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François Hollande échappe à un putsch démosophe

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 juillet 2015 13h25 | Ajouter un commentaire

Les médias français en ont très peu parlé, mais hier à Paris un groupuscule a essayé de renverser la République et de prendre le pouvoir. Il s’agit du « mouvement du 14 juillet » inspiré par la démosophie.

 

ouf !

ouf !

 

Ce collectif a essayé de manifester à plusieurs endroits dans Paris, d’abord place de la Concorde, ensuite derrière l’Assemblée Nationale, gare du Nord et enfin à Beaubourg où trois cent personnes ont été interpellées pour contrôle d’identité. Je les ai vu moi-même depuis la position de direct que j’occupais dans le 13h de RTL TVI : une poignée de manifestants qui faisaient face à un cordon de gendarmes mobiles à deux pas de l’Arc de triomphe…Un homme en polo bleu essayait d’haranguer la foule qui se dispersait après le défilé militaire, mais comme elle était pour l’essentiel composée de touristes japonais le résultat a été disons… modeste.

Mouvement ? Parti ? Secte ?

Qui se cache derrière ce mouvement dit « du 14 juillet » ? Il se présente comme un «collectif de simples citoyens», qui veut «modifier le cours de l’histoire actuelle» et «changer les décideurs» …

Sur leur site internet on peut lire qu’ils veulent interdire les vaccins, qu’ils accusent de trahison ceux qui se sont soumis à l’Europe, ils dénoncent par ailleurs «la fausse dette des banquiers»  et les Américains qui «dilapident notre patrimoine ancestral, nos grandes entreprises, nos aéroports, etc…» Ils font partie de ce qu’on appelle les complotistes, c’est à dire ces gens qui pensent que quelque part terrés dans un repère souterrain, les membres d’une société secrète tirent les ficelles de notre monde…

A mon avis les plus sérieux ont vu « James Bond contre Dr No », et les plus folkloriques, la série des Fantômas avec Jean Marais et de Funès…

Du virtuel.

Ils ne représentent quasiment rien  sur le terrain, (on l’a vu 300 hier à Paris)  en revanche ils sont très actifs sur les réseaux sociaux où ils développent les thèses de la démosophie un concept inventé par certains Eric Fiorile une sorte de gourou qui vit à Ténérife. Ses vidéos connaissent un certain succès avec quelques milliers de « likers ». Démosophie en gros ça veut dire sagesse du peuple, le peuple serait plus sage que ses dirigeants élus (par le peuple…)

L’objectif de ces démosophes est de renverser la République française et de  remplacer les dirigeants actuels par 2000 citoyens tirés au sort parmi les internautes qui se seront inscrits sur leur site… Hé oui c’est quand même plus sage, intelligent et juste que des élections démocratiques !

Quand je vous aurais dit que leur intention hier place de la Concorde était de soulever l‘armée pour prendre elle pouvoir et s’emparer de l’Assemblée Nationale. Vous aurez compris où les situer : quelque part entre fascisme et charlatanisme…

Tapie : l’homme qui voulait un milliard

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 juillet 2015 09h27 | Un commentaire>

Bernard Tapie, 72 ans, repart au combat ! Avec son nouvel avocat, il va réclamer à la République , la somme d’un milliard d’euros, agrémentée d’intérêts courant sur plus de vingt ans. Il s’agit  toujours, bien sûr, du litige autour de la vente d’Adidas en 1993 .

Tapie rusé

 

Nanard c’est l’homme qui valait 1 milliard, du moins c’est l’homme qui pense valoir 1 milliard.

Un milliard, c’est bien, c’est rond, ça claque c’est clair. Au fond il a raison Bernard Tapie, le précédent arbitrage sur le litige Adidas lui avait rapporté 405 millions. C’est bancal comme chiffre, cet arbitrage dont les conditions ont été contestées devant la justice a depuis été annulé. Accessoirement on a appris que Bernard Tapie avait rencontré 17 fois Nicolas Sarkozy alors président, à l’époque de cet arbitrage. Mais c’était peut-être pour faire un poker ou alors parler littérature…

« Salut Bernard alors tu as relu la princesse de Clèves ?

– Non mais j’ai vu le film… »

Pas de petit profit.

