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Roger Hanin reposera à Alger

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 février 2015 10h20 | Ajouter un commentaire

 

Roger Hanin, le commissaire Navarro, s’est éteint hier à l’âge de 89 ans. Il n’y a pas eu que la télévision dans sa carrière qui a duré près de 50 ans. Sans être un monstre sacré du cinéma français comme Jean Gabin ou Lino Ventura, il avait imposé son style et sa carrure dans plus d’une centaine de films.

 Il fut un temps où dire qu’on aimait Roger Hanin dans certains milieux parisiens, vous faisait passer pour un beauf. Ça se faisait d’autant plus facilement que c’était un de ses  surnoms « le beauf » puisque tout le monde le sait il était le beau-frère de François Mitterrand.

 J’aimais d’ailleurs assez me faire traiter de beauf dans ces cas-là car ça me permettait de citer longuement son rôle de Carl Zombach dans « A bout de souffle » de Jean Luc Godard …ou celui de Morini, dans Rocco et ses frères de Luchino Visconti.  Evidemment ça changeait la donne ! Et tout d’un coup le « tigre » et le « gorille », laissaient la place à l’élégant truand, qui expliquait dans la nuit de Montparnasse devant une Cadillac à Belmondo et Jean Seberg que décidément il ne fallait pas porter de chaussettes en soie avec une veste de tweed.

De Pirandello à Navarro.

 Il avait aussi eu dans les années cinquante une carrière exigeante au théâtre jouant Shakespeare, Claudel, Malraux, Pirandello Becket.  C’est pourquoi j’aime à citer la phrase qu’il avait prononcée sur RTL Paris le 1er novembre 2008 quand il a annoncé sa retraite…  « Il y a des gens qui disent : “je n’ai pas eu la carrière que j’aurais voulue”. Je dis, moi : “j’ai eu une carrière plus grande que celle que j’aurais espérée, maintenant j’arrête”.» Il qualifiait d’ailleurs sa carrière de mirifique.

Bien sûr pour le grand public il restera surtout les 108 épisodes de Navarro sur 19 ans. En France certains soirs Navarro réunissait 10 millions de téléspectateurs.

J’ai quitté mon pays, j’ai quitté ma maison.

Mais s’il faut lui rendre un hommage c’est peut-être de n’avoir jamais renié ses origines de juif pied noir, né dans une famille modeste de la basse casbah d’Alger. C’est pourquoi Roger Levy de son vrai nom endossait avec aisance les rôles que lui taillait sur mesure son compatriote Alexandre Arcady… Dans ces films-là Hanin ce n’était pas le grand pardon, mais le grand patron !

Je me souviens d’un épisode de Navarro où il avait prononcé quelques mots dans le dialecte algérois, mélange de français d’espagnol et d‘arabe. Un autre personnage l’interrogeait alors : « c’est une langue étrangère ? Non répondait Navarro avec un regard triste, c’est une langue morte… »

Retour au pays natal.

Alexandre Arcady  a annoncé hier que Roger Hanin sera inhumé à Alger au cimetière israélite Saint-Eugène où repose déjà son père.

Ultime hommage et singulière revanche du destin…  c’est l’avion du président algérien Abdelaziz Bouteflika qui fera prendre au petit pied noir le chemin du retour.

Le chef des jeunes UMP est un « sans-papiers »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 février 2015 09h47 | Un commentaire>

 

Stéphane Tiki et Nicolas Sarkosy

Nicolas Sarkozy n’en finit pas d’avoir des soucis avec son parti l’UMP. Stéphane Tiki le président des jeunes UMP, élu en décembre,  s’est mis en congé. Il faut dire que le Canard Enchaîné révèle ce matin qu’il est Camerounais en situation irrégulière en France.  

Quand il a été élu le 17 décembre à l’unanimité président des « jeunes populaires », c’est le nom officiel de l’association des moins de 30 ans à l’UMP, on s’est dit que l’UMP réalisait un coup. Porter à la tête de ses jeunes un black de black ! Comment désormais taxer ce parti de xénophobie…Tiki avait reçu à l’époque la mission de donner : « un nouveau souffle aux Jeunes Populaires et de formuler des propositions pour faire de ce mouvement un fer de lance du nouveau parti… »

Contre le vote des étrangers.

