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Moi plus président !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 décembre 2016 12h00 | 2 commentaires

D’après un sondage publié ce matin 82% des Français approuvent la décision de François Hollande de ne pas se représenter à l’élection présidentielle. C’est néanmoins n séisme politique car jamais sous la Vème République un président n’avait renoncé à briguer un second mandat, quitte à se faire battre comme Giscard en 1981 et Sarkozy en 2012.

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Il était 20h pile quand François Hollande est apparu à la télévision, la mine grave. Le suspens a duré quelques minutes pendant lesquelles il a tiré un bilan positif de son mandat et déclaré que la condition qu’il avait mise, l’inversion de la courbe du chômage était désormais remplie…La conclusion fut un véritable coup de tonnerre :

« Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle »

Le ton était solennel et triste d’après les témoins il régnait dans le studio N°2 de l’Elysée une ambiance de plomb.

Un secret bien gardé.

La plupart des collaborateurs du président n’avaient été averti que dans la journée. L’entourage de Manuel Valls assure que François Hollande aurait averti le premier Ministre lors de leur déjeuner de lundi, mais d’après certains de ses proches il n’aurait pris sa décision que mercredi. Une conversation avec Ségolène Royal et leurs quatre enfants auraient été décisive. Ils l’ont dissuadé de se présenter s’il n’avait pas le sentiment de pouvoir l’emporter. De plus  après la déclaration de Manuel Valls le weekend dernier qui se disait prêt, il était persuadé qu’il ne pourrait pas rassembler la gauche, au contraire sa candidature aurait pu provoquer une guerre fratricide.  Peut-être a t-il également senti après les échecs de Sarkozy  et Juppé à droite,  de Cécile Duflot chez les Verts ( sans parler d’Hillary Clinton) , que l’époque n’étaient pas aux sortants.

Valls candidat ?

Manuel Valls pourrait annoncer sa candidature dès ce weekend, peut être lors du meeting de la belle alliance populaire qui se tiendra samedi à l’appel du PS. Pour autant la personnalité du Premier Ministre ne fait pas l’unanimité à gauche, d’autres candidats pourraient se déclarer, comme Christiane Taubira, Najat Vallaud Belkacem et pourquoi pas Anne Hidalgo la Maire de Paris. Par ailleurs certains hollandistes de poids, y compris des ministres de l’actuel gouvernement  (Royal ?) pourraient rejoindre Emmanuel Macron.

En renonçant à se présenter François Hollande a rebattu les cartes et ouvert le jeu… la partie ne fait que commencer !

Bayrou tacle Fillon.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 décembre 2016 08h08 | 3 commentaires

Nouveau rebondissement dans la campagne pour l’élection présidentielle en France, le centriste François Bayrou refuse de se rallier à François Fillon. Il pourrait se déclarer lui-même candidat.

Bayrou rtl

C’était hier soir dans le journal de France 2. Le maire de Pau s’est nettement démarqué du programme de François Fillon.

Soutien d’Alain Juppé à la primaire il a littéralement taclé l’ancien premier ministre. «J’ai de l’amitié pour François Fillon depuis longtemps et je veux l’alternance. Le projet de Fillon est dangereux pour l’alternance», il a ensuite cité le libéral historique Alain Madelin qui aurait déclaré au sujet du candidat de la droite : «C’est Robin des Bois à l’envers. Au lieu de prendre aux riches pour donner aux pauvres, il prend aux pauvres pour donner aux riches!» et Bayrou d’ajouter «ceux qui ont moins auront moins, et ceux qui ont plus auront plus» .

Il a notamment cité la disparition de l’impôt sur la fortune, la hausse de la TVA et la suppression 500 000 postes de fonctionnaires. Proposition qui ne passe pas dans une France, où tout le monde rêve plus ou moins de devenir fonctionnaire.

Jamais trois sans quatre.

