Archive Page 2

Présidentielle : déjà 10 candidats !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 6 avril 2016 09h01 | Ajouter un commentaire

 A un an du scrutin dix candidats se sont déjà déclarés pour l’élection présidentielle de 2017, dont plus de la moitié étaient déjà en lice en 2012 ! Au risque d’alimenter le ras-le-bol des Français, qui réclament du renouvellement.

Jean Lassalle le député marcheur.

Jean Lassalle le député marcheur.

 

Dix candidats et là je vous parle des candidats sûr, pas des candidats aux primaires d’un parti, parce qu’alors là on dépasse déjà largement la vingtaine rien que si on compte tous les prétendants du parti « les Républicains… »

On prend les mêmes.

Sont candidats à un bail de 5 ans au palais de l’Elysée : 6 hommes et femmes déjà présent en 2012  : Marine Le Pen , Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière, c’est elle qui a succédé à Arlette Laguiller, Nicolas Dupont-Aignan , droite conservatrice, Philippe Poutou, du nouveau parti anticapitaliste, et Jacques Cheminade, complément inclassable mais qui se dit gaulliste de gauche. Un septième, l’écologiste Antoine Waechter était déjà en course il y a près de 30 ans, en 1988. Seuls trois des candidats pour 2017, font figure de petits nouveaux Paul Kulmbach et Bastien Baudot que je n’ai pas l’honneur de connaître, et le député du MoDem Jean Lassalle.

Le député chantant.

Jean Lassalle, bâti comme un rugbyman, est ce député qu’avait fait une grève de la faim à l’Assemblée Nationale pour éviter la délocalisation d’une entreprise de sa circonscription .C’est lui aussi qui avait réalisé un tour de France à pied pour rencontrer la population. Chaussures de marche, et béret basque sur la tête mais en costume cravate par respect pour l’électeur. Je ne vous dis pas l’état du costume, le soir à l’étape.

Le béarnais Jean Lassalle qui cultive un bel accent du sud-ouest entonna le 3 juin 2003 dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale «  se canta » l’hymne des occitans pour protester contre l’abandon de sa région par les pouvoirs publics .

«  Se canta » qui commence par ces paroles :

« Aqueros mountagnos aue tan hautes soun m’empéchoun dé bédé mas amours oun soun »… Ces montagnes qui sont si hautes m’empèchent de voir où sont mes amours. ( Texte attribué à Gaston Phébus et enregistré notamment par Marcel Amont… )

Peu de vedettes.

Bref à part Marine le Pen et Jean Luc Mélenchon pas de poids lourd pour l’instant. Les Républicains choisiront leur champion en novembre, à noter que Nicolas Sarkozy ne s’est toujours pas déclaré ! Quant aux socialistes, certains parlent d’organiser des primaires de la gauche, mais si jamais François Hollande se représentait ça n’aurait aucun sens, il serait forcément le candidat…

Des nouveautés.

 L’Assemblée Nationale a adopté de nouvelles règles pour les fameuses 500 signatures d’élus nécessaires pour se représenter, dorénavant les élus devront transmettre leur parrainage au Conseil Constitutionnel, alors qu’auparavant ils pouvaient le remettre au candidat. Cela risque de compliquer la tâche des petits candidats, d’autant que dans les médias audiovisuels la règle de l’égalité absolue sera remplacée par celle de l’équité. Il reviendra désormais au CSA de veiller à un « traitement équitable » tenant compte notamment de la « représentativité » de chaque candidat (par les sondages et les résultats aux précédentes élections). Bref ce sera très difficile pour un inconnu de se faire une place, le renouvellement ce ne sera pas pour cette fois.

4ème « Nuit Debout. »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 avril 2016 08h56 | Comments Off on 4ème « Nuit Debout. »

Pour la quatrième nuit consécutive depuis la journée de mobilisation contre la loi travail le 31 mars, des centaines de personnes du mouvement  « Nuit Debout » ont occupé hier soir la place de la République à Paris

nuit debout 2

 

« Rêve général», «Préavis de rêve» «Que nul n’entre s’il n’est pas révolté», «Nul ne sort s’il n’est pas convaincu». Voilà quelques-uns des slogans très soixante-huitards que l’on peut lire sur la place de la République occupée depuis quatre jours par le mouvement « Nuit Debout… »

Un mouvement prémédité.

