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France : le service national fait un tabac !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 juin 2019 07h57 | Un commentaire>

Depuis une semaine 2000 jeunes volontaires de 15-16 ans expérimentent en France le SNU, le service national universel. Un parcours de deux semaines qui vise à compléter la formation reçue dans l’enseignement, et à rétablir la cohésion nationale, 25 ans après la suppression du service militaire. Paradoxe : plébiscité par les adolescents c’est chez les adultes que le SNU rencontre le plus d’opposition.

 

Les premiers volontaires du SNU

 

Premièrement il ne faut pas confondre,  si l’encadrement est militaire et si ces jeunes portent une sorte d’uniforme, chemins blanche, casquette et pantalon bleu marine, cocarde tricolore, ce n’est pas, un service militaire. La défense de la France n’est plus assurée des bataillons d’appelés qui regardaient la ligne bleue des Vosges, mais par une armée de professionnels, qui s’engage  chaque jour contre le terrorisme au Mali au Niger ou en Afghanistan.

Un service « pas que » militaire.

Le SNU est un service que l’on pourrait qualifier de civique ou aux cotés des militaires, de enseignants et des éducateurs encadrent pendant 15 jours, des adolescents garçons et filles. Les ateliers sont les plus divers : Il y a bien sûr une initiation à défense ; mais aussi des cours de citoyenneté ; une sensibilisation à l’écologie ; une formation aux premier secours…Avec des activités extérieures comme des courses d’orientation. Quelque chose à la croisée du scoutisme, de l’instruction civique et de l’entrainement  des réservistes…

Des pour et des contre…

Bien sûr comme toujours en France, ce projet a suscité des oppositions des plus ou moins virulentes, certains intellectuels ont écrit, non sans raison d‘ailleurs, que faire dormir des ados en dortoir n’allait pas forcément résoudre les problèmes des banlieues.  Les syndicats d’étudiants et de lycéens,  plutôt à gauche sont massivement contre, parlant d’embrigadement militaire de  militaire ou de cauchemars dignes de film de science-fiction. Tout ça est en partie dû à une vidéo, où l’on a vu ce jeunes dans leurs uniformes entonner la marseillaise.  Il faut savoir qu’en Franc le scoutisme est beaucoup moins répandu qu’en Belgique, et qu’il est plutôt pratiqué par les classes sociales les plus aisées. ( 170 000 scouts en France pour 66 millions d’habitants, 175 000 en Belgique pour 11,5 millions…) Par ailleurs il n’existe dans la République  pratiquement aucune école où les élèves portent l’uniforme, sauf là encore quelques établissements d’élite, ( ou pilotes ) si l’on excepte bien entendu  les 6 lycées militaires dont le prytanée de La Flèche.

Besoin d’ordre et de règle.

Ainsi des images de jeunes en uniformes type : «  mouvements de jeunesses » qui ne choqueraient pas aux Etats Unis, en Angleterre,  et même en Belgique, ont quelque chose d’inhabituel, 25 après  la fin de la conscription. On verra ce qu’il en sera quand ce service deviendra obligatoire en 2021, peut être reverra-t-on des objecteurs de conscience ? Mais pour l’instant  les jeunes volontaires sont plutôt enthousiastes : 75% d’opinion  favorable chez ces 2000 ados de 15-16, répartis dans 13 centres dans toute la France. Et surprise !  C’est justement l’aspect militaire qui leur plait, la plupart d’entre eux  ayant exprimé le besoin de cadres et de règles.

En mai 1968, leurs grands-parents écrivaient sur les murs des villes «  il est interdit d’interdire … ou : jouissez sans entrave !»

Les jeunesses se suivent et ne se ressemblent pas.