François Bayou ne s’est pas encore déclaré mais disons que sa candidature est plausible, ce serait alors la quatrième fois qu’il se lancerait dans la course. Il a toujours obtenu des résultats honorables, atteignant même 18,5% en 2007 année où il avait fini troisième. On se souvient de son débat avec Ségolène Royal et un moment la candidate socialiste avait envisagé de le nommer premier ministre en cas de victoire. Mais au final il n’avait pas appelé à voter pour elle au second tour, ce qu’il a fait en revanche en 2012 pour François Hollande, déclenchant la colère et même la haine de Nicolas Sarkozy, persuadé qu’il lui doit sa défaite à l’époque. D’ailleurs pendant la campagne de primaires Sarkozy avait fait de Bayrou ( qualifié de traître)  une cible, cherchant à atteindre Juppé à travers son allié centriste.

Un axe Macron-Bayrou-NKM ?

Le positionnement très à droite de François Fillon laisse indubitablement un espace au centre, espace occupé pour l’instant par Emmanuel Macron. Peut-on imaginer un rapprochement entre les deux hommes ? Certains rêvent d’une sorte de résurrection de l’UDF le parti de Valéry Giscard d’Estaing qui mordait à la fois sur le centre droite et le centre gauche. Il est vrai qu’il existe une sorte de nébuleuse Macron, NKM , Bayrou… Réformatrice sur l’économie mais intransigeante sur les valeurs républicaines d’ouverture et de tolérance. Mais ces convergences d’idées ne font pas forcément un programme politique. D’autant qu’il existe un déjà parti centriste  l’UDI qui après son congrès se ralliera très probablement à François Fillon. Comme le disait autrefois Marie France Garaud , célèbre conseillère de Jacques Chirac à ses débuts : « les centristes c’est un problème qui se règle à coups de portefeuilles ! ». De portefeuilles ministériels bien sûr…

 

Débat : Fillon l’emporte

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 novembre 2016 10h59 | Un commentaire>

57% des Français estiment que François Fillon a été plus convaincant hier soir lors du débat qui l’a opposé à Alain Juppé, pour la désignation du candidat de droite à l’élection présidentielle. Les deux hommes sont restés courtois l’un avec l’autre malgré quelques moments de tension, notamment sur l’avortement. A deux jours du scrutin on peut dire que les jeux sont faits.

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C’était un peu étrange ce débat doit droite, quand on est habitué aux duels gauche droite. Les deux hommes se sont tutoyés, tout était dans la nuance, on a entendu plus de « je suis d’accord mais… » Que de véritable désaccords. Sauf sur les sujets qui fâchent comme la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires préconisée par François Fillon, contre 250 000 quand même chez Juppé.

Thatcher contre Chirac.

Il est apparu que François Fillon avait un programme radical de changement de la société française dans un sens beaucoup plus libéral, thatchérien dirons certains, alors qu’Alain Juppé reste dans les classiques de la droite, avec une approche disons gaullisto- chiraquienne du problème. Ca s’est vu notamment quand ils ont abordé la question du temps de travail chez les fonctionnaires. Alain Juppé veut le relever à 39 heures au lieu de 35, mais « pas de façon brutale ». Alors que François Fillon propose 39 heures payées 37. (Et là comme dirait Raoul Volfoni c’est du brutal !)

Mai 68

Il y a eu des moments presque cocasses notamment quand les eux hommes ont reconnu qu’ils avaient manifesté pendant mai 68. Avant de se reprendre en disant que la plus grande manifestation à laquelle ils avaient participé dans leur vie était celle qui défendait l’école privée en 1984, ils y étaient d’ailleurs ensemble…

Avortement

On s‘attendait à une passe d’arme un peu violente sur les sujets de société comme l’avortement, dont François Fillon a dit un jour qu’il y était personnellement opposé.  Mais Alain Juppé fut moins agressif que dans les interviews qu’il a données en début de semaine. François Fillon a répondu qu’il ne reviendrait pas sur cette loi et que le procès qui lui était fait n’était pas correct. Il y a bien eu une nuance quant à savoir s’il s’agissait d’un droit fondamental ou pas : pour Juppé oui, pour Fillon non, mais pour ce dernier c’est  néanmoins un droit ! Vous me direz qu’il a dû à ce moment  perdre quelques-uns des catholiques pratiquants qui le soutiennent…

Pas forcément puisque cette semaine le, pape François a accordé à tous les prêtres la faculté d’absoudre ce qu’il appelle le « péché d’avortement ». Et ce genre de pêché peut arriver aussi dans les meilleures familles.