En apparence ce mouvement est né le 31 mars, après la grande manifestation contre la loi sur le travail dite loi El Komri, une  loi qui en France prévoit, notamment d’assouplir les conditions de licenciements. Une loi qui a braqué tout une partie de la jeunesse. Mais si une grande partie des occupants ont été motivés par le retrait de la loi, il s’agit en ait d’une opération préparée de longue date. D’après le quotidien Libération l’idée a germé fin février lors d’une réunion publique organisée par le journal alternatif Fakir.

Une infrastructure bénévole.

Et c’est vrai très vite le mouvement s’est organisé, diffusion du film « Merci patron », organisation de concerts donnés par des groupes « underground », et surtout infrastructure efficace. Très vite on a vu des tentes apparaitre, une librairie, une infirmerie, une cantine tenues par des bénévoles et surtout des lieux de discussion pour une assemblée générale permanente où toutes les décisions sont prises après de vifs débats.

Une dénonciation générale.

Au-delà du prétexte de loi El komri c’est toute dénonciation générale du système qui apparait. Je vous cite quelques extrait cité dans la presse : «On vient dénoncer une fausse démocratie, en créer une vraie, participative, directe. Il faut sortir du capitalisme, y’a plus que le pognon qui compte (…), «Ce qui nous unit, c’est qu’on en a marre de ce système»«Nous en avons marre des patrons qui nous exploitent, du système bancaire qui nous saigne jusqu’à la moelle et de ce système qui détruit notre environnement. »

Podemos or not podemos.

A noter qu’ils ont monté  une bonne structure de communication qui organise les interviews accordées aux différents médias venus du monde entier. Beaucoup y voient un parallèle avec le mouvement des indigné en Espagne, Mais pour l’instant pas questionne créer un parti politique comme podemos.

Que cherche-t-il ? Dans un premier temps créer une sorte de site d’occupation permanente un peu comme ce que font les zadistes ( de Z.A.D. zone à défendre ) sur le terrain du très controversé futur aéroport de Notre Dame des Landes.

Evacuation musclée ou pas ?

Seulement ils serait très surprenant que les autorités laissent une telle structure s’implanter en plein Paris de surcroît sur la très symbolique place de la république. Les policiers les ont déjà évacués à plusieurs reprises, mais à chaque fois ils reviennent !

Et avec l’arrivée des beaux jours, et de températures plus clémentes, il sera de plus en plus  facile de supporter la nuit sur la place. Les partisans de la « nuit debout » ne sont pas près de se coucher.

Jean Pierre Coffe au paradis des gastronomes

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 mars 2016 12h29 | Comments Off on Jean Pierre Coffe au paradis des gastronomes

Revenons sur le décès de Jean Pierre Coffe, animateur et critique gastronomique. Je l’avais rencontré à l’occasion des « Bel grosses têtes » enregistrées à Bruxelles en 2001.

 Coffe

 

 

C’est de la merde ! C’est de la merde ! On a tous en tête ces vraies fausses colères qui ont fait de Jean Pierre Coffe une vedette de la télévisons, grand pourfendeur de la nourriture industrielle et de la malbouffe.

Mais Jean Pierre Coffe pour les auditeurs de RTL c’était d’abord une « grosse tête » !  Il avait rejoint l’équipe de Bouvard en 1990 et en 2001 il était même venu à Bruxelles pour participer aux « Bel grosses têtes » . Il nous avait expliqué avec force détails et déhanchements sensuels comment traire une vache.  Et au fur et à mesure de sa description on sentait qu‘il évoquait également une autre sorte de manipulation, assez comparable… et qui parait-il rend sourd quand on s’y livre seul. Comprenant l’astuce on avait tous éclaté de rire, et il avait ajouté : «  ben oui c’est pareil… »

Des frites sans mayo.

Après cette émission nous avons longuement discuté cuisine et notamment cuisine belge… Il y a une chose qu’il ne comprenait pas c’est qu’on mette de la mayonnaise sur les frites ! Pour lui la frite devait être chaude croustillante salée, mais il ne fallait pas mettre de sauce avec. C’était un point de dossard franco-belge mais quand il parlait du chocolat il faisait rimer papille et poésie. Je me souviens d’une tirade comme ça où il comparait le la puissance et la permanence du goût du chocolat à un long voyage. Coffe avait mis du temps avant de trouver sa voie. D’abord publicitaire, puis comédien, puis patron de restaurants ce n’est qu’en 1984 qu’il est devenu critique gastronomique à Canal +.

