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Parlez-vous le « français dry » ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 octobre 2014 09h38 | Un commentaire>

Le langage technocratique envahit de plus en plus la politique française, à tel point que dans les ministères on emploie désormais une langue que n’aurait comprise ni Voltaire, ni Rousseau. J’ai découvert cette polémique dans le Figaro, l’un de leur chroniqueur piquait une sainte colère sur un texte transmis par le ministère de la culture, et j’avoue que je ne suis pas loin de partager son avis…

Il faut savoir que depuis une quarantaine d‘année les technocrates ont pris le pouvoir dans les ministères français, ils y ont remplacé les professeurs, écrivains ou juristes qui s’y trouvaient autrefois. Ces professionnel de la gestion publique sont surnommés les « énarques » car ils sont  formés à l’ENA,  l’Ecole Nationale d’Administration. Et ce sont effectivement des administrateurs hors de pair…  

L’énarque pour les nuls.

Le plus célèbre d’entre eux est certainement  Valéry Giscard d’Estaing qui fut le premier président de la république issu de l’ENA. Jacques Chirac, François Hollande sont également sortis de cette école, tout comme, Jospin, Rocard, Fabius, Ségolène Royal,  Martine Aubry, NKM, Villepin, Balladur, Juppé etc…

Le problème ce n’est pas tellement ceux qui ont réussi en politique, ils sont obligés de parler simplement aux français,  mais plutôt les autres , ceux qui sont restés dans les bureaux des ministère où ils fabriquent des textes qu’eux seuls comprennent . Je vous donne deux exemples tirés de la présentation du budget du ministère français de la culture,  un budget menacé et qui a donc besoin d’être vigoureusement défendu, il propose donc de :

 

● «Développer les moyens dédiés à l’éducation artistique et culturelle, à l’accès à la culture et à la démocratisation culturelle grâce notamment aux politiques transversales de médiation et au plan de développement de l’éducation artistique et culturelle.

C’est ce que j’appellerais du « Français Dry ».  Comme le « Canada Dry », ce soda au gingembre qui imite l’alcool, ça ressemble au français, ça sonne comme du français mais ce n’est pas du français. …

Au final même après trois relectures je n’ai rien compris,  surtout l’expression « politique transversale de médiation… »  

J’imagine Honoré de Balzac lisant un texte comme celui-là, ça l’aurait laissé perplexe ou peut être mis en colère ?

 « Supérieur culture » ou culture supérieure ?

Autre exemple pour le plaisir :

● Poursuivre l’accompagnement de l’ensemble des établissements supérieurs culture au sein d’un paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche redessiné et internationalisé»

On comprend bien qu’il s’agit de soutenir la culture. Mais pourquoi cette mode de supprimer les articles, (probablement une influence de l’anglais),  pour créer des sortes de marque : « établissements supérieurs culture… » Plutôt que établissements supérieurs chargés de la culture ou établissements supérieurs de la culture ?  Parler télégraphique, ça doit faire chic !

Les mots ont un sens.

Quant à l’expression poursuivre l’accompagnement, là on est dans « l‘élément de langage » pur, le sophisme lexical, le mot qui recouvre une réalité contraire au message compris.

Parler d’accompagnement en matière de politique publique, c’est une sorte d’entourloupe pour dire qu’on ne va pas faire grand-chose. Car une  politique ça n’accompagne pas, ça décide, ça gouverne,  pour parler moderne ça « impulse »… au pire ça soutient, ça développe !

Accompagner ça veut dire : « ça fonctionne pas si mal, et éventuellement on va voir ce qu’on peut faire. »

Je n’ai pas évidemment pas la prodigieuse formation intellectuelle des énarques,  mais j’ai bien envie d’envoyer au rédacteur de ce texte la célèbre strophe de Nicolas Boileau (1636-1711) dans « l’art poétique » :

 

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

 

 

Manif pour quelques-uns.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 6 octobre 2014 13h22 | Ajouter un commentaire

 

 

500 000 selon les organisateurs, 70 000 d’après la police, les manifestants étaient nombreux hier à Paris, à l’appel de la manif pour tous. Malgré le vote de la loi autorisant le mariage pour les couples de même sexe, il y a plusieurs mois, le collectif entend bien continuer à défilé pour s’opposer à : « la PMA, la GPA et le genre ».