Stéphane Tiki fait partie de «  la droite forte », le courant le plus conservateur de l’UMP, et il s’est personnellement engagé dans des actions très conservatrices.  En octobre 2012, il avait posté sur Twitter un message dans lequel il appelait les militants UMP à aller « sur le terrain pour faire signer la pétition contre le droit de vote des étrangers ».

Seulement comme le révèle le Canard Enchaîné, Stéphane Tiki n’est pas français il est Camerounais, ce qui dans ses fonctions est un peu dérangeant, d’autant qu’il avait l’intention de se présenter aux prochaines élections régionales. Or comme les étrangers  n’ont  pas le droit de voter en France, notamment grâce à lui, ils n’ont pas non plus le droit d’être élus ! Cherchez l’erreur…

Sans papiers.

A l’UMP on s’arrache les cheveux ainsi l’ex-ministre Thierry Mariani regrette le «grand amateurisme» de la direction du parti  «qui doit se poser des questions».

Stéphane Tiki se défend en disant que ses parents se sont mariés en France que sa sœur est française et qu’il a déposé une demande de naturalisation.

Il parle de «polémique infamante»… «Je vis en France, j’ai étudié au lycée Français et en France, je travaille en France. Je respecte les institutions et surtout j’aime profondément la France! »

On n’en doute pas sauf que ça fait désordre quand même, surtout que dans la réalité Stéphane Tiki 27 ans vit en France depuis 10 ans, sans être français mais aussi sans aucun papier. S’il fallait lui appliquer à la lettre les méthodes que préconise l’UMP, et notamment son courant la droite forte, il devrait être expulsé vers le Cameroun illico presto ! Certains ne sont pas loin de penser qu’il est un peu … con… Tiki !

Le soutien des socialo-communistes !

Heureusement il peut compter sur le soutien du parti communiste, qui prend sa défense au nom de tous les sans-papiers,  de même les jeunes socialistes qui ont annoncé sur twitter qu’ils allaient se battre pour obtenir sa régularisation. Quant au président de l’UMP un type d’origine hongroise qui a épousé une italienne, il reste pour l’instant sans voix…

 

Tirs de kalache à Castellane

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 février 2015 09h58 | Ajouter un commentaire

Que s‘est-il réellement passé hier à Marseille ? Quelques heures avant la visite sur place du premier ministre Manuel Valls, qui venait saluer la baisse de la délinquance, des tirs de Kalachnikov ont retenti dans le quartier populaire de la Castellane. Entrainant en riposte une  impressionnante opération policière.

 J’aurais aimé vous dire avec l’accent marseillais que tout cela n’était qu’une galéjade, un nouvel avatar de la célèbre sardine qui obstrua naguère le port de Marseille. Et il vrai qu’en voyant le déploiement de force, ma première réaction fut d’accuser cette bonne vieille inclinaison à l’exagération que l’on attribue aux Provençaux en général et aux Marseillais en particulier…

Armes automatiques.

 Faut-il prendre au sérieux Pierre Marie Bourniquel directeur de la police de Marseille quand il explique devant toute les télévisions que, pris sous le feu d’une arme automatique,  il a dû sortir de sa voiture se mettre à l’abri derrière un talus, pendant qu’un de ses officiers voyait des ricochets provoqués par des balles à quelques mètres de lui ?

 Oui…malgré l’accent chantant le directeur de la police de Marseille n’est pas un  rigolo.

Une descente en force.

 Conséquence d’importantes forces de police avec en tête les troupes d’élite du GIPN, ont pris le contrôle du quartier. Confiné les enfants dans les écoles, patrouillé aux carrefours, pratiqué de perquisitions.  Résultat : la saisie dans un appartement de 7 kalachnikovs et 20 kg de résine de cannabis…

 Même si par les temps qui courent on aurait pu penser au terrorisme, les flics de Marseille sont sûrs à 99,9% que les tirs de kalache étaient liés à un règlement de compte dans le milieu de la drogue. Depuis le début de l’année on décompte déjà deux morts, pour 2014 le bilan s’établissait à 10 décès et 8 blessés…

Le quartier de la drogue.

 Castellane autrefois célèbre pour avoir été le quartier natal de Zidane est désormais connu comme la plateforme professionnel du trafic de drogue à Marseille. Un guetteur y gagne 2400 euros par mois, un vendeur 6000, un gérant 9000.

