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Frankenweenie, la nouvelle créature du Docteur Tim Burton

Par Nicolas Buytaers dans Nouvelle sortie ciné , le 17 octobre 2012 14h22 | Ajouter un commentaire

Le pitch ? Victor est un petit garçon qui n’a qu’un seul ami, son chien Sparky. Quand celui-ci meurt, Victor décide de le ramener à la vie… Mais cette résurrection va de pair avec d’autres monstrueuses conséquences…

« Frankenweenie » s’inspire bien entendu d’un des classiques du Cinéma d’Horreur : « Frankenstein » interprété par Boris Karlof et sorti en 1931. Un film qui a bercé l’enfance de Tim Burton. Il n’en fallait pas plus pour lui rendre hommage à travers ce dessin animé…

« Frankenweenie » met donc en scène des marionnettes, 200 au total dont 18 du héros Victor et 15 de son chien. Ce film utilise la technique du stop-motion. Chaque marionnette est en effet manipulée à la main. Pour obtenir une seule seconde de film et du mouvement, il faut prendre 24 photos et les projeter ensuite les unes après les autres. Bref, il a fallu plus de 2 ans de travail pour terminer ce long-métrage…

Avec « Frankenweenie », à la fois drôle et terriblement attachant, présenté en 3D et en noir et blanc (la nouvelle couleur à la mode à Hollywood… après le succès de « The Artist »), Tim Burton ressuscite le film de monstres, un genre vieux jeu qui trouve ici une incroyable modernité !

Trois questions à Tim Burton…

Alors que tous les studios proposent des dessins animés entièrement réalisés par ordinateur, vous, vous proposez un film d’animation à l’ancienne, fait à la main et en noir et blanc. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans cette idée folle ?

J’ai toujours eu des idées folles ! Pour moi, le noir et blanc fait intégralement partie de cette histoire. J’avais envie de revenir aux bases du film d’horreur. C’est une manière de capturer l’esprit de ces films !

Votre film, il est destiné aux enfants ou aux adultes ?

Je n’ai jamais visé aucun public en particulier. Je me souviens qu’à l’époque de la sortie de « L’étrange Noël de Monsieur Jack » on disait que mon film était effrayant alors que les gamins l’ont adoré. Je crois que certaines personnes oublient que certains classiques de chez Disney contiennent eux-aussi ce genre d’éléments… intenses !

C’est votre 3e film cette année après « Dark shadows » et « Abraham Linlcoln, chasseur de vampires » (Burton en était le producteur). Vous un véritable workahoolic…

Rassurez-vous maintenant je vais prendre quelques vacances… assez longues !

Robert Redford cause pour la Cause à Venise

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 6 septembre 2012 18h50 | Ajouter un commentaire

Robert Redford à Venise

S’il y a bel et bien un genre qu’il maîtrise, c’est le thriller journalistico-politique. Il? C’est Robert Redford! « Les hommes du président », « Les trois jours du Condor » et « Lions et agneaux » sont autant de preuves que l’acteur-réalisateur n’a jamais hésité à s’engager au cinéma.

A Venise, dans le cadre de cette 69e Mostra, Gatsby le magnifique est venu présenter « The company you keep »… un thriller journalistico-politique. Inspiré du livre éponyme de Neil Gordon, ce film raconte l’histoire de Jim Grant (Robert donc). Avocat et ancien activiste politique suspecté de meurtre (il y a plus de 30 ans alors qu’il manifestait avec d’autres étudiants contre la guerre du Vietnam), Jim voit son passé ressurgir et son existence jusque là tranquille troublée quand un jeune journaliste (Shia Labeouf) se met à enquêter sur lui.

Extrêmement prenant, quoique mené de manière assez classique (mais toujours efficace), ce film devrait bientôt sortir chez nous. En attendant, faisons juste le point avec Robert Redford…

Qu’est-ce qui vous a plu dans le livre de Gordon? Qu’est-ce qui vous a poussé à en faire un film?