Bon Nanard c’est pas le genre petit bras qui pinaille pour quelques centaines de millions, non ! On tourne la page !

On passe l’arbitrage par pertes et profits, on embauche un nouvel avocat, et maintenant on réclame 1 milliard. Toujours sur les mêmes arguments : quand il a vendu Adidas en 1993, il s ‘est fait flouer par sa banque le Crédit lyonnais qui avait déjà  prévu de revendre l’entreprise à quelqu’un d’autres beaucoup plus cher…  Soit 2,09 milliards d’euros alors que Tapie avait touché pour Adidas l’équivalent de 318 millions d‘euros en gros 6 fois moins.

Le milliard son avocat y croit dur comme fer, il faut dire qu’il s’agit de  Me Emmanuel Gaillard, l’homme qui a obtenu, en juillet 2014, la condamnation de l’Etat russe à une amende de 50 milliards de dollars dans une affaire liée à Ioukos . Pour un pareil maître 1 milliards d’euros c’est une paille ! L’audience devant la cour d’appel de Paris se tiendra le 29 septembre…

Une série culte, un feuilleton fleuve !

Et voilà qui me laisse nostalgique, la première audience à laquelle j’ai assisté dans les multiples affaires Tapie remonte à novembre 1994 ! La même année j’ai visité son hôtel particulier rue des Saints Pères à Paris, car sa banque toujours elle, l’avait mis en vente pour se payer sur la bête. 21 ans plus tard on est toujours au tribunal, et Tapie habite toujours dans son hôtel particulier… J’avoue que là les mots me manquent : increvable, inoxydable, insubmersible.

Ou alors s’il vaut vraiment 1 milliard … Bionique !

 

 

Note : pourquoi l’homme valait-il trois milliards ?

En anglais la série « l’homme qui valait trois milliards » s’appelait « The Six Million Dollar Man ». Car ses prothèses bioniques avaient coûté 6 millions de $.

Pour la diffusion en France on avait converti les dollars en francs : 6 millions de dollars, soit 30 millions de francs nouveaux, soit 3 milliards d’anciens francs…d’où le titre. ( A l’époque dans les années 70, les Français comptaient encore beaucoup en anciens francs surtout pour les grosses sommes, ainsi on ne disait pas j’ai acheté ma voiture 10 000 francs, mais un million ou une brique…1 nouveau francs égalait 100 anciens francs, d’où la célèbre expression « t’as pas cent balles ! » C’est à dire un franc…)

Trois milliards d’anciens francs ça fait à la louche 5 millions d ‘euros…Donc Tapie vaut beaucoup, beaucoup, beaucoup plus cher que l’homme bionique.  

 

Alexis Hollande sauveur de la Grèce

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 juillet 2015 09h37 | Un commentaire>

François Hollande est décidé à éviter la sortie de la Grèce de la zone euro. Le président de la République fait du maintien de la Grèce dans la zone euro  un objectif personnel.

Hollande Elysée

Le président français a fait du combat pour la Grèce son combat. Il a déclaré à l’un de ses proches qu’il ferait « tout absolument tout pour éviter le grexit… »

Certains et surtout le Figaro ironisent en disant que c’est parce qu’il se reconnait dans Tsipras. « François Tsipras et Alexis Hollande » est d’ailleurs le titre de l’édito du Figaro ce matin. En gros Hollande serait lui aussi un démagogue calamiteux promettant l’impossible et incapable de gérer els fiances publiques…

Sauver la Grèce, sauver l’Europe.

L’attaque est facile, car il n’y a rien de commun entre la situation de la Grèce et celle de la France. En fait ce que veut Francois Hollande c’est sauver l’idéal européen. Car il a le sentiment que beaucoup de gens, dont Christine Lagarde la patronne du FMI et peut être Angela Merkel,  se sont déjà résignés à la sortie den la Grèce de la zone euro.  Il pense même que s’il n’était pas là ce serait déjà fait. Or on le répète tous les jours ce serait une catastrophe, d’abord pour les Grec bien sûr, imaginez que dans le scénario sur lequel a travaillé la commission européenne, en cas de grexit il faudrait envoyer à la Gréce de l’aide humanitaire comme dans un pays du tiers monde.

L’euro en danger.

