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Rencontre avec Nicolas Baverez

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 février 2017 17h38 | Comments Off on Rencontre avec Nicolas Baverez

Nicolas Baverez vient de publier « Chronique du déni français » ( Albin Michel)

 Depuis une vingtaine d’années il dénonce le déclin Français et propose des solutions destinées à faire entrer la France dans la modernité et la mondialisation. A ses yeux l’élection présidentielle en cours est la chance ultime de changer de logiciel pour tourner le dos à un modèle étatique qui n’assure plus ni la prospérité, ni la sécurité de ses citoyens.

La France dit-il ne manque pas d’atout, ( démographie, infrastructures, grandes entreprises, éducation,  armée…)  et même si elle a reculé dans le classement des nations les plus riches elle a conservé toute  la puissance de sa civilisation. Mais il lui faudra passer par des réformes radicales, sinon les français pourraient sortir de la résignation pour se tourner vers la révolution, une  révolution qui de nos jours serait plus inspirée par l’extrême droite que par l’extrême gauche.

Côté présidentielle, le programme de François Fillon correspond  le mieux aux solutions qu’il préconise, mais le phénomène Macron l’intéresse. Quant à une victoire de Marine le Pen, comme pour le Brexit ou l’élection de Donald Trump, si elle reste peu probable…elle n’est plus inconcevable !

 

La conjuration anti-Fillon.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 février 2017 10h33 | 3 commentaires

Alors qu’il répète chaque jour qu’il ne renoncera pas à sa candidature, des élus de son parti réclament des explications à François Fillon. Nous ne pouvons plus faire campagne», estime un groupe de parlementaires LR qui a préparé une «déclaration» pour la réunion du groupe parlementaire le 14 février et demande une «solution politique» au candidat.

fillon-rtl

 

«La situation est extrêmement sérieuse. Elle dépasse de très loin les intérêts personnels du candidat à la présidentielle ou ceux de tel ou tel parlementaire. Et il faut que nous en sortions tous la tête haute » voilà ce qu’on a pu entendre hier au restaurant le Bourbon en face de l’Assemblée Nationale à Paris. Un groupe de vingt parlementaires du parti « Les Républicains » s’étaient réunis pour monter ce qu’on pourrait appeler une conjuration anti Fillon. Bien sûr il s’agit d’anciens soutiens des autres candidats de droite à la primaire qui ne se sont pas consolé de la défaire de leur champion. Mais l’affaire Pénélope leur a donné une occasion d‘essayer de se débarrasser de François Fillon…

Un ultimatum.

Une vingtaine d’autres parlementaires devraient les rejoindre aujourd’hui pour lancer un appel au candidat, sous la forme d’un message solennel. Ils vont lui demander de réunir le bureau politique du parti, seule instance à leurs yeux légitime pour décider de la suite des évènements, et de l’éventuel retrait du candidat. Comme le dit l’un d’eux… «François Fillon explique qu’il est debout, mais être debout, ce n’est pas un thème de campagne. Cela veut dire qu’il survit or ce n’est pas suffisant pour gagner».

La dure réalité du terrain.

Ces élus qui passent le plus souvent le weekend dans leurs circonscriptions en province, en reviennent avec le moral à zéro, car sur les marchés on ne leur parle que du Pénélopegate. Et je ne vous dit pas la tête de ceux à qui ont dit : « mais au fait vot’ dame elle ne travaille pas aussi avec vous à l’Assemblée ? » On considère que 20 à 25% des parlementaires français emploient quelqu’un de leur famille. On peut imaginer qu’ils passent ces jours-ci de moments sympas à l’heure du dîner…

Les législatives en ligne de mire.