J’ai toujours été fasciné par l’histoire de l’Amérique. Et les faits avancés dans le ce livre, même s’ils datent d’il y a plus de 30 ans, sont assez proches de ce que nous vivons aujourd’hui.

Votre casting est incroyable… Vous mélangez l’ancienne et la nouvelle génération avec des stars comme Susan Sarandon, Shia LaBeouf, Julie Christie, Sam Elliott, Brendan Gleeson, Terrence Howard, Richard Jenkins, Anna Kendrick…

Ce n’est ps une question d’âge mais de qualité. Je voulais les meilleurs pour ce film et je les ai eus. Ce sont tous d’excellents acteurs et actrices. Pour Julie Christie, c’est un petit particulier. Nous avons commencé tous les deux notre carrière en même temps. Je trouvais que c’était une belle chose qui nous liait et que je voulais célébrer de cette manière.

Votre film met en avant ces jeunes qui dans les années 70 se sont opposés au gouvernement américain… parfois violemment…

Toutes les générations ont leur moment de rébellion. Quand il est temps vient, il faut le prendre (…) Chaque génération a le droit de régner sur son temps. Je suis triste de constater que la mienne a été si corrompue!

Vous comprenez leur cause? Vous êtes pour?

Je suis en effet partisan de cette cause. Ils avaient raison à l’poque de faire ce qu’ils ont fait. La guerre au Vietnam était injuste. Il fallait le dénoncer. Mais l’égo de chacun mis en avant a détruit leur combat. On ne peut pas leur en vouloir d’avoir fondé une famille, d’avoir eu des enfants. Ces choix-là n’ont rien à voir avec la politique (…) A travers mon film, je voulais parler de ça. Je voulais évoquer ce que tous ces jeunes de l’époque pensent aujourd’hui sur ce qu’ils ont fait hier? Ont-ils des regrets? Est-ce qu’ils le referaient? Leurs intentions étaient justes. Elles illustraient la liberté d’expression chère à l’Amérique. Ces jeunes étaient contre l’hypocrisie du gouvernement. C’est donc le dessous des cartes qui m’intéressait dans cette histoire (…) Notez qu’au-delà de la politique, ce film parle aussi du combat de ce père qui est prêt à tout pour protéger son enfant.

Une fois de plus, vous mettez en avant une certaine forme de journalisme, le journalisme d’investigation…

Le journalisme que j’ai connu dans ma jeunesse n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Avant, il n’y avait pas internet ni de téléphone portable. Il y avait peu de chaînes de télé. Ce sont elles qui vous disaient ce que vous deviez penser, qui diffusaient leur vérité. Tout cela a bien changé. Ce changement était inévitable. Qu’on aime ou non! Et ce changement fait peur. Vous savez, en politique aussi, la peur du changement a ses travers. L’arrivée d’Obama a inquiété pas mal de monde dans mon pays. Beaucoup d’incompréhensions sont nées de cette peur. C’est dommage!

Selena Gomez s’encanaille à Venise

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 5 septembre 2012 18h55 | Ajouter un commentaire

Vanessa Hudgens et Selena Gomez en bikini

D’habitude si sage et souriante, toute proprette, bien élevée, pas un gros mot ni un geste déplacé, Selena Gomez a offert un autre visage à la Mostra. Enfin, dans le film qu’elle y est venu présenter. Son titre? « Spring breakers »! Car je rassure ses fans, la star des productions Disney (en télé) reste toujours aussi gentille et bien élevée.

Dans « Spring breakers » d’Harmony Korine (co-scénariste des films de Larry Clark « Kids » et « Ken park »), la fiancée de Justin Bieber (les mauvaises langues disent que c’est son seul talent et encore…) incarne une jeune fille bien rangée qui tourne mal… Candy, Faith, Brit et Cotty sont les meilleures amies du monde depuis l’école primaire. Elles fréquentent la même université et vivent dans le même internat. Avide d’aventures, elles décident de se rendent en Floride pour le Spring Break, seulement, elles dépensent rapidement leur budget et décident de cambrioler un restaurant. Arrêtées par la police, elles sont libérées de prison après qu’un rappeur et dealeur surnommé Alien paye leur caution. Seulement, rien n’est gratuit, et pour rembourser leur dette les quatre amies vont devoir exécuter tout le sale boulot qu’Alien exige d’elles…

Bref, c’est trash, déjanté, glauque et rythmé comme un clip non censuré diffusé la nuit sur MTV.

