Archive Page 2

Monsieur Jean Piat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 septembre 2018 08h18 | Ajouter un commentaire

Le comédien Jean Piat, monstre sacré du théâtre français qui avait marqué les esprits dans le feuilleton télévisé « Les Rois maudits » en 1972, est mort mardi soir à Paris à quelques jours de ses 94 ans. Ancien de la comédie française il avait souvent joué en Belgique où il était très populaire.

Jean Piat « Comte Robert » dans les « Rois Maudits »

Je vous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaitre. Les « Rois Maudits » un incroyable feuilleton télévisé diffusé à l’ORTF de décembre 1972 à janvier 1973. 6 épisodes qui ont marqué toute une génération. Les séries en ce temps-là c’était du lourd : décors de théâtre, scénario Maurice Druon, de l’Académie Française, l’auteur du chant des partisans « ami entends-tu… » Réalisation Claude Barman  incontournable de la télé française à l’époque, notamment auteur de 45 épisodes du commissaire Maigret… les comédiens pour la plupart venu de la comédie française dont l’immense Louis Seigner le grand père de Mathilde et d’Emmanuelle.

Robert d’Artois.        

Et puis et puis… L’extraordinaire, le lumineux, le fabuleux Jean Piat dans le rôle de Robert d’Artois. Un seigneur du Nord de la France qui cherche en vain à récupérer ses terres après la bataille des éperons d’or. Tout ça sur fond de guerre de cent ans et de malédiction des Templiers. Jean Piat fait de Robert d‘Artois un personnage sulfureux au sourire ravageur,  plein de moquerie et de séduction… J’ai connu des dames tombées alors sous son charme et qui l’était toujours 40 ans plus tard.

Jeune jusqu’à 90 ans.

Et pourtant en 1972 Jean Piat avait déjà 25 ans de Comédie Française  derrière lui. Né en 1924, il a toujours paru plus jeune que son âge… Les yeux bleus peut-être ?  A ce tire c’était un peu le Jean d’Ormesson des comédiens, d’ailleurs n’était-il pas le compagnon de l’écrivaine Françoise Dorin ?

Difficile de retracer brièvement une telle  carrière. On retiendra qu’il faut aussi un grand Cyrano de Bergerac, et qu’il  vouait une admiration sans borne à Sacha Guitry avec lequel il avait joué au cinéma dans :  « Le diable boiteux » et dans « Napoléon… ». Il lui avait  consacré un livre en 2002, «  je vous aime bien monsieur Guitry ». Comédien, écrivain, metteur en scène, il prêtait aussi sa voix au doublage, par exemple à Peter O’ Toole dans Laurence d’Arabie.

Proche des Belges.

Homme du Nord (né à Lannoy près de Lille) Jean Piat entrainait une relation  chaleureuse avec le public belge, il venait pratiquement chaque année se produire en  Belgique, présentant ici les spectacles qu’il jouait à Paris. Je me souviens un soir à Woluwe Saint Lambert il y a une dizaine d’années où après 8 rappels le public ne le laissait pas partir. Il a fait rallumer la salle, s’est assis sur la scène et s’est mis à discuter avec les gens …

 

L’Artois.

Si un matin, tôt, traversant  les brumes de l’Artois sur l’autoroute du Nord, vous devinez au loin un grand seigneur qui chevauche tout de rouge vêtu. Ne cherchez pas… C’est le Comte Robert qui a enfin retrouvé sa terre.

Audin : geste historique de Macron

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 septembre 2018 13h32 | Ajouter un commentaire

Audin : geste historique de Macron

Emmanuel Macron a posé hier un geste que de nombreux Français attendaient depuis près de 60 ans. Le président de la République a reconnu, la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, un jeune mathématicien torturé et tué par l’armée française en 1957 en Algérie.

Maurice Audin c’est le symbole des exactions commises par la France en Algérie pendant la guerre d’indépendance. C’est un personnage emblématique, célébré en Algérie comme un héros. Une place porte d’ailleurs son nom dans le centre d’Alger depuis1963. Maurice Audin, 25 ans lors de sa disparition, était un jeune professeur de mathématique à l’université d’Alger. Membre du parti communiste algérien  il était favorable à l’indépendance, mais ce n’était pas un activiste, il ne posait pas de bombe.  En revanche lui et sa femme avaient accueilli chez eux des membres du FLN en fuite.

Les paras maîtres d’Alger.