 

C’est un peu difficile à expliquer car ce mouvement relève en grande partie du fantasme. En effet la PMA, procréation médicalement assistée n’est autorisée en France que pour les couples  hétérosexuels stériles et le gouvernement n’entend pas élargir ce droits aux couples homosexuels.  La GPA, c’est-à-dire la gestation pour autrui  (les mères porteuses)  est interdite en France et le restera comme l’a rappelé vendredi le premier ministre Manuel Valls dans un entretien au journal catholique « La Croix »…

 Quant à la théorie du genre, qui voudrait que l’on  naisse ni fille ni garçon et que le genre soit déterminé par l’éducation, la culture, voire un choix personnel, elle n’est pas et ne sera pas enseignée à l’école.

 Donc ces gens ont manifestés contre des choses qui n’existent pas et qui ne sont même pas des projets !

 Des familles désorientées.

Alors comment expliquer ce succès même relatif  ?  Disons que c’est une sorte d’agglomérat de ressentiments.  Quand vous écoutiez les manifestants d’hier, il y avait ceux qui n’avaient pas digéré le mariage homosexuel et rêvaient de le voir aboli par le retour de Nicolas Sarkozy ( or il est resté très vague sur ses intentions.)

Il y avait ceux donc qui ont fantasmé sur la PMA et la GPA en utilisant des grands mots sur le commerce des corps humains etc…

 Et puis pas mal de gens aussi qui protestaient contre une suppression d’abattement d’impôt qui les privait d’une partie de leur budget vacances, ou d’heures de nounous.  Au final  l’un des slogans les plus entendu était : «  Le gouvernement  n’aime pas les familles… »

 Monde ancien, monde nouveau.  

Sauf qu’à bien y regarder on avait l’impression de ne voir dans la rue qu’un seul type de famille : la famille bourgeoise traditionnelle, et plus particulièrement de province.

Comme les autres elles ont leurs problèmes mais (du moins  en apparence) ce ne sont pas les plus touchées par l’austérité.  

Alors pourquoi cette grande colère ?  Peut-être tout simplement parce que  cette  classe sociale a l’impression  d’avoir perdu le pouvoir, et pas seulement le pouvoir politique, parce que ça, c’est déjà arrivé  à maintes reprises depuis 1981. Mais plutôt le pouvoir des idées, la guerre des valeurs.

Comme si un autre monde était apparu, et que ce monde-là : métissé, multipolaire, relatif, changeant et éventuellement homosexuel… n’était pas légitime à leurs yeux.

 Retrouver un idéal républicain.

  On pourrait stigmatiser ces manifestants en les taxant de ringardisme…A mon avis ce serait une erreur, car ils sont aussi les portes paroles de Français qui ressentent un profond désarroi face au monde mouvant d’aujourd’hui…

Depuis la fin du XIXème siècle la  France était un pays  très structuré,  où  il existait un socle de valeurs partagées, véhiculées par l’école publique et ses instituteurs.  Comme dans la célèbre chanson de Maurice Chevalier les Français pouvaient pratiquer des métiers variés, avoir des origines sociales diverses, adhérer à des idées politiques différentes, mais au final tout ça faisait :

 «  D’excellents français, d’excellents soldats qui marchent au pas, en pensant que la République est le meilleur régime ici-bas… »

 On peut regretter que cette chanson ne soit plus d’actualité…. Mais il est peut-être temps de remplacer Maurice Chevalier par Yannick Noah. !  

Chirac vote Juppé !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 octobre 2014 07h54 | Ajouter un commentaire

Nouvel obstacle dans la course au retour de Nicolas Sarkozy, dans une confidence faire au Figaro l’ancien président de la République Jacques Chirac exprime son soutien à son ex-Premier ministre Alain Juppé pour la présidentielle de 2017. Ce n’est pas la première fois que Jacques Chirac se désolidarise de Nicolas Sarkozy, déjà en 2011. Il avait déclaré « moi je vote Hollande ! »

 

C’était en juin 2011, à Sarran dans son fief de Corrèze, alors qu’il participait à l’inauguration d’une exposition avec  François Hollande autre élu corrézien. , Jacques Chirac avait dit à la surprise générale…«Moi, je vote Hollande!» Une fois, deux fois et une troisième fois avec cette précision: «Sauf si Juppé se présente parce que j’aime bien Juppé!» .