Ni rêve, ni peur.

Au final François Fillon est apparu plus clair et maitrisant mieux son programme et si 57 % des français, de tous les Français, l’ont trouvé plus convaincant, c’est surtout le cas de 71% des électeurs de la droite et du centre… Donc selon toute vraisemblance c’est plié !

Il faudrait pour inverser les choses une mobilisation massive des électeurs de gauche en faveur d’Alain Juppé, mais honnêtement je n’y crois pas. Pour deux raisons :

Juppé ne fait pas rêver, et malgré ses gros sourcils, Fillon ne fait pas peur…

Débat : Taisez-vous Pujadas !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 novembre 2016 08h15 | 5 commentaires

Hier soir a eu lieu le dernier débat des primaires de la droite en France. Un débat assez convenu où chacun des candidats est resté sur ses positions. Les échanges sont restés polis sauf avec les journalistes qui en ont pris pour leur grade. Par ailleurs François Fillon continue sa remontée et une surprise n’est plus à exclure au premier tour dimanche.

 

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Tous les sondages publiés ce matin, donnent François Fillon vainqueur du débat,  en tout cas c’est lui qui est apparu comme le plus crédible aux yeux des Français . Viennent ensuite selon les instituts Alain Juppé puis Nicolas Sarkozy ou le contraire.

Le retour de Fillon.

Voilà qui complique les choses, on pensait depuis plusieurs semaines que le match se jouerait à deux, Sarko-Juppé et voilà que Fillon est revenu dans le peloton de tête. Ainsi qu’il l’avait annoncé, calquant son parcours sur celui de Jacky Ickx au 24h du mans 1969, parti dernier arrivé premier ! Ainsi l’ancien premier ministre pourrait bien éjecter dimanche celui qui le considérait comme un simple collaborateur…..On n’en est pas là et l’exemple américain nous a montré la limite des sondages.

Haro sur les plumitifs !

D’ailleurs  on a assisté hier à une dérive Trumpienne assez intéressante…Alors qu’ils évitaient soigneusement de s’étriper,  les candidats s’en  sont pris durement aux journalistes qui les interrogeaient. D’abord David  Pujadas s’est ramassé  une remarque cinglante de Nicolas Sarkozy quand il a voulu l’interroger sur les accusations de Ziad Takkeddine qui affirme lui avoir remis des valises d’argent libyen entre 2006 et 2007.

Réponse de l’ex  : «Quelle indignité. Nous sommes sur le service public. Vous n’avez pas honte de donner de l’écho à un homme qui a fait de la prison, a été condamné à d’innombrables reprises pour diffamation, et qui est un menteur? Ça n’est pas l’idée que je me fais du service public, c’est une honte ». Circulez y’a rien à voir ! On se serait cru, il y a 25 ans avec Mitterrand et Hugues le Paige de la RTBF. Le Belge avait eu l’outrecuidance de l’interroger sur les écoutes de l’Elysée, le sphinx lui avait lancé «  si j’avais su que vous étiez comme ça…je n’ai pas de temps à perdre sur de sujets pareils… » avant de mettre fin à l’interview.

Le Maire comme Marchais

Hier soir Jean Pierre Elkabbach a aussi entendu les balles siffler quand il a fait remarquer à Bruno Le Maire que sa campagne ne fonctionnait pas. Réponse de Lemaire : «Qu’est-ce qui vous dit que ça ne va pas fonctionner? (…) M. Elkabbach, je suis candidat à la primaire. Ça mérite le respect de votre part, et je n’ai pas à recevoir de leçon de votre part»… Là aussi souvenir, souvenir, ça m’a rappelé le leader communiste Georges Marchais en 1978, renvoyant le même Elkabbach dans les cordes avec le célèbre «  taisez-vous Elkabbach ! »

Fillon dit non.

Enfin lors de la conclusion du débat François Fillon refusé la parole libre que Pujudas lui proposait pour selon son expression « guerroyer ».