On est alors en pleine bataille d’Alger et le gouvernement français a donné les peint pouvoir à l’armée pour rétablir l’ordre. C’est la mission du général Massu, maître incontesté d’Alger.  Le destin de Maurice Audin bascule le 11 juin 1957 à 23 h. Une dizaine de parachutistes l’arrêtent  à son domicile. Josette son épouse a juste le temps de l’apercevoir, descendant l’escalier, encadré par deux militaires. Elle se souvient de ses dernières paroles : » Occupe-toi des enfants.  » (Ils en ont trois) Elle ne devait plus jamais le revoir.

L’impossible évasion.

Le 21 juin l’armée l’informe que son mari a réussi à s’enfuir à l’occasion d’un transfert en jeep. Il aurait sauté de la voiture avant de disparaitre dans la nuit. Il ne donnera jamais signe de vie, on en retrouvera jamais son cadavre. Commence alors l’affaire Audin. Dès le 4 juillet son épouse porte plainte pour homicide volontaire. Son combat va durer 61 ans. Des livres, des films, sont consacrés à l’affaires Audin, des hommes politiques, des intellectuels se mobilisent. L’avocat de Josette s’appelle Robert Badinter, mais rien n’y fait, car à la fin de la guerre d’Algérie la France a voté une loi d’amnistie qui couvre les crimes pendant le conflit.

 

Torture.

Au fil des années les témoignages s’accumulent, deux hommes arrêtés eux aussi par les parachutiste et détenus à la prison d’El Biar  sur les hauteurs d’Alger affirment avoir vu Audin torturé à l’électricité dans un triste état. Deux thèses circulent  alors : il aurait succombé à une séance de torture trop intense, ou il aurait été carrément assassiné par un  parachutiste trop zélé.

Hollande, puis Macron.

Pendant des décennies la version officielle ne change pas, Audin s’est évadé.  Jusqu’en 2014 quand Francois Hollande affirme : « Monsieur Audin ne s’est pas évadé, il est mort pendant sa détention. » Sans plus…

Le geste ultime viendra d‘Emanuel Macron qui a reconnu hier l’application de tortu en Algérie et qui a demandé pardon à Josette âgée aujourd’hui de 87 ans, pour la mort de son mari. Interrogée par le journal « le Monde », elle s’est dite satisfaite, mais pas heureuse, car il reste de questions  sans réponse :

« Mon combat n’est pas fini. Comment Maurice va-t-il été tué ? Quels sont les noms de ses tortionnaires ? Qu’a-t-on fait de son corps ? Nous ne le savons toujours pas. Il faudrait que des gens parlent enfin… »

Peut-on écarter Trump ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 septembre 2018 10h46 | 3 commentaires

Tempête sur Donald Trump !  Hier une tribune publiée anonymement par un membre de son administration dans le New York Times expliquait que nombreux haut responsables travaillent à contrecarrer ses décisions pour protéger la population. Cette tribune évoquait également la possibilité de le priver de ses fonctions, en vertu du 25ème amendement de la constitution américaine.

«  La racine du problème est l’amoralité du président. Quiconque travaille avec lui sait qu’il n’est arrimé à aucun principe fondamental, discernable guidant se prises de décision. »

On ne peut pas le dire plus clairement d’ailleurs l’auteur de l’article se qualifie lui-même de résistant. On le savait déjà depuis la publication des bonnes pages du livre de Bob Woodward il y a quelques jours, il existe dans l’entourage même du Président des gens qui font le maximum pour l’empêcher d’appliquer ses décisions, considérées comme mauvaises ou absurdes:

«  Nous pensons que nous avons un devoir envers notre pays, et que le Président continue à agir d’une façon néfaste à la bonne santé de notre République…aussi ferons-nous ce que nous pourrons pour orienter l’administration dans la bonne direction… »

L’impossibilité de gouverner ?

Dans cet article l’auteur évoque le 25ème amendement de la constitution américaine, qui permet de suspendre un Président dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. Attention ! Cet amendement n’est pas la fameuse  procédure de destitution l’ « impeachment », qui permet de démettre un président reconnu coupable de trahison, de corruption, ou d’autres crimes et délits majeurs. Non le 25ème amendement ressemblerait plutôt à ce qu’on appelle en Belgique l’impossibilité de régner, un dispositif mis en vigueur quand  le roi est incapable d’exercer ses fonctions, comme Léopold  III prisonniers des Allemands. Autre cas : la mise en retrait volontaire comme le roi Baudouin refusant de voter la loi sur l’avortement. Mais il n’est pas destitué il peut revenir, si ça s’arrange…

Un amendement récent.