La nostalgie Pompidou

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 juin 2019 07h32 | Ajouter un commentaire

 

Il y a cinquante ans, le 20 juin 1969, Georges Pompidou succédait au général de Gaulle à la présidence de la République Française. Ce matin plusieurs journaux français publient en première page une photo du Président à l’apparence débonnaire toujours une cigarette en bouche. Cet anniversaire , célébré entre autre par un grand colloque,  fait planer sur la France un vent de nostalgie. Le souvenir d’une période heureuse et prospère, dont Emmanuel Macron qui n’était pas né, affirme s’inspirer…

 

C’était un temps où les hommes politiques osaient encore promettre le bonheur !

« Français, Françaises, je suis un démocrate, je crois être humain et libéral (…) pour préparer des lendemains qui peuvent être, qui doivent être heureux ».

C’est par ces mots que George Pompidou lançait sa campagne présidentielle en lai 1969… Et c’est vrai que les Français ont gardé de cette période le souvenir d’une époque heureuse. En 1969, la France est pays qui connait une croissance incroyable 5% par an, il n’y a quasiment pas de chômage, et l’immigration limitée aux travailleurs dans les usines n’est pas encore un problème. Les derniers soubresauts de la guerre d’Algérie sont désormais oubliés, et c’est en apparence une longue ère de prospérité qui s‘ouvre. Elle prendra fin avec la crise du pétrole de 1973.

Succéder au général.

George Pompidou l’a dit après la séquence historique du Général de Gaule, il va revenir à la normale. C’est lui finalement qui a inventé  la façon dont un président élu au suffrage universel, doit habiter cette fonction taillée sur mesure pour un géant de l’histoire. On se souvient de George Pompidou amoureux de l’art contemporain qui fit entrer Paulin, Vasarely et Soulages à l’Elysée ; lui qui fascia ouvrir les musées la nuit pour les visiter avec son épouse, l’élégante Claude Pompidou,  surnommée Bibiche ; on se souvient de l’homme de lettres , auteur d’une anthologie de la poésie française, et qui lors d’une conférence de presse, interrogé sur le cas de Gabrielle Russier qui inspiré le film « Mourir d’aimer »,  citait Paul Eluard… « Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d’enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés. »

Pompidou et « Bibiche » en Porsche.

 

La France se modernise.

Mais on un peu oublié que c’est George Pompidou qui a fait entrer la France dans la modernité. Villes nouvelles, autoroutes, RER, TGV, Concorde puis ensuite Airbus, centrales nucléaires… C’est la marque du pompidolisme. Comme il l’a dit dans une autre conférence d expresse « Chère vieille France ! La bonne cuisine ! Les folies Bergères ! Le gai Paris ! La haute couture…C’est terminé. La France a commencé et entamé une révolution industrielle ».

Pompidou qui adorait emprunter la Porsche de sa femme pour semer ses gardes du corps (en DS) sur les routes du Cantal et qui, quand on lui proposait d’instaurer des limitations de vitesse, répondait : «  N’embêtez pas les français avec ça ! »  Autre époque …

On se souvient enfin (et hélas) de l’homme gravement malade, soigné en secret à l’Elysée, qui mourut en avril 1974 alors qu’il lui restait deux ans de mandat.

Pompidou et « Bibiche » en 4 L

Macron l’héritier ?

Hier Emmanuel Macron lui a rendu hommage dans un discours solennel. Il a présenté la présidence de Georges Pompidou comme ayant placé la France dans la bonne orbite à l’aube de la mondialisation naissante. Ajoutant que c’est désormais son rôle que de l’y maintenir.

Mais moi je me souviens d’autre chose…Un souvenir d’enfance…Un slogan que les écoliers scandaient joyeusement dans les cours de récréation, reprenant ce qu’on entendait dans toutes les manifestations ouvrières :

« Pompidou des sous ! Pompidou des sous ! Pompidou des sous ! »

Deux jeunes Belges échappent au Jihad.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 juin 2019 07h47 | Un commentaire>

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après l’interpellation dans la capitale française de deux adolescentes radicalisées retrouvées dans un immeuble du IXe arrondissement dans la nuit de jeudi à vendredi. Les deux jeunes filles âgées de 18 et de 15 ans ont déclaré qu’elles étaient Belges.