Or cette fois Juppé se présente, et voici la confidence que Jacques Chirac aurait faite au chef du service du Figaro lors d’une rencontre récente : « J’ai toujours su qu’Alain Juppé serait au rendez-vous de son destin et de celui de la France. Peu de choses pouvaient me faire plus plaisir, pour moi-même, pour lui et surtout pour notre pays ».

« Si j’en avais l’énergie, j’aurais déjà réservé ma place, même petite, à son QG » de campagne. »

 Et voilà donc Nicolas Sarkozy renvoyé à son destin de futur président de …l’UMP…

Claude derrière Jacques.

Mais me direz-vous, si cette phrase  est en tout point conforme aux idées de Jacques Chirac on imagine mal que dans son état de santé, qui est très dégradé,  il ait pu formuler un raisonnement aussi concis et aussi bien écrit.

Ne vous étonnez pas ! C’est à n’en pas douter sa fille Claude Chirac qui s ‘est toujours occupée de sa communication qui est derrière cette confidence.

Et c’est là qu’on quitte la politique pour entrer dans la querelle familiale. Car au sein du clan Chirac il y a quelqu’un qui aime beaucoup Nicolas Sarkozy et pas du tout Alain Juppé : Bernadette Chirac qui, il y a 48 heures sur Europe 1,  a décrit le maire de Bordeaux comme un homme incapable de se faire aimer des français. «Il n’attire pas les gens, les amis, les électeurs éventuels. Il est très très froid».

Bernie vote Sarko.

Bernadette Chirac était une fidèle des meetings de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2012. A l’époque je lui avais demandé l’avis de son mari sur cette campagne et elle m’avait répondu : « oh vous savez mon mari est très malade , on ne parle plus politique avec lui… »

Et là comme par hasard, deux jours après son flingage de Juppé, Jacques Chirac confie au Figaro «  j’ai toujours su qu’Alain Juppé serait au rendez-vous de son destin et de celui de la France… » C’est beau… on dirait du Racine… ( Alias Claude Chirac ?)

 La mère contre la fille.

Il faut savoir que Claude et sa mère se sont toujours disputé la première place aux côté de Jacques Chirac. Depuis sa maladie madame Chirac a pris le dessus, mais visiblement « black Jack » a gardé des éclairs de lucidité et dans ces cas-là il se tourne vers sa fille.

Alors quel poids politique pour cette déclaration ? Difficile à dire, mais même s’il n’apparaît plus en public  Jacques Chirac reste très populaire.  Vous vous souvenez peut être de ce bain de foule il y a trois ans à Saint Tropez,  alors qu’il s’envoyait des Pinas coladas à la terrasse de Sénéquier, embrassant les jeunes filles et faisant la risette aux bébés.

Très en colère Bernie était venue mettre bonne ordre à ce scandale…

J’espère pour lui que cette fois, il ne sera pas privé de dessert…

Le Front entre au Sénat.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 30 septembre 2014 10h46 | 2 commentaires

 

La presse française revient ce matin sur l’élection deux sénateurs du Front National dimanche. L’évènement est important en soi car pour la première fois le FN a pu disposer de l’appui d’élus des partis de la droite dite républicaine.

Il y a donc désormais 2 sénateurs du Front National (sur 348), dans la haute assemblée française.

Vous allez me dire ça en va pas révolutionner la planète, à deux ils ne pèseront pas sur les débats…c’est vrai !

Mais les conditions de leur élection interpellent. En France le Sénat n’est pas élu par la population mais par ce qu’on appelle des « grands électeurs » qui sont en fait pour la plupart des élus locaux, maires ou conseillers municipaux.  La droite classique a remporté ces sénatoriales car elle avait précédemment gagné les municipales en mai. L’équation est simple un parti fais le plein d’élus locaux aux municipales,  et ceux-ci votent ensuite pour de candidats sénateurs issus de ce même parti.

Les ralliés au Front.

En mai le Front National a réussi à faire élire 11 maire et plusieurs dizaines de conseillers municipaux, mais sur le papier ils n’étaient pas suffisamment nombreux pour élire à leur tour des sénateurs FN, ils ont eu besoin d’un apport extérieur. En fait on estime à 200 les maires et élus issus de petites communes qui ont accordé leurs voix aux candidats du Front  National, sans être membre du parti. Ce qui signifie que dans  le monde des notables de province, du moins dans le sud-est,  il y a désormais une porosité entre la droite classique et le Front National. Les deux élus FN sont respectivement le maire de Fréjus et le maire d’un des secteurs de Marseille.