Leur deuxième problème c’est que l’impopularité de François Fillon pourrait avoir des conséquences dramatiques sur les élections législatives qui vont suivre la présidentielle. Car bien entendu tous ces parlementaires veulent garder leurs sièges. C’est pourquoi à la limite ils seraient prêt à un « tous sauf Fillon », pour sauver leur gamelle…

C’est mal connaitre l’animal qui hier encore à déclarer avant de quitter l’île de la réunion où il a tenu plusieurs meetings : « Ma candidature est un train qui ne s’arrêtera pas ! » et tant pis si certains veulent descendre en marche …

Il est né le divin Macron !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 février 2017 08h49 | Un commentaire>

On s’interroge beaucoup en France depuis début de la campagne  sur le contenu du programme d’Emmanuel Macron,  en tête dans les sondages du second tour sans avoir jamais vraiment développé de propositions concrètes. Il a apporté un élément de réponse ce weekend dans une interview au « Journal du dimanche », pour lui le programme n’est pas le cœur d’une campagne…la politique c’est mystique !

christ pantocrator

Les observateurs avaient été surpris, par le caractère exalté d’Emmanuel Macron lors de son premier meeting. Exaltation largement disciplinée le 4 février à Lyon , où il était apparu très calme, très maitre de son discours… ce n’était peut-être que l’accalmie avant la parousie : le retour du Christ en gloire. Car dans la même interview Emmanuel Macron n’hésite pas en toute modestie à se comparer, à un certain Jésus, un orateur brillant qui a connu un certain succès en Palestine dans les années 30 du premier siècle… je cite « La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je ne cherche pas à être un prédicateur christique « …Encore heureux !

Le prophète l’avait bien dit !

Il faut dire que son prénom le prédestinait un peu à jouer les sauveurs. Comme le dit très bien l’Evangile de Saint Mathieu citant le prophète Isaïe «  Voici que la vierge concevra un fils auquel ils donneront le nom dEmmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous (Mathieu 1/23) ». Excusez du peu !

Je sais vous vous dites le père Christophe a un peu abusé du vin de messe et à force de couvrir l’actualité au Vatican, il voit des messies partout ! Pas sûr …

Mystique pas programmatique.

Je vous cite un autre extrait de l’entretien d’Emmanuel Macron :

« La politique, c’est mystique…C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite. »

Je vous rassure il est bien prévu par son mouvement « En marche » que Emmanuel Macron détaille ses propositions début mars…mais visiblement pour lui ce n’est pas le programme le plus important, c’est plutôt une sorte de relation magique ( religieuse ? ) entre l’électeur et le candidat.

Les pieds sur terre.

Autre extrait de l’interview : « Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses.»

Comme disait Raoul Volfoni dans les « Tontons flingueurs » : « nous v’là sauvés ! »

Il est possible, d’après les sondages, qu’Emmanuel Macron débatte avec Marine le Pen entre les deux tours. Au cas où elle se prendrait pour Ponce Pilate ça promet !

La dernière tentation de Bayrou

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 février 2017 09h06 | 2 commentaires

Va-ton voir arriver un candidat de plus pour l’élection présidentielle française ? Il semblerait bien que le centriste François Bayrou soit décidé à entrer dans la course.

FRANCOIS BAYROU INVITE DU GRAND JURY RTL - LE FIGARO - LCI

Il y a des signes qui ne trompent pas.  D’abord il sort un livre c’est un grand classique. Ensuite il a violemment attaqué François Fillon hier, lors d’une interview matinale sur France 2…« Jamais dans l’histoire de la République, un candidat aux plus hautes fonctions, à la présidence de la République, n’a été ainsi sous l’influence des puissances d’argent »..,

« J’ai souhaité des rassemblements. Ce que je vois aujourd’hui est une menace telle sur la démocratie que je n’hésiterai pas à prendre mes responsabilités ».

On peut difficilement être plus clair, en langage politique « prendre ses responsabilités », ça veut dire me déclarer candidat.

 Fillon et les assureurs.

Pour le reste François Bayrou fait allusion à une affaire Fillon dans l’affaire Fillon.

D’après la chaîne chaine BFM business la société de conseil de l’ancien Premier ministre, « 2F Conseil », « a reçu 200.000 euros » de la part d’Axa entre 2012 et 2014, en aidant notamment l’assureur français « sur les négociations de la directive européenne dite « Solvabilité 2 » sur la nouvelle réglementation des assureurs en Europe ».