L’avantage c’est que cette procédure est plus légère que l’ « impeachment » et qu’elle peut être initiée par une simple lettre du Vice-président et de la majorité des membres du gouvernement. Cet amendement est relativement récent, il a été voté après l’attentat contre John Fitzgerald Kennedy en 1963. Le président Kennedy est  mort dans l’attentat, et son vice-président Lyndon Johnson lui a donc immédiatement  succédé prêtant serment, on s’en souvient, dans l’avion  présidentiel qui ramenait le corps à Washington. Mais que ce serait-il passé si JFK  avait survécu dans le coma ?

On a donc fait voter cet amendement, pour le cas où le président serait dans l’incapacité de présider. Ce raisonnement peut s’appliquer à un  président qui n’aurait plus toutes ses capacités physiques * ou toute sa tête…

Le cas Reagan.

Certains y avaient songé pour Reagan après l’attentat qui l’avait touché en 1981, ( ç’aurait été assez logique au moins pendant sa présence à l’hôpital) puis plus tard à la fin de son mandat quand passait plus de temps à regarder la télévision qu’à travailler dans le bureau ovale. Pour Trump il faudrait démontrer qu’il souffre de déficience mentale…Problème : il y a de nombreux garde-fou, (c’est le cas de le dire), avant l’application de cette procédure, qui nécessiterait notamment un vote des deux tiers des membres du congrès si jamais le Président la contestait.

Pence en embuscade.

Cela dit même si ça marchait, Donald Trump serait alors remplacé par son vice-président Mike Pence. Un peu moins folklo certes, mais ce chrétien évangéliste très conservateur, ne croit ni au réchauffement climatique, ni à la théorie de l’évolution…

Juste pour rire Mike Pence a déclaré hier qu’il n’était pas l’auteur de la tribune du New York Times…

Bonjour l’ambiance !

 

*L’amendement n’existait pas à l’époque de F.D. Roosevelt. Aurait-on pu l’invoquer contre lui en raison de son handicap ?

Macron à 31%

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 septembre 2018 08h55 | Ajouter un commentaire

En France journée cruciale hier pour Emmanuel Macron qui a pris deux décisions importantes, le remplacement de Nicolas Hulot et le maintien de sa réforme des impôts… Emmanuel Macron bien loin désormais de l’état de grâce de ses premiers mois de mandat, il est devenu plus impopulaire que François Hollande à la même époque.

 

Dans un sondage IFOP publié mardi le président de la République perd 10 points d’un coup et se retrouve avec seulement 31% d’opinion favorables…au même stade de son mandat en septembre 2013, François Hollande était à 32%. Les chiffres sont encore plus sévères si l’on entre dans les détails : 68% des français estiment qu’il ne mène pas une bonne politique économique,  et 22% seulement pensent qu’il est proche de leurs préoccupations. Il entraine son premier ministre dans sa chute. Edouard Philippe est tout juste un peu plus populaire avec 35% d’opinion favorable.

A la source.

Cela dit  être impopulaire  présente un avantage, c’est qu’une fois qu’on  l’est devenu on ne risque plus de le devenir. On peut donc prendre sans  crainte des mesures impopulaires. C’est probablement pourquoi après avoir longuement hésité, Emmanuel Macron maintenu au premier janvier prochain, l’application de la retenue à la source pour les impôts des Français…La France est en effet l’un des tout derniers pays, ou les impôts n’étaient prélevés directement sur le salaire comme en Belgique, et c’est vrai que ça va leur faire un choc psychologique quand ils vont découvrir leur feuille de paie amputée de leurs contributions. Ce n ‘est pas la même chose de payer volontairement en envoyant un chèque au percepteur, que de ne jamais voir la couleur de cet argent.

Données personnelles.

Et puis il y un autre aspect, qui va gêner les français c’est le fait de devoir révéler à leur employeur leur situation de famille. J’ai commencé ma carrière en France, et je me souviens que la première fois qu’en Belgique on m’a demandé dans une entreprise si j’étais marié et si j’avais des enfants j’ai répondu « ça vous regarde pas… »

François qui ne rugit pas.

L’autre décision importante prise hier par Emmanuel Macron, fut le remplacement de Nicolas Hulot par François de Rugy, le président de l’Assemblée Nationale. Là encore il a décidé de ne pas chercher un candidat populaire ou spectaculaire. Il s’agit d’un ancien écologiste qui s’est rallié au mouvement En Marche  durant la campagne présidentielle, après avoir participé à la primaire de la gauche où il avait recueilli 3,88% des voix ! Ce n’est pas uen star et ce n’est pas lui qui va faire oublier l’ex présentateur d’Ushaia. En revanche c’est un homme politique professionnel, qui ne fera pas de vagues et respectera sans état d’âme la solidarité gouvernementale.

Fini les paillettes ! Comme dirait François Hollande, 15 mois après son élection, Emmanuel Macron est en train de devenir un président normal.