«Vous êtes en train de nous couper la parole sur des sujets fondamentaux, alors qu’on ne veut pas. C’est tout le problème de la conception que vous avez de plus en plus de ces débats: vous cherchez le spectacle, et pas le fond. »

Cool… J’en entends déjà deux ou trois nous expliquer lundi que s’ils ont perdu c’est la faute des journalistes …

Le bilan de Barack.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 novembre 2016 08h36 | 3 commentaires

Barack Obama aura passé 8 ans à la Maison Blanche. Au début son slogan de campagne, « Yes we can » avait suscité bien des espoirs. Ses partisans s’attendaient à une  politique volontariste qui aurait changé les Etats Unis en profondeur. Deux mandats plus tard, le bilan est contrasté, il n’a pas tenu toutes ses promesses, mais aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur l’administration Obama peut s’enorgueillir de quelques belles réussites. Il quitte d’ailleurs la présidence avec 55% d’opinions favorables.

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A écouter les commentaires Barack Obama n’aurait rien accompli de vraiment mémorable. Il n’a pas fermé Guantanamo, il n’a pas réussi à limiter l’usage des armes aux Etats unis, il n’a pas mis fin aux interventions extérieures, il n’pas  réglé le conflit israélo palestinien. Et pourtant au début ce premier président noir avait suscité des espoirs  immenses, à-tel point qu’en signe d’encouragement il avait reçu le prix Nobel de la paix un an à peine après son accession au pouvoir…

Des avancées à l’intérieur.

Mais au fond que lui reproche-t-on au juste ? Hormis de n’avoir pas réalisé tous les rêves promis…

A l’intérieur alors qu’il affrontait les suites de la crise économique de 2008, il a réussi à imposer l’ « Obama care », une sécurité sociale pour tous, alors que Bill et Hillary Clinton avaient échoué sur le même dossier. De même c’est sous sa présidence que le mariage homosexuel été autorisé par la cour suprême.

Des succès à l’extérieur.

A l’extérieur il a signé un accord sur le nucléaire iranien ramenant l’Iran dans le concert des nations, même si cet accord continue à être contesté. Il s’est réconcilié avec Cuba, après 54 ans de rupture des relations diplomatiques. Alors qu’on le disait beaucoup moins interventionniste que ses prédécesseurs, il a soutenu l’action franco-anglaise en Libye contre Kadhafi et il a pris ses responsabilités en engageant les Etats Unis contre l’organisation terroriste état islamique en Irak et en Syrie. Enfin il a fait retrouver et neutraliser l’inspirateur des attentats du 11 septembre, Oussama ben Laden.

Des échecs.

Son plus grand échec, aura été l’impossibilité de réformer la vente des armes aux Etats Unis malgré des événements terribles comme la tuerie à l’école primaire de Sandy Hooke, où avaient péri 20 enfants de moins de 10 ans. En annonçant le drame à la télévision, Barack Obama avait écrasé quelques larmes, submergé par l’émotion. Mais les larmes du président n’auront pas fléchi le lobby des armes. De même les dernières années de sa présidence ont vu resurgir les tensions raciales  comme à Ferguson après la mort de Michael Brown, un jeune noir de 18 ans tué par un policier.

Un président pour l’histoire.

Alors que retiendra l’histoire de Barack Obama ? Au minimum son élection… Tout simplement son élection !

Le premier président noir des Etats Unis n’a pas accompli de miracles ?

C’était lui le miracle !

Valérie Pécresse à Matignon ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 novembre 2016 13h31 | Comments Off on Valérie Pécresse à Matignon ?

On parle beaucoup d’Hillary Clinton et de ses chances d’accéder à la Maison blanche…Mais en France une autre femme est en train de s’approcher du pouvoir : Valérie Pécresse la présidente de la région île de France. Elle vient d’apporter son soutien à Alain Juppé pour la présidentielle, en échange elle aurait obtenu la promesse de décrocher le poste de premier ministre en cas de victoire.