 

Siège de la DGSI à Levallois-Perret.

 

C’est une étrange histoire que raconte le Figaro sous le titre : «  Le parcours alarmant de deux jeunes belges radicalisées ».

En fait les deux jeunes filles pré nommées Nezar et Chtairi, ont été découvertes par hasard par la police parisienne. Vendredi dernier des policiers d’une brigade anti criminalité interviennent dans un immeuble du 9 ème arrondissement de Paris. C’est le quartier des grands boulevards qui va de l’Opéra jusqu’au pied de la butte Montmartre. La police a été a été appelée à la suite d’une rixe qui oppose plusieurs personnes. Quand ils arrivent ils découvrent deux hommes et une jeune femme, Nezar, 18 ans, qui se dit belge. Elle leur révèle qu’elle est venue à Paris avec une amie pour rejoindre un homme de 29 ans, adepte de l’Islam radical, qu’elles ont rencontré sur internet.

Séquestrées.

Mais les choses auraient mal tourné, le joli cœur, un converti, se serait révélé djihadiste et aurait séquestré les deux jeunes Belges les menaçant de les envoyer dans la zone syro-irakienne. Nezar apprend alors aux policiers que son amie est toujours enfermée dans la cave. La police va découvrir en effet une jeune fille de 15 ans Chtairi, belge elle aussi, enfermée dans une pièce au sous-sol.  Nezar explique ensuite que les deux hommes qui l’accompagnent sont son frères et son beau-frère venus la libérer. Devant cet imbroglio la police embarque tout le monde pour vérification. Il s’avère en effet que les deux jeunes femmes ont été signalées par la police belge comme disparues.

Garde à vue.

Leur contact parisien barbe fournie et kamis noir, est interpellé et placé en garde à vue. Il est soupçonné de soustraction de mineurs en relation avec une entreprise terroriste. L’enquête est alors confiée à la DGSI, le renseignement intérieur français. Mais lundi finalement le djihadiste présumé est relâché. La police a conclu que les jeunes femmes n’étaient pas venues en France pour participer à un attentat ou une autre entreprise terroriste. Plus de peur que de mal donc…

L’incident a néanmoins quelque chose d’inquiétant. Alors que l’on clame partout que Daesh est vaincu sur le terrain, des jeunes filles belges sont toujours prêtes à suivre des recruteurs qui les contactent sur internet… Comme si on n’avait rien appris de tous les évènements qui se sont déroulés depuis 4 ans.

La fin de l’Eldorado québécois.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 juin 2019 08h02 | 4 commentaires

Le rêve de milliers de Belges ou de Français qui souhaitaient s’installer au Québec, vient de voler en éclat. L’Assemblée nationale de la belle province  a adopté dimanche un projet de loi sur l’immigration, qui entraînera notamment l’abandon de 18.100 dossiers d’immigration, 3500 de ces annulations concernent des gens déjà installés sur place.

 

Assemblée Nationale du Québec.

 

Ne me dites pas que vous n’avez jamais croisé quelqu’un qui vous faisait part de son envie de s’installer un jour au Québec. C’est notamment le cas de tous ceux qui ont eu la chance de visiter ce pays magnifique, et dont la, population est ( était ?) particulièrement accueillante. Pour les francophones c’était un peu l’Eldorado.

Un test en ligne.

Il suffisait d’aller sur le site de la Province, ou de l’une de ses délégations, et de remplir un questionnaire qui vous donnait un pourcentage sur vos chances de recevoir un visa de travail. Pour l’avoir fait il y a 10 ans, je peux vous dire que si vous aviez un diplôme et que vous parliez français la réponse était toujours favorable, même à plus de quarante ans. Evidemment un jeune couple diplômé avec enfants obtenait, lui, la note maximale. C’est ainsi que chaque année des milliers d’immigrants franchissaient l’Atlantique, prêt à affronter le froid et les derniers tubes de « Céline ».  Ce n’était pas toujours un conte de fée, le Québec c’est l‘Amérique, on vous laisse le temps de vous faire une place, de trouver un  boulot, ou de  créer votre entreprise, mais si vous n’y arrivez pas, c’est retour à la case départ.