 

Faut-il réformer le participe ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 septembre 2018 09h26 | Un commentaire>

 

C’est le débat qui agite les linguistes depuis 24 heures, faut-il supprimer les règles d’accord du participe passé avec le verbe avoir ? Deux profs belges l’ont proposé dans une tribune au journal  Libération, et ce matin c’est presque la guerre de l’orthographe entre la France et la Belgique.

 

 

« La guerre que les Belges ont déclarée », voilà le titre de une du journal libération ce matin, et le e final de déclaré est barré par une grande croix rouge, comme si un professeur avait sanctionné une faute. Dans cette phrase en effet, jusqu’à présent  il faut accorder le participe passé, puisque le complément d’objet précède le verbe, en revanche si l’on avait écrit la Belgique a déclaré la guerre le participe serait resté invariable. C’est cette règle qu’Arnaud Hoedt et Jérôme Piron dénoncent entre autres dans leur spectacle  «  la convivialité ».  Ils proposent de rendre le participe passé invariable quand il est conjugué avec l’auxiliaire avoir.

Une offensive belge ?

Le problème c’est qu’ils sont Belges, et que leur proposition a déclenché en France une véritable levée de boucliers. Comment ? Des Wallons veulent changer la langue des français ? Que nenni mon brave !  C’est l’Académie qui doit le faire …Or nos deux profs belges expliquent  avec raison que les élèves passent environ 80 heures à apprendre cette règle du participe avec ses exceptions, 80 heures qui pourraient être consacrées à autre chose.

Un pays de grammairiens.

Le journal libération qui visiblement prend fait et cause pour la réforme rappelle que les meilleurs grammairien sont belges, citant Grévisse bien sûr, mais aussi Marc Wilmet auteur d’une Grammaire critique du français . En fait plutôt qu’à un conflit franco-belge on assiste plutôt à une sorte de nouvelle guerre des anciens  et des modernes ( qui comme par le plus grand des hasards intervient lors d’une rentrée des classes où en France, un ministre plutôt conservateur vient de rendre la dictée obligatoire tous les jours ).

Pivot pour , Rouart contre.

Dans le camp des modernes on trouve Bernard Pivot qui estime que la proposition de réforme des deux Belges est habile claire et simple, affirmant qu’il l’emploierait dans ses propres textes. En revanche il pense qu’il faut, avant de l’appliquer, obtenir  l’accord de l’Académie et des autres pays qui ont le français en partage : Québec, Suisse, Afrique francophone … En revanche l’académicien Jean Marie Rouart est radicalement contre. Il décrit la langue française comme un chef d’œuvre en péril et les réformateurs sont pour lui des gens qui torturent le français. Bref il vaut mieux torturer les écoliers en leur faisant apprendre des règles absurdes, car cette règle du participe contrairement à bien d’autres est absurde et ne se justifie pas par le sens. Il s’agit juste d’une convention.

Ortografe : la raifaurme impauçible.

Cela dit il n’y a rien de plus difficile que d’imposer une réforme à la langue française. Ainsi la nouvelle orthographe de 1990 n’est toujours que partiellement appliquée. Savez-vous par exemple qu’on peut depuis 28 ans écrire oignons sans i…( ognons)  et chariot avec deux r…( charriot)

Bref ce n’est pas demain la veille qu’on dira que l’accord du participe est dépassé…

 

 

Post scriptum : Selon un sondage publié ce matin par C News, 21% des Français seraient pour la réforme et 79% contre.

Hulot : Dany a dit non.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 septembre 2018 07h51 | Ajouter un commentaire

En France on connaitra mardi au plus tard  le nom du successeur de Nicolas Hulot au ministère de l’environnement. En tout cas ce ne sera pas Daniel Cohn Bendit. L’ancien leader de Mai 68 a préféré renoncer pour conserver sa liberté.

 

Avouez que ça n’aurait pas manqué de panache et d’audace,  50 ans après mai 68, celui qui avait mis le pays sens dessus dessous à 23 ans, nommé ministre d’Etat à 73 ans ! Il est sûr qu’Emmanuel Macron aurait réalisé un bon coup, et le plus fou c’est que Dany y a songé sérieusement. Quand l’Elysée lui a fait cette proposition il a consulté ses amis et sa famille, d’abord à Francfort où il habite et ensuite à Paris. Parmi ceux qui l’ont décidé à renoncer son frère aîné Gaby, dont il a toujours écouté les conseils. Gaby qui lui a dit :  « accepte un poste de conseiller si tu veux mais ministre non ! »

Ma liberté …

Finalement c’est lors d’une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron qu’il a pris sa décision : « On a mis d’un côté ma capacité à influencer les choses. Et d’un autre côté, ma liberté. […] Emmanuel Macron m’a dit – et c’est exactement ce que je ressens – ‘si tu es ministre, tu perds ta liberté’. Il m’a demandé : ‘est-ce que tu veux cela’ ? Et là, nous étions tous les deux d’accord pour dire que ce serait une fausse bonne idée..