Valérie Pécresse

 

 » Il sont tous en train de me draguer, il va falloir que je choisisse sinon je vais passer pour une allumeuse ! «  Voilà ce que disait il y a quelques jours Valérie Pécresse au sujet des candidats à la primaire de la droite. Bruno Le Maire avait carrément dit qu’il lui promettrait Matignon avant de l’inviter à déjeuner. Elle avait déjà cassé la croute avec Sarkozy et Juppé, séparément bien entendu. Dans la foulée l’ancien Premier Ministre Jean Pierre Raffarin, soutien d’Alain Juppé, avait à son tour déclaré qu’elle avait tout à fait le profil pour occuper Matignon.

Alain Juppé.

Je vous rassure Valérie Pécresse n’est pas une allumeuse, voici ce qu’elle a déclaré ce matin dans une interview au Figaro: » j’ai décidé de soutenir dès le premier tour Alain Juppé. Il sera un président fort, qui saura réformer et restaurer l’autorité de l’État. « 

Comme toujours dans ces cas-là il y aura bien des déçus, à commence par François Fillon dont on la disait très proche et dont elle fut à deux reprises ministre. Mais voilà elle explique qu’elle a fait le choix de l’efficacité et qu’à son avis Alain Juppé est le seul à pouvoir battre Marine le Pen à plate couture. Quant au poste de Premier Ministre, elle dit bien sûr qu’elle ne demande rien, qu’elle n’est candidate à rien, et que la présidence de sa région lui suffit… mais tout le monde sait que c’est une poste qui ne se refuse pas.

Une première de la classe

Agée de 49 ans, mère de trois enfants, cette blonde élégante, est issue du meilleur monde a suivi ses études dans des institutions catholiques avant de faire HEC puis l’ENA et d’entrer à 25 ans au conseil d’Etat. Bref c’est une Rolls qui en 2015 a accédé à la présidence de la première région de France, chassant les socialistes qui y étaient installés depuis 17 ans.

L’île de France.

L’ile de France un Etat dans l’Etat de 12 000 km2, et surtout de 12 millions d’habitants, soit plus que la Belgique. Autant vous dire que Valérie Pécresse sait gérer des dossiers complexes, même si la ville de Paris est restée socialistes, ce qui évidemment pose un certain nombre de problèmes. Par exemple quand Paris décide de piétonniser ses quais sans demande l’avis de la région… ( Toute ressemblance avec une situation que vous connaissez ne serait bien sûr que pure coïncidence !)

 L’atout féminin.

Bref Alain Juppé a maintenant un atout féminin dans son jeu, ce dont ne dispose pas Nicolas Sarkozy dont l’univers est plutôt masculin ( voire machiste )… A moins que Carla peut être ?

Le pape célèbre Luther en Suède.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 octobre 2016 09h44 | Un commentaire>

C’est une première depuis cinq siècles. Le pape François participera aujourd’hui en Suède, au lancement des cérémonies commémorant la naissance du protestantisme. C’est en effet le 31 octobre 1517, que Martin Luther a publié ses célèbres 95 thèses, qui ont donné naissance à la religion réformée.

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Martin Luther un moine catholique allemand, professeur de théologie, qui voulait protester contre le commerce des indulgences, pratiqué à l’époque par le Vatican. Les indulgences étaient des remises de pêchés ou des réductions de la durée de séjour au purgatoire vendues aux fidèles en mal de rédemption. Luther considérait cette pratique contraire aux écritures.

Les 95 thèses.

Le 31 octobre 1517, il y 499 ans, Luther a écrit à Albert de Brandebourg, archevêque de Magdebourg et de Mayence pour protester contre cette dérive et provoquer un débat théologique. La légende dit qu’il aurait également placardé la liste de ses thèses sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg. Le débat fit rage à tel point que Luther fut excommunié en 1521, devenant de facto l’inspirateur d’une nouvelle religion le protestantisme, ou religion réformée. Sa rupture avec le catholicisme tient au fait que pour Luther tout vient des textes et que seul le texte de la Bible doit inspirer les chrétiens, et non pas l’Eglise catholique en tant qu’institution, où les fidèles n’avaient accès aux textes qu’à travers les interprétations données par le dogme. L’invention de l’imprimerie quelques années auparavant, et la traduction de la bible, du latin aux langues dites «  vulgaires » : allemand français, anglais, facilite un accès au texte et permet au protestantisme de se développer.