Un programme nationaliste.

Le problème c’est qu’à Québec comme dans certains pays d’Europe,  une vague nationaliste, et anti immigrée  s‘est développée récemment. A tel point que l’actuel premier ministre de la province François Legault, a été élu sur la promesse de réduire de 20% le nombre d’immigrés et de réfugiés. La loi votée dimanche a été vivement discutée à l’Assemblée Nationale du Québec, l’opposition vent debout a tout fait pour la bloquer mais  elle a finalement été adoptée au petit matin. Le texte prévoit une réforme du processus de sélection des candidats, qui sera désormais basée sur l’adéquation des compétences professionnelles avec les besoins de main-d’œuvre. Elle  va entraîner l’annulation de 18.100 dossiers de candidatures, ce qui, si on compte les familles, touche au total quelque 50.000 personnes. Ces dossiers avaient été déposés sous l’ancien système, basé sur le principe du premier arrivé premier servi.

Québec contre Canada.

Les candidats à l’immigration vont devoir déposer une nouvelle demande. Or  3500 familles étaient déjà installées sur place. En visite à Paris au début de l’année François Legault s’était voulu rassurant en disant que cette loi ne visait pas les francophones européens. Mais dans les faits le système sera le même pour tous, si vous ne correspondez pas  aux métiers en pénurie vous n’obtiendrez pas votre visa.

Le plus fou dans cette affaire c’est que le Québec s’oppose ainsi à la politique très ouverte du gouvernement fédéral du québécois Justin Trudeau. Mais celui-ci est libéral et donc d’une couleur politique différente de François Legault du parti  » coalition avenir Québec », un mouvement de centre droit qu’il a fondé .

Il n’y a pas qu’en Belgique que les asymétries gouvernementales aboutissent à des résultats surprenants…

Wat is confédéralisme ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 juin 2019 07h56 | 14 commentaires

Confédéralisme : mot clé des actuelles négociations pour la constitution  d’un gouvernement fédéral. Discuter du confédéralisme c’est la condition posée par la NVA pour entamer un dialogue  avec le PS. Une rencontre entre le premier parti flamand et le premier parti Wallon qui semble à terme inéluctable, malgré  les anathèmes posés par les uns et les autres. Or le mot confédéralisme n’est pas si clair,  il peut recouvrir des réalités bien différentes.

 

Si on s’en tient à la définition du Larousse, une Confédération c’est une association d’États indépendants qui ont délégué l’exercice de certaines de leurs compétences à un pouvoir central. C’est-à-dire à peu près le contraire de ce qu’est une Fédération où vous avez un pouvoir central qui a délégué des compétences à des pouvoirs régionaux et communautaires. Actuellement même si le Canada et la Suisse sont officiellement des Confédérations, ces deux Etats sont devenus de facto des Fédérations, et il n’existe plus sur terre de vraies confédérations faites d’Etats indépendants associés. ( Comme la Sénégambie de 1982 à 1989.) La CEI, la communauté des états indépendants qui avait succédé à l’URSS en décembre 1991, était formellement une confédération mais il ne reste désormais qu’une coquille vide.

Centrifuge ou centripète ?

Quant à l’Union Européenne, elle correspond à peu près à la définition de la Confédération, mais il y a des aspects de pouvoir supra national, comme le caractère contraignant des décisions européennes, qui en font une structure hybride entre Fédération et Confédération. Enfin si l’on se tourne vers l’histoire, on se rend compte que quand une confédération tient sur la durée elle a tendance à se transformer en fédération. Comme par exemple les Etats Unis. A l’usage une confédération aurait plutôt une logique centripète que centrifuge.

Confédération ou indépendance ?