Un politique.

Pourtant il y avait du pour et du contre. Contrairement à Nicolas Hulot, Daniel Cohn Bendit est un politique. Il a été député européen pendant 19 ans, et auparavant  il avait été maire adjoint de Francfort.

En revanche il est moins calé qu’ Hulot sur l’écologie, il possède une réelle compétence sur les question d’énergie, et le nucléaire, le grand combat des verts allemands « atomkratf ? Nein danke ! » En revanche il ne connait pas grand-chose au réchauffement climatique, le sujet du moment. Cela dit on peut être ministre de la défense sans être militaire c’est même plutôt recommandé…

Libéral mais libertaire.

Le problème c’est que Dany a gardé un coté anarchiste, incontrôlable, capable de dire « ta gueule » en pleine séance au président du parlement européen, le pourtant très affable Martin Schultz. On l’imagine à l’assemblée nationale ferraillant avec les députés de droite ou les Mélanchonistes, ça se serait terminé avec des pavés sur les barricades…

Alors qui ?

Finalement Dany a proposé au président le nom de Pascal Canfin ancien ministre de Hollande et actuel directeur pour la France du WWF, le fond mondial pour la nature, compétent certes mais moins sexy médiatiquement. Macron cherche surement un plus gros poisson. Parmi les anciens ministres de l’environnement disponibles, il y a bien à Ségolène Royal et même Alain Juppé. Mais ces poissons -là sont peut-être un peu trop gros…

 

 


 

Hulot : écologie et pouvoir sont-ils compatibles ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 août 2018 16h46 | Ajouter un commentaire

La démission de Nicolas Hulot le 28 Août a résonné comme un véritable coup de tonnerre dans le microcosme politico-médiatique français. Elle atteint la crédibilité du président Macron, et interroge les écologistes sur leur incapacité à appliquer leur programme au niveau politique.

 

Au-delà de la raison profonde de ce départ, l’affront fait à Emmanuel Macron par son ministre le plus populaire est un évènement historique dans la très déférente Vème République. Du jamais vu ! Emmanuel Macron « le maître des horloges » s’est fait voler sa montre. Tout d’un coup, même si ce ne fut que pour un bref instant, c’est Nicolas Hulot qui a pris la main. Son annonce impromptue à la radio a complétement bouleversé le programme de rentrée du gouvernement, et a contraint le président à réagir depuis l’étranger à une crise politique intérieure.

Remplacement ou remaniement ? 

Quant au premier ministre il se retrouve devant un dilemme, trouver de suite un successeur à proposer, ou attendre quelques jours avant d’opérer un remaniement de plus large ampleur. Les ennuis judiciaires de la ministre de la culture ( d’origine belge) Françoise Nyssen pourraient imposer la deuxième solution, privant là encore les deux chefs de l’exécutif de la maîtrise de l’agenda.

Ségolène Royal ? Alain Juppé ?

Des noms circulent déjà comme celui de Ségolène Royal qui affirme qu’elle n’est pas candidat, mais sait-on jamais ? Emmanuel Macron pourrait profiter de cette séquence pour muscler son gouvernement et y appeler plus de politiques chevronnés. Royal ? Bayrou ? Juppé ? Dont on se souvient qu’il fut déjà ministre de l’environnement dans le premier gouvernement Fillon.

Le retour du vieux monde.

N’en doutons pas c’est la fin d’une époque pour Emmanuel Macron. Aux yeux des Français il vient de rejoindre la politique traditionnelle, adieu le nouveau monde, il est bel et bien un président normal. Déjà identifié comme le président des riches et des « premiers de cordées », et il également devenu celui des lobbys industriels et agricoles, sans oublier les chasseurs qui furent l’élément déclencheur d’une démission déjà inéluctable.

Un maigre bilan.