La conférence de presse à Venise était donc le lieu parfait pour faire le point… avec Selena mais aussi avec Vanessa Hudgens, une autre star Disney découverte, elle, dans « High school musical »!

Vous voir à l’affiche d’un film comme celui-ci est assez étonnant…

Vanessa Hudgens (VH): Avant de tourner dans ce film, je n’aurais jamais imaginer que quelqu’un puisse un jour m’offrir un rôle comme celui-ci. « Spring beakers » propose surtout une nouvelle vision de la jeunesse d’aujourd’hui.

Vous n’avez pas peur qu’il effraye vos fans qui vous ont découvertes chez Disney. Ce n’est pas réellement les mêmes valeurs qui y sont véhiculées?

Selena Gomez (SG): Il est vrai que commencer sa carrière chez Disney, ça vous donne une certaine image. Peut-être qu’un jeune public sera choqué par ce film en effet. Moi, je l’ai fait car je le pense juste!

(VH) Cette aventure a été fantastique.

On vous y découvre assez violentes. Cela n’a pas été trop difficile à jouer.

(VH) C’est la première fois pour nous 4 que nous interprétions des personnages comme ceux-là. Je n’étais donc pas seule dans le cas. Heureusement, j’étais bien entourée. Ce sont mes amies. Nous étions dans le même bateau. Ça nous a soudées encore plus. Au bout du compte, nous nous sommes bien amusées! Le réalisateur nous a donné beaucoup de liberté sur le plateau.

(SG) Nous nous faisions toutes confiance. C’était effectivement plus simple pour nous de jouer ces filles.

Vous avez été surprises par cette proposition de rôle?

(SG) Harmony a pensé que j’étais prête pour ce rôle, qu’il était temps pour moi dans ma carrière de passer à autre chose, que j’avais l’âge et la maturité nécessaire. J’en suis ravie!

Pierce Brosnan: « J’en ai assez de 007! »

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 4 septembre 2012 09h33 | Ajouter un commentaire

Pierce Brosnan bien entouré à Venise

« Il y a des jours où je trouve cela terriblement agaçant, où j’aimerais… aaarghhhhh (il grimace) étrangler celui qui vient de me poser la question. Mais oui, parfois, j’en ai assez qu’on me parle de James Bond. Enfin, ça, c’était surtout après avoir quitté le personnage. Aujourd’hui, je prends beaucoup plus de distance. Bond va me suivre toute ma vie. Interpréter 007 a été l’un des beaux cadeaux de ma carrière. J’en suis heureux. Tout comme je suis également très fier des autres rôles que j’ai pu jouer au cinéma. »

On le sent, dans les mots de Pierce Brosnan, il y a un peu de rancoeur certes mais aussi beaucoup de bonheur. Malgré tout, en cette année anniversaire (James Bond fêtera en effet ce 5 octobre 2012 ses 50 ans au cinéma), on se dit que ce n’est pas juste de parler comme ça d’un des plus grands héros du 7e Art. Un héros qui partage avec le Christ et Sherlock Holmes le plus grand nombre d’interprétation devant une caméra.

Son dernier James Bond, Pierce l’a sorti en 2002. C’était « Meurs un autre jour ». Et 10 ans plus tard, on lui en parle encore. Mais que devrait dire Sean Connery ou Roger Moore!?

Présent à la Mostra, l’acteur irlandais était surtout là pour défendre son nouveau film « All you need is love », une romance réalisée par la danoise Susanne Bier. En deux mots, le pitch? Thilde et Patrick sont jeunes et beaux. Ils vont se marier dans un petit village paradisiaque italien où le citron est roi. Ils ont donc invité leurs familles et amis pour faire la fête… une fête qui va tourner en règlement de compte. Si dans cette histoire, chacun cherche l’amour, tous ces personnages se cherchent eux-mêmes avant-tout.

