Archive Page 2

Nationalité : faut-il déchoir les terroristes ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 décembre 2015 09h14 | 8 commentaires

Vive polémique en France autour d’un projet de réforme de la constitution. Le gouvernement veut pouvoir retirer la nationalité française aux binationaux qui auraient été condamnés pour terrorisme. La droite s’en félicite mais toute une partie du PS s’insurge au nom des droits de l’homme. Question : François Hollande est-il en train de jouer un jeu dangereux dans l’espoir de se faire réélire en 2017 ?

Hollande Elysée

 

A l’origine il s’agit d’une promesse faite par François Hollande lorsqu’il a réuni le congrès après les attentats du mois de Novembre. C’est une des mesures qu’il avait annoncées aux côtés par exemple de la prolongation l’état d’urgence. Sur le moment ça avait un peu grenouillé à gauche mais on était dans l’émotion, et ce n’était pas le cœur du débat.

L’aile gauche s’insurge.

Depuis la gauche de la gauche et les écologistes en ont fait une affaire de principe, disant qu’il était hors de question de voter une telle disposition. Elle aboutirait en effet à retirer la nationalité française à des gens nés français (pour les naturalisés ça existe déjà). En pratique ça ne concernerait au fond que quelques dizaines de personnes, puisque seuls les binationaux seraient concerné ceux qui ne sont que Français garderaient leur nationalité. On ne peut pas en effet créer d’apatrides, c‘est contraire à la convention des droits de l’homme du Conseil de l’Europe.

Valls contre Taubira

La polémique a atteint son paroxysme quand la semaine dernière en visite en Algérie, la ministre de la justice Christiane Taubira a annoncé que cette disposition ne figurerait pas dans la loi de réforme constitutionnelle. Tollé à droite d’autant plus que depuis le mariage homo, Christiane Taubira incarne tout ce que les conservateurs détestent. Le problème c’est que dès le lendemain Manuel Valls a désavoué sa ministre annonçant que cette déchéance de nationalité serait bien maintenue dans le projet… décision confirmée par François Hollande !

Séduire la droite.

On se retrouve ainsi dans une situation paradoxale, avec une réforme qu’une partie de la gauche et même une ministre majeure contestent, alors que la droite applaudit des deux mains.

La manœuvre politique est évidente, François Hollande veut occuper le terrain et priver son opposition d’un de ses arguments préférés la faiblesse de l’exécutif, avec bien sûr en point de mire sa réélection en 2017.

Le principe est connu : dans la mesure où quoiqu’il arrive mes électeurs votent pour moi, je dois séduire les électeurs d’en face…C’est vieux comme la politique mais en général ça marche, d’autant que si le projet est critiqué par un certain nombre de leaders du PS, il ne l’est pas par une majorité de militants qui ne voient pas où est le problème.

Morale et politique…

Nous vivons dans une époque où toute mesure contre le terrorisme est applaudie des deux mains, même si elle n’a qu’une portée symbolique. Dans cette France qui se droitiste, François Hollande est en phase avec la population même s’il ne l’est pas avec une partie des hiérarques socialistes. C’est peut être très bien joué sur le pan électoral, sur le plan moral c’est plus discutable…

Tapie épisode X : Le réveil de Nanar

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 décembre 2015 10h38 | Un commentaire>

L’homme d’affaires et ancien ministre Bernard Tapie a annoncé dans une interview accordée au Journal du Dimanche (JDD), qu’il préparait son retour dans l’arène politique. Les récents succès du Front national, font partie des raisons invoquées par Tapie pour justifier sa décision.

Tapie rusé

 

Nanar c’est mieux que Star War ! Il y a tellement d’épisodes et de come-back que je serais bien incapable de vous dire, si on est au vingtième ou au trentième…

Je salue d’ailleurs solennellement Bernard Tapie la personnalité la plus citée dans Champs Elysées depuis ses débuts en septembre 1994. Et déjà à l’époque on évoquait ses problèmes avec la vente d’Adidas et son éventuel retour en politique.

Sauf qu’en 1994 ça faisait la une partout dans la perspective de la présidentielle de 1995 et que cette fois, comme dirait Chirac ça fait plutôt pschiiitttt…

Ministre… de Mitterrand !

Il faut dire qu’à 73 ans le mois prochain, Tapie n’est plus tout aussi flamboyant qu’autrefois, quand il menaçait ( en 1989)  Jean Marie le Pen de lui casser la figure en plein débat télévisé. Ca lui avait valu d’attirer l’attention de François Mitterrand car comme l’a dit Jack Lang, le président socialiste pensait que Tapie pouvait aider la gauche en incarnant : la modernité, l’esprit d’entreprise et la combattivité contre l’extrême droite. Pour ceux qui l’ont oublié Bernard Tapie fut de  1992 à 1993 un éphémère ministre de la ville dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, gouvernement qu’il avait déjà dû quitter ( provisoirement ) à cause de déboires judiciaire .

Autre temps.

A l’époque il avait néanmoins rencontré un certain succès chez les jeunes de banlieues, mais on peut penser qu’il voyait plus en lui le patron de l’OM qu’un ministre radical de gauche…

Les temps ont changé et le Front National d’aujourd’hui n’a plus peur de Bernard Tapie, en témoigne le tweet d’un de ses élus marseillais : «Le Père Noël dépose, au pied du sapin politique, un jouet d’occasion de l’époque Mitterrand!»

Un retour tactique.

Alors pourquoi ce retour ? C’est probablement une réponse à la décision de justice qui le condamne à rembourser les 405 millions de l’arbitrage récupérés sur la vente d‘Adidas en 2008. Il pense que c’est un coup monté du pouvoir socialiste et il menace ainsi plomber la présidentielle de François Hollande, comme il avait pulvérisé la liste Rocard aux européennes de 1994. En fait il espère lui faire suffisamment peur pour que le pouvoir finalement transige une fois de plus et lui liasse ses millions. Autre hypothèse que ce retour se transforme en soutien ouvert à Nicolas Sarkozy dans l’espoir d’un renvoi d’ascenseur.  Mais Sarko a-t-il encore besoin d’un tel allié ?

D’expérience je peux vous dire que Tapie fut dans le cirque politique un incroyable bateleur, un étonnant funambule, un acrobate hors de pair… Mais là il serait plutôt en train de présenter un numéro de clown.

Le Pen : tel père telle fille !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 décembre 2015 10h01 | 2 commentaires

On pensait que Marine Le Pen ne commettait pas les mêmes dérapages que son père…ce n’est pas si sûr. Une enquête préliminaire a été ouverte pour « diffusion d’images violentes » par le parquet du tribunal de Nanterre après la diffusion sur Twitter mercredi par Marine Le Pen d’images montrant des exactions réalisées par Daesh.

FRANCE2012-ELECTIONS-FN-LEPEN

 

A l’origine de cette affaire une interview hier matin sur RMC et BFMTV, interview menée par Jean Jacques Bourdin l’une des stars du journalisme matinal en France. Il recevait Gille Kepel grand spécialiste de l’islam, au sujet de son nouveau livre « terreur dans l’hexagone » aux éditions Gallimard.

Au cours de cette interview Bourdin lui pose cette question : «  Y’a-t-il un lien entre l’émergence d’un djihadisme français et la poussée du Front national, qui a atteint le plus haut niveau de son histoire lors des élections régionales ? »

« Oui« , répond Gilles Kepel, pour qui « ce sont deux phénomènes congruents, qui se ressemblent ».

Marine en pétard.

Evidement l’universitaire nuance et explique, mais le sang de Marine le Pen n’a déjà fait qu’un tour. Elle considère que Bourdin et Kepel font un parallèle entre Daesh et son parti et elle décide de répliquer sur tweeter :

Elle balance un premier tweet peu après 7 h du matin :

Marine Le Pen ‏@MLP_officiel Le parallèle fait ce matin par @JJBourdin_RMC entre #Daech et le #FN est un dérapage inacceptable. Il doit retirer ses propos immondes ! MLP

Jusque-là rien de bien grave puis un second intitulé :

Daesh c’est ça !

Et elle y joint des photos non floutées de victimes des terroristes du prétendu Etat islamique, notamment le pilote jordanien brulé vif dans une cage et le corps décapité de l’otage américain James Foley la tête posée sur sa poitrine ! Des clichés horribles.

Des suites judiciaires ?

Immédiatement, les condamnations sont unanimes, la polémique se développe et va jusqu’aux Etats Unis où les parents de James Foley demandent dans un communiqué à Marine le Pen de retirer ces clichés…

Quant au gouvernement français il dénonce tout bonnement Marine Le Pen à la Police et dans la journée la justice ouvre une enquête pour « diffusion d‘images violentes »…

Il y a peu de chance que cette enquête aboutisse à grand-chose car la diffusion d’images violentes n’est pas un délit en France. En revanche on ne peut porter atteinte à l’image d’une personne, et si par exemple les parents de James Foley ou du pilote jordanien portaient plainte, la présidente du Front National pourrait être trainée devant les tribunaux. Ce matin elle a retiré la photo de James Foley mais elle a laissé les deux autres.

Chassez le naturel…

La sanction sera peut-être politique car là Marine Le Pen casse son image ! Depuis des années la fille de Jean Marie Le Pen loue cherche à se démarquer de son père, à montrer qu’elle ne tombe pas dans les mêmes outrances que lui. A tel point même qu’elle a voulu le priver de son poste de président d’honneur du FN quand il est revenu une fois de plus sur «  les chambres à gaz détail de l’histoire… »… et puis d’un coup la gaffe !

En plus c’est un dérapage typiquement « lepénien », il y a un précédent paternel ! Il y a une trentaine d’années le père avait diffusé des photos de soldats français mutilés et décapités par le FLN pendant la guerre d’Algérie pour justifier son passé de tortionnaire…

Que voulez-vous… Tel père, telle fille !

Le Bataclan menacé par un Belge dès 2009 !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 décembre 2015 08h56 | Un commentaire>

Une révélation surprenant sur les attentats de Paris le 13 Novembre. D’après le Canard enchaîné une menace contre le Bataclan était connue depuis 5 ans. Un djihadiste belge avait confié à une amie son intention d‘attaquer la salle de spectacle. Une information judiciaire avait même été ouverte le 13 juillet 2010,  mais cette menace n’avait entraîné aucune mesure de surveillance particulière.

bataclan

A l’origine de cette information, un attentat commis par Al Qaïda au Caire en février 2009, contre un groupe d lycéen français en voyage scolaire. L’attaque avait un mort Cécille Vannier 17 ans et 24 blessés. L’enquête a abouti à l’arrestation d’une jeune française d’origine albanaise Dodi Hoxha. Pendant ses auditions devant les services secrets français Dodi Hoxha révèle qu’un de se proches, un belge Farouk ben Abbes, arrêté en même temps qu’elle au Caire, aurait un projet d’attentat en France contre le Bataclan. Pourquoi le Bataclan ? Parce que la salle de spectacle a accueilli  en 2008 un gala en l’honneur de la “Magav”, la police des frontières israélienne…

Une enquête dès 2010 !

Une information judiciaire est ouverte en juillet 2010 et Farouk Ben Abbes, l’ami belge en question, est écroué. Faute de preuves, elle se termine le 14 septembre 2012 par un non-lieu. A noter que les propriétaires de la salle de concert ne sont pas informés des menaces. Farouk ben Abbes sera remis en liberté avant d’être à nouveau mis en cause en France pour son rôle sur un forum djihadiste. Hier l’avocat des parents de Cécile Vannier, la victime du Caire, qui est désormais aussi l’avocat de certaines victimes du Bataclan a demandé la jonction du dossier du Caire  avec l’enquête sur l’attaque du Bataclan . Farouk Ben Abbes est en effet un proche de Fabien Clain, le djihadiste français qui a revendiqué dans un message audio les attentats du 13 novembre pour le groupe Etat islamique. Vous vous souvenez peut être de sa voix particulière et de sa diction de prédicateur.

Un Belge de plus ?

Donc deux questions se posent ce matin : le belge Farouk Ben Abbes a -t-il joué un rôle d’initiateur, ou d’informateur dans l’attentat du Bataclan ? Et puis bien sur pourquoi n’a -t-on pas pris des mesures de sécurité autour de la salle de spectacle, sachant qu’elle était visée ?

Cela dit la menace remonte à 2009 et l’attentat au eu lieu 6 ans plus tard. Peut- on imaginer qu’une salle de spectacle comme le Bataclan soit gardée 24h sur 24 pendant 6 ans ? Et qui aurait d’ailleurs pu imaginer le drame qui a fait 130 morts le 13 Novembre à Paris ? Ce fut l’attentat le plus meurtrier jamais commis en France ! Le sujet va surement faire débat mais une chose est sure, il ne faut prendre à la légère aucune menace djihadiste…ils sont capable de frapper des années après les avoir proférées.

Au lendemain des élections régionales: la présidentielle commence aujourd’hui

Par Christophe Giltay dans Politique , le 14 décembre 2015 09h45 | 2 commentaires
Des militants socialistes attendent les résultats des élections régionales pour la région île de France, dimanche soir

Des militants socialistes attendent les résultats des élections régionales pour la région île de France, dimanche soir

Finalement, le Front National (FN), pourtant arrivé en tête dans six régions au premier tour, n’a remporté aucune victoire, les Républicains en ont décroché sept et les socialistes cinq. On pourrait presque se croire dans une élection normale, mais c’est faux. Le score du FN au premier tour pèse comme une menace, avec en perspective l’élection présidentielle dans 18 mois, une élection dont on pourrait dire qu’elle commence aujourd’hui.

Passé le moment de soulagement, la politique française se réveille ce matin avec la gueule de bois. Car même s’il ne remporte aucune région le Front National a une fois de plus progressé et confirmé sa place de premier parti de France du moins sur le plan électoral. Marine le Pen,  peut désormais viser un score entre 28 et 30 % au premier tour de l’élection présidentielle ce qui la qualifierait sans aucun doute pour le second tour.

Alors, évidemment, on peut espérer encore une fois un sursaut républicain comme celui d’hier, mais ce serait prendre un étrange pari sur l’avenir.

 

Sarkozy contesté

Dès ce matin ça va chauffer dans les états majors et notamment chez les Républicains où Nicolas Sarkozy n’a jamais été autant contesté. Hier sur tous les plateaux de télévision, la n°2 du parti Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré que si le « ni ni » de Nicolas Sarkozy avait été suivi le Front National aurait gagné deux régions, le Nord et PACA. Quant à Alain Juppé et François Fillon, candidats à la candidature, ils ont délivré hier soir des discours très présidentiels. Enfin, les centristes, François Bayrou en tête, montrent une volonté réelle de s’affranchir et de voler de leurs propres ailes.

 

La ligne du PS en cause

Côté PS, il faudra digérer le sacrifice de deux régions pour barrer la route au FN, et la perte « à la régulière » de l’Ile de France, première région du pays. Jean Christophe Cambadélis le patron du PS a critiqué hier soir la politique du gouvernement  (socialiste ) en lui demandant clairement de se préoccuper davantage des questions sociales. « Je m’adresse au gouvernement, nous ne pouvons plus continuer comme cela. Il faut agir contre la précarité et pour l’activité comme nous nous sommes attaqués à la compétitivité et à la refondation de l’école. C’est l’inflexion qui doit intervenir dans les 18 mois à venir. »

On attend maintenant la réaction de François Hollande resté totalement silencieux ces derniers jours. Evidemment c’était une manière de se protéger sur les hauteurs présidentielles, loin des miasmes du combat régional, mais maintenant s’il veut sauver sa place, il va falloir qu’il descende dans l’arène. Il lui reste 18 mois pour proposer autre chose aux Français que sa propre réélection.

 

Le compte à rebours a commencé

Pour résumer, dans l’optique des présidentielle, le Front National a une candidate et un programme; le PS un candidat (François Hollande sauf extraordinaire), mais pas de programme; quant aux Républicains ils n’ont plus ni l’un ni l’autre, puisque le retour de Sarkozy s’avère chaque jour plus compliqué et qu’Alain Juppé le devance régulièrement dans les sondages !

Bref pour les partis démocratiques c’est: « au boulot tout de suite » pour récupérer la confiance des Français, sinon la gueule de bois pourrait bien se transformer en gueule cassée. La présidentielle débute aujourd’hui.

Régionales : le PS favori !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 décembre 2015 10h27 | 4 commentaires

Etrange paradoxe : après le premier tour des régionales les socialistes ont refait leurs comptes, et surprise ! Ils ont constaté qu’ils conservaient de grandes chances d’emporter beaucoup de régions dimanche soir, à l’issue du second tour.

 

Jean-Christophe Cambadélis Premier secrétaire du PS.

Jean-Christophe Cambadélis Premier secrétaire du PS.

Ce serait la surprise du chef. Alors que le Front National a dominé le premier tour, alors que les Républicains il y a peu étaient donnés vainqueurs dans tous les sondages, et envisageaient même le grand chelem, c’est le PS qui pourrait sortir vainqueur du scrutin. Même en s’étant retiré de deux régions et en appelant à voter pour la droite dans une troisième.

Triangulaires.

Comment expliquer ce paradoxe ?  Déjà par le fait que le PS n’est pas en déroute partout. Il est quasi sûr de gagner la Bretagne et l’Aquitaine. Il est en tête en Corse avec ses alliés radicaux de gauche  et il est sorti premier au premier tour dans trois des quatre régions d’outre-mer. Donc apriori la débâcle annoncée n’aura pas lieu. Par ailleurs le PS va profiter surtout de la multiplication des triangulaires FN, Républicains, PS… Ca le met en situation de gagner dans 5 ou 6 autres régions. En effet s’il était face au FN ou aux Républicains seuls, il lui faudrait pour l’emporter rassembler plus de 50% des voix, un score impossible à atteindre dans sa situation. Mais en cas de triangulaire, les voix ne se divisent pas par deux mais par trois !

Démonstration.

Une liste peut gagner avec 34% des voix, d’autant que le système électoral prévoit une prime en sièges à celui qui arrive premier. Donc avec 34% des voix vous pouvez décrocher 50% de sièges, CQFD comme disent les scientifiques. Or 34% ça reste à la portée du PS de ses alliés dans de nombreuses régions. En effet si l’on additionne les voix socialistes à celles des écologistes et du « Front de gauche » qui les ont rejoints pour le second tour on obtient :  37% en Normandie, 39% en Ile de France, 35 dans le centre, 40 dans le midi, 43 en Aquitaine, 45 en Bretagne, 34 en corse, et il y aura au moins encore trois autres régions où la gauche talonne les Républicains. Ainsi dans le cas le plus optimistes le PS pourrait gagner toutes les régions où il se maintient,  et affirmer que dans les autres ils auront favorisé la victoire des Républicains en se retirant à leur profit.

Abracadabra !

Quant au FN il pourrait être le dindon de la farce et ne gagner nulle part.  Ce matin la seule région où il conserve de fortes chances, c’est la Champagne, Alsace Lorraine, justement parce que le candidat PS a refusé de se retirer, et qu’’il y aurait donc une triangulaire. Mais dans le Nord et en Paca, le FN affrontera en duel un des Républicains, donc il a besoin pour l’emporter d‘aller chercher 50% des voix,  or le FN n’a pas d’alliés, il a déjà fait le plein d’électeurs au premier tour en réunissant autour de 40 %, les 10% qui restent seront difficile à conquérir…

Ainsi Marine le Pen et sa nièce Marion pourraient échouer tout près du but. Ce scénario d’une victoire PS et d’un FN à zéro est tout à fait possible, mais ce ne serait que le résultat d’un tour de passe-passe du au mode de scrutin !

L’erreur serait alors de crier victoire sans nuance, en oubliant qu’au prochain scrutin,  la présidentielle, il n’y aura pas d’entourloupe possible…

Quand Sarko s’énerve

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 décembre 2015 16h33 | 2 commentaires

La Cop 21 agace beaucoup Nicolas Sarkozy. Exaspéré par le retour en grâce de Hollande, le chef des « Républicains » trouve que l’on parle beaucoup trop de la conférence sur le climat.

sarko soucieux

 

Il y a moins d’un mois le 10 novembre, Nicolas Sarkozy enterrait François Hollande : « Hollande c’est fini ! » déclarait-il au siège de son parti devant des militants ravis, moquant la cote de popularité du président qui plafonnait autour de 25%. Mais depuis le 13 septembre est arrivé, et le président a, comme on dit, fait le job. Compassion avec les victimes, réaction face aux terroristes, décision d’employer la force à l’intérieur et à l’extérieur, organisation d‘un hommage national…

Hollande rebondit.

73% des français trouvent que François Hollande a réagi correctement aux évènements et sa cote de popularité a bondi de 22 points, atteignant les 50 % d’opinions favorables pour la première fois depuis juillet 2012. Ça fait d’autant plus enrager Nicolas Sarkozy que lui président, il n’avait jamais retrouvé un tel niveau après l’avoir perdu en 2008.

Donc l’omniprésence de Hollande met Sarkozy hors de lui. Interrogé sur les bons sondages du président il a répondu à Europe 1 : « Les sondages, c’est un calcul dans un bocal dont on sait aujourd’hui, dans tous les pays du monde, que ça ne veut rien dire »

C’est d‘autant plus cocasse que Nicolas Sarkozy a commandé des dizaines sondages quand il était président.

La cop est pleine.

Quant à la Cop 21, on pourrait dire que pour Nicolas Sarkozy la Cop est pleine : «Il n’y en a que pour la COP 21. Comme si le drame qu’a connu la France il y a dix jours était déjà passé», a-t-il déploré devant se proches. Une phrase qui fait écho à sa déclaration au salon de l’agriculture de 2010 « l’écologie ça commence à bien faire. »

Sarkozy est persuadé que tout une aperture de son électorat, est exaspéré par les contraintes que les politiques environnementales imposent. En quelque sorte que l’environnement est un luxe qu’on peut s’offrir seulement en cas de croissance. Une position qui le met en porte à faux avec certains de ses alliés, comme Nathalie Kosciusko- Morizet, N°2 de son propre parti et fervente partisane d’une économie durable.

Pas de compromis aux régionales.

Enfin sa hargne anti-Hollande le pousse également à écarter toute idée d’un front républicain contre le Front National aux élections régionales : « nous maintiendrons nos listes partout où nous serons en position de les maintenir ». Au risque de faire gagner Marine le Pen au nord, et sa nièce Marion au sud. Mais on a l’impression que le FN Sarko n’en a cure et que son obsession c’est…François Hollande !

 

Le stade de Raqqa QG de Daesh ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 décembre 2015 10h53 | Comments Off on Le stade de Raqqa QG de Daesh ?

La France aurait localisé le quartier général de l’Etat Islamique à Raqqa en Syrie. Il s’agirait du stade de football de la ville. Il pourrait bientôt être l’objet de frappes aériennes.

stade raqqa

( crédit photo Google earth)

 

C’est une information publiée dans le Figaro par le journaliste Georges Malbrunot qui est un de meilleurs connaisseurs du Moyen Orient. Depuis quelques mois la ville de Raqqa en Syrie est « de facto » la capitale de Daesh le prétendu Etat islamique. Les cadres terroristes s’y sont repliés car jusqu’à un  passé récent cette zone était moins bombardée que ‘l’Irak ou ils étaient précédemment installé.

Une capitale menacée.

Ce n’est plus le cas puisque depuis les attentats du 13 Novembre l’aviation  française bombarde régulièrement Raqqa de même que les Russes et les Américains.

Mais le problème n’est pas tant de bombarder Raqqa que de choisir les bonnes cibles… Il s’agit en effet d’une ville où malgré la guerre il reste 150 000 habitants. Or les terroristes vivent au milieu de cette population sunnite qui pour une bonne part les soutient. La France bien sûr  n’entend pas faire un massacre de la population civile, il lui faut donc soigneusement préparer ses attaques. Jusqu’à présent elle a visé des lieux stratégiques et des centres d’entrainement de Djihadistes. Mais les services français aurait désormais localisé le quartier général, il se situerait dans le stade de football.

Un QG ? Une prison ?

La DGSE, la CIA française, a identifié une importante activité téléphonique et informatique provenant de ce stade.  Par ailleurs les satellites espions ont révélé que des exécutions s‘y déroulaient régulièrement, sans pour autant que des convois arrivent sur place avec des prisonniers. Conclusion els prisonniers sont déjà le stade…

Trasnfriomer les stades en prison c’est une vielle habitude. On se souvient de la rafle du Vel d’hiv, le vélodrome d’hiver  à Paris en 1942. Ou encore du stade de Santiago du Chili, transformé en centre de détention par Pinochet après son coup d’Etat de septembre 1973…

Il y aurait eu aussi des cellules dans le stade  Kinshasa à la grande époque de Mobutu. A Raqqa même scénario le régime syrien avait installé des cellules dans les sous-sols du stade pour y retenir se opposants, cellules opportunément réutilisées par Daesh après la prise de la ville.

Une opération difficile.

Les Français envisagent donc de bombarder ce stade. Mais ils ont deux problèmes : d’abord  ils ne possèdent comme les Américains de bombes surpuissantes capables de traverser plusieurs étages de sous-sols. Ensuite ils n’ont pas les plans du stade. Contactés les services secrets syriens ont refusé de leur donner. Ils posent comme préalable la réouverture de l’ambassade France à Damas.

C’est tout le problème pour vaincre Daesh il va falloir s’allier à Bachard el Assad…Certains diront que ce serait choisir entre la peste ou cholera mais d’autres répondront qu’entre deux maux il faut choisir le moindre.

 

Les blindés de Bruxelles vus de Paris.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 novembre 2015 12h51 | 2 commentaires

Les médias français relayent bien évidemment ce qui se passe à Bruxelles, mais certains éditorialistes français se demandent si le gouvernement belge n’a pas exagéré en plongeant Bruxelles dans un blackout social.

Militaires rtl

 

Bruxelles tétanisée, Bruxelles plongée dans le coma, la capitale de l’Europe en congé…Quelques titres péchés au hasard ce matin.

Alors oui beaucoup se posent des questions sur l’action du gouvernement belge : « Pourquoi mettre des militaires dans les rues alors que les terroristes visiblement n’y sont pas ? »  Sous-entendu à Paris on a subit des attentats, et on déplore 130 morts, mais vous pas, alors pourquoi ces militaires, ces blindés et ces écoles fermées ?

Etonnement

Leur interrogation vient du fait que les Français et plus particulièrement les médias parisiens n’imaginent pas la proximité réelle qui existe entre les Belges (surtout francophones) et la France. Quand je leur explique qu’ici aussi on a respecté la minute de silence que tout le  monde était devant sa télévision vendredi 13, et même qu’il y avait des victimes belges à Paris, je suscite l’étonnement. Il faut alors rappeler tout simplement que Bruxelles est plus proche de Paris que Lyon ou Bordeaux.

Une expérience différente.

Il est vrai que la Belgique n’a pas la même expérience que la France de ce type de situation de crise. A Paris le plan « Vigipirate » est pratiquement d’application non stop, depuis les attentats de 1995, donc on sait disons gérer la menace avec plus de recul qu’à Bruxelles. Cela dit le weekend qui a suivi les attentats, Paris se trouvait  dans une situation comparable à Bruxelles : écoles, musées, cinémas, grands magasins fermés. Mais au bout de 48 heures le mort d’ordre a été de revenir à la vie normale, en faisant preuve de prudence certes, mais en reprenant ses activités, ainsi les écoles étaient ouvertes dès le 16 Novembre.

La spécificité du Kamikaze.

De toute façon il est imposable de tout surveiller, tout le temps et partout.

La particularité d’un kamikaze c’est qu’avant d’avoir frappé il est invisible et qu’après il est mort ! Il ne frappe qu’une fois contrairement aux terroristes « classiques » c’est pourquoi il est si difficile de les empêcher d’agir en amont. En revanche il est vrai qu‘une surveillance et une protection efficaces peuvent le contraindre à se faire exploser tout seul.  C’est ce qui s‘est produit au stade de France .

Donc on peut penser que l’ « l’état de siège » de Bruxelles sera levé tôt ou tard et qu’on retournera assez vite à l’école. En revanche il va falloir s’habituer à les voir protégées par des policiers et des militaires.

Attentats : hommage national aux Invalides

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 novembre 2015 11h31 | Comments Off on Attentats : hommage national aux Invalides

Après une longue réflexion sur l’opportunité d’une telle initiative, l’Elysée a finalement tranché, François Hollande présidera une cérémonie d’hommage national aux victimes des attentats de Paris, le vendredi 27 novembre à 10H30 aux Invalides.

BELGAIMAGE-87260881

 

La cérémonie se déroulera donc 15 jours après les attentats, pourquoi ce délai ?  Tout simplement parce qu’il est difficile à organiser compte tenu du nombre de victimes. Même s’ils sont désormais tous identifiés, tous les corps n’ont pas encore été rendus à leurs familles, il faut leur laisser le temps d’organiser les obsèques et de commencer leur deuil. Par ailleurs l’Elysée souhaite qu’un maximum de blessés soient présents, les moins sévèrement atteints auront eu la possibilité de récupérer un peu et donc d’être présent aux Invalides. Enfin le président veut associer au maximum les familles, or d’après le ministère de l’intérieur ça signifie qu’il va falloir contacter et inviter plus d‘un millier de personnes.

Sarkozy aussi.

Toutes les autorités de l’Etat seront bien entendu représentée, y compris Nicolas Sarkozy comme ancien président,  et l’on penser que Valery Giscard d’Estaing y sera également, Jacques Chirac en revanche sera probablement absent compte tenu de son état de santé. Ce sera bien sur une cérémonie républicaine, mais on ne peut pas exclure la présence de dignitaires religieux, représentant les principaux cultes pratiqué en France.

Les Invalides terre de symbole.

La cérémonie se déroulera donc aux Invalides, où se trouve le tombeau de Napoléon et le musée de l’armée, mais qui est surtout un bâtiment extrêmement symbolique puisque construit à partir de 1670 sur l’ordre de Louis XIV pour accueillir les soldats  français, blessés, invalides ou indigents. C’est toujours un hôpital ou vivent des militaires victimes ces dernières années de combats au Liban, en Afghanistan, en Afrique…C’est dans la cour d’invalides qu’on rend également hommage aux soldats tombés victimes de leur devoir,  des obsèques officielle y ont lieu régulièrement.

Morts pour la France.

C’est aussi dans la cour des Invalides qu’on rend hommage aux grand hommes de la République, c’est par exemple là que se sont tenues les obsèques de l’ambassadeur Stéphane Hessel, l’auteur de « Indignez-vous », ou plus récemment de l’ancien premier ministre Pierre Mauroy.

Rendre hommage aux victimes des attentats aux Invalides c’est en quelques sortes les assimiler à des soldats tombés au combat. Ils sont comme on l’écrit sur les monuments : « Morts pour la France. »