En 14 mois Nicolas Hulot a obtenu bien peu de choses, et seul le renoncement à l’aéroport de « Notre Dame des Landes » restera dans les mémoires. Or d’après l’ancien député européen vert Alain Lipietz, Emmanuel Macron était déjà acquis à cette idée quand il était ministre de l’économie en 2016…

Le bilan de Nicolas Hulot serait donc très modeste .Il n’a pas réussi à imposer la sortie du nucléaire, pas plus que l’interdiction du glyphosate. Et la plupart de ses initiatives ou amendements sont été retoqués par le parlement. On portera néanmoins son crédit, la fin de la production pétrolière et gazière sur le sol français, l’extinction de la vente des véhicules fonctionnant au gasoil ou à l’essence d’ici 2040, ou encore la mise en place d’un plan quinquennal de rénovation énergétique des bâtiments.

Trop timide ?

Or il faut le répéter, Nicolas Hulot était le ministre le plus populaire, doté avec Gérard Colomb du titre de ministre d’Etat, et donc N°3 du gouvernement. Il disposait donc théoriquement d’un poids politique très important.  Or il s’est le plus souvent fracassé sur le mur des réalités économiques, des intérêts à court terme et du chantage à l’emploi.

Séduisante parce que populaire en période électorale, la priorité donnée à l’écologie s’estompe bien vite une fois les élections gagnées. Comme le disait en 2011 Nicolas Sarkozy qui avait pourtant signé le pacte écologique quatre ans plus tôt, « l’environnement ça commence à bien faire… ».  Comment en effet convaincre un ouvrier de la centrale de Fessenheim qu’il faut la fermer et le priver de son emploi pour sauver la planète ?  D’un côté des échéances à court terme, de l’autre un objectif  à l’échelle du siècle. Certes les écologistes affirment que la transition écologique et le remplacement des centrales thermiques et nucléaires créeront des milliers d’emploi, mais ça reste un vœux pieu et personne ne semble y croire.

Ecologie contre libéralisme ?

Selon Yann Arthus Bertrand interrogé mercredi par Europe 1, les objectifs des écologistes sont incompatibles avec une culture de la croissance. Or les sociétés modernes réclament cette croissance, créatrices d’emploi et de richesses.  D’autres comme l’éditorialiste de Libération Laurent Joffrin considèrent qu’il est impossible pour un gouvernement  à tendance libérale d’appliquer un programme écologiste. Surtout quand il s’affiche pro-buisines, car souvent les impératifs écologiques se heurtent à la logique du profit et de la production à moindres coûts. Faut-il  en déduire que seul  un pouvoir étatique fort et centralisé pourrait résister aux lobbys et intérêts divers. Mais qu’en serait-il alors de la démocratie ?

Alors ? Les écologistes Nicolas Hulot en tête sont-ils condamnés à n’être que des opposants perpétuels ; des manifestants ; des lanceurs d’alerte ? L’aiguillon dans le dos d’un pouvoir qu’ils n’exerceront jamais ?

Un Vert ou tous verts ?

En fait le défi à relever pour les écologistes n’est pas d’imposer un super ministre de l’environnement, quel que soit son poids, sa notoriété, et même son génie. Mais plutôt de faire adhérer l’ensemble d’un gouvernement aux objectifs de développement durable. En fait de verdir tous les partis de gouvernement.

Ce n’est pas impossible, on a vu au fil des années des consensus se construire sur des objectifs comme la santé publique (prohibition de la cigarette) ou la sécurité routière (limitations de vitesse, ceinture de sécurité, obligatoire.) Qui aurait imaginé dans les années 1960 qu’on ne puisse plus fumer dans les restaurants ni dépasser le 30 km/h en, ville ?

Alors pourquoi pas n’y a-t-il pas de consensus effectif, sur la transition écologique ?

Parce que pour ce faire il faudrait des hommes et des femmes politiques responsables qui voient au-delà de la prochaine échéance électorale. Bref des hommes et des femmes d’Etat.

Une responsabilité collective.

N’oublions pas que le dernier mot revient au citoyen, et à son bulletin de vote.

Il n’y a pas de sauveur suprême dit « l’internationale », c’est vrai également pour l’avenir de la planète.  Le départ de Nicolas Hulot, n’est pas forcément une catastrophe, il sera  peut-être l’occasion d’une prise de conscience collective.

En 2002 déjà Jacques Chirac déclarait : «  Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. »

Il serait temps de s’occuper de l’incendie.

 

 

 

Post Scriptum :

Selon un sondage réalisé par Odora pour  Le Figaro et France Info, 84% des personnes interrogées estiment que le départ du gouvernement est « plutôt une bonne chose » pour l’ex-ministre de la Transition écologique, bien que 55% (contre 43%) le voient comme une « mauvaise chose » pour la France et 65% (contre 34%) pour le gouvernement.

Le chanoine Emmanuel.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 juin 2018 07h50 | Un commentaire>

 

Emmanuel Macron sera aujourd’hui à Rome pour rencontrer le Pape François. Il se rendra ensuite à la basilique St Jean de Latran pour y prendre possession de son titre de chanoine d’honneur, une tradition qui remonte à Henri IV, mais qui fait débat dans une France désormais laïque.