« All you need is love » est très classique mais coloré, drôle, tendu et difficile (ce film parle aussi du cancer, de la mort, de la solitude, etc). Certaines scènes font d’ailleurs penser à « Mamma mia ». C’est d’ailleurs l’objet de ma première question à Pierce Brosnan…

Pendant le film, j’ai cru que vous alliez vous mettre à chanter ABBA…

(Il éclate de rire) Non, il ne fallait pas penser ça! Enfin heureusement pour vous, je n’ai rien chanté. Il est vrai qu’il y a certaines similitudes entre ces deux films. Même si le film de Susanne Bier est très différent. Les thèmes abordés comme le cancer, la douleur, comment vivre avec la maladie, n’apparaissent pas dans « Mamma mia ». Le scénario de « All you need is love » m’a touché au coeur. J’ai trouvé que ses mots étaient justes. J’ai perdu ma première femme du cancer. J’ai donc tout de suite compris ce que vivais mon personnage.

Ce film balance entre scènes dramatiques et moments très drôles. Comme Susanne Bier, vous pensez que l’humour peut tout soigner?

Bien entendu. Entre deux combats, que ce soit contre le cancer ou autre, vous devez prendre le temps de souffler, de faire une pause. Et l’humour est le meilleur moyen d’y arriver!

Ce film ressemble à des vacances et pourtant, être acteur, c’est un vrai métier avec ses difficultés…

Je n’ai pas à me plaindre. Mais vous avez raison, pendant le tournage en Italie, nous avons passé un très agréable moment. Il faisait super beau. J’étais entouré de femmes charmantes. Que demander de plus!? Je crois que tous les rôles ont leur niveau de difficulté. Mais j’aime jouer. Je suis acteur depuis l’âge de 18 ans. J’ai envie de jouer tous les types de rôles. Car, je vous le répète, j’aime ça!

« All you need is love » sortira en Belgique le 14 novembre 2012!

Paul Thomas Anderson, « The Master »… de la déception!

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 1 septembre 2012 20h45 | Ajouter un commentaire

The Master

Au Palazzo del Casino, la salle de conférence de presse était pleine à craquer samedi en début d’après-midi. A croire que tous les journalistes de cette 69e Mostra s’y étaient donné rendez-vous pour voir et entendre l’un des réalisateurs américains les plus doués de sa génération (il est né en 1970). Son nom? Paul Thomas Anderson! « There will be blood », « Magnolia », « Boogie nights » (et d’autres encore), c’est lui.

A Venise, PTA (pour les intimes) est venu présenter son nouveau film « The Master », brillamment emmené par Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix (qui marque ici son grand retour et c’est pas trop tôt). En quelques mots, ce film raconte l’histoire de Lancaster Dodd (Philip Seymour Hoffman). Marqué par les horreurs de la seconde Guerre mondiale, il crée un groupement spirituel. Freddie (Joaquin Phoenix) en devient rapidement le lieutenant mais commence à s’interroger sur les finalités de cette religion…

Clairement inspiré par la vie de L. Ron Hubbard, le créateur de la Scientologie, ce film n’aurait pas plu à Tom Cruise qui eut droit à une vision privée en présence de son réalisateur et ami. Vu le talent de Paul, ici à Venise, ce film, tout le monde l’attendait avec un plaisir non feint… et pouvoir en discuter avec « Le Maître » en personne et en conférence de presse faisait certainement partie d’un des moments clés de ce festival.

Oui mais voilà, cette conférence de presse a été plus que bâclée par l’équipe du film. Paul Thomas Anderson (mais aussi ses deux acteurs) n’a pas réellement répondu aux questions des journalistes internationaux (tantôt intéressantes, tantôt stupides). Hésitant, approximatif, inintéressant, évasif, etc, il a déçu. Que dire encore de Joaquin Phoenix qui n’a parlé qu’une seule fois pour… ne rien dire et puis qui s’est absenté pour aller chercher une cigarette qu’il a fumé en douce devant tout le monde (pas réellement discrètement).