Ensuite ce serait une catastrophe pour l’Europe. Au plan pratique la confiance serait rompue ave l’extérieur et l’euro perdrait  beaucoup de sa valeur. Sur le plan symbolique ça voudrait tout simplement dire que l’Europe a échoué, échec de sa construction, échec de ses idéaux. Car la monnaie unique avait vocation à devenir la monnaie de tous. Alors si un petit pays sort, penser vous qu’un grand come le Royaume Uni aura jamais envie d’y entrer, et pourtant il y a quelques années c’était envisageable, aujourd’hui… peanuts !

Hollandopoulos et Verhofstadis

Heureusement  Hollande n’Ets pas tout à fait seul, on  a vu dans la colère théâtrale de Guy Verhofstadt hier au parlement de Strasbourg une engueulade destinée à Tsipras… moi j’y ai vu également à appel au sursaut,  au sursaut de tous. J’ai bien aimé quand il a proposé d’aller à Athènes mettre lui-même les mains dans le cambouis. Car  même si les Grecs ont ait des erreurs, au moment ultime il ne faut pas les enfoncer, mais les aider…

 

Charlie : Maryse Wolinski veut comprendre

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 juillet 2015 09h30 | Ajouter un commentaire

6 mois, après l’attentat du 7 janvier contre Charlie Hebdo, la veuve de Wolinski l’une des victimes les plus célèbres, se constitue partie civile. La journaliste et romancière Maryse Wolinski souhaite savoir qui est responsable de la sécurité défaillante du Magazine.

maryse

 

Elle est jolie Maryse Wolinski, belle même, blonde au traits fins, elle ne fait pas sa septantaine loin, de là. Peut-être parce qu‘elle a écrit il y a une dizaine d’année un livre qui s ‘intitulait « Nous serons toujours jeunes et beaux. »

Quand on la voit, elle a épousé Wolinski en 1968, on se souvient que le dessinateur aimait passionnément les femmes… Qu’il dessinait beaucoup, et souvent nues d’ailleurs, lui aurait dit à poil…

Une veuve.

Au fil de ses interviews ces dernières semaines Maryse Wolinski avait des mots de veuves, ceux qu’on entend dans nos familles : « que vais-je faire ; je ne me suis jamais occupé de rien ; je n’ai jamais remplis aucun papier ; il me protégeait beaucoup; pour la première fois je suis confrontée à la vraie vie ; je vais devoir déménager ; et puis l’argent… »

On le sait peu mais les familles des victimes de janvier n’ont pas encore touché d’indemnités, des aides d’urgence oui, mais qui six mois plus tard se sont épuisées…

Partie civile.

Et puis là tout d’un coup la journaliste, la romancière reprend du poil de la bête elle veut savoir …  «Moi j’ai envie de comprendre donc je cherche à comprendre.» a -t-elle déclaré hier sur RTL Paris.

«Je ne suis pas en colère contre ceux qui restent, je suis en colère en général, contre ce qui s’est passé…. Est-ce qu’il y a eu des failles? Oui il y en a eu, bien sûr. Pourquoi n’y avait-il pas une fourgonnette? Pourquoi le GIGN n’a pas débarqué? Il y a eu plusieurs coups de téléphone avant que les Karachi arrivent dans la salle de rédaction, de différentes personnes de l’immeuble. Par conséquent on se demande pourquoi ce sont trois vététistes qui sont arrivés alors que l’on parle de deux hommes masqués, cagoulés et ayant en main des armes de guerre.»

Une journaliste.

Toutes ces questions sont pertinentes, la porte de l’immeuble n’était pas blindée, les travaux avaient été reportés à plus tard faute de moyens.  La protection avait été allégée, de permanente elle se limitait désormais à des rondes régulières. Charb était passé de quatre à deux gardes du corps. Au moment de l’attaque l’un des deux était sorti faire une course, l’autre est mort en essayant de protéger le dessinateur… à deux peut-être auraient-il pu…On ne le saura jamais…

Et quand Maryse saura, en vraie journaliste, en vraie femme de plume, elle en fera un livre.