Or dans son programme présidentiel François Fillon a proposé de limiter les remboursements de la sécurité sociale aux maladies les plus graves. Déduction : ce sont donc les mutuelles et les assurances qui prendraient le reste en charge. Une bonne affaire pour les assurances, dont Axa.

Bayrou défenseur de la démocratie.

François Bayrou laisse tout simplement entendre qu’Axa a payé Fillon pour qu’il modifie les règles de la sécurité sociale, c’est bien sûr une accusation extrêmement grave.

François Fillon a démenti tout conflit d’intérêt, mais Bayrou a désormais son prétexte, il va s’engager dans la campagne pour sauver la morale en politique, et protéger la démocratie !

A-t-il pour autant eu chance de l’emporter ? Non !

Les sondages le donnent actuellement autour de 5%, bien loin des 18, 5% qu’il avait réalisé en 2007. Son tour est passé.

Il possède néanmoins un grand pouvoir de nuisance.Son propos est d’attaquer François Fillon mais c’est essentiellement à Emmanuel Macron qu’il pourrait prendre des voix, en le privant de l’aile droite de son électorat, quelques pourcents certes mais des pourcents bien nécessaires pour faire la différence.

Gare à la Marine montante !

 On se retrouverait ainsi avec une Marine le Pen très en tête autour de 25-27% et trois candidats autour de 18-20, Macron, Fillon, et Hamon…

Or actuellement seul Macron est donné très largement vainqueur devant Marine le Pen au second tour, avec un score de l’ordre de 65% contre 35. Dans les autres cas de figure et notamment face à François Fillon elle atteindrait 44% des voix. Là on est dans la zone rouge, plus très loin des 50% , d’autant que les sondages ont toujours tendance à sous-estimer les scores du FN.

Oui François Bayrou doit prendre ses responsabilités, mais pour une fois ce serait peut-être de ne pas se présenter…

Fillon encaisse, Macron aussi !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 février 2017 08h51 | 2 commentaires

Nouveau bras de fer entre François Fillon et le Canard enchaîné, L’hebdomadaire satirique accuse l’épouse du candidat Les Républicains d’avoir perçu 45.000 euros d’indemnités de licenciement de l’Assemblée nationale. L’ancien premier ministre a riposté par un communiqué, dans lequel il dénonce les « mensonges » du Canard.

Fillon soucieux

 

 C’est la dernière salve du Canard, et je ne résiste pas à citer son commentaire en forme de de jeu de mot sur la ténacité de François Fillon qui continue sa campagne contre vents et marées : «  C’est une preuve de plus que Fillon sait encaisser ! » Je ne rentrerai pas dans les détails de ces nouvelles révélations, c’est un peu la queue de la comète, j’allais dire on n’en est plus à 45 000 euros près… Quant aux contestations de François Fillon, il affirme que le Canard a mal les fiche de salaires de son épouse, qu’il a additionné des indemnités par ailleurs etc… Qu’importe le mal est fait.

Fillon troisième !

Selon un sondage Opinion publié mardi 7 février Le candidat de la droite, arriverait troisième au premier tour, avec 20% d’intentions de vote, devancé par la présidente du Front national (25%) et par Emmanuel Macron qui se hisserait en deuxième position avec 23% des voix.

Avec 20% François Fillon est au socle de son parti, certes un socle encore solide… mais rendez-vous compte ! Ce parti, ce camp s’imaginait courir à la victoire et une victoire triomphale, après un quinquennat socialiste raté. A tel point que le président sortant a renoncé à se représenter. Sur le papier dans ce cas de figure c’est l’opposition qui ramasse la mise. Cette victoire pour «  Les républicains »  était écrite quelques soit candidat. Or en quinze jours de Pénélopegate l’archi favori est devenu un outsider. Sa seule chance désormais c’est d’attaquer Emmanuel Macron sur son projet, pour dissuader les électeurs de la droite modérée de le rejoindre. Et il est vrai que ce programme  reste encore très flou…

Macron n’est pas duplice.