Pas de cordon sanitaire.

 En France il n’y a jamais eu, du moins officiellement, de cordon sanitaire  entre le FN et le reste de la société. Mais traditionnellement les élus de droite qui s’alliaient avec le FN étaient expulsés de leur parti. Ce fut le cas de Charles Million ancien ministre de la défense de Jacques Chirac qui avait fait alliance en 1998 avec le Front National pour remporter la présidence de la région Rhône-Alpes. Il avait été immédiatement exclu de son parti (l’UDF). A l’époque il n’était pas rare que des responsables de la droite républicaine utilisent des formules comme : «  il vaut mieux perdre les élections que de perdre son âme… »

Le FN croit en son avenir.  

Visiblement cette maxime a perdu de son actualité. Et donc le Front National peu continuer à infuser goutte à goutte dans la société française.  Pour autant il est encore loin du pouvoir, même si Marine le Pen peut espérer être présente au second tour de l’élection présidentielle.

Par ailleurs un symbole me trouble depuis dimanche :

Avec l’élection de David Rachline un sénateur de 26 ans,  le FN détient depuis dimanche le titre honorifique de benjamin du Sénat, comme il détenait déjà celui de benjamin de l’Assemblée Nationale avec Marion Maréchal le Pen, âgée de 24 ans…

 Idées ringardes mais jeunes élus… cherchez  l’erreur !  

 

 

« Battling Sarko » remonte sur le ring

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 septembre 2014 07h55 | 2 commentaires

Nicolas Sarkozy a tenu jeudi soir près de Lille, le premier meeting de sa campagne pour la présidence de l’UMP. 2500 personnes dans la salle, 2000 à l’extérieur, dans une ambiance digne d’un match de boxe, et d’ailleurs ses partisans enthousiastes ont pu constater que Nicolas Sarkozy avait gardé « une bonne droite »…

Une bonne droite au sens pugilistique du terme (il a conservé toute son énergie et tout son punch) mais aussi au sens politique. Il a tenu jeudi soir à Lambersart un discours de droite, par d’extrême droite, non, mais pas loin.

D’abord on a retrouvé le Nicolas Sarkozy libéral de 2007 qui veut que les Français travaillent d’avantage, qui souhaite modifier le statut des fonctionnaires, limiter leur nombre et supprimer l’emploi à vie, qui d’après lui ne serait plus adapté au monde moderne. Il propose de conditionner le revenu minimum à des travaux au service de la collectivité, il entend surveiller de très près les remboursements des soins de santé, qu’il considère trop généreux…

 

Cuvée 2014 ou 2017 ?

On a redécouvert aussi le Sarkozy de 2012 qui chassait sur les terres de Marine le Pen, notamment au sujet de l’immigration et de la sécurité. Enfin on a entraperçu le Sarkozy de 2014 et bientôt peut-être celui de la présidentielle de 2017.

Avec quelques idées neuves comme le recours au gaz de schiste, pour l’ancien président il ne faut pas que la France se prive de cette ressource. Pour l’instant, l’exploitation des gaz de schiste est interdite en France au nom du principe de précaution. Principe auquel Nicolas Sarkozy veut substituer celui de responsabilité.

En gros, actuellement on évite les gaz de schistes parce qu’on redoute d’éventuels dégâts induits par les méthodes d’extraction, avec Sarkozy on utiliserait la fragmentation hydraulique et en cas de problème on indemniserait les victimes.

 

Rassemblement

Le maitre mot de sa campagne UMP reste : ‘rassemblement’ et je suis persuadé que s’il reprend les rênes du parti il en changera le nom et le rassemblement fera son retour… rassemblement au de là des clivages à l’intérieur de la droite et rassemblement au-delà de la distinction classique gauche-droite. Pour conclure une fois de plus il s’est engagé à recourir au referendum sur un certain nombre de questions cruciales, dans la tradition gaullienne du rapport direct avec le peuple. Ses adversaires lui rétorqueront qu’il s’est bien gardé de le faire quand il était président, et c’est là d’ailleurs son principal handicap, il a un passé présidentiel.