 

Grèce: dichotomie entre Paris et Berlin

Par Christophe Giltay dans Politique , le 6 juillet 2015 11h20 | Ajouter un commentaire

La Grèce a dit « non à plus de 60 % aux propositions de ses créanciers. Une victoire pour le premier ministre Alexis Tsipras qui plonge l’Union européenne dans l’inconnu. D’autant que Berlin et Paris ont des positions très différentes quant à l’attitude à adopter. Angela Merkel et François Hollande se rencontreront ce soir à Paris.

Depuis le début de ce qu’on pourrait appeler la séquence du référendum, Paris et Berlin ont affiché presque quotidiennement des divergences réelles sur l’attitude à adopter face aux Grecs.

Cela tient bien sûr à l’exaspération de la population allemande face à un pays que l’on qualifie de membre du « Club med ». Du genre « Ils ne sont pas d’accord avec les propositions qu’on est bien gentil de leur faire, qu’ils se débrouillent ». Dès hier soir,  Sigmar Gabriel le ministre allemand de l’économie, pourtant social-démocrate, jugeait « difficilement imaginable » de nouvelles négociations avec les dirigeants grecs. Il considère que le premier ministre grec Alexis Tsipras a « coupé les derniers ponts » entre son pays et l’Europe.

Angela circonspecte

Pour l’instant la chancelière Angela Merkel, qui s’est contentée d’un  « Il faut respecter le vote des Grecs », est prise entre deux feux. D’un côté son opinion publique qui ne veut plus verser un centime aux Grecs et de l’autre sa volonté de sauver la zone euro, et surtout de ne pas apparaître comme le fossoyeur d’une certaine idée de l’Europe portée par l’Allemagne depuis 1958.

François plus conciliant

Les Français sont plus grecophiles, d’abords parce qu’ils se sentent plus proches des pays du sud, et surtout parce qu’en France on nourrit le plus grand respect pour le référendum. Depuis les années 60 toutes les grandes décisions européennes ont été soumises au référendum en France, le traité de Maastricht en 93, ce fut oui; la constitution européenne en 2005 ce fut non…

Dilemme ou paradoxe ?

Concrètement on peut espérer que François Hollande arrive à convaincre Angela Merkel de tendre une dernière fois la main à la Grèce. En lui expliquant par exemple que ce n’est pas en réduisant encore les retraites ou les salaires que les Grecs s’en sortiront, mais en construisant un vrai système fiscal, qui ira chercher l’argent là où il se trouve (armée, église, armateurs…) avec l’aide d’experts européens. Mais un peuple qui vient d’affirmer aussi clairement son indépendance acceptera-t-il de se mettre sous la tutelle d’experts envoyés par Bruxelles ? Ce serait comme on dit en bon français un paradoxe… du grec paradoxa qui signifie « contraire à l’opinion du peuple ».

Guignolade ou guignolicide ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 juillet 2015 18h22 | Un commentaire>

La nouvelle a secoué hier tout l’univers politico médiatique français, les Guignols de l’info pourraient disparaitre. Vincent Bolloré le patron de Vivendi , propriétaire de Canal + n’aimerait pas leur humour . Immédiatement sur les réseaux sociaux des dizaines d’hommes et de femmes politiques guignolisés ont pris la défense de leurs marionnettes.

Guignol PPD 2013

Guignol PPD 2013

 

Le hashtag « touche pas aux guignols » a été repris par des milliers de twitter, parmi les plus drôles l’ancienne ministre écologiste Cécile Duflot qui a imité sa marionnette : «  c’est qui les bolos qui veut arrêter les Guignols ! »

Parmi les plus importants le président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone qui appelé à sauver l’émission, même s’il regrettait de ne pas avoir sa marionnette, ou encore Alain Juppé, qui a remplacé sur son compte twitter sa photo par celle de sa marionnette avec ce commentaire «  j’aime me voir dans les Guignols nous avons besoin d‘eux… »

Lescure se fâche.

Quant à pierre Lescure l’ancien patron de Canal + qui avait lancé les Guignols en 1988, il a démissionné de son poste au conseil d‘administration d’Havas, autre société du groupe Bolloré. En revanche, c’est marrant, silence radio du côté de Nicolas Sarkozy. Je vous rappelle que Vincent Bolloré c’est ce milliardaire sur le yacht duquel il avait passé quelques jours après son élection en 2007. Séjour nautique largement brocardé l’époque par les Guignols…

Bolloré tout puissant.