 

Saint Jean de Latran  » mère de toutes les Eglises »

 

Je ne rentrerai pas dans Saint Jean à Cheval avec Brigitte en Amazone, c’est par cette boutade qu’Emmanuel Macron a voulu désamorcer toute polémique concernant cette tradition séculaire. Elle remonte en fait à l’année 1604 quand le roi Henri IV a confirmé les droits de St Jean de Latran sur une abbaye française, Clairac située en Aquitaine. Pour le remercier le pape a lors accordé au roi de France le titre de chanoine d’honneur de St Jean de Latran, St Jean deuxième basilique pontificale après St Pierre et qui est par ailleurs la cathédrale de Rome.

Aujourd’hui le titre est plus que jamais honorifique, mais la plupart des présidents de la Vème République ( successeurs « de jure » des rois de France) sont allés en prendre possession à Rome. Seuls le gaulliste Georges Pompidou et les socialistes François Mitterrand et François Hollande ne sont pas déplacés, mais ils ont néanmoins accepté le titre.

Sarko le curé et l’instituteur.

Nicolas Sarkozy avait fait scandale lors de son intronisation en prononçant un discours polémique où il avait notamment déclaré : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. »  Une phrase qui avait beaucoup choqué dans la France officiellement laïque ou les instituteurs ont été longtemps qualifiés de « hussard de la République ». Emmanuel Macron ne prononcera pas de discours, mais il faut dire qu’il a déjà donné lors de son intervention au collège des Bernardin à Paris en avril dernier, où il avait affirmé : « Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé et qu’il importe, à vous comme à moi, de le réparer ».

Un président agnostique.

 Or s’il a fait ses études chez les Jésuites Emmanuel Macron n’est pas particulièrement croyant. Il n’a été baptisé qu’à 12 ans, et après une période de foi intense durant son adolescence, il se déclare désormais agnostique. En fait il a une arrière-pensée politique, il veut se réconcilier avec les catholiques et notamment les plus conservateur qui n’ont toujours pas digéré le mariage homosexuel et la procréation médicalement assistée.

L’absolution sans contrition ?

Quant au Pape François sa position sur les migrants et son attention particulière aux pauvres sont en décalage avec celui qu’on surnomme le président des riches sets qui apr. ailleurs renvoie tous les jours en Italie des migrants qui cherchent à passer en France. Le président pourrait donc se faire sermonner par le souverain pontife, mais avec bienveillance, car il porte en lui un atout majeur. Son prénom référence au directe au christ désigné ainsi dans l’évangile de saint Mathieu… « La Vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. » Ainsi soit-il !

 

Un trésor Belge en Bretagne.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 juin 2018 07h35 | Ajouter un commentaire

.

Le 6 juin dernier à Pont Aven en Bretagne, des ouvriers ont découvert dans une maison en démolition, un trésor de 600 pièces d’or. Des pièces Belges datant de la fin du XIXème siècle.

 

 

 

Il est 10h du matin le 6 juin à Pont Aven, trois ouvriers d’une entreprise de démolition sont en train de terminer un chantier qu’ils ont commencé le 28 mai. Il s ‘agit d’une maison dont il ne reste déjà plus qu’un tas de gravats, et c’est dans cet amas que les ouvriers vont découvrir ce qui est apparemment une douille obus de la guerre de 14. Ce genre de douille d’une vingtaine de centimètre de haut, qu’il était courant autrefois de retrouver sur la cheminée des grands parents dans les maisons de campagne.

 

La douille mystère.

 

Ils s’en saisissent avec précautions, la douille est scellée mais quand ils la manipulent ils constatent qu’il y a visiblement quelque chose à l’intérieur.

« Ils l’ont secoué et ont entendu un bruit de pièces », a   raconté au journal Ouest France  Laurent Le Bihan, co-gérant de l’entreprise Bat’Isol de Quimperlé. On ouvre la douille et là jack pot !  A l’intérieur il y a 600 pièces d’or, des pièces belges à l’effigie de Léopold II qui dater des années 1870. Il s’agit en fait de pièces de 20 francs belges or, tirée à l’époque à trois millions d’exemplaires.

Le Léopold.

Pour le numismate on peut la décrire ainsi : à l’avers on trouve : L’effigie du roi Léopold II, tournée vers la droite, entourée de la légende LEOPOLD II ROI DES BELGES et au-dessus du millésime.
les Initiales du graveur à la troncature du cou.