Des différences fondatrices.

Les protestants contestent l’autorité du pape et de l’Eglise. Pour la majorité d’entre eux le sacrement de l’eucharistie qui représente la «présence réelle» du Christ, n’est qu’une présence symbolique. C’est la différence entre la transsubstantiation catholique ( le pain et le vin se transforment pendant l’office en vin et sang du christ) et la consubstantiation luthérienne (le pain et le vin restent du pain et du vin mais représentent el sang et le corps du christ…) De même la virginité de Marie est-elle récusée tout comme le culte des saints.

A l’époque moderne les protestants ont adopté plus facilement que les catholiques les évolutions de la société. Ainsi en Suède le pape sera a accueilli par le chef de l’église protestante locale qui est une femme, église qui compte par ailleurs deux évêques notoirement homosexuels. Sans oublier bien sûr que les pasteurs contrairement aux prêtres peuvent se marier.

Rapprochement de puis Vatican II.

Depuis le concile Vatican II, qui prône l’œcuménisme, les deux cultes se sont considérablement rapprochés. Benoît XVI notamment très connaisseur de l’œuvre de Luther le considérait comme un théologien majeur. D’ailleurs aujourd’hui l’église catholique reconnaitrait facilement une grande partie des 95 thèses de Luther, avec néanmoins toujours une réticence quant à l’accès direct au texte, pour éviter le fondamentalisme.

Un voyage contesté.

Inutile de vous dire que le broyage du pape en Suède pour célébrer Luther ne fait pas l’unanimité au Vatican , mais aucune des initiatives du Pape Francois ne fait l’unanimité au Vatican.

Peu lui en chaut, c’est lui le chef et le seul chef !

Ironie de l’histoire cette toute puissance est l’une des dérives que Luther reprochait au pape…

 

Hollande candidat ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 octobre 2016 09h55 | Comments Off on Hollande candidat ?

Une bonne nouvelle pour François Hollande : Le nombre total de demandeurs d’emploi en France métropolitaine a baissé de 66 300 au mois de septembre. Après quinze jours de turbulences autour de son livre de confidence, cette information pourrait relancer l’éventuelle candidature du président de la République à sa propre succession. 

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Deux chiffres ont dominé cette semaine l’actualité de François Hollande, cette baisse du chômage de 66 300 unités et le résultat du baromètre du centre d’étude la vie politique française ( CEVIPOF) qui ne lui accorde que 4% de satisfaits pour 70 % d’insatisfaits, les autres ne se prononçant pas.

Un président ne devrait pas dire ça.

Dans ces conditions peut-il se présenter ? C’est toute la question que se posaient mardi les députés socialistes lors d’une réunion à l’Assemblée Nationale. Certains pensent que non, il faut dire que ce sont souvent ceux qu’il a étrillé dans son livre de confidences, dont on ne comprend toujours pas qu’il ait pu le laisser paraitre. Mais même au sujet de ce livre il peut y avoir des avis divergents. Ainsi sur ce fameux aveu concernant l’autorisation qu’il a donnée aux services secrets français d’éliminer quatre chefs terroristes, les uns disent qu’un chef d’Etat ne doit jamais avouer ce genre de chose, les autres qu’il a fait preuve d’une transparence qui l’honore.

Des alternatives à gauche.

Est-il pour autant en mesure de se représenter ? Si le chômage continue à baisser la condition qu’il a lui-même posée sera remplie.

Certes tous les sondages le donnent battu par la droite et devancé par le Front National… mais c’est le cas de tous les socialistes, y compris Manuel Valls qu’on présentait ces derniers jours comme un recours possible…

Le seul à gauche qui fasse à peu près bonne figure dans les sondages , c’est Emmanuel Macron, mais lui aussi est au final donné battu par la droite, et est-il vraiment de gauche ? En tout cas il n’est pas socialiste…

J’y suis ! J’y resterai ?