Fatalitas ! Depuis Bolloré est devenu le propriétaire de Canal +, et il a toujours dit que cet humour le dérangeait. En janvier dans une interview à  France Inter, l avait déclaré : « la dérision ça peut être blessant, se moquer de soi-même c’est bien se moquer ces autres c’est moins bien.  » A l’évidence les Guignols et leur patron ne sont pas du même monde.

Canal historique.

A Canal +  tout le monde s’est mobilisé pour sauver l’imission.et c’est là que je me demande s’il n’y a pas un coup d’intox. L’info qui a circulé hier, était que lors d’un conseil d’administration, Bolloré acterait la fin des Guignols. Or visiblement il n’en a jamais été question.  L’idée de Bolloré serait plutôt été d’en faire une émission hebdomadaire. De là à imaginer que certains aient fait courir le bruit d’une suppression totale pour sauver la quotidienne…

Un arrière-plan politique ?  

Une chose est sure Canal + va moins bien qu’avant 5,7 million ‘abonnés contre 6,4 en 2008, 1,2 million téléspectateurs pour le « Grand Journal » contre 1,5 en 2013. Or les Guignols on l’a aussi appris hier emploieraient 300 personnes ! Vous imaginez alors l’équation de Bolloré : «  j’aime pas et ça coute cher, je réduis la voilure je les fais passer le weekend… et puis un jour,  je m’en débarrasse, si possible avant la présidentielle pour qu’il ne casse pas mon pote  Sarko… »

Faut-il voir pour autant la main de l’ancien président derrière ce guignolicide programmé ? Il s’en défend, et au fond je ne sais pas… mais comme le répètent  les Guignols : Nicolas Sarkozy a changé… en pire !

 

 

Dernière minute selon l’AFP :

Le président du conseil de surveillance de Vivendi, Vincent Bolloré, a affirmé vendredi à l’AFP que si la survie des « Guignols de l’info » est assurée, « les dirigeants de Canal+ et de Vivendi devront décider sous quel format et à quel moment ils devront être distribués ».

Cette mise au point de Vincent Bolloré laisse ouverte la possibilité d’une diffusion en crypté, à un horaire différent, d’une version raccourcie des « Guignols de l’info », actuellement présents à l’antenne en clair du lundi au vendredi, pour une tranche de huit minutes.

L’émission pourrait également ne pas être retransmise tous les jours en semaine, ou bien se contenter d’un créneau le week-end.

 

Grèce : la belle Hellène.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 juillet 2015 09h48 | Comments Off on Grèce : la belle Hellène.

On sait maintenant qu’il n’y aura pas de nouvel accord entre la zone et la Grèce avant le referendum de dimanche. Mais les européens étaient divisés sur le sujet, les Allemands ne voulaient plus négocier alors François Hollande hier encore disait qu’il fallait trouver un accord avant dimanche. Depuis le début de la crise d’ailleurs, la France apparait comme beaucoup favorable aux grecs que l’Allemagne…ce matin encore le ministre français des finances Michel Sapin déclarait :  « La France a dans sa relation avec la Grèce une position singulière… Nous avons une capacité de dialogue avec la Grèce que l’Allemagne n’a pas. » Comment expliquer cette Hélénophilie française ?

 

Et comment dit-on Français en grec ?  Γάλλος ( Gallos) Gaulois !

Et comment dit-on Français en grec ? Γάλλος ( Gallos) Gaulois !

 

C’est du à l’éducation et à la culture… La Grèce qu’aiment et que défendent la plupart des hommes politiques français, surtout de gauche, mais à droite aussi, ( Sarko est une exception culturelle) ce n’est pas la Grèce réelle, c’est la Grèce antique. Et même quand elle est contemporaine leur Grèce c’est celle des films de Jules Dassin avec Mélina Mercouri souvenez-vous : « Jamais le dimanche … ». D’ailleurs qui était l’invité de France inter, la radio publique ce matin pour parler de la crise grecque ? Un expert du FMI ? Un prix Nobel d’économie ? DSK ? Non ! C’était le cinéaste Costa Gavras…

Grec pour tous.