Intense, complexe, à voir une deuxième fois pour mieux le comprendre, « The Master » ne laisse personne indifférent. Pour les journalistes qui auraient aimé quelques précisions, cette conférence de presse n’a pas été à la hauteur de leurs attentes. Dommage! Morceaux choisis…

Est-il vrai que Tom Cruise n’a pas aimé le film?

Paul Thomas Anderson (PTA): J’ai fait voir le film à Tom en effet. Mais sa réaction restera entre nous!

Peut-on qualifier cette histoire de maître et disciple comme une histoire d’amour?

Philip Seymour Hoffman (PSH): Je n’ai toujours pas compris le lien qui unit ces deux personnages. Ce sont tous les deux des bêtes sauvages. Ils veulent être tous les deux domptés!

Comment avez-vous préparé vos personnages?

(PSH) Paul Thomas Anderson nous a laissé une très grande liberté dans le jeu. Paul aime que ses acteurs soient responsables de leurs actions. Nous avons beaucoup discutés avant de tourner. Mais une fois sur le plateau, nous sommes libres. A nous de gérer cette liberté.

Joaquin Phoenix (JP): Personnellement, je ne pense pas avoir reçu la moindre liberté de créer quoi que ce soit. Ça ne m’intéresse pas de savoir d’où vient mon personnage. Je l’ai joué, un point c’est tout!

La Scientologie est clairement évoquée dans votre film. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette secte?

(PTA) En écrivant cette histoire, je n’ai pas pensé à la Scientologie. Je voulais avant tout raconter une histoire d’amour.

Cette histoire décrit assez bien ce qui se passe aux Etats-Unis…

(PSH) Dans ce film, il y a un mentor qui rencontre une personne qui va le bouleverser. Je n’ai rien vu de sociologique dans ce récit. Je ne vois pas en quoi ça représente plus l’Amérique qu’un autre pays!?

(Ndlr: Après quelques minutes et d’autres questions…)

(PTA) Je ne connais pas bien les principes de la Scientologie. Je l’ai juste prise comme base pour mon histoire. Sans plus!

Zac affronte ses fans effronté(e)s

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 31 août 2012 21h14 | Ajouter un commentaire

Zac Efron sur le tapis rouge vénitien de la Mostra

« Zac marry me! »; « I love you Zac »; « You’re the best… »

Ces banderoles flottent au vent qui souffle depuis peu sur la Mostra. Un vent de folie. La folie déclenchée par l’acteur Zac Efron venu présenter en compétition « At any price ». Le tapis rouge devant le Palazzo del Cinema est noir de monde. Des jeunes filles surtout qui sont là depuis des heures sous le soleil. Elles ne sont venues que pour lui, le voir, le prendre en photo et le toucher. Les plus chanceuses pourront, peut-être, l’embrasser. Et c’est justement ce qui se passe. Zac, quoiqu’un peu figé, rejoint ses fans qui l’acclament. Enfin, disons qu’elles crient plutôt.

Plus tôt justement, dans la journée, en professionnel, la star découverte avec la série télé produite par Disney « High school musical » rencontrait la presse. Dans « At any price » de Ramin Bahrani (« Man push cart »), Zac incarne Dean. Fils d’un agriculteur puissant, Dean Whipple rêve de devenir pilote automobile. Mais ses ambitions sont contrariées lorsque l’exploitation familiale est la cible d’une enquête…

Costume noir, chaussettes noires avec écrit dessus et en couleur le jour de la semaine adéquat pour les porter (soit friday, le vendredi donc) et chemise blanche, il est assez souriant. Il faut dire que de nombreux journalistes ont salué sa prestation (alors qu’ils ont l’habitude de le descendre en plein vol).

Voici donc trois questions posées à Zac Efron…

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette histoire?

Dean est un personnage complexe. Il aime son père mais il n’est pas d’accord avec sa vision du rêve américain. Il ne veut pas suivre les traces que son paternel a dessinées pour lui. C’est un gentil garçon avec un comportement étrange, imbécile parfois. Il y avait là pour moi pas mal de défis à relever.