Face à tous ces prétendants François Hollande conserve un avantage, il est président… et tant qu’il reste en fonction, il garde la possibilité d’apparaitre comme l’homme de la situation. Les commémorations des attentats du 13 novembre vont d’ailleurs remettre en lumière son côté père de la nation. Ses sondages pourraient alors s’améliorer ne serait-ce que légèrement, mais suffisamment pour rendre crédible une candidature.

 

François Mitterrand

François Mitterrand

Mitterrand en exemple.

Il a d’ailleurs livré en partie son état d’esprit le mercredi 26 octobre lors d’un discours à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de François Mitterrand. Le président a ainsi déclaré que François Mitterrand n’avait « jamais cédé au découragement » et jamais « cessé de rassembler ».

Il était attaqué parce qu’il était la gauche. Parce qu’il a toujours voulu préserver ce qui fait la force du pays, son unité. »

« Il a reçu bien des hommages lors de sa disparition. Il faut rappeler toutes les critiques et contestations qu’il a pu subir. »

François Hollande qui fut conseiller de François Mitterrand à l’Elysée, puis son successeur d’abord à la tête du PS, et ensuite à la tête de l’Etat, pourrait trouver dans cette figure tutélaire, de quoi se réconforter. Comme lui François Mitterrand a connu des abîmes d’impopularité, des attaques constantes, à tel point qu’on  l’avait surnommé à un moment l’homme le plus haï de France…

Il devrait y aller.

Je suis quant à moi persuadé que François Hollande se représentera. Car quitte à partir de l’Elysée autant le faire debout à l’issue d’une élection perdue, plutôt que vaincu sans combattre, sous les lazzi et les quolibets.

Quand Sarkozy essaie d’apparaître comme le chef de bande… en vain

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 octobre 2016 07h45 | 2 commentaires

BELGAIMAGE-97023164Jeudi soir a eu lieu à Paris le premier débat entre les 7 candidats de la primaire de la droite et du centre pour l’élection présidentielle. Un débat de deux heures où les deux favoris Alain Juppé et Nicolas Sarkozy n’ont pas particulièrement brillé. Ce fut l’occasion pour la France de découvrir que finalement il y avait d’autres candidats tout aussi crédibles. Pour autant le débat n’a pas rebattu les cartes.

D’après un sondage publié à chaud par le Figaro, Alain Juppé a remporté le débat pour 36% des téléspectateurs contre 22% à Nicolas Sarkozy . Alain Juppé reste indubitablement le favori même s’il est apparu un peu en retrait. C’était logique comme favori il avait tout à perdre et pas grand chose à gagner, donc il est resté sur sa position essayant d’apparaître comme le sage de l’histoire alors que les autres était plus dans l’affrontement. Il a néanmoins du subir un passage difficile quand Bruno Lemaire a évoqué la nécessité de l’exemplarité pour un candidat à la présidentielle, faisant référence à sa condamnation en 2004 dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.

La justice à l’affût

S’en est suivi tout un chapitre ou Copé et Sarkozy ont du expliquer leurs relations complexes avec la justice, et quand un des journalistes a rappelé que Fillon avait déclaré : « On n’imagine pas le Général De Gaulle mis en examen ! » sous entendu comme Sarkozy, l’ancien président a rétorqué « Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent! » bonjour l’ambiance !

Libéralisme

Côté économique ils ont rivalisé de libéralisme pur et dur à coups de diminution du nombre de fonctionnaires et de baisse d’impôt, avec pour leitmotiv la suppression des 35 heures. Quant aux questions comme l’identité, l’immigration, et la place de l’lslam en France, de vraies différences sont apparues entre droite décomplexée comme celle de Copé, et des discours plus ouverts comme ceux tenus par Nathalie Koziuscko Morizet ou l’étonnant Jean Frédéric Poisson, démocrate chrétien jusqu’alors inconnu du grand public. Nicolas Sarkozy placé au centre par le tirage au sort, souvent crispé sur son pupitre a essayé un moment d’apparaître comme le chef de la bande… en vain.

Haro sur le Hollande !