 

Le changement dans la continuité

On sentait bien dans l’ambiance électrique du meeting de jeudi soir que Sarkozy était resté l’incomparable candidat, la bête politique, l’orateur talentueux…

Le seul problème c’est qu’il a déjà été président et que les français ont rejeté cette présidence en l’envoyant à la retraite anticipée, il y à peine plus de deux ans !

Nicolas Sarkozy va donc devoir consacrer une grande partie de sa campagne à prouver qu’il a changé… mais… c’est à la fois sa force et sa faiblesse…

Il n’a pas changé !

Hervé Gourdel otage et héros.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 septembre 2014 09h47 | 9 commentaires

Hervé Gourdel  a donc été assassiné par ses ravisseurs. Au-delà de l’horreur une chose a stupéfié les observateurs : la rapidité avec laquelle les terroristes ont mis leurs menaces à exécution.

 

Même si dès le début on pouvait craindre le pire,  il y avait une petite lueur d’espoir dans la mesure où Hervé Gourdel avait été enlevé par un groupe algérien, héritier du GIA. Ces groupes ont une longue expérience de la prise d’otage, on se souvient notamment des moines de Tibhrine, en général ils gardent leurs otages longtemps, négocient, et parfois les libèrent contre une rançon, des armes ou un échange de prisonnier…

Les « bons élèves » du terrorisme.

Mais voilà « les soldats du califat » commandés par celui qui se fait appeler  l’émir de Thénia, ont fait allégeance il y a deux semaines à l’Etat islamique, et visiblement ils en ont adopté les méthodes. Pire on pourrait imaginer que cette application dans la cruauté barbare, cette diligence dans l’horreur est une sorte de geste de bonne volonté, d’examen de passage, pour prouver qu’ils  sont à la hauteur de l’organisation….

Depuis hier je pense beaucoup à Hervé Gourdel, ce guide de montagne  qui se réjouissait de faire de la randonnée dans les montagnes de Kabylie, quelques jours après son anniversaire.  C’était un touriste, dans une région à des milliers de kilomètres de l’Irak et de la Syrie, une région plus proche  de Marseille que de Bagdad. Ce n’était ni un journaliste, ni un humanitaire conscient d’avoir mis les pieds dans une zone de guerre. Non,  un père de famille, un ami chaleureux, un photographe passionné…

Comme pendant la guerre.  

On dit qu’il était un otage, oui un otage comme ceux que raflaient les Allemands pendant la guerre de 14 ou celle de 40.  Ces hommes et ces jeunes gens arrêtés au cours d’une rafle et qu’on fusillait au petit matin, en représailles d‘un acte de résistance , ou tout simplement pour terrifier la population.

Je pense  à Hervé Gourdel et je pense aux 674 victimes de Dinant en Août 14,  je pense à Hervé Gourdel et je pense aux habitants d’Oradour sur Glane en juin 44. C’est la même  chose : otages victimes de la barbarie !

 Si j’étais le maire de Saint-Martin-Vésubie  le village où il vivait,  je ferais ajouter le nom d’Hervé Gourdel sur le monument aux morts avec ceux qui sont tombés dans les tranchées. Victime mais aussi héros, sauf qu’Hervé Gourdel n’a pas eu l’occasion de défendre sa vie les armes à la main. Car l’une des caractéristiques les plus flagrantes de ces terroristes,  c’est leur immonde lâcheté.  

Vengeance ou justice ?

   Je me dis que les 1500 hommes de l’armée algérienne déployés dans la région vont finir par les retrouver et leur faire payer.  Je me dis qu’en Irak et en Syrie nous allons bombarder l’Etat islamique le briser et arrêter  ces horreurs.

Mais je me dis aussi que la plus forte  leçon à donner à ces criminels, c’est de ne pas tomber dans la rage qu’ils cherchent à susciter en nous, c’est de ne pas devenir comme eux…

Et de faire passer la justice… pas la vengeance.    

Hervé Gourdel enlevé par des islamistes Algériens.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 septembre 2014 09h24 | Un commentaire>

 

Alors que Daesh ( l’Etat Islamique) a lancé un appel à tuer les Français et les Américains , un guide de montagne originaire de Nice  a été  enlevé par un groupe islamiste en Algérie. Il menace de le tuer si la France n’arrête pas dans les 24 heures ses frappes aériennes. L’Algérie est à des centaines de kilomètres de  la Syrie ou de l’Irak comment expliquer que l’Etat Islamique puisse frapper aussi loin de ses bases ?