Sus à la malbouffe !

 C’est là que son talent a éclaté avec sa célebre diatribe contre la malbouffe. Il avait aussi des idées pratiques et sympas comme par exemple cette émission ou chaque vendredi il faisait les courses au marché pour un weekend, soit quatre repas pour deux , avec seulement 100 FF soit 15 euros. Je ne suis pas sûr que ce serait encore possible aujourd’hui…

A la fin de sa vie son image de puriste s’était un peu écornée quand il avait accepté de travailler pour une grande chaine de supermarché low cost. Que voulez-vous, il faut bien vivre …

Une vie tourmentée.

Or Jean Pierre Coffe n’a pas eu la vie facile. Orphelin de père à deux ans, ( il est mort au combat en 1940)  il aura connu dans sa jeunesse  un très grave accident de voiture qui failli le laisser handicapé, et puis d’autres malheurs comme la mort de sa fille d’un cancer à 37 ans. Marié trois fois à des femmes il avait divorcé trois fois, avant d’assumer sa bisexualité et de finir sa vie avec un homme …Mais qui lui a refusé de l’épouser…  il y a des fois comme ça …

Mais pour ses amis et depuis hier les témoignages affluent, il était toujours là !

Croyez-moi, Jean Pierre Coffe c’était pas de la m…

La Belgique en question.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 mars 2016 11h16 | 5 commentaires

48 heures après les attentats, et après l’émotion générale, la presse française revient sur les origines du terrorisme islamique en Belgique… et elle n’est pas tendre.

menneken
Ce matin j’étais interviewé par la chaîne tout info BFM TV…ils m’ont posé trois questions : pourquoi n’avez pas tenu compte des avertissements de la Turquie, comme l’a dit Erdogan ? Les services secrets belges sont-ils naïf ? Pourquoi les frères El Bakraoui n’étaient-il pas en prison alors que c’étaient des délinquants ?Voilà,  j’ai dû répéter que les propos d’Erdogan avaient été démentis par le ministre de la justice, que Manuel Valls avait taclé et renvoyé dans les cordes son ministres des finances Michel Sapin parce qu’il avait parlé de la naïveté des Belges, enfin j’ai dû expliquer que quand quelqu’un avait purgé sa peine en Belgique on le libérait, et qu’il n’y avait pas de Guantanamo ici…

Le Monde aussi.

J’avoue que j’ai été un peu découragé quand je me suis assis à mon bureau et que j’ai ouvert les journaux, et là patratras ! Pleine page dans le journal le Monde, le journal français de référence le plus lu à l’étranger ! Une pleine page avec pour titre « la Belgique plaque tournante du Djihadisme », avec cartes analyses, débat etc… J’ai renoncé à ouvrir les autres journaux, j’en avais assez lu comme ça, à l’étranger l’image de la Belgique est en morceaux…

Les Belges oui, la Belgique non.

Alors bien sûr il faut faire la part de choses, si la Belgique a une image détestable, ce n’est pas le cas des Belges. Il existe une vraie solidarité avec les victimes, et au-delà avec les habitants de la Belgique. Vous avez vu les monuments du monde entier parés des couleurs noirs, jaunes, rouges, et dans le Monde daté d’aujourd’hui d’ailleurs il y a un très beau dessin où l’on voit le Mannekenpis en pleurs tenant un drapeau belge. Je suis sûr que si nous allions faire un micro trottoir à Lille, à Paris, ou à Marseille, nous recueillerions des centaines de messages d’amitié, de soutien, d’encouragement. C’est le pays, ses gouvernants, sa gouvernance qui sont montrés du doigt partout.

Naïf ou pas ?

