule, elle est plus grande que les flottes américaine et britannique réunies. Sous l’oeil intrigué des pêcheurs locaux, ce rassemblement de bateaux est sans doute le plus important et le plus secret du monde. Habituellement, ces navires écument les mers et les océans du globe. Aujourd’hui, ils n’ont aucune destination. Lire la suite

« Monseignor, il est l’or ! »

Par Ludovic Delory dans Dans le monde, Financier , le 7 octobre 2009 15h24 | 3 commentaires

goldEn temps de crise, l’or reste une valeur sûre. La preuve encore hier avec ce nouveau record pour l’once à New York : 1.045 dollars US. Il faut remonter aux mois précédant la crise, en mars 2008, pour trouver trace d’un tel pic.

A quoi peut-on imputer ce succès de l’or ?

Tout d’abord, à l’instabilité du dollar. Malmené par les subprimes, remis en cause par les Etats du Golfe en tant que monnaie d’échange des pays pétroliers, le billet vert vit l’une des crises les plus graves de son existence. Quelle est encore la crédibilité du dollar sur les marchés mondiaux, lorsqu’on sait que depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a déversé 13% du PIB américain dans des plans de relance ? L’inflation de devises américaines a logiquement affaibli le billet vert vis-à-vis de ses partenaires internationaux, qui sont aussi les derniers à s’en réjouir. Lire la suite

Les verrous de l’économie

Par Ludovic Delory dans Globalization , le 3 octobre 2009 07h14 | Un commentaire>

400_f_12384037_qvoqt21ugp6ootumtrtyyozhadboqhx7Le Fraser Institute vient de publier son tout dernier rapport sur la liberté économique dans le monde. Chaque année, il évalue dans 141 pays la façon dont les institutions permettent un exercice optimal de l’activité économique.

Globalement, les nouvelles sont plutôt rassurantes : sur une échelle de 0 à 10 (de « pas libre » à « totalement libre »), la moyenne mondiale se place à 6,7 (à titre indicatif, nous étions à 5,55 en 1980). Le classement est dominé par les pays les plus développés économiquement. Dans l’ordre : Hong Kong (avec 8,97 sur 10), Singapour, la Nouvelle-Zélande, la Suisse, le Chili, les Etats-Unis, l’Irlande, le Canada et l’Australie.

Depuis 1980, les progressions les plus fortes se constatent essentiellement dans les pays africains et latino-américains : le Ghana, l’Ouganda, Israël, la Jamaïque et le Pérou font partie des Etats où la liberté économique s’est fortement développée en une trentaine d’années. A l’inverse, on ne sera pas étonné de voir le Zimbabwe, le Vénézuela et le Myanmar (Birmanie) figurer dans le top 3 des pays où la liberté s’est le plus érodée durant cette même période.

Et la Belgique, me direz-vous ? Elle stagne à la 47e place de ce classement, avec un taux de liberté économique calculé à 7,18. Notre pays est coincé entre le Portugal et l’Arménie, loin derrière nos voisins proches comme le Luxembourg (14e), les Pays-Bas (20e) ou même la France (33e). Plus inquiétante est la tendance sur le long terme : les tableaux comparatifs nous indiquent que l’économie belge était plus ouverte en 1970 qu’aujourd’hui. Lire la suite