 

 Ce n’est pas l’Etat islamique en tant que tel qui a frappé mais un groupe local qui lui a fait allégeance.

Depuis les années 90 l’Algérie connait une activité terroriste importante et même si l’armée a pris le dessus depuis le milieu des années 2000 il y a des zones entières qui restent sous la coupe de ces brigades islamiques, c’est le cas de la région de Kabylie où ce français Hervé Gourdel, guide de montagne dans le parc du Mercantour, est allé faire de la randonnée  avec des amis algériens. Ils ont tous été capturés dimanche les Algériens ont été relâchés et le français gardé en otage. Lundi soir les ravisseurs publiaient une vidéo, où l’otage  conjurait  le Président de la République de le sortir de là.

Des héritiers du GIA.

Qui sont les ravisseurs ?  Ils se nomment les soldats du Califat en Algérie,  mais en fait c’est un groupe très ancien dont le chef Khaled Abou Slimane a été condamné à mort par contumace par la justice algérienne.  Surnommé l’émir de Thénia (ex Ménerville)  il est passé par le GIA, l’organisation  qui a commis les attentats à paris en 95, il a rejoint ensuite le GSPC , le groupe salafiste pour la prédication et le combat, ensuite sa brigade a fait partie d’AQMI, Al Quaïda au Maghreb islamique avant de faire allégeance il y a une dizaine de jours au califat… d’où ce nom « soldats du califat en Algérie. »

Un réseau informel.

Et c’est là que l’on constate tout le danger de l’appel à tuer lancé hier. Ce prétendu émirat de Thénia  est actif au nord-est de l’Algérie pas très loin de Tizi Ouzou.  Il n’a  aucun lien territorial avec  l’Etat islamique ni en Irak ni en Syrie,  mais il suffit qu’Al Bagdadi le chef de l’Etat Islamique donne un ordre, pour que ce groupe, se décident à agir. Et voilà pourquoi un brave touriste a été enlevé, au nom d’une guerre qui n’est pas la sienne. Des groupes comme celui-là il y en de nombreux du Sahel à la méditerranée. Vous imaginez le danger pour les Français et plus généralement pour tous ceux qui participeront à la coalition menée par les Etats Unis. (« Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen -en particulier les méchants et sales Français- ou un Australien ou un Canadien ou tout incroyant [...], dont les citoyens de pays qui sont entrés dans une coalition contre l’Etat islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière ».)

Une grande inquiétude.

Quant à l’otage, le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a dit qu’il n’était pas question de céder.

Autrefois ces brigades islamiques gardaient leurs otages des mois et parfois les libéraient contre une rançon, une libération de prisonniers,  ou d’autres avantages. Il y avait une marge de négociation. Mais depuis le début des frappes contre Daesh trois otages ont déjà été égorgés.

 On peut hélas craindre le pire pour Hervé Gourdel.

Sarko : il n’a pas changé !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 septembre 2014 11h21 | Un commentaire>

Nicolas Sarkozy a poursuivi ce weekend sa stratégie de retour en politique. Après son annonce de candidature sur Facebook vendredi, il a détaillé son projet dans le « journal du dimanche » et surtout au cours d’une longue interview de 40 minutes hier soir dans le journal télévisé sur France 2.

Paradoxe : l’interview  a tourné principalement autour de la question de l’élection présidentielle. Or Nicolas Sarkozy n’est pas, du moins pas encore, candidat à l’élection  présidentielle, il est candidat à la présidence de son parti, l’UMP. Or il en a très peu parlé, il l’a fait beaucoup plus dans le journal du dimanche publié le matin même. On sentait dans le journal télévisé comme une envie d’en découdre, comme un désir de revanche, à tel point qu’il n’a pas pu s’empêcher de traiter François Hollande de menteur, pour affirmer que lui n’avait jamais menti aux Français…

 Rassemblement.

 Finalement on en sait assez peu sur ce qu’il veut faire concrètement d’ici la présidentielle dont personne ne doute qu’il espère la disputer.