 En 2013 une autre descente avec 200 hommes avait permis de saisir 1,3 million d‘euros en petites coupures. Comme dit un policier ce matin du Libération : « quand on voit ces chiffres qu’est-ce qu’on peut proposer, à la place à ces jeunes à part  président du CAC 40 ? ». Et il ajoute qu’hier ils les ont juste embêtés mais que pour éradiquer le trafic, il faudrait mener de telles opérations tous les jours.

 Ce qui se passe à la Castellane c’est pas du Pagnol… c’est du tragique ! Et s’il fallait citer un auteur Marseillais, ce serait plutôt Jean Claude Izzo et son fameux « Total Khéops »….

 

Doubs : le PS l’emporte, le FN pavoise.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 février 2015 09h46 | Ajouter un commentaire

 

Frédéric Barbier nouveau député du Doubs.

 

Le parti socialiste a remporté de justesse la législative partielle qui se tenait hier dans le Doubs, à quelques centaines de voix près le Front National a failli décrocher un troisième siège de député. . Question : la position « ni, ni » adoptée par l’UMP a-t-elle permis au Front National de réaliser ce score ?

 

Il n’y a pas eu d’effet 11 janvier dans le Doubs. Le candidat socialiste, Frédéric Barbier, a remporté 51,43 % des voix devant la candidate frontiste Sophie Monte (48,57 %). Soit 863 voix d’écart sur 56 communes. C’est très serré surtout dans une circonscription qui était détenue par le PS depuis près de 20 ans.

Report UMP – FN ?

 Les deux candidats ont profité d’une participation plus importante d’environ 10%. Une mobilisation plus grande de leurs électeurs mais aussi visiblement un certain report des voix de l’UMP en faveur de la candidate Front national.

Et c’est là que se pose la vraie question. Pour une partie  des électeurs de l’UMP le FN est devenu un parti de droite comme les autres, et ils préfèrent voter pour lui que pour le PS. Ce qu’on appelle le front républicain c’est à dire l’union des partis démocratiques contre le FN, ne fonctionne plus du moins dans le sens droite gauche.

 François Hollande a bénéficié d’un regain de popularité après les attentats du début janvier, mais essentiellement à gauche et au centre. Chez les électeurs de droite les plus conservateurs, il est réellement détesté. Samedi soir lors de la réunion de l’UMP à Paris Alain Juppé qui défendait le vote en faveur du PS a été hué par la salle.

On se trouve donc dans une situation qui n’exclut plus une victoire du Front National à la présidentielle, si au second tour Marine Le Pen est opposée à un  candidat socialiste quel qu’il soit. En fait le paysage politique français est en train de se recomposer autour du FN devenu le pivot de la droite…

 L’UMP dans le doute.

 L’UMP de Nicolas Sarkozy se retrouve devant un vrai dilemme politique soit, le parti durci encore le ton contre le PS, le combat le plus sévèrement possible pour être qualifié au second tour de la présidentielle et se retrouver face au FN. Soit il essaye en radicalisant son discours notamment sur l’immigration d’affaiblir le FN, au point de retrouver une situation classique : PS et UMP au second tour et le FN troisième.

Mais il n’est pas sûr que ce soit encore possible…

Sarkozy mission impossible ?

 Il ne faut pas exclure un éclatement du grand parti de la droite entre deux ailes divisées sur la stratégie à adopter.  Pour Nicolas Sarkozy qui s’imaginait rassembleur, ce défi parait aujourd’hui presque plus difficile à relever qu’une éventuelle réélection à l’Elysée. 

 

 

 

Dernière minute, Nicolas Sarkozy en baisse chez les militants UMP.

Un peu moins de 40% des sympathisants UMP souhaitent la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2017, contre 65% en septembre dernier. Soit une chute de 26 points en cinq mois, selon un sondage BVA-Orange-iTELE publié samedi.

A la question « parmi les personnalités suivantes, laquelle préférez vous voir représenter l’UMP à l’élection présidentielle de 2017? », 39% répondent Nicolas Sarkozy, contre 65% (-26 points) en septembre, au lendemain de l’annonce de sa candidature à la présidence de l’UMP. Ce chiffre était de 70% en janvier 2014.

Le président de l’UMP ne devance plus que de six points Alain Juppé, lequel recueille 33% d’avis favorables des sympathisants. En septembre Nicolas Sarkozy devançait le maire de Bordeaux de 44 points.