Sorte de tête brûlée, Dean est un as du volant. Vous êtes quel genre de conducteur?

Je ne suis pas capable de conduire comme lui… et encore moins des voitures de course. En terme de vitesse, ma seule expérience, c’est quand je fuis les paparazzis (il sourit).

Après « The paperboy » de Lee Daniels, présenté à Cannes, vous voici à nouveau dans un film très sérieux…

C’est le genre de film que je recherche aujourd’hui. Pendant le tournage, j’ai vécu un moment formidable. Ramin Barhani va au-delà du cinéma. Il pose de vraies questions à travers ses films. Ce fut une expérience profonde pour moi (…) Je pourrai suivre un chemin facile fait de films faciles et gagner beaucoup d’argent. Mais je préfère jouer dans des films différents, moins classiques. Chaque fois que je choisis un nouveau film, j’aime me remettre en question. C’est important comme démarche pour moi. J’aime me faire peur. Mais heureusement, après, je suis guidé par de bonnes personnes… comme Ramin!

Zac Efron, face A...

Ma lettre d’amour à Michael Jackson

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 31 août 2012 21h02 | Ajouter un commentaire

Spike Lee à Venise

Le 31 août 1987. Ce jour-là, Michael Jackson écrivait, une fois de plus, l’une des plus belles pages de l’Histoire de la Musique avec la sortie de son album « Bad ».

Le 31 août 2012. Soit 25 and plus tard, à Venise, dans le cadre de la 69e Mostra, le réalisateur Spike Lee lui rend hommage en montrant pour la première fois son documentaire « Bad25 ». A travers ce mélange d’images d’archives, d’interviews réalisées à l’époque et aujourd’hui, Lee tente de comprendre qui est l’homme qui se cache derrière l’icône. L’homme, le chanteur mais aussi le danseur et le passionné de cinéma qu’était Michael Jackson. Ce désir de faire du cinéma, Michael l’a réalisé en approchant et en travaillant avec de grands noms de la mise en scène comme Martin Scorsese.

Malgré tout fort classique dans sa conception, ce documentaire devrait plaire aux fans de l’artiste… dont indéniablement partie Spike Lee. Impressions…

Que représente pour vous Michael Jackson?

Spike Lee: Ce documentaire, c’est ma lettre d’amour à Michael Jackson. Je suis né en 1957 et lui en 1958. J’ai donc grandi avec lui. La première fois que je l’ai vu à la télévision dans le Ed Sullivan Show, je voulais absolument être comme lui! J’avais la même coupe de cheveux mais pas le même talent. Je ne dansais pas bien…

Que faisiez-vous quand vous avez appris sa mort?

J’étais à une conférence à Cannes. J’allais prendre la parole quand mon téléphone portable n’a pas arrêté de sonner. Les gens m’appelaient de partout. Ils voulaient mon sentiment. Au début, je n’y croyais pas. J’ai allumé la télévision et là j’ai vu Jermaine Jackson donner une conférence de presse depuis l’hôpital où son frère avait été emmené et il a annoncé la mort de Michael. Je suis rentré aussitôt à New York. Il a fallu du temps pour que je surmonte cette nouvelle. Ma femme ne comprenait pas ce qui m’arrivait. Moi non plus d’ailleurs. J’ai été surpris par la profondeur de mes sentiments pour cet artiste. J’ai alors réalisé que je n’avais qu’un de ses albums dans mon Ipad. J’ai tout de suite été au magasin acheter toute la production de Michael en cd. Je voulais tout avoir, depuis ses débuts! Pendant un an, ma famille m’a détesté car je n’écoutais que du Michael Jackson.

Qu’avez-vous appris sur lui en réalisant ce documentaire?