Macron qui par ailleurs ne manque pas d’humour : lors d’un rassemblement lundi soir, il a affirmé que contrairement aux rumeurs qui circulent sur le web,  il ne mène pas une double vie avec le PDG de radio France Mathieu Gallet : Vous entendrez des choses, que je suis duplice, que j’ai une vie cachée. C’est désagréable pour Brigitte qui se demande comment je fais physiquement». «Elle partage ma vie du matin au soir. Et je ne l’ai jamais rémunérée pour cela ! Je ne peux pas me dédoubler. Si dans les dîners en ville on vous dit que j’ai une double vie avec Matthieu Gallet, c’est mon hologramme qui m’a échappé, ça ne peut pas être moi. »

Vous noterez au passage le coup de pied à François Fillon et l’allusion à l’hologramme de Mélenchon.

Emmanuel Macron et Mathieu Gallet en médaillon

Emmanuel Macron et Mathieu Gallet en médaillon

Vieille politique, jeune politique…

Il est vrai que Macron fait passer comme un vent de fraicheur sur la vie politique française. Surtout quand on apprend hier que Nicolas Sarkozy est renvoyé au tribunal dans l’affaire Bigmalion,  cette histoire de fausses factures concernant ses meetings de campagne en 2012… On a un peu l’impression qu’il y a la vieille politique et ses arrangement plus ou moins tortueux , Sarko, Fillon… et la jeune politique incarnée par ce gendre idéal plein d’humour et de talent. Cela dit ses meetings ont de l’allure et nécessitent beaucoup moyens, j’aimerais biens savoir qui est derrière…

Des dons pour Macron.

En fait Emmanuel Macron organise en France mais aussi à l’étranger ( Londres, New York…) de lucratifs dîners-conférences à 7500 euros la place. 7500 euros soit la limite autorisée pour les dons de particuliers à un parti ( le financement par les entreprises est interdit) , c’est donc le mouvement « En Marche » qui récolte les chèques (les versements en liquide sont plafonnés à 150 euros). Pour un don à un candidat directement la somme s’élève à 4600 euros maximum. Emmanuel Macron complétera son budget avec un prêt de 8 millions d‘euros ( à la hauteur du remboursement de l’Etat aux candidats qui dépassent 5% des voix . Soit 47,5% des 16,8 millions d’euros de dépenses autorisés au premier tour).

Ca a le mérite d’être clair, sauf que l’identité des convives est un secret bien gardé. Surement de généreux donateurs qui n’exigeront rien en retour…

Fillon s’excuse et repart !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 février 2017 11h43 | Un commentaire>

En France va-t-on vers la fin du « Pénélopegate » ? Hier au cours d’une conférence de presse François Fillon a présenté ses excuses, reconnaissant avoir commis une «erreur» en embauchant sa femme et ses enfants comme collaborateurs parlementaires.  Il entend rester candidat jusqu’au bout. Mais « l’affaire » n’a-t-elle pas compromis définitivement ses chances ?

 

François Fillon en pilote.

François Fillon en pilote.

« En travaillant avec ma femme et mes enfants, j’ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance. C’était une erreur, je le regrette profondément, et je présente mes excuses aux Français. »

J’imagine ce qu’il a dû en couter à François Fillon pour prononcer cette phrase, lui qui dès le début du Pénélopegate le 24 janvier a d’abord joué les indignés, clamé son innocence, dénoncé un complot, puis finalement accepté cet acte de contrition qui, il l’espère, lui apportera l’absolution des Français…

Rien n’est moins sûr car les dégâts causés par le Pénélopegate sont considérables. François Fillon a plongé dans les sondages pour passer en troisième position derrière Marine le Pen et Emmanuel Macron, et surtout il a sérieusement entamé son image d’homme intègre et incorruptible qui était sa marque de fabrique, son étendard.

Une journée décisive.