Tous les français qui ont suivi ce qu’on appelle en Belgique des humanités classiques ont fait au moins une année d’initiation au grec ancien en 5ème

(l’équivalent de la deuxième secondaire belge). Par ailleurs ils ont bien sûr appris l’histoire antique, mais surtout ils ont tous fait de la philosophie en terminale

(l’équivalent de la Rhéto) , y compris ceux qui ont suivi des filières scientifiques. D’ailleurs vous le savez bien chaque année l’épreuve du bac commencent par la philo, pour tous les élèves, les médias français en font des tartines. Tous les français qui ont passé le bac et c’est cas de la plupart des hommes ou des femmes politiques ont étudié Aristote et Platon, ils n’ignorent rien de l’allégorie de la caverne ou du banquet.

Une Grèce mythique.

Ainsi par exemple cette année au festival d’Avignon un groupe de 60 citoyens, lycéens, infirmières, cadres, enseignants etc , va lire tous les jours la « République » de Platon en feuilleton tous les midi au Jardin Ceccano. Ca fait complétement partie de la culture générale.

Voilà donc pourquoi les élites françaises ont une propension à être sympa avec la Grèce, même si l’identité grecque d’aujourd’hui doit plus à son histoire byzantine, et à l’Eglise orthodoxe, qu’aux philosophes platoniciens. Qu’importe ! Comme aurait dit mon prof de philo il y a toujours une part de mythe (mot grec), dans les grandes aventures humaines et l’Europe (mot grec) en est une…

Le referendum en commun.

Enfin depuis la Vème république le referendum fait complètement partie de la tradition politique française, et donc on trouve en France tout à fait normal d’y recourir pour les questions cruciales, rappelez-vous du referendum sur la constitution européenne il y a dix ans. Les français avaient voté non… à la grande colère des Allemands déjà.

Des fois je me demande si Angela Merkel n’a pas fait plus de latin que de Grec… et qu’elle a gardé ne mémoire cette célèbre citation latine extraite de l’Enéide de Virgile ( au sujet du cheval de Troie) …

« Timeo Danaos et dona ferentes ! »

Je crains les Grecs même quand ils me font des cadeaux…

Requiem pour Pasqua

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 juillet 2015 09h00 | Comments Off on Requiem pour Pasqua

Deux mots sur la mort de Charles Pasqua ancien ministre français de l’intérieur célèbre pour sa faconde méridionale. Au lendemain de son décès, les hommages sont aussi contrastés que le personnage.

pasqua 2

 

Il en imposait Pasqua,  quand il parlait sa voix passait au-dessus de celle des autres.  Alors évidement, « l’accent méridional soigneusement entretenu » jouait beaucoup de sa popularité. A sa grande époque combien de gens m’ont dit : « lui je l’aime bien il me fait penser à Fernandel ! » Mais c’était un personnage tout en contraste, peut être plus proche de Vidocq ou de Fouchet que de Don Camillo. Cette complexité était visible hier à l’Assemblée Nationale hier, quand le chef du groupe « les Républicains » a proposé un hommage à l’ancien ministre.  Tous les députés de droite se sont levés, tous les membres du gouvernement aussi à la demande de Manuel Valls, une partie des députés de gauche mais d’autres sont restés assis, alors que leurs collègues de droite criaient « debout ! Debout ! »  On peut les comprendre car  l’homme recélait une part d’ombre.

La lumière.

Coté lumière en revanche pas de problème, résistant à l’âge de 16 ans fidèle des fidèle aux Général de Gaulle et à ses idées, c’est une figure de la politique française qui mérite le respect et François hollande lui-même s’en fendu d’un communiqué : « Dans des conditions difficiles et éprouvantes », Charles Pasqua « a animé de toute sa personnalité la vie politique française » … »

La France perd l’un de ses plus grands serviteurs », a dit Nicolas Sarkozy, quant à Jacques Chirac son entourage publié un communiqué : « Jacques Chirac perd un compagnon et un ami ». Or ils ne se parlaient plus depuis 20 ans.

L’ombre.

Mais  c’était aussi un politique dans el sens le plus latin du terme. Clientélisme, affairisme, réseaux corses et africains, il eut à la fin de sa vie bien des soucis avec la justice notamment au sujet d ‘une vente d’armes à l’Angola ( l’angolagate ). A ce sujet je vous cite le célèbre théorème de Pasqua : « Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien ».