Doubs : Sarkozy mis en minorité

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 février 2015 11h21 | Ajouter un commentaire

Son retour au sommet de la politique parait de plus en plus difficile. Nicolas Sarkozy a été mis en minorité hier soir au bureau politique de son parti. Il n’a pas réussi à imposer la liberté de vote dans la législative du Doubs, où s’affronteront dimanche un PS et une candidate du front national.

Je vous le racontais hier le parti de Nicolas Sarkozy, se déchire depuis plusieurs jours sur l’attitude à adopter lors de la législative partielle qui aura lieu dimanche dans le Doubs. Pour simplifier l’aile droite du parti, représentée notamment par François Fillon souhaitait option dite ni-ni… Ni soutien au FN ni soutien au PS. De l’autre coté un autre ancien premier ministre Alain Juppé appelait lui à faire barrage au FN en votant socialiste.

 

Sarkozy désavoué.

   Nicolas Sarkozy le président du parti, a donc essayé hier de faire la synthèse en proposant, ce qu’on a appelé le ni-ou. Dans un premier temps son texte recommandait donc aux électeurs UMP du Doubs de « voter blanc, de s’abstenir ou voter pour le candidat PS». Au cours des débats, ces trois options  ont disparu, remplacées par la simple formule «les électeurs sont libres de choisir».

Mais voilà cette version finale du texte, soutenue par Nicolas Sarkozy, a été rejetée par 19 voix, contre 22 en aveu de la motion «ni-ni »

Le communiqué officiel dit donc :

«Confirmant sa position constante, l’UMP appelle tous ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs à exprimer leur double opposition en votant blanc ou en s’abstenant».

L’UMP au bord de la scission ?

Bref l’UMP prend le risque de faire élire un nouveau député du Front National. Bien sûr ça n’en fera jamais que trois sur 577. La République n’est pas en danger…mais bon il y a la force du symbole d’autant qu’en 2002 le PS avait appelé à voter Chirac contre le Pen à la présidentielle.

Désormais l’UMP est véritablement déchirée sur une question de fond, d’ailleurs plusieurs caciques du parti se sont étonnés de la violence des débats hier soir.  

Une longue marche.

Et puis surtout dans ce parti de tradition bonapartiste ou jusqu’à présent le chef avait toujours  raison, voir Nicolas Sarkozy mis en minorité, quelques mois à peine après son retour. Ce n’est qu’une péripétie, mais on est loin de la marche triomphale vers l’Elysée que Nicolas Sarkozy annonçait lors de ses premiers meetings au début de l’automne.

 

Sarko : « Dans le Doubs abstiens toi ? »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 février 2015 12h03 | Commentaires fermés

Nicolas Sarkozy au pied du mur. Son parti doit décider ce soir s’il soutient ou non le socialiste qui affrontera dimanche une candidate Front national dans une élection législative partielle. L’ancien président serait plutôt sur une position : ni l’un ni l’autre, mais à l’UMP tout le monde n’est pas d’accord.

Cette histoire est une conséquence de la nomination de l’ancien ministre socialiste Pierre Moscovici au poste de Commissaire européen. Comme il a dû abandonner son mandat de député du département du Doubs,  il faut lui choisir un successeur.  En France les députés ne sont pas élus comme en Belgique sur une liste au scrutin proportionnel, mais au scrutin majoritaire dans des circonscriptions. Ca ressemble à de petites présidentielles.  Or dimanche dernier au premier tour c’est la candidate du Front National Sophie Montel qui est arrivée en tête avec 32,6% des voix, devant le socialiste Frédéric Barbier avec 28,8 % et le candidat UMP Charles Demouge 26,5 %, troisième et donc éliminé. Au second tour dimanche prochain les électeurs devront donc choisir entre les deux premiers, la représentante du Front National ou le socialiste.

Ni, ni.

Embarras à l’UMP où l’on ne veut plus de ce qu’on appelait autrefois le « Front Républicain », c’est à dire l’union de tous les partis démocratiques contre le Front National. En 2011 Jean François Copé, chef du parti à l’époque, avait développé la théorie du ni, ni.( Ni l’un ni l’autre.) C’est la position que Nicolas Sarkozy aurait l’intention de défendre…Toute une série de personnalités de l’UMP ( Bruno Le Maire, Henri Guaino, Luc Chatel) se sont déjà exprimées sur le sujet, disant que le Front Républicain était un piège et prônant un vote blanc ou l’abstention.