Or dans l’acception de la NVA, on serait plutôt dans une démarche de séparation que d’union. En fait l’objectif ultime des nationalistes flamands c’est d’être maître chez eux, et de décider avec qui ils peuvent passer des accords de coopération. ( La Wallonie , mais pourquoi pas un jour les Pays bas ou le Nord de la France) .

Dans un premier temps ce serait bien entendu avec les entités d’une Belgique résiduelle. On verrait alors l’apparition d’une sorte de  » Royaume confédéré de Belgique » dont le gouvernement central ne disposerait que de quelques compétences techniques ou régaliennes, comme la défense ou les affaires étrangères, domaines que nous partageons déjà en partie avec l’Union Européenne. Bien que républicains,  les nationalistes flamands pourraient même garder le Roi dans un rôle purement protocolaire. Elisabeth II, la reine d’Angleterre, n’est- elle pas le souverain théorique d’une quinzaine d’Etats ?  Dont le Canada, l’Australie ou la Nouvelle Zélande qui sont depuis longtemps totalement indépendants du Royaume Uni.

Un pays à la carte ?

En fait le confédéralisme c’est un peu l’auberge espagnole du droit constitutionnel, on y met ce qu’on veut. Soit beaucoup d’indépendance et peu de coopération, soit beaucoup de coopération et une autonomie qui ne va pas jusqu’à l’indépendance, avec entre les deux toutes les nuances possibles !

L’avantage de ce flou artistique c’est qu’il permet justement un vaste espace de négociation.

 

Le Mayxit avant le Brexit

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 juin 2019 10h29 | Ajouter un commentaire

C’est le paradoxe du Jour J, ou plutôt du D Day, au moment où le monde se remémore le rôle capital qu’a joué  le Royaume Uni dans la victoire contre le nazisme, Theresa May démissionne de son poste de chef du parti conservateur et annonce qu’elle quittera sous peu son poste de Premier ministre. On peut parler d’un terrible constat d’échec.

 

Theresa May le 5 juin à Portsmouth

 

Vous me passerez l’expression mais c’est du grand n’importe quoi. Imaginez que Theresa Lamy quand elle était ministre de James Cameron, était contre le Brexit. Une fois à la tête de son parti et du gouvernement, elle a assumé la décision du referendum et a cherché à trouver le meilleur accord possible pour maintenir le Royaume Uni dans ce qu’on appelait autrefois le Marché Commun. En butte aux mensonges des brexiteurs et aux regrets des pro-européens, elle a dû naviguer dans le brouillard le plus absolu. A chaque fois qu’elle a voulu faire adopter son projet ( durement négocié avec Bruxelles) par le parlement britannique, elle a échoué. Mais ce même parlement a été incapable de proposer une alternative, on se souvient de ce jour ou 8 propositions différentes ont été rejetées, or elles allaient du Brexit dur et au maintien pur et simple dans l’union.

Boris en embuscade

Les élections  européennes qui n’auraient pas dû avoir lieu, mais qui ont eu lieu quand même, n’ont rien arrangé en donnant la première place aux brexiteurs avec près de 32% des voix. Dorénavant c’est l’un des leurs alliés au parti conservateur, le facétieux Boris Johnson qui pourrait bien s’installer  au 10 Dowding Street. Il s’empressera alors de sortir de l’Europe, sans accord persuadé que le Royaume uni  retrouvera sur le champ l’espace impérial du Commonwealth et signera une « merveilleuse » une alliance commerciale avec les Etats unis, comme l’a promis Donald Trump.

Churchill a bon dos.

Boris Johnson qui est l’auteur d’une biographie remarquée de Churchill, n’hésite pas à convoquer les mânes du grand homme et à s’appuyer sur le souvenir du blitz pour rassurer ses concitoyens : « on a résisté aux bombardements d’Hitler, on résistera aux pénuries du Brexit même s’il faudra comme à l’époque se serrer la ceinture ! » Il aime d’ailleurs comparer l’euro de Hitler ou celle de Napoléon à l’Union d’aujourd’hui, qui selon lui poursuivrait  les mêmes objectifs, asservir l’Angleterre, avec d’autres moyens…

Le paradoxe du D Day.