Ce mardi sera une journée décisive, il doit d’abord rencontrer les parlementaires « Républicains » dans son QG de campagne, ensuite il effectuera un déplacement en province à Troyes, sur les terres de François Baroin qu’on a présenté un moment comme le plan B capable de le remplacer en cas de retrait…Enfin et surtout, il prendra connaissance en fin de journée des titres du « Canard enchaîné » qui sortira demain. De nouvelles révélations pourraient faire échouer l’opération rédemption…En revanche si le feuilleton s’arrête, il pourra reprendre sa campagne et essayer de faire oublier l’épisode.

Une image brouillée.

Ce sera difficile car ses adversaires se chargeront de lui rappeler, surtout quand ils décideront de l’attaquer sur son projet marqué par l’austérité ( diminution du nombre des fonctionnaires, limitation des remboursements de la sécu…) Sur ce sujet il a également essayé de se défendre lors de sa conférence de presse, en affirmant qu’il ne demanderait pas de sacrifices aux Français mais qu’il leur offrirait le retour à l’emploi.

Pour beaucoup d’acteurs politiques il est temps que cette campagne sorte de cette affaire pour se disputer sur le terrain de programmes. C’est notamment le souhait d’une bonne partie des parlementaires, de tous bords d’ailleurs, qui ont peu apprécié ce coup de projecteur mis sur leurs pratiques. En effet si jamais l’affaire Pénélope devait déboucher sur une interdiction d‘embaucher des membres de sa famille, une centaine d’épouses de députés ou de sénateurs devraient chercher du travail ailleurs. Quant à François Fillon c’est vrai qu’il perdu son statut de favori, mais il n’a pas perdu sa combativité…

Henri Pescarolo au Mans en 1968

Henri Pescarolo au Mans en 1968

Entre Ickx 69 et Pesca 68.

Pendant les primaires, ce Manceau fan de sport automobile et pilote lui-même, avait évoqué la course mythique de Jacky Ickx en 1969 aux 24 heures. Parti dernier le pilote belge était arrivé premier…

Le Pénélopegate m’a fait penser à une autre édition des 24heures , celle de 1968 : En plein orage Henri Pescarolo, pilote Matra, s’était retrouvé privé d’essuie-glace ; son co-équipier Johnny Servoz -Gavin avait souhaité renoncer, estimant impossible de continuer à conduire dans ces conditions. Mais Pescarolo au contraire, enchaînant seul trois relais, avait accéléré car plus voiture roulait vite plus la pluie s’évacuait du pare-brise…

J’imagine que François Fillon a dû y songer…

Il est là sous la pluie, en pleine, nuit dans la ligne droite des hunaudières à 350KM/H sans visibilité, décidé à l’emporter… et face à l’orage il accélère !

Sauf qu’en 1968 Pesca remonté de la 54ème à la deuxième place a finalement dû abandonner sur crevaison…

 

Haro sur le Fillon !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 février 2017 08h55 | 3 commentaires

En France le calvaire continue pour François Fillon, hier la police a perquisitionné à l’Assemblée nationale pour chercher des preuves de l’activité de son épouse comme attachée parlementaire. Et ce matin le « Canard enchaîné » publie d’autres révélations, l’ancien Premier ministre aurait également employé ses enfants pour 82 000 euros brut, quant à Pénélope Fillon elle aurait touché en tout non pas 500 000 mais 900 000 euros.

Fillon RTL

 

Lors d’un colloque avec des entrepreneurs, hier soir, François Fillon s’est dit victime d’une «opération de calomnie très professionnelle, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République». Il a affirmé qu’il était «serein et confiant», dans l’attente de la clôture de l’enquête.

Un classique de la cabale.

François Fillon exagère un peu car des coups politiques de ce genre il y en a eu beaucoup sous la Vème République. Je me souviens notamment de la publication en 1971 par le Canard enchaîné de la feuille d’impôt du Premier ministre Jacques Chaban Delmas. On avait découvert qu’il ne payait pratiquement pas d’impôts; et puis bien sûr plus tard les emplois fictifs de la mairie de Paris sous Chirac; l’appartement municipal, à prix d’ami, du fils de Juppé en 1995…Sans oublier l’affaire du sang contaminé qui a couté surement son destin présidentiel à Laurent Fabius, alors qu’il n’y était pour rien.