PS oui, FN non.

Mais deux poids lourds sont montés au créneau avec une thèse différente. D’abord NKM, Nathalie Kosciusko-Morizet, N°2 du parti qui a déclaré hier sans ambigüité qu’elle voterait PS si elle habitait dans le Doubs. Et puis surtout  l’ancien premier ministre Alain Juppé principal rival de Nicolas Sarkozy à l’UMP pour la future présidentielle, qui a appelé à faire barrage au Front National :  « Pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, “en l’évidente inégalité des races”, je ne m’abstiendrais pas, je voterais pour le candidat qui l’affronte, c’est-à-dire le candidat PS. 

Deux UMP.

En fait deux lignes s’affrontent à l’UMP, la ligne dure de Nicolas Sarkozy : pas de cadeau au PS et tentative de séduction des électeurs du FN. Et la ligne disons républicaine : pas de compromis avec le FN, et même si on n’aime pas le PS on préfère voter pour lui.

Pour compliquer les choses une majorité de militants UMP serait plutôt sur la ligne Sarkozy, mais une majorité de français approuverait plutôt l’attitude d’Alain Juppé.

Et voilà, pourquoi sur le Doubs Sarko est dans le doute… Même s’il a bien envie de dire à l’UMP : « dans le Doubs abstiens toi ! »

 

 

Dernière minute, Sarko dit non au FN.

Mardi après midi, Nicolas Sarkozy a affirmé, devant ses parlementaires, qu’il fallait dire « non au FN ». 

« Une victoire du FN au plan national n’est plus hypothétique », a averti M.Sarkozy. « Nous ne donnons pas de consignes de vote » aux électeurs du Doubs « mais nous leur demandons de prendre en compte cette dimension », a-t-il dit estimant que cette partielle de dimanche représentait « un risque d’explosion de l’UMP ».

DSK : un étrange suicide politique

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 février 2015 14h46 | Un commentaire>

Pour 79% des Français, DSK aurait fait un meilleur président que Hollande.
Alors que Dominique Strauss-Kahn comparaît pendant trois semaines  devant le tribunal correctionnel de Lille pour «proxénétisme aggravé» dans l’affaire dite du Carlton, les Français continuent à penser qu’il aurait fait un bon président.

 Le sondage publié par « le Parisien » est sans équivoque, pour les français Dominique Strauss Kahn reste un grand expert économique et financier. En revanche s’ils pensent à 79% qu’il aurait été un meilleur président que François Hollande, 56% des français ne souhaitent pas son retour en politique. Pour DSK l’Elysée restera à jamais un rêve inaccessible.

Du G 20 aux geôles.

 On s’interrogera longtemps sur la carrière brisée de ce surdoué de la politique,  qu’un de ses adversaires les plus redoutables Nicolas Sarkozy avait fait nommer à la tête du FMI. Souvenez-vous Dominique Strauss Kahn était de tous les sommets internationaux, côtoyait Obama, Merkel, Poutine…presque plus qu’un chef d’Etat…et puis patatras ! Le 14 Mai 2011 a un an de l’élection présidentielle qu’on lui promettait victorieuse. Le dérapage dans une suite de l’hôtel Sofitel à New York. DSK cherche à violer une femme de chambre Naffissatou Diallo. Il sera relaxé au pénal mais passera une transaction financière pour éviter un procès civil. ( Nafi Diallo a profité de cet argent pour ouvrir un restaurant à New York).

Deux thèses s’affrontent toujours le complot ou la pulsion ? Mais s’il n’y avait pas eu pulsion serait-il tombé dans le piège du complot ?

 

Du FMI aux filles à Dodo.

Et puis cerise sur le gâteau quelques semaines plus tard l’autre affaire… Des policiers qui enquêtent sur un réseau de prostitution concernant des notables lillois tombent sur des conversations téléphoniques où il apparait que DSK est le   roi de la fête. Nuits câlines, partouzes, bacchanales à Lille,  Paris ou Washington  avec des « escorts » fournies par Dodo la saumure. Comme DSK partageait et incitait à la consommation, il est accusé dc proxénétisme aggravé risque 10 ans de prison. Même s’il clame haut et fort qu’il ne savait pas que les jeunes « libertines » étaient rémunérées…

Morale privée, morale publique ?