C’est trop injuste aurait dit Calimero, mais ça ne doit pas nous empêcher de nous poser des questions sur le fonctionnement de la Belgique, sur ce qui a marché et ce qui échoué… et notamment l’excessive fédéralisation et communautarisation des institutions… Aboutissant à un kaléidoscope que plus personne ne comprend ici. Alors vous imaginez à l’étranger… Savez-vous que la lutte contre la radicalisation concernent 6 gouvernements en Belgique !
Même dans un pays aussi centralisé que la France il est extrêmement difficile de lutter contre ce type de terrorisme, d’infiltrer les réseaux, d’agir en amont. Alors ici où l’on a tout fait pour compliquer choses. C’est peut être ça d’ailleurs reste peut être ça d’ailleurs la naïveté belge : croire qu’on était sorti de l’histoire avec un grand H, et qui l’on pouvait désormais se passer d’un Etat digne de ce nom…
Mardi l’histoire s’est rappelée çà nous.

Un homme jugé 30 ans après les faits.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 mars 2016 09h39 | Comments Off on Un homme jugé 30 ans après les faits.

Un procès particulier va s’ouvrir aujourd’hui à Strasbourg. Celui d’un homme accusé de crimes qu’Il a commis il y a trente ans. Ce sont les progrès des techniques d’investigation qui ont permis son arrestation tant d’années plus tard.  Ses avocats vont essayer de démontrer qu’il ne s’agit plus du même homme.

 

la_justice

 

Nicolas Charbonnier 54 ans est accusé d’avoir en 1986 violé deux jeunes filles et tué l’une d’entre elles.

Il s’introduisait la nuit dans les maisons et il tentait d’asphyxier ses victimes avec une cordelette, avant de les agresser sexuellement. Il a ainsi violé Marion, 11 ans, en 1986 à son domicile. Marion survécu mais deux mois plus tard, Martine, 17 ans, était morte étranglée dans son lit. Deux autres tentatives de viol, commis avec des techniques similaires en 1985 et1986  sur des jeunes femmes majeures, ne seront pas jugées car les faits sont prescrits …Pourtant Nicolas Charbonnier a reconnu l’une des deux tentatives.

 

 

Fichier des empreintes.

 

 

Le violeur a été confondu en 2013, alors qu’il était inscrit au fichier des empreintes digitales pour un vol bénin. Tout d’un coup miracle des mémoires d’ordinateur,  une empreinte palmaire recueillie en 1986 sur les lieux d’un des viols, a parlé. Il s ‘agissait du même homme …

L’instruction et l’examen médical n’ont pas conclu à l’irresponsabilité de l’accusé. Nicolas Charbonnier risque donc la réclusion criminelle à perpétuité,  sauf qu’entre 1986 et son arrestation en 2013, Nicolas Charbonnier n’a jamais récidivé. Il n’est plus à 54 ans, le jeune homme de 23 ans, qui a commis ces viols et de meurtre. Il a mené pendant toute ces années une vie banale de père de famille, et c’est toute la question de la prescription qui se pose : combien d’années pour être oublié ?  Combien d’années pour qu’un acte commis par un jeune homme ne soit plus reproché à un grand père ?

 

 

Prescription ou pas ?

 

 

Alors bien sûr il y a les crimes imprescriptibles, les crimes contre l’humanité qui fait qu’en Allemagne, encore aujourd’hui, ont fait comparaitre des nonagénaires qui furent à 18 ans gardien de camps à Dachau ou à Auschwitz.

Mais pour le reste est-ce qu’une vie banale, sans autre accroc,  peut faire oublier des viols, un meurtre ? Le cas de Charbonnier est intéressant car il n’est pas jugé pour tous les faits ? Certains d’entre eux sont justement prescrits… avant trente ans crime… après trente ans oubli.  Est-ce que la durée est la bonne ? Qui sait ? Il faut bien une durée… mais il faut aussi une justice. Or rendre justice à la société, pour un trouble majeur de l’ordre public, un crime, ce n’est pas exactement la même chose que rendre justice aux familles des victimes, condamnées à jamais à avoir perdu l’être cher… 

La société peut accepter que le temps, le temps long, efface les fautes.

Mais les victimes ?

 

 

 

 

L’Eglise de France face à la pédophilie

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 mars 2016 10h03 | Comments Off on L’Eglise de France face à la pédophilie

Les évêques de France se réunissent à Lourdes pour leur assemblée de printemps dans une ambiance morose. Une affaire mettant en cause un prêtre secoue le diocèse de Lyon.