C’est bien sur un contre sens total et les commémorations de Portsmouth et de Normandie nous l’on rappelé. Si les Anglais se sont replié sur leur ile, en juin 1944 pour résister avec acharnement aux nazis, ce n’était pas uniquement pour sauver leur peau. Hitler leur avait proposé une paix séparée. C’était pour sauver et rétablir la liberté et la démocratie sur l’ensemble du continent.

L’ouverture contre le repli, tout le contraire du Brexit.

 

Michel Serres : le goût de l’optimisme.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 juin 2019 11h09 | Ajouter un commentaire

Le philosophe et académicien Michel Serres est mort samedi à l’âge de 88 ans. Dans ses livres mais aussi à la radio, il avait su rendre accessible avec bonne humeur, les concepts les plus ardus.

Ce n’est pas tous les jours que l’ensemble de la presse ou quasiment publie à sa une la photo d’un philosophe. Or c’est le cas ce matin aussi bien dans la presse belge que française. Il faut dire qu’il avait une bonne tête Michel Serres un œil malicieux et un sourire taquin. Sa voix aussi, un peu haut perchée mais qu’on avait tout de suite envie d’écouter. Pendant longtemps il a tenu une chronique sur France Info, c’était le genre de conversation agréable, de digression passionnante sur les sujets les plus divers que vous écoutiez au volant, et qui tout d’un coup vous donnait, un court instant, l’impression d’être en peu intelligent.

Ancré dans réel.

Ce matin parmi les articles qui lui sont  consacré j’ai trouvé une phrase qui le définissait bien : Le philosophe et mathématicien gascon, d’une curiosité intarissable, a passé son existence à donner du corps à sa matière en l’ancrant dans le réel et la nature. A la question «que faut-il pour être philosophe ?» il répondait toujours : «Il faut voyager.» Et c’est ça peut être qui le rendait si génial et si populaire, loin des cabinets poussiéreux, et des cénacles élitistes aux phrases jargonnantes il avait ancré la philosophie dans la vie. Cette vie qui l’avait comblé et qui le rendait optimiste. Malgré son âge,  il était tout sauf un passéiste amer, pas du tout du genre à vous dire «  c’était mieux avant »…

Un homme de son temps.

Au contraire, il prenait la nouveauté et le changement comme quelque chose de naturel qu’il fallait accepter, le monde change ? Hé bien oui, le monde change et alors ? En 2012 il y avait consacré un essai : Petite Poucette. Le titre faisait à la fois référence au petit poucet, et au pouce que les « digitals natives » utilisent sur leurs smartphones. Loin de considérer l’apparition de la culture numérique comme un danger, il voulait y voir une mutation majeure, une révolution anthropologique  qui au final rendrait l’homme plus intelligent. Persuadé que les jeunes  d’aujourd’hui ont  accès à beaucoup plus de savoir que leurs ainés.  et quand on évoquait avec lui les dérives du tout digital, il prônait l’indulgence disant que ces premières générations confrontées à ce nouveau monde avait bien le droit de faire ses expériences.

Tintin contre Astérix.

Petit clin d’œil à notre belgitude en matière de bd, Michel Serres était un grand fan de Tintin, il expliquait que Tintin l’avait sauvé de la déprime et du désespoir pendant la guerre quand il était enfant…Il en était resté reconnaissant à Hergé, et le disait souvent.

En revanche, bien que Français il n’aimait pas les aventures d’Astérix le Gaulois qui pour lui était une sorte d’éloge de la guerre, avec ses bagarres constantes, et de la consommation de drogue …à cause de la potion magique !  Mais comme l’écrivait un de ses amis ce matin,  il se donnait aussi le droit, parfois, de se tromper.