Quand Sony est venu me voir pour me proposer ce film, ils voulaient que je me concentre sur la musique de Michael. Moi, je voulais surtout insister sur son génie musical. Nous ne connaissons que sa musique. Quand l’album « Bad » est sorti, tout le monde a écouté ses titres. Personne n’a vu le sang, les larmes et la sueur qui se cachaient derrière tout cela. C’est ce que j’ai voulu montrer. À cette époque, Michael subissait une énorme pression. « Thriller » était l’album le plus vendu au monde. Et là, il en sortait un nouveau. Il devait faire encore mieux! Les grands artistes ne se répètent pas, ils ne cessent d’avancer. Michael n’était jamais satisfait. Voilà ce que je montre encore… avec des images inédites. Michael ne s’asseyait jamais. Il étudiait les plus grands comme Gene Kelly et Fred Astaire pour être encore plus grand qu’eux.

La danse occupe également une grande partie de votre film…

La danse faisait partie de la personnalité de Michael. Je ne pouvais pas passer à côté. Je voulais surtout découvrir l’origine de certaines de ses chorégraphies. J’ai donc appris que « Smooth criminal » avait été créé en hommage à « The band wagon », un film emmené par Fred Astaire et réalisé par Vincente Minnelli.

Avez-vous montré votre film à la famille Jackson?

Pas encore mais bientôt… En le voyant, je suis certain que ses enfants vont en apprendre davantage sur leur père!

Quand le Tango se gondole à Venise

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 31 août 2012 08h23 | Ajouter un commentaire

Sergi Lopez, lui aussi "enceint" :-)

Huit ans après « La femme de Gilles » et 13 ans après « Une liaison pornographique », Frédéric Fonteyne a retrouvé la Mostra avec sa comédie « Tango libre ». Et les festivaliers lui ont réservé un très bon accueil!

Dans ce film, tendre et virile, drôle et dure, comme un tango passionné et passionnant, on suit les pas de JC (François Damiens), un gardien de prison, Dominic et Fernand (Jan Hammenecker et Sergi Lopez), deux voyous condamnés à 10 et 20 ans derrière les barreaux, et Alice, la femme dont ils sont tous épris… Après le triangle amoureux, le réalisateur bruxellois invente… le carré amoureux!

Ce jeudi 30 août, ils étaient tous là en conférence de presse devant un parterre de journalistes internationaux pour expliquer leur passion du tango. Morceaux choisis…

Sergi Lopez: « Tout le monde croit que je danse le tango… mais non! C’est ça la magie du Cinéma

Frédéric Fonteyne: « Dans mes films, je parle toujours d’amour car c’est la chose la plus compliquée et la plus intense dans la vie… Quand on aime pas, on souffre. Et quand on aime, ça peut être pire. Mais mon film montre qu’on peut toujours s’en sortir! »

Sergi Lopez: « Ce film est très positif. Il donne envie d’aimer les autres. « Tango libre » parle des différentes formes de l’amour et de la force qu’on tire quand est ensemble! »

« Tango libre » sortira chez nous le 7 novembre!

Winona et Kad, deux « Superstar » à Venise

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 31 août 2012 08h12 | Ajouter un commentaire

Winona Ryder songeuse en conférence de presse Quel est le point commun entre Winona Ryder et Kad Merad? Ils ont partagé ce jeudi 30 août la même salle de conférence de presse, à quelques minutes d’intervalle, au Palais du Casino, QG de cette 69e Mostra.

La première est venue à Venise présenter « The Iceman », un thriller assez glaçant racontant l’histoire (vraie) de Richard Kuklinski, un tueur en série violent doublé d’un père de famille très aimant (c’était dans les années 60).

Le second venait, quant à lui, défendre « Superstar » de Xavier Giannoli. Dans ce film, Kad incarne un homme dont la célébrité le dépasse. Aimé du public sans savoir pourquoi, plus il refuse cette célébrité, plus il est adulé!