Vatican11

 

En ligne de mire le cardinal Barbarin archevêque de Lyon. Un personnage haut en couleur très médiatique, la figure avenante, le verbe facile que certains, il y a peu, voyaient occuper un jour ou l’autre d’importantes fonctions au Vatican, sinon la plus importante…

Un passé difficile.

Et pan ! La tuile ! On lui reproche de ne pas avoir suspendu un prêtre pédophile. L’affaire est complexe : elle concerne un prêtre, le père Preynat, qui s’est livré à des actes pédophiles dans les années 80, notamment dans la troupe de scouts qu’il encadrait. En ce temps-là l’église traitait ce genre d’affaire dans la discrétion ne dénonçait pas les prêtres à la justice,  et se contentait souvent de les muter. Il faut dire que les accusations de pédophilies étaient une arme couramment utilisée par les communistes polonais contre l’église de Pologne, et que Jean Paul II avait tendance à interpréter ces situations avec son logiciel polonais…

Barbarin en première ligne.

Le père Preynat est donc muté et on n’entend plus parler de lui…Jusqu’au moment où une de ses anciennes victimes se rend compte qu’il est toujours en activité. Elle décide de porter plainte, même s’il y a prescription, ce qui encourage alors d’autres victimes à se joindre à l’accusation. Une association la « parole libérée » est même créée à cette occasion.

Le cardinal Barbarin  n’est archevêque de Lyon que depuis 2002. Il n’avait donc aucune autorité sur le prêtre en question à l’époque où les faits se sont produits. Mais on lui reproche de ne pas avoir l’avoir suspendu  à l’instant où il a appris les agissements du père Preynat. Il se défend en disant qu’à l’époque aucune plainte n’avait été déposée. Le prêtre est resté en activité jusqu’au 31 août 2015 quand  il a été finalement mis à pied par décision du cardinal.

Des bombes à retardement.

Cette affaire inquiète beaucoup les autres évêques de France, car demain d’autre cas peuvent éclater partout. Combien de prêtres pédophiles aujourd’hui âgés, ont-ils commis des faits il y a trente ou quarante ans sans récidiver, et se sont ensuite perdus dans les méandres de l’Eglise. Assez peu a priori, le phénomène ne toucherait que 0,1% de prêtres catholiques au niveau mondial, mais même s’ils ne sont que quelques-uns ils représentent un vrai danger pour l’Eglise à qui reprochera toujours de les avoir protégés, même si les évêques responsables ne sont plus en fonction depuis bien longtemps.

La clairvoyance de Benoît XVI.

L’église de France comme les autres n’a qu’une attitude possible : appliquer à la lettre les décisions prises par Benoit XVI qui a réformé le droit canon en mai 2011. Ça tient en deux phrases : les évêques doivent «toujours suivre les prescriptions des lois civiles» et «déférer aux autorités compétentes» tout prêtre signalé comme pédophile.

Dans ce domaine Benoit XVI a été plus clairvoyant que Jean Paul II.

Austrasie : le retour des anciens Francs.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 mars 2016 09h51 | Un commentaire>

 Après la réforme qui a fait passer le nombre des régions françaises de 22 à 13, il faut maintenant choisir un nom aux nouvelles entités…Et ce n’est pas chose facile. Les choix proposés sont parfois un peu bizarres. Ainsi la « grande région Est » pourrait s’appeler « nouvelle Austrasie »  et le Nord «  Haut de France… »

Sigebert roi d'Austrasie

Sigebert roi d’Austrasie

Quand en France on a créé les régions en 1970 le gouvernement était allé au plus simple. Dans la plupart des cas soit on avait repris le nom des départements qui la constituait : le « Nord-Pas-de-Calais », soit on s’était inspiré de la géographie : le « Midi-Pyrénées » soit on avait tout simplement sorti de l’oubli le nom des vieilles provinces françaises qui existaient avant la révolution : Bretagne, Lorraine, Alsace, Limousin etc… Sauf qu’à l’époque il avait déjà fallu tordre un peu le bras et à la géographie et à l’histoire et trouver des formules hybrides comme « Provence- Alpes- Côte d’Azur », devenu l’acronyme  PACA. Ou alors tout bêtement « région Centre » parce qu’elle était au centre.

Un « Grand Est » recalé.