Au revers des pièces il y a :

Un écu rond portant le lion belge entouré du collier de l’ordre de Léopold sous un pavillon au manteau fourré d’hermine surmonté d’une couronne. Au bas de la pièce est apposée la valeur nominale 20 FR. et, en haut, la devise nationale « L’UNION FAIT LA FORCE. »

 

Un magot à partager.

 

Les pièces du trésor de Pont Aven  s’échelonnent de 1870 à 1882, et sont toutes en très bon état. Contacté le propriétaire de la maison n’a pas été particulièrement étonné, son grand père a-t-il déclaré était collectionneur de pièces. Selon le Code civil, le trésor est à partager en deux moitiés : une première à destination des personnes qui l’ont découvert (on dit les inventeurs du trésor) et une seconde à destination de celui ou celle qui possède le terrain.

 

20 francs …or !

Ce qui est intéressant avec ces pièces d’or c’est que leur valeur nominale de l’époque 20 francs belges, n’a qu’un lointain rapport avec leur prix sur le marché aujourd’hui… Ainsi les Léopold II des années 1870 se négocient autour de 300 euros pièces. Il parait même que le cours a augmenté depuis la découverte bretonne. La valeur du trésor serait donc environ de 200 000 euros.

C’est probablement ce qu’on appelle la galette de Pont Aven.

 

92% des jeunes sont barbus !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 juin 2018 07h41 | Ajouter un commentaire

En France selon un sondage publié ce weekend selon un sondage opinionway, 92% des hommes de 25-34 ans portent désormais une barbe. Une mode qui en train de devenir une signe de reconnaissance générationnel.

 

Un hipster.

 

On avait bien remarqué depuis 5-6 ans que la barbe était redevenue à la mode, mais ce sondage est un véritable coup de tonnerre, car il inverse une norme sociale qui datait de plusieurs dizaines d’années. En gros depuis la seconde guerre mondiale la barbe était associée à la maturité voire à la vieillesse, du moins à un certain retrait, peut-être même le signe d’un relâchement. En fait on la portait avant ou après la vie active. Ainsi dans les années 70 pas mal d’étudiant portaient barbe et cheveux longs mais les coupaient progressivement dès qu’ils rejoignaient le monde du travail (avec une exception notable l’enseignement et le célèbre collier du proviseur). En plus les barbes des jeunes étaient des barbes anarchiques ! Or rien de plus étranger à la barbe hippie que la barbe hipster .

La barbe chic.

Le barbu d’aujourd’hui ferait plutôt dans le chic et l’impeccable, d’où le succès des salons de coiffure dotés d’un coin barbier. Dans les années 50 les hommes appréciaient les lourds rasoirs électriques qui vous rendaient glabre et frais, aujourd’hui ce serait plutôt la tondeuse qui vous sculpte la pilosité. On est dans la barbe douce et maitrisée, et pas dans le poil viril qu’arboraient autrefois gendarmes et militaires… Ce n’est d’ailleurs pas seulement réservé aux jeunes. Au-delà des 35 ans, 53% des français continuent arborer une barbe, un chiffre qui remonte à 60% chez les plus de 50 ans.

 

Edouard Philippe, premier chef de gouvernement français barbu, depuis Paul Ramadier en 1947.

 

Comme en 1900.

Ce port de la barbe généralisé est un phénomène qui s’est déjà produit plusieurs fois dans l’histoire. Ainsi dans la seconde moitié du 19ème siècle elle était un marqueur social. Médecins professeurs, artistes, hommes politiques, officiers, portaient la barbe : Victor Hugo barbu, Emile Zola barbu, Auguste Rodin barbu, Jean Jaurès barbu, et je ne vous parle pas de Léopold II. A l’époque seuls les domestiques étaient tenus d’être rasés de près… D’ailleurs regardez bien les photos de vos arrières grands-pères, ils portaient tous au moins la moustache, notamment pour plaire aux dames. Ne disait-on pas à l’époque qu’un baiser sans moustache était un baiser sans sel ? Il faut dire aussi qu’en ce temps-là se raser était tout un art, il fallait maitriser le coupe choux. Ce n’est que vers la fin du 19ème siècle qu’on a vu apparaitre le rasoir mécanique, le modèle avec lame jetable de Gillette date de 1905, le premier rasoir électrique de 1925.

La barbe !

Le problème avec les modes c’est qu’au début elles vous distinguent, mais qu’à la longue elles tournent au conformisme. J’en connais déjà pas mal qui portent la barbe pour faire comme les autres : «  T’as vu ma barbe elle est au poil ! »

A terme ce diktat de la pilosité pourrait bien devenir un peu… rasoir.