Très souvent d’ailleurs ça ne débouche sur aucune poursuite judiciaire, mais le mal est fait, le doute est instillé dans la tête des électeurs, et l’homme politique est carbonisé, du moins à court terme.

Des mœurs d’un autre temps.

Le problème de François Fillon c’est qu’il a bénéficié d’un certain fonctionnement de la vie politique française, à une époque où c’était tout à fait toléré. Beaucoup d’élus agissaient de la même manière dans tous les partis. Jusqu’au début des années 2000, de nombreux Français considéraient normal que les hommes politiques bénéficient d’un certain nombre de privilèges : appartements de fonctions, collaborateurs nombreux, voitures, et même fonds secrets. C’était une sorte de gage de leur liberté face au monde économique. Il valait lieux qu’ils soient les obligés de l’Etat que des lobbies économiques et industriels. Depuis les mentalités ont évolués, mais les hommes politiques à la longue carrière comme François Fillon, député dès 1981, ont forcément ici ou là un truc ou l’autre qui aujourd’hui n’apparaissent pas bien clair.

Comme dit le Comte de Guiche dans Cyrano de Bergerac :

« … lorsqu’on a trop réussi sa vie, on sent, – n’ayant rien fait, mon Dieu, de vraiment mal ! Mille petits dégoûts de soi, dont le total ne fait pas un remords, mais une gêne obscure … »

Et Marine alors ?

On notera au passage que les déboires de Marine le Pen avec ses collaborateurs au parlement de Strasbourg, ne provoquent pas le même tollé, alors qu’elle aurait dû rembourser hier soir plus de 300 000 euros, ce qu’elle a d’ailleurs refusé de faire.

Il est vrai qu’à la place de François Fillon on pourrait légitimement se demander s’il n’y a pas là deux poids deux mesures…

Pénélope Fillon employée modèle ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 janvier 2017 10h11 | 4 commentaires

Cette polémique qui pourrait faire basculer la présidentielle en France. Selon des informations publiées par le Canard enchaîné, Penelope Fillon, l’épouse du candidat de « les Républicains » à l’élection présidentielle, aurait été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari pour un total d’environ «500.000 euros bruts». Sur le plan formel ce n’est pas illégal, mais ça jette une ombre sur la personnalité du champion de la droite.

 

Pénélope et François

C’est la tuile pour François Fillon, car une grande partie de sa popularité repose sur son image de probité et de sérieux, à mille lieux de Nicolas Sarkozy… Et parmi ces éléments qui rassuraient jusqu’alors son électorat, il y a sa vie de famille, avec Pénélope son épouse galloise, et leurs 5 enfants…

Assistante parlementaire.

Or le Canard enchaîné révèle ce matin que d’après ses «bulletins de salaire», l’épouse de François Fillon a été rémunérée de 1998 à 2002 par son mari, alors député, sur une enveloppe destinée à payer ses assistants parlementaires. En 2001, elle a ainsi reçu 3900 euros brut par mois.

À partir de l’été 2002, après l’entrée de François Fillon au gouvernement, son épouse, devient collaboratrice de son suppléant Marc Joulaud, qui lui succède à l’Assemblée nationale.

D’après les chiffres obtenus par le Canard c’est au cours de cette période qu’elle sera le mieux rétribuée (de 6900 euros à 7900 euros mensuels).

Une pratique courante.

Jusque-là rien de bien surprenant, en France aucune loi n’empêche un député ou un sénateur d’employer quelqu’un de sa famille. Une cinquantaine de parlementaires français emploient ainsi leur épouse comme attaché parlementaire ou chargée de communication. Parfois d’ailleurs c’est l’attachée qui devient l‘épouse ( au fond c’est plus pratique) . Parfois ils emploient leurs enfants c’est très fréquents… Le problème c’est que jamais personne n’a vu Pénélope Fillon dans les bureaux de son mari à l’Assemblée nationale, ainsi une collaboratrice parlementaire de Marc Joulaud, citée par le canard enchaîné, dit n’avoir : «jamais travaillé avec elle, je n’ai pas d’infos à ce sujet. Je ne la connaissais que comme femme de ministre».