La réforme a rebattu les cartes, et la plupart des régions se creusent le ciboulot pour trouver de nouveaux noms. Ainsi les deux entités limitrophes de notre pays qu’on désigne actuellement sous le nom de : «  Nord- Pas de Calais- Picardie »  et d’ : « Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes »  sont entrai de se chercher une identité avec le concours des citoyens.  En 1970  on n’avait demandé l’avis de personne. C’était plus simple…et là surprise ! Les gens qui se sont prononcé ont choisi de trucs assez surprenants. Ainsi la région dont la capitale est Strasbourg ne s’appellera pas «  Grand Est »  comme on le pensait, c’était pas terrible    mais au moins  c’était simple.

Mais « Grand Est » a été écarté et finalement trois propositions sont sorties du chapeau : « Alcalie », « Rhin-Champagne » ou « Nouvelle Austrasie » . C’est ce

qu’ont décidé samedi  » 60 experts, élus et citoyens tirés au sort. Ces noms seront soumis au vote des habitants du 14 mars au 1er avril.

Histoire contre géographie ?

Rhin- Champagne on voit bien ce que ça veut dire, ça va du Rhin à la Champagne. Alcalie, c’est un acronyme… Alsace, Champagne, Ardennes, Lorraine…et nouvelle Austrasie, c’est la redécouverte du royaume franc qui occupait ces régions du partage effectué à la mort de Clovis, jusqu’au renversement de Childeric III en 751. Austrasie ou royaume de l’Est…par opposition à Neustrie royaume de l’ouest. J’espère que les présidents de cette région ne devront pas s’appeler Childebert, Théodobalt, Clotaire ou Childéric. Noms de quelques-uns des rois d’Austrasie dont la capitale était Metz.

Il y a quelques années le président de la région Languedoc avait voulu lui aussi raviver le nom d’un territoire ancien et appeler sa région « Septimanie » (royaume des Wisigoths du Nord à la fin de l’Empire romain) ce qui avait fait rigoler tout le monde. Le temps changent , on verra ce que décident les citoyens.

Au Nord c’était en haut.

Quant à la région Nord, capitale Lille, c’est moins original les habitants auront le choix entre «  Hauts-de-France » parce que c’est en haut, « Nord-de-France » parce que c’est au Nord, ou « Terres-du-Nord » peut être par ce qu’au Nord c’étaient les corons et que le charbon venait de la terre. La solution plus originale « Ch’ticardie » n’a pas été retenue.

Bon j’ai bien une idée pour le Nord on pourrait lui donner façon « Austrasie » le nom que portait la région sous l’Empire romain, comme on dit Provence ou Aquitaine.

Et ce nom c’était…Belgique !

Bataclan : une plainte contre la Belgique

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 mars 2016 08h53 | Comments Off on Bataclan : une plainte contre la Belgique

Attentats de Paris : après deux mois de réflexion une famille de victime du Bataclan porte plainte pour « incompétence » contre les autorités belges.

Valentin Ribet

Valentin Ribet

 

Samia Maktouf l’avocate de la famille de Valentin Ribet, une victime du Bataclan, va déposer aujourd’hui un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme pour des dysfonctionnements au sein des autorités belges « Il y a eu des ratés ( dit-elle ) 9 des 13 terroristes proviennent d’une ville, Molenbeek-Saint-Jean, et sont arrivés dans nos frontières », Derrière ce recours elle pointe aussi la « responsabilité politique à l’origine de la mort de personnes victimes ».

Chercher un coupable.

 L’avocate reproche le manque de partage d’information entre les services de polices belges et français. Elle vise aussi plus particulièrement des hommes politiques belges qu’elle ne cite pas mais qu’elle rend responsable de la mort de Valentin.

On se souvient que la mère de Valentin avait déjà annoncé ce dépôt de plainte le 18 janvier, elle s’était ensuite exprimée sur RTL TVI où elle avait montré beaucoup d’émotion. Tout le monde naturellement compatit à sa douleur, mais elle a visiblement intégré l’idée qu’il y avait une culpabilité belge dans la mort de son fils. Elle a d’ailleurs refusé de discuter en direct avec la bourgmestre de Molenbeek Françoise Schepmans.

Cour européenne.