Parlement Européen : la fin du duo PPE-PSE

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 mai 2019 09h03 | Ajouter un commentaire

Au Parlement Européen on a également constaté une poussée de l’extrême droite et un bon résultat des verts. En revanche les deux partis qui se partageaient le pouvoir à l’assemblée de Strasbourg  depuis des décennies, les socialistes et les démocrates-chrétiens, n’ont plus la majorité. Comme en Belgique, il va falloir former une coalition d’un niveau genre à la tête de l’Europe.

Manfred Weber candidat du PPE à la présidence de la commission européenne.

On a beaucoup entendu hier du moins en Flandre que la Belgique abritait deux démocraties différentes qui votaient différemment. Et bien l’Europe c’est 28 démocraties différentes, avec des contrastes étonnant. Ainsi l’extrême droite et les nationalistes arrivent en tête en France en Italie et en Hongrie, comme en Flandre, mais au Portugal et en Espagne on assiste à un triomphe socialiste avec 33% des voix dans les deux pays, mieux encore qu’en Wallonie ou à Bruxelles. Quant à la vague verte elle est surtout sensible dans les pays du Nord-Ouest, Belgique, Allemagne, France, Irlande… Au final le groupe parlementaire qui va le plus progresser à Strasbourg c’et le groupe libéral qui va dépasser les 100 députés, car il sera rejoint par les députés macronistes élus en France.

Une poussée populiste, mais…

Maintenant si on rentre dans les détails on peut avoir des surprises. Ainsi tout le monde fait remarquer que le Rassemblement National de marine le Pen a terminé premier en France avec 23,5% des voix contre 22,5 au parti d’Emmanuel Macron la République En Marche… Mais au final Marine Le Pen va perdre deux députés au parlement européen, passant de 24 à 22.

Certes le groupe qu’elle va former avec les autres nationalistes dont la ligue de Matteo Salvini, va atteindre les 60 députés contre 35 actuellement, mais on est loin des cent élus qui était leur objectif. Alors certes si on rajoute tous les nationalistes et tous les europhobes dont les brexiteurs, on atteint 171 députés… Mais comme il ne s’entendent pas entre eux, au point de se répartir en trois groupes, ils pourront toujours hurler dans l’hémicycle ça n’aboutira à rien…

Un scénario presque belge.

Au final on va se retrouver au parlement européen avec une situation qui ressemble à la Belgique d’autrefois. Le choix entre une majorité tripartite, Démocrate-chrétien, socialistes et libéraux, ou une quadripartite ; les mêmes avec les verts…

Ces derniers ont déjà dit par la voix de leur président de groupe le Belge Philippe Lamberts qu’ils poseraient leurs conditions notamment en matière de politique du climat. Il leur faudra ensuite répartir les responsabilités à Bruxelles et à Strasbourg. Il n’est pas dit que le démocrate-chrétien allemand Manfred Weber deviendra le prochain président de la commission, même si son groupe parlementaire reste le plus important.

8 Belges francophones :

Dans cette Assemblée de 751 élus, les 8 députés francophones belges pèseront bien peu. Pour mémoire je vous cite leurs noms ( sous réserve d’une éventuelle nomination ministérielle) : Olivier Chastel et Frédérique Ries (MR), Marie Aréna, Marc Tarabella (PS), Philippe Lamberts, Saskia Bricmont (Ecolo), Benoît Lutgen (cdh) et Marc Botenga (PTB).

Hommage à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 mai 2019 07h17 | Un commentaire>

Emmanuel Macron présidera ce matin un hommage national aux militaires tués lors d’une opération de libération d’otage la semaine dernière. Un peu plus tôt, les Français sont invités à se joindre au convoi funèbre. Au cours de la cérémonie les deux commandos de marine recevront la Légion d’honneur à titre posthume.

 

« Ils ont donné leur vie pour en libérer d’autres », voilà ce qu’a écrit Emmanuel Macron sur twitter quand il a appris