En conférence de presse, l’une et l’autre se sont allés à quelques confidences. Morceaux choisis…

Winona Ryder: « Je suis entrée dans une phase de mon existence où la chose que je désire le plus est de vivre, avoir une belle et une bonne vie. Le travail pour le travail, c’est terminé pour moi! Donc, pour m’arracher à cette belle vie, pour m’obliger à tout quitter, il faut que le scénario qu’on me propose soit très convaincant. Et c’est le cas avec le film « The iceman ». Mon rôle est assez différent que ce que j’ai été habituée à faire. Ça m’a forcée à remettre en question mon style et j’ai essayé une approche différente. »

Kad Merad: « Je connais Xavier Giannoli depuis 1987, année de son premier court-métrage. Il m’avait proposé un tout petit rôle. Moi, je commençais à peine au théâtre. Grace à lui, je me suis senti acteur pour la première fois! »

En guise de bonus, une réaction de Xavier Giannoli: « Il faut être honnête et avouer que la peopelisation est en train de dicter ses lois à la presse et au journalisme!  Mon film « Superstar «  parle de tout cela… »

Kad Merad, une Superstar à Venise

La 69e Mostra de Venise… en marche(s)

Par Nicolas Buytaers dans Mostra de Venise , le 30 août 2012 08h59 | Ajouter un commentaire

Laetitia Casta le jour de son arrivée à la Mostra de Venise

La 69e Mostra de Venise est en marche(s)… Blague cannoise :-)

Officiellement ouverte depuis ce mercredi 29 août, la Mostra se taille une fois de plus une belle part du… Lion d’Or (blague vénitienne) en matière de cinéma. mais commençons d’abord par ce petit historique vu que le plus vieux festival de cinéma du monde fête ses 80 ans!

Nous sommes le 6 août 1932. Sur la lungomare Marconi, c’est l’effervescence. Tout le monde veut assister à la première projection de la Mostra de Venise, tout simplement intitulée la Prima Esposizione Internazionale d’Arte Cinematografica. L’idée d’organiser cet événement culturel est née à la Société des Nations (l’ancêtre de l’ONU) dont le siège est situé à Rome. Son but est de promouvoir l’éducation par la culture en général et le cinéma en particulier. L’Hôtel Excelsior accueille les festivaliers sur sa terrasse avec vue sur mer. Ils sont tous venus voir « Docteur Jekyll et Mister Hyde » du réalisateur américain Rouben Mamoulian.

Avec les années, la Mostra va tout connaître: la gloire, la décadence et les excès. Le premier scandale arrive, assez tôt, en 1934, quand le festival programme le film « Extase », du réalisateur tchécoslovaque Gustav Machaty. Avec ce film, ses organisateurs étaient loin de se douter qu’ils allaient assister à l’apparition d’une femme entièrement nue (et quelle femme vu qu’il s’agit d’Hedy Lamarr). Afin de remettre le festival dans le droit chemin, Benito Mussolini, Il Duce, décide de reprendre la manifestation et transforme cette fête du cinéma en lieu de propagande. Vient donc le temps des pressions politiques. Seuls les films de l’axe Rome-Berlin sont alors diffusés. Pour la petite histoire, en réaction à cette main-mise fasciste, les autorités culturelles françaises créent dans une petite station balnéaire du sud leur propre manifestation. Le Festival de Cannes est, lui, bel et bien en… marche(s)!

A la fin de la seconde guerre mondiale, c’est le glamour, le strass, les paillettes et les stars qui reprennent le dessus à Venise. De grands réalisateurs viennent présenter leurs films comme Orson Welles et Jean Renoir. Brigitte Bardot, Sofia Loren, Gina Lollobrigida et bien d’autres encore débarquent et font monter de plusieurs degrés la température des plages du Lido.

Pour son 80e anniversaire, les petits plats… ou plutôt les petites gondoles ont été mises dans les grandes. Cérémonies d’hommage et galas de prestige se suivront sans se ressembler. Côté jury, cette année, il est emmené par Michael Mann, le réalisateur américain de « Heat ». Ici pas de montée des marches comme à Cannes mais plutôt une traversée de tapis rouge. Le tappeto rosso du festival s’étend en effet sur une centaine de mètres, le long du palais du Festival. Pour une traversée glamour donc, le président du jury pourra toujours compter sur l’un de ses membres, la délicieuse Laetitia Casta!