A l’époque on se demandait quel type de plainte pouvait être déposée : au pénal ? au civil ? en France ? en Belgique ? et c‘est donc finalement devant la cour européenne des droits de l’homme que la famille a décidé d’agir. C’est un peu bizarre parce que quelque part ça voudrait dire que la Belgique a enfreint la charte européenne des droits de l’homme en ne protégeant pas suffisamment des citoyens européens. Honnêtement ça me parait un peu capillotracté, et je ne suis pas du tout sûr que la cour européenne s’estime compétente pour un cas tel que celui-là. Maintenant tout est possible…

Une alternative ?

Je répète qu’on peut comprendre la douleur et le besoin de savoir de cette mère uni a perdu un garçon de 26 ans

jeune et brillant avocat à qui le plus bel avenir était promis. C’est horrible, injuste insupportable, mais comme pour toutes laures victimes du 13 novembre qui je vous le rappelle étaient 130…

A bien y réfléchir je me demande quand même si l’instance la pus pertinente pour étudier les éventuelles disfonctionnement de la police et de la politique en Belgique, ce ne serait pas tout simplement une commission d’enquête parlementaire, comme on en avait connu une dans l’affaire Dutroux.

On en parle, mais pour l’instant ce n’est pas décidé.

Enquêter plutôt qu’être jugé.

Cette commission, organisée par notre principale institution le parlement, le fondement de notre démocratie, pourrait surement apporter des informations, mais aussi montrer à chacun que la Belgique est un pays qui fonctionne et que ses institutions sont à même de gérer ce genre de crise, sans avoir besoin qu’on nous traîne devant des tribunaux supra nationaux.

Pour simplifier ça permettrait de faire la lumière tout en redorant notre blason qui en ce moment n’est pas très brillant.

Un périlleux périscope

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 mars 2016 12h52 | Comments Off on Un périlleux périscope

François Hollande s’est fait piéger hier par les nouveaux moyens de communication. Il a fait les frais de l’application vidéo Periscope. Alors qu’il visitait une entreprise la retransmission sur ce système s’est transformée en avalanche d’insultes.

periscope hollande

 

Au départ l’intention était bonne, devant le tollé que provoque la réforme du code du travail notamment sur internet où une pétition recueille des centaines de milliers de signatures, Francois Hollande avait décidé d’aller l’expliquer à des salariés au cours d’une visite d’entreprise. En l’occurrence la société showroom privé située en banlieue parisienne.

Un bon début.

Au début les choses se sont très bien passées : accueil par l’encadrement, visite de locaux, salariés à la fois curieux et intéressé, bref du classique. A la fin il était prévu un moment d’échange entre le président et les salariés. Dans une grande pièce des chaises avaient été disposées en carré et la discussion a commencé à bâtons rompus. Discussion courtoise et constructive, sauf que le service de communication de l’Elysée, avait décidé de retransmettre cette discussion non pas à la télévision, mais à travers le système périscope…rassurez-vous rien à voir avec les sous-marins.

Le périscope dérape.

Périscope est une application pour smartphone, une sorte de croisement entre YouTube et twitter, qui permet à ses utilisateurs de diffuser une vidéo en direct. Le problème c’est que les gens qui reçoivent la vidéo peuvent publier des commentaires en direct. Et c’est ainsi que François Hollande deux jours après sa visite tumultueuse au salon de l’agriculture, s’est une nouvelle fois trouvé en butte à des bordées d’insultes, des propos injurieux, de insanités diverses. Les services de l’Elysée ont bien essayé de modérer les commentaires, en vain, au bout d’une demi-heure il fut tout simplement décidé de mettre fin à la retransmission.

Les limites du geek. 

Cet incident c’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé…Il y a environ deux ans, François Hollande a complément modifié son service de communication, renvoyant à leur études ses vieux copains comme le journaliste Claude Sérillon. L’ancien présentateur du JT de France 2 ( jusqu’en 2002 !) un peu déconnecté des médias d’aujourd’hui, n’avait pas anticipé le fait que la jeune Léonarda, ( adolescente rom expulsée au Kosovo avec sa famille ) allait répondre en direct sur une chaine info juste après une allocation présidentielle.

Mais on allait voir ce qu’on allait voir, François serait désormais cornaqué par des geeks, des virtuoses du réseau social, des acrobates de la toiles ! D’où le périscope.

Un média immature.