Je vais essayer de vous dire ce que j’ai compris : Nicolas Sarkozy veut redevenir président de l’UMP pour tuer l’UMP, et construire sur ses ruines un nouveau parti. Ce nouveau parti s’appellera  le rassemblement ou le rassemblement de quelque chose…

C’est une référence explicite  au parti du général de Gaulle dans les années 50,  le RPF,  Rassemblement du Peuple Français. C’est déjà en référence à ce parti que celui de Jacques Chirac, le RPR (ancêtre de l’UMP)  s’appelait le rassemblement pour la République. Rassemblement c’est l’idée qu’on transcende les partis et qu’on rompt avec la distinction gauche droite, pour « rassembler »… C’est tout à fait l’idée du gaullisme initial.

 Sarko façon de Gaulle.

 Autre clin d’œil au gaullisme, quand le journaliste  l’a interrogé sur Alain Juppé,  son principal adversaire à droite, il a dit : c’est un ami, c’est un « compagnon ». Or compagnon ( mot tombé en désuétude à l’UMP) était le terme qu’utilisaient les gaullistes entre eux,  par opposition au « camarade » du parti communiste ou du PS. Enfin troisième référence au « grand Charles » il a dit qu’une fois au pouvoir il ferait usage du referendum, ce qui était une autre idée force du gaullisme : vérifier à intervalle régulier la légitimité du président. Exercice auquel il ne s’est pas livré quand il était à l’Elysée, car on peut perdre un referendum, comme de Gaulle en 1969.

 Le « sarcomeback » continue !

 Seule chose concrète sur le plan du programme politique une attaque contre l’Europe de Schengen, qui peut être interprétée comme un message envoyé aux lecteurs du front national qui redoutent l’immigration. En revanche il ne s’est pas engagé à revenir sur le mariage pour tous, noyant le poisson dans des propos généraux sur le fait de respecter les familles et de ne pas diviser les Français. Au final une intervention par particulièrement spectaculaire mais le ton est toujours là et ce n’est qu’une étape, la prochaine sera son premier meeting de campagne. Jeudi près de Lille. Une chose est sure on est revenu dans le rythme Sarkozy, un évènement chaque  jour ou presque…

Vive l’Ecosse libre ! …ou pas ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 septembre 2014 09h12 | 5 commentaires

Le 18 septembre  aura lieu le referendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Officiellement bien sûr la France reste neutre dans cette histoire et souhaite même le maintien du Royaume Uni dans ses frontières actuelles. Mais au niveau de la population et des médias on ressent une certaine sympathie à l’égard des indépendantistes Ecossais.  

 

Marie Stuart reine d’Ecosse et de France

 

Vous connaissez ce sentiment partagé, à peine teinté de remord, quand un voisin que le monde entier vous donne en exemple,  pour sa modernité et son adaptation à la mondialisation, trébuche à son tour. Un voisin qui vous a piqué les Jeux Olympiques et qui risque  de perdre 32% de son territoire, 8,7% de sa population, 9,2% de son PIB et surtout 96% de son pétrole… Niark ! Niark !

La revanche de Marie Stuart.

Que voulez-vous c’est humain…et puis ce ne serait que justice, 427 ans après la décapitation de Marie Stuart, reine d’Ecosse mais aussi reine de France quand son époux François II monta sur le trône en 1559. On envisagea même à l’époque un rattachement de l’Ecosse à la France ! Mais François II mourut après seulement 17 mois de règne. Quant à Marie Stuart vous connaissez son destin tragique, emprisonnée, condamnée puis décapitée sous l‘ordre de sa cousine Elisabeth première. Ce serait une singulière ruse de l’histoire que de voir l’Ecosse reprendre son indépendance sous Elisabeth seconde…

 Et puis, ils sont sympas ces écossais qui ne veulent plus de cette Angleterre néo-thatchérienne, ultra libérale. Eux c’est tout le contraire,  adossés à leur pétrole les indépendantistes promettent des avancées sociales que n’aurait pas reniées l’union de la gauche de François Mitterrand en 1981…

La revanche de Trafalgar.

 Ainsi se dessine en France une Ecosse de conte de fée, avec ses kilt, ses cornemuses, sa brume ses château, son saumon et bien sur son whisky … Et puis même Sean Connery est pour ! Alors si James Bond est prêt à abandonner la reine  : « God save the queen ! » car seul Dieu pourra le faire…

 Sans oublier, cerise sur le gâteau, qu’avec une Ecosse indépendante, la Royal Navy perdrait le port de Faslane où sont basé ses sous-marins nucléaires. Des français un peu facétieux ont proposé, dans ce cas de les accueillir à Brest… Vous imaginez : la revanche de Trafalgar !