Au final hormis les deux candidats chaque groupe d’experts a pointé un outsider, pour Alain Duhamel de RTL Paris, ce fut Fillon qui est apparu comme le plus sérieux et le plus solide. Pour les analystes de France info ce fut plutôt Copé qui a tenu le discours le plus original, le Figaro lui pointe Jean Frédéric Poisson qui avait un ton plus consensuel et raisonnable que les autres. Enfin tous on reconnu à NKM les idées les plus novatrices notamment sur les questions de société.
Enfin il n’y a qu’un thème qui a fait l’unanimité chez eux la critique de François Hollande leur tête de turc, ce qui paradoxalement le désignait comme leur principal adversaire… Alors que le danger pour eux vient plutôt de Marine le Pen dont il n’ont même pas prononcé le nom.

Philippe au Japon ( et bientôt au Congo et en Amérique…)

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 octobre 2016 07h40 | Un commentaire>

La crise politique autour du budget a une conséquence inattendue, Didier Reynders ne peut toujours pas partir au Japon y rejoindre le roi en visite d’Etat. Une situation qui pourrait froisser nos hôtes japonais. Pour les visites touristiques et protocolaires pas de problèmes mais qu’en sera-t-il pour les rencontres politiques avec les membres du gouvernement Nippon ?

 

L'Empereur Komei qui régnait en 1866.

L’Empereur Komei qui régnait en 1866.

 

Je vous faire une confidence, on s’est beaucoup pris la tête à la rédaction hier autour de cette question parce qu’on cherchait à savoir s’il y avait un précédent. Je crois qu’il n’y en a pas, à part bien sur pendant la guerre, quand Léopold III était resté à Bruxelles alors que le gouvernement était à Londres. Une visite d’Etat, c’est le niveau de représentation le plus important dans les relations diplomatiques, et là on y va  avec le roi mais sans ministre. Je veux dire sans ministres fédéraux parce que les régionaux sont bien représentés, mais le Japon est un Empire pas une région…

150 ans de relations.

Visite d’Etat ….pas en Bordurerie inférieure, ou en Syldavie occidentale, non au Japon la troisième économie mondiale ! Japon qui attache une grande importance à la célébration du 150ème anniversaire de l’établissement des  relations diplomatiques entre la Belgique et l’Empire du soleil levant. C’était le 1er août 1866, avec la signature d’un Traité d’amitié, de commerce et de navigation. Ca s’est passé deux ans avant le début de l’ère Meiji (1868-1912), le fameux règne qui a vu l’ouverture du Japon vers l’occident. Deux ans avant… C’est dire le caractère précurseur de cette relation. Pour fêter l’évènement le Japon a émis une série de timbres spéciaux représentant des monuments et des plats belges, et a donc invité le roi.

Ne pas perdre la face…

Mais voilà alors que les Japonais mettent les petits plats dans les grands on envoie le roi tout seul. Mais pas de panique !  On a vérifié son discours, nous déclarent les services de Didier Reynders… encore heureux, j’espère qu’il lui aussi préparé ses tartines !

Je sais on pourrait prendre ça à la légère faire des jeux de mots idiots, « cette histoire c’est nippon ni mauvais ». Mais ne vous méprenez pas ! A l’évidence les Japonais ne vont rien dire et continuer à nous faire de grands sourires mais au fond ils sont blessés… et ça dans l’univers oriental ça ne se fait pas. C’est à ce genre de signes qu’on mesure l’importance d’une relation. Je sais à la place d’un vrai ministre on va leur présenter Willy Claes ministre d’Etat (titre honorifique) ancien secrétaire général de l’OTAN.  Excusez du peu !

Au bon temps du roi Baudouin.

Ca me rappelle les obsèques du roi Baudouin en 1993 quand les Etats Unis nous avait envoyé Walter Mondale l’ex vice-président de Jimmy Carter pour les représenter. On avait un peu râlé, alors ils avaient rajouté l’ancien président Gérald Ford, qui n’était plus au pouvoir depuis 17 ans !

Voilà qui me rend nostalgique… et qui montre bien « l’estompement » de la fonction royale en Belgique. Vous imaginez Wilfried Martens faisant le même coup au roi Baudouin…Impossible ! Wilfried serait parti au Japon dare dare en chemise, la corde au cou et des cendres sur la tête

…autre époque !