On verra ce que dit la justice, mais cette affaire pose une question de fond, un homme politique peut-il avoir une vie privée complètement dissolue, amorale, et même délictueuse et gérer un pays avec rigueur et honnêteté. Dans l’univers anglo-saxon la réponse est clairement non. Des brassées d’hommes politiques américains ou anglais en ont fait les frais. En France c’est moins clair, mais la transparence imposée par les médias moderne laisse de moins moins d’opportunité de mener eu double vie. François Hollande en sait quelque chose… Pour revenir à DSK comment n’a-t-il pas pensé que son comportement  mettait son avenir en danger ? S’est-il senti si puissant qu’il pensait que rien ne pouvait l’atteindre ? Ou l’amour du risque le poussait-il à jouer à Lille ou ailleurs son avenir sur un coup de tête ? 

Enfin coup de tête …c’est une façon de parler.

 

 

Dumas : l’élection de Chirac était irrégulière

Par Christophe Giltay dans Divers , le 30 janvier 2015 09h43 | Un commentaire>

Une véritable bombe politique, pour la première fois l’ancien président du conseil constitutionnel français, Roland Dumas reconnait que les comptes de campagne de Jacques Chirac et d’Edouard Balladur lors de la présidentielle de 1995 étaient manifestement irréguliers. Il estime qu’en les validant il a sauvé la République.

Roland Dumas vieux complice de François Mitterrand , dont il fut longtemps le ministre des affaires étrangères avait été nommé président du conseil constitutionnel par son ami juste avant qu’il ne quitte l’Élysée en 1995. Son premier dossier fut donc l’élection présidentielle de cette année-là qui souvenez vous a opposé Balladur, Jospin et Chirac.

Des compte suspects.

Quand le 9 sages du conseil constitutionnel se sont penchés sur les comptes de tous les candidats ils ont constaté dit Dumas que ceux de Balladur et de Chirac étaient « manifestement irréguliers ». Agé désormais de 92 ans, Dumas qui publie ses carnets intimes s’explique ainsi:
« Que faire ? C’était un grave cas de conscience. J’ai beaucoup réfléchi. Annuler l’élection de Chirac aurait eu des conséquences terribles. J’ai pensé à mon pays. Je suis un homme de devoir. Nous avons finalement décidé, par esprit républicain, de confirmer, à l’unanimité au deuxième tour, son élection présidentielle. Je suis convaincu que j’ai sauvé la République en 1995. »

L’ombre de Karachi.

On pourra disserter sans fin, mais il vrai que si cette élection avait été annulée et comme le seul grand candidat à être resté dans les clous était le PS Lionel Jospin, Dumas socialiste lui aussi aurait surement été accusé d’avoir favorisé un camp contre l’autre.
Il a donc agit en politique autant qu’en juge suprême ( conseillé par Mitterrand?) Aujourd’hui tout ça n’a plus guère d’importance du moins pour Jacques Chirac, en revanche côté Balladur ce n’est pas fini. A l’époque le conseil constitutionnel avait repéré sur ses comptes de campagne 10 millions de francs français dont l’origine était douteuse. Il aurait pu s’agir de retro commissions versées à l’occasion de la vente de sous marins militaires au Pakistan. Cette vente serait d’ailleurs liée à l’attentat de Karachi en 2002 qui avait fait 14 mort dont 11 français. Edouard Balladur et son ancien ministre François Léotard font toujours l’objet d’une enquête à ce sujet…

Sarkozy dans le paysage.

Enfin juste pour l’anecdote, je vous rappelle qu’en 1995 le directeur de campagne d’Edouard Balladur s’appelait Nicolas Sarkozy ; que l’actuel président du conseil constitutionnel est Jean Louis Debré un très proche de Jacques Chirac; et que son successeur, bientôt désigné par François Hollande, pourrait être Lionel Jospin !

Finalement cette affaire est peut être plus proche de l’actualité qu’il n’y parait.

Faut-il rétablir le service militaire ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 janvier 2015 10h26 | Un commentaire>

 

Après les attentats de Paris le retour du service militaire fait débat en France. Plusieurs personnalités l’ont suggéré pour raviver chez les jeunes le sentiment d’appartenance à la République.

 

Il faut savoir qu’en 1996 le président Chirac n’a pas supprimé le service militaire, il l’a juste suspendu. Donc sur le plan purement législatif son rétablissement peut se faire très rapidement sur simple décision du gouvernement.