Un homme à poigne.

  La  gauche lui reproche les politiques sécuritaires qu’il a menées comme ministre , et surtout la mort de Malik Oussékine 22 ans en 1986, lors de manifestations étudiantes. Frappé à mort par les voltigeurs à moto de la police nationale, une unité dissoute depuis.

Quant à la droite, les plus anciens se sont souvenus de l’extraordinaire organisateur qu’il était, comme N° 2 du SAC (service d’action civique), la police parallèle du gaullisme. Ainsi c’est lui qui a organisé la contremanifestation du 30 mai 68, 1 million de partisans du général de Gaulle sur les champs Elysées qui mit fin au mouvement de mai ou encore le meeting de lancement du RPR en 1977, avec 20 000 militants. On appelait ça la démocratie de l’autocar.

Fidèle… en idées.

S’il n’a jamais trahi ses idées, il a parfois trahi les hommes, Chaban pour Chirac en 1974, puis Chirac pour Balladur en 1995 et puis tout le monde pour  lui-même en 2002.  Cette année-là il voulait être candidat à la présidentielle mais il n’a pas réussi à recueillir les 500 signatures nécessaires.

D’aucuns pensent que s’il avait été présent, Jean Marie Le Pen ne se serait pas qualifié pour le second tour, Pasqua lui aurait siphonné bien des voix.

Un mot pour l’histoire.

La postérité  retiendra de lui cette phrase qui résonne singulièrement aujourd’hui «  il faut terroriser les terroristes »

 

Salhi : terroriste ou assassin ?

Par Christophe Giltay dans Livres , le 30 juin 2015 08h40 | Comments Off on Salhi : terroriste ou assassin ?

Yassin Salhi va être présenté à un juge antiterroriste afin d’être mis en examen pour l’assassinat de son patron et un attentat contre un site gazier. Ces faits présentent les caractéristiques d’un attentat islamiste mais il conteste toute dimension religieuse, et cherche à faire passer son acte pour un simple crime crapuleux.

Isère

Terrorisme ou règlement de compte ? C’est toute la question que se pose les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste qui interrogent Yassin Salhi, depuis dimanche soir à Levallois près de Paris. C’est là également qu’avait été entendu Medhi Nemmouche, le tueur du musée juif de Bruxelles, avant d’être extradé vers la Belgique.

Assassin !

L’homme a avoué avoir tué puis décapité son patron Hervé Cornara , mais il nie toute motivation religieuse. Il aurait agi sur un motif personnel après une altercation qui opposé les deux hommes… 48h avant le drame… Hervé Cornara lui aurait reproché à d’avoir laissé tomber une palette chargée de matériel informatique.

Terroriste !

Mais la mise en scène macabre du corps décapité fait clairement référence aux méthodes de l’organisation terroriste Etat islamique, la tête était encadrée de deux drapeaux frappés de la chehada, la profession de foi musulmane et quand il a été maîtrisé par des pompiers, Salhi a crié « Allah akbar » Lors de la perquisition menée au domicile de Yassin Salhi les policiers recherchaient son passeport pour vérifier s’il avait voyagé en Syrie, mais ils n’ont rien découvert. En revanche ils connaissent maintenant le destinataire du selfie pris par Yassin aux côté de la tête de sa victime. Un  certain Sébastien-Younes,  un Djihadiste basé à Raqqa en Syrie et que Salhi a connu dans sa région d‘origine la Franche Comté.

Un selfie compromettant.

La justice pourrait considérer ce selfie comme une revendication affirmée du caractère terroriste de cet acte abominable.  Il pourrait aussi s’agir d’une sorte de vantardise destinée à son contact pour se dédounaner de ne pas l’avoir suivi en Syrie… du genre : « tu es parti faire le Djihad, mais tu vois moi-aussi je suis capable de décapiter des infidèles… »

Le bon prétexte.