Des idées pour la Calédonie ?    

Vive l’Ecosse libre !

Mais tout à coup on réfléchit… et quand on réfléchit on se dit que ça pourrait donner des idées aux Basques, aux Corses, aux Bretons…Et même aux habitants de la Nouvelle Calédonie, ce territoire français du Pacifique qui doit voter pour son  indépendance d’ici 2018.

Au fait Calédonie… ce ne serait pas l’ancien nom de l’Ecosse ?

 

( Quand il découvre l’île en 1774, le navigateur anglais James Cook trouve que les côtes ressemblent à celles de l’Ecosse, terre natale de son père. En son honneur il la baptise New Calédonia, du nom latin de l’Ecosse.)

 

Je n’achèterai pas le Trierweiler !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 septembre 2014 08h50 | Un commentaire>

Le livre de Valérie Trierweiler, « Merci pour ce moment »  bat tous les records de vente en France. 145.000 exemplaires vendus en quatre jours, dont 14.000 au format numérique, c’est exceptionnel ça correspond aux ventes d’un prix Goncourt. Et pourtant votre serviteur ne l’a ni acheté, ni lu…

Déjà il est rare qu’un journaliste achète ce genre de livre, en général il le reçoit en service de presse.  Mais je ne l’ai pas reçu car son écriture s’est faite dans le plus grand secret,  seul Paris Match le magazine pour laquelle Valérie Trierweiler travaille a pu lire le livre avant sa sortie et en publier les bonnes pages.

 Vous allez me dire comment avez-vous fait pour en parler ? Tout simplement en lisant les bonnes pages publiées par Match, car nous avons évoqué ce livre à la veille de sa sortie.

Pénurie de Valérie.

 Bien sûr  le lendemain je me suis présenté chez un libraire du XVème arrondissement, mais à 10h il était déjà en rupture de stock. Avec humour il avait affiché sur sa vitrine : « Nous n’avons plus le livre de Valérie Trierweiler, en revanche il nous reste des Balzac des Zola des Maupassant etc… » ça m’a fait rire et je me suis dit que finalement  j’allais m’acheter un vrai livre. Je suis tombé, sur un bouquin sorti en 2002 et que j’avais raté  à l’époque,  « On s’est déjà vu quelque part » de   Nuaola O’Faolain une écrivaine irlandaise décédée en 2008.  Ce fut aussi un bestseller à l’époque, notamment aux Etats Unis (300 000 exemplaires vendus), et pourtant c’est tout  le contraire du règlement de compte de Mme Trierweiler.

Le destin des Irlandaises.

« On s’est déjà vu quelque part » est un livre de mémoires qui raconte comment cette journaliste  irlandaise, née en 1940, a vécu dans les années 60-70 la libération de son destin de femme, et comment elle a échappé à la vie qu’avait vécu sa propre mère et les autres irlandaises élevées sous la chape d’un catholicisme rigoureux. Mariage à 20 ans, mari volage, et de très nombreux enfants (9) , elle raconte qu’elle aussi qu’ 21 ans elle a voulu arrêter ses études pour se marier et que sa mère pourtant très malheureuse en ménage ne souhaitait rien d’autre pour elle.

 Heureusement le garçon s’est débiné avant qu’elle ne tombe enceinte…( car décidée à se marier elle ne protégeait pas) . Elle a finalement poursuivi ses études jusqu’à Oxford et connu une brillante carrière.  En revenant sur cet épisode elle s’interroge et se demande pourquoi les femmes comme sa mère souhaitaient que leurs filles connaissent le même sort qu’elles. L’auteure explique qu’à son avis les Irlandaises de cette génération reprochaient aux hommes de n’être pas conformes aux rêves qu’elles avaient projetés sur eux.  Elles leur en voulaient mais souhaitaient que leurs filles tombent enfin sur un « type bien ». Bref, le bon vieux mythe du prince charmant…

Hollande n’était pas le prince charmant !

Et  Nuaola O’Faolain de conclure : «  ma mère n’avait pas compris que c’était elle qui s‘était trompée. »  Je pense que vais envoyer ce bouquin à Valérie Trierweiler et peut être aussi le deuxième sexe de Simone de Beauvoir…

Quant à « Merci pour ce moment » je ne l’achèterai pas !

Comme disait Victor Hugo : « Et s’il n’en reste qu’un je serai celui-là ! »