Sauf qu’évidemment en presque 20 ans tout a changé. La stratégie des armées n’est plus la même, on est passé à une armée professionnelle, chargée essentiellement d’opération sur des théâtres extérieurs. On n’a plus besoin d’immenses bataillons de trouffions qui en temps de paix passaient leurs 12 mois de services à éplucher les patates et balayer la cour de la caserne.

Il n’y plus de casernes.

40.000 officiers et sous-officiers seraient nécessaires pour encadrer une classe de conscrit soit environ 130.000 jeunes mais où trouver cet encadrement. Par ailleurs, les infrastructures n’existent plus et devraient être recréées, un casernement pour 1000 hommes est évalué à 100 millions d’euros…Les casernes désaffectées ont pour la plupart été revendues, transformées en logement, où démolies et remplacée par des infrastructures publiques.

Un retour illusoire.

Les projets les plus divers circulent, par exemple celui de l’ancien ministre UMP Xavier Bertrand : un service national et non pas militaire de trois mois,  obligatoire pour les garçons comme pour les filles et encadré par d’anciens militaires et des réservistes. Au programme: un mois de classes, port d’un «costume» mais pas d’un uniforme, cérémonie au drapeau, apprentissage de la discipline, puis affectation dans des collectivités territoriales, associations ou gendarmerie. Sauf que ça couterait 1,5 milliards d’euros.

 De plus il existe déjà un service civique qui concernent chaque année 40 000 jeunes chiffre que François Hollande voudrait augmenter à 150 000 d’ici 2017.

Kronenbourg à la retraite !

Enfin l’armée elle-même n’est pas demandeuse, comme le dit ce matin dans le Figaro un officier supérieur : «Ce recours au service national est un peu mythique et ne doit pas occulter les carences d’institutions comme l’éducation ou la famille. »   Il y a donc peu de chance que l’adjudant Kronenbourg reprenne du service. Avouez que ç’aurait été comique de rétablir la conscription au nom de l’assassinat de Cabu, traumatisé par son service durant la guerre d’Algérie… Ce qui en avait fait le plus antimilitariste des dessinateurs français !

 

 

Sarkozy rompt l’union nationale.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 janvier 2015 20h00 | Un commentaire>

 La trêve politique a pris fin en France quinze jours après les attentats de Paris. Mercredi Nicolas Sarkozy a rompu l’union nationale en direct à la télévision en adressant de vives critiques au gouvernement.

Il fallait s’y attendre Nicolas Sarkozy en avait assez de ronger son frein et de laisser le monopole de la parole à François Hollande et à Manuel Valls. D’autant que le président et le premier ministre ont tous les jours l’occasion de prononcer des discours puisque c’est la période des vœux.

Les mesures de l’UMP.

Hier tout en essayant de garder un ton solennel et présidentiel, Sarkozy est revenu dans la bagarre, critiquant les mesures annoncées par le gouvernement. Il a fait à son tour toute une série de propositions : la déchéance de la nationalité française pour ceux qui partent faire le djihad , la création d’une peine de sureté pour les djihadistes à l’image de celle qui existe pour les violeurs, la création d’un islam de France et non pas en France avec des imams formés par la République et une hiérarchie lisible comme celles que possèdent les autres religions.

Par ailleurs il a durement critiqué l’utilisation du mot apartheid par Manuel Valls pour décrire certains quartiers de France où les musulmans vivent dans des quasi ghettos. L’ancien président s’est dit surpris et consterné, « comparer » a-t-il dit « la République française à l’apartheid est une faute. »

Retour à la normale.

On est donc revenu à l’affrontement politique normal, et c’est logique et démocratique. Maintenant on peut quand même imaginer qu’après le traumatisme de ces derniers jours, le gouvernement continue à bénéficier d’un certain état de grâce du moins autour de ses mesures sécuritaires.  On verra ensuite si ça se traduit dans les urnes, il a bientôt des élections locales en France.

Quant à la lune de miel entre les Français et leur police, là aussi les choses pourraient encore durer un peu, d‘autant que les gens ont besoin de se sentir protéger dans la rue ou dans le métro. Mais ça se terminera tôt ou tard,  car comme disait mon ami Pierrot : « Tu verras quand ils recommenceront à coller des PV ! »