Il est possible que cette stratégie de la dénégation de l’acte terroriste lui ait été soufflée par son avocat, afin d‘obtenir des circonstances atténuantes et éviter ainsi la perpétuité. Mais il est également possible que ce soit la vérité, qu’il ait tout simplement voulu se venger de son patron en maquillant son crime en acte terroriste, et éventuellement mourir en martyr tué par les policiers. On ne sait jamais, les 72 vierges aux yeux noirs destinées aux martyrs de l’Islam existent peut-être ?

Imaginez que ce soit vrai et que désormais n’importe quel fou sanguinaire se mobilise au nom du Djihad pour régler ses comptes ? Ce serait moins géopolitique mais tout aussi effrayant.

 

 

 

Dernière minute: ce serait plutôt terroriste !

AFP 12h58 :

L’assassinat de son patron et l’attaque d’un site gazier sont bien de nature terroriste: le procureur de Paris a annoncé la présentation mardi à un juge antiterroriste de Yassin Salhi, qui réfute toute dimension religieuse à ses actes.

Le parquet requiert sa mise en examen notamment pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste et sans surprise, son placement en détention provisoire, a indiqué mardi le procureur de la République de Paris, François Molins, lors d’une conférence de presse.

 

 

 

 

 

Referendum : démocratie ou démagogie ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 juin 2015 09h28 | Un commentaire>

 

C’est la semaine de  tous les dangers pour la Grèce. Ce lundi démarre une course d’obstacle de sept jours qui prendra fin dimanche avec le référendum. Un vote au résultat déterminant à la fois pour le gouvernement Tsipras et le pays tout entier.

urne

C’est truc bizarre le referendum. Au premier abord ça parait évident, on ne sait pas comment faire, alors on demande l’avis des gens. C’est comme ça qu’on peut comprendre l’attitude du premier ministre grec, élu sur un programme, et à qui l’Europe demande de faire tout le contraire.

Alors y dit « ben je vais demander aux Grecs… »

Non !

« Surtout  pas malheureux ! » C’est une peu ce qu’on entendu hier dans la bouche des gens dits responsables : « C’est démagogique ! d’ailleurs démagogie ça vient du grec !  Non ! Tsipras doit prendre ses responsabilités…vous imaginez demander l’avis des gens ! Et puis quoi encore ! Et d‘abord les gens y répondent jamais ce qui faut au referendum, y répondent pas à la question, y z’en profitent pour sanctionner le gouvernement etc…etc… »

Oui !

Sans oublier ceux qui, pervers, disent pourquoi Pas ? Mais dans ce cas-là il faut changer la question …

Tsipras veut un referendum sur le plan d’austérité que souhaite lui imposer l’Europe, certains en Europe lui répondent  « ah ben non alors, mais fait plutôt un referendum pour ou contre la sortie de l’euro… »

Grecxit

Je vais vous expliquer en deux phrases les conséquences d’une sortie de la Grèce de la zone euro:

Pour nous pas grand-chose, du moins à court terme, un petit peu de croissance en moins, mais bon on s’en sortira.

Pour les Grecs en revanche catastrophe absolue, en quelques  jours la nouvelle drachme perdrait 40% de sa valeur.

« Oui mais justement », affirment les bonnes âmes, « ça leur permettrait de mieux exporter… »

En effet, un peu de féta, d’huile d’olive et de vin résiné.

Dévaluation ?

Il faut savoir que la Grèce n’a pas pratiquement de secteur industriel, qu’elle importe quasi tout ce qui est manufacturé. Donc pour les Grecs la plupart  des biens de consommations un peu sophistiqués, une machine à laver par exemple, augmenteraient de 40%.

Alors bien sûr pour les touristes ce serait le jack pot ! Mais la satisfaction du touriste n’est pas tout. Tiens ! J’imagine votre tête à la terrasse devant un serveur au visage émacié parce qu’il a plus rien à bouffer. Vous me direz nous européen de l’ouest et du nord on a l’habitude d’aller prendre nos vacances chez le pauvres,  et souvent «  y sont bien polis ».

Athènes ou Byzance ?

Au final je me demande si les mieux placé pour décider de leur avenir ne seraient pas les Grecs eux-mêmes … et si on le laissait faire, ce vieux peuple, certes aujourd’hui plutôt Byzantin que philosophe. Il est peut- être plus sage qu’on ne pense ?

Je vous rappelle incidemment que si démagogie vient du grec…

Démocratie aussi !