 Emploi fictif ?

Le soupçon est fort que finalement Pénélope, n’était dans l’entourage de son mari que pour faire tapisserie, bref un emploi fictif. Le Canard en rajoute en affirmant qu’entre le 2 mai 2012 et décembre 2013, Pénélope Fillon a été salariée de la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, un ami de son mari. Elle touchait alors environ 5.000 euros brut par mois. Or le directeur de la revue, Michel Crépu, se dit «sidéré»: «Je n’ai jamais rencontré Penelope Fillon et je ne l’ai jamais vue dans les bureaux de la revue». Il précise toutefois qu’elle a signé «deux ou peut-être trois notes de lecture… »

Fillon assume.

L’équipe de François Fillon immédiatement répondu que Pénélope avait bien été la collaboratrice de son mari et que tout cela était tout à fait légal. Quant à la Revue des deux mondes, le porte-parole de François Fillon a déclaré que « Monsieur Crépu était mal renseigné… » … Ben voyons, c’est le directeur d‘un journal où la femme de l’ex premier ministre est censée bosser, il n’est pas au courant… c’est pas courant…

D’où vient la fuite ?

Je ne suis pas sûr que cette information va plomber définitivement la campagne de François Fillon, mais disons que ça fait désordre… En revanche je suis sûr que c’est un de ses petits camarades de : « Les Républicains » qui a renseigné le Canard…

Mais quand je dis petit… Je ne vise personne en particulier…

La pire journée d’Hillary

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 janvier 2017 15h57 | Comments Off on La pire journée d’Hillary

Parmi les invités de marque à l’investiture de Donald Trump, Hillary Clinton bien obligée d’être là, fair play démocratique oblige. Ce sera après celles de Bill, de Georges W Bush, et de Barack Obama, sa septième investiture. Mais jusqu’au scrutin de Novembre elle a cru que ce serait la sienne…

hillary-clinton

 

Elle sera là, à quelques mètres de Donald Trump, présente à la fois comme ancienne adversaire, ex secrétaire d’Etat, et first lady de Bill Clinton. Elle sera là, souriante et digne, mais ce sera surement l’une des épreuves les plus dures de sa vie. Car il ne s’agit pas seulement d’assister à l’avènement d’un adversaire, c’est au fond banal dans la vie politique, mais bien de saluer le triomphe de celui qui a mis fin définitivement à l’ambition de toute une vie.

Durant sa campagne Hillary Clinton a répété inlassablement que son ambition était de briser le plafond de verre qui empêche les femmes d’accéder aux plus hautes responsabilités. Mais là elle ne s’est pas heurtée au plafond de verre, elle s’est littéralement fracassée contre un mur de béton.

L’occasion ratée de 2008.

Déjà en 2008, Barack Obama un quasi inconnu alors, lui avait barré la route lors des primaires démocrates. Mais il était jeune, talentueux et …noir ! Certains ont dit à l’époque que finalement pour les américains élire un noir était moins subversif que choisir une femme.

Courageusement elle s’était mise à son service comme secrétaire d’Etat, puis avait repris le combat.

Une rude campagne.

Elle dut d’abord défaire un candidat improbable, le socialiste Bernie Sanders qui,  très populaire chez les jeunes, l’a contrainte à des primaires épuisantes. Puis vint le match final…l’apothéose promise…

Sur le papier elle était imbattable, compétente, expérimentée, préparée depuis l’Université, soutenue par Bill et Barack, plus toute l’intelligentsia américaine, plus toutes les vedettes d’Hollywood  et du show biz, plus Michelle Obama qui venait enchanter  ses meetings.

La plus humiliante des défaites.

Donnée gagnantes dans la plupart des sondages, elle fut même victorieuse au vote populaire, elle a réuni 2,1 million de voix de plus que Trump, elle s’est néanmoins crashée.

Et pas face à un brillant républicain, ancien sénateur, gouverneur, ou maire de New York. Non ! Mais face à tout ce qu’elle déteste, un beauf, macho, violent, vulgaire, qui l’insultée, lui a promis la prison, n’a aucune culture politique et qui conçoit la vie comme un rapport de force. Bref le pire de ses ennemis.

Un espoir…

A 69 ans, sa carrière politique est désormais terminée. Il lui reste une ambition, un espoir…

Assister dans quatre ou huit ans à une autre investiture, celle enfin de la première femme présidente des Etats-Unis…

Mais elle ne s’appellera pas Hillary.

Yes we can toujours…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 janvier 2017 09h53 | Un commentaire>

Hier soir lors de son ultime discours à Chicago  le président Obama a évoqué l’état de la démocratie américaine, plutôt que la défense de son bilan. Une réflexion profonde à mille lieues des slogans simplistes de Donald Trump.

obama
«Je ne vais pas m’arrêter. Je serai là avec vous pour le restant de mes jours. Et je vous demande une dernière chose, la même qu’il y a huit ans – de croire en votre capacité de changer les choses. Yes we can! Oui nous le pouvons! Oui nous l’avons fait!»… Et le centre de conférence Mac Cormick de Chicago plein à craquer chavire de bonheur, de bonheur, mais aussi de nostalgie, car c’est fini…

Une idée de la démocratie.

Dans neufs jours Barack Obama va laisser la place à Donald Tromp son antithèse, et hier soir le contraste était frappant. Le président sortant a parlé en homme politique qui assume un certain élitisme intellectuel, il a notamment appelé de ses vœux « un nouveau contrat social», car «les inégalités extrêmes corrodent l’idée démocratique». Pour lui la «bataille des idées» ne peut se tenir que «sur une acceptation élémentaire des faits et de la science». Concernant la lutte contre le terrorisme : «nous devons nous garder d’affaiblir les valeurs qui font ce que nous sommes… notre démocratie est en péril lorsque nous la tenons pour acquise».

Un goût de trop peu…

On est loin des tweets de 140 caractères et des formules à l’emporte-pièce propre à Donald Trump. Et pourtant c’est Donald Trump demain qui portera la parole de l’Amérique et céder le pouvoir à un tel successeur c’est, qu’on le veuille ou non, un échec pour Barack Obama. Certes la situation économique des Etats-Unis est meilleure qu’à son arrivée en pleine crise ; certes il a réussi à mettre sur pied le système de santé surnommé « obamacare » que Trump veut déjà abolir ; certes il a légalisé le mariage gay, sans oublier l’accord nucléaire avec l’Iran, la réconciliation avec Cuba, ou la neutralisation de Ben Laden. Mais, il reste comme un goût de trop peu… lui-même d’ailleurs l’a reconnu hier soir.

La question raciale.

On pensait qu’avec son élection l’Amérique allait rentrer dans une ère post raciale, il a ramené ses partisans à la réalité : «Aussi bien intentionnée qu’elle soit, cette vision n’a jamais été réaliste…  La race reste une force puissante et qui souvent divise. Nous ne sommes pas là où nous devrions être. Les cœurs doivent changer». Et il a alors évoqué  «  le type blanc d’âge moyen qui voit tous ses repaires disparaitre dans une économie difficile et une société multiculturelle. »Ce petit blanc de l’Amérique profonde qui a porté Trump au pouvoir. En conclusion il a demandé à ses amis, face au nouveau pouvoir d’être vigilant mais de ne pas avoir peur.

Un injuste parfum de déception.

J’imagine le désarroi de tous ceux que Barack Obama a tant fait rêver il y a 8 ans. J’imagine la déception de ceux qui s‘étaient réjouis de son prix Nobel en 2009 à peine élu, comme un pari sur l’avenir.

Que restera-t-il de Barack Obama dans l’histoire ? Pas mal de choses peut être… à commencer par son élection…Celle du premier président noir des Etats-Unis !