Hélas ! Les réseaux sociaux se résument bien souvent un déversoir de bêtise et d’insultes. Il fallait être bien naïf pour imaginer que de l’autre côté du périscope il n’y aurait que des citoyens intéressés, mûrs et responsables.

Au XVIIème siècle les premiers journaux n’étaient que de pamphlets ou des libelles, puis ils se sont professionnalisés. Un jour, à plus ou moins long terme, la communication sur les réseaux sociaux entrera peut être dans l’âge adulte.

Peut-être…

Un drone belge intercepté par un Rafale

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 mars 2016 08h56 | Comments Off on Un drone belge intercepté par un Rafale

 

Hier un drone belge escorté par un Rafale français s’est écrasé près de Reims sans faire de victimes.

Un Rafale

Un Rafale

 

C’est loin d’être banal, il s’est produit hier un incident aérien entre la Belgique et la France qui a nécessité le décollage d’une Rafale de la protection aérienne française.  En général entre deux pays mais ce genre d’incident implique un avion de tourisme ou avion de ligne en difficulté que le chasseur accompagne vers un aéroport où il peut se poser. Masi là ce fut différent…

Alerte au drone !

A 14h33, les autorités belges préviennent  les autorités françaises qu’un drone de grande envergure, opéré par un organisme privé faisant du contrôle de zone, vient de pénétrer dans l’espace aérien français. Le contrôle de zone c’est une surveillance depuis le sol ou depuis les airs qui permet de garder l’œil sur un espace aérien réglementé. C’est notamment destiné à protéger les vols à l’arrivée ou au départ d’un aérodrome.

Un Rafale décolle.

A 14h34 soit une minute après au reçu l’appel belge la Haute autorité de défense française alerte l’armée de l’air qui évalue la situation. Il ne s’agit pas d’un drone de petite taille comme ceux que vous pouvez acheter dans le commerce, ou comme ceux que nous utilisons à RTL pour faire des images aériennes. Nous avons affaire ici un drone de grande taille de l’ordre de trois mètres, qui ressemble plus à un petit avion. Il y a donc un vrai risque en cas d’écrasement sur une zone habitée ou industrielle. 7 minutes plus tard A 14h42  l’état-major de l’armée de l’air fait décoller un Rafale depuis la base de Saint Didier en Haute Marne, mission intercepter le drone belge !

Interception.

Une demi-heure plus tard le pilote du Rafale aperçoit le drone, il vole à 140km/h, et ne porte aucune charge sous les ailes. On ne sait jamais il aurait pu s’agir d’un drone militaire équipée de missiles, comme ceux qu’utilisent les Américains pour procéder à des bombardements en Afghanistan ou en Irak. Là pas de problème c’est un drone civil. Le Rafale ne reçoit pas l’ordre de l’abattre mais de l’escorter.  Peu après le moteur du drone tombe en panne ce qui provoque sa chute heureusement en pleine campagne. Il s’est écrasé dans un champ dans le département de l’Aisne à  Dizy-le-Gros* exactement à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Reims. Il n’a fait ni victimes, ni dégâts. La gendarmerie s’est néanmoins rendue sur les lieux pour procéder aux constatations et sécuriser le site.

Une première ?

Plus de peur que de mal, ce n’est qu’un incident bien loin par exemple de l’accident tragique des deux F16 belges qui s‘étaient crashés dans le Limousin en septembre 1987. Mais nous avons probablement assisté hier à une première dans les relations aériennes entre la France et la Belgique…

 

*Dizy-le Gros haut lieu de combats héroïques le 16 mai 1940, entre une poignée d’automitrailleuses françaises et la déferlante des panzers…

 

 

Drone: derniers détails :

Le drone qui s’est écrasé lundi après-midi dans le département de l’Aisne (nord de la France) avait décollé de Weelde, au nord de Turnhout (province d’Anvers), et était opéré par un institut de recherche flamand, le VITO, qui en a perdu le contrôle, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Ce drone de grande taille – 3,8 mètres d’envergure et 3,4 m de long, propulsé par un moteur à hélice propulsif – a été suivi durant toute une partie de son parcours par deux avions de chasse F-16 provenant de la base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg), qui ont ensuite confié sa surveillance à un Rafale de l’armée de l’Air française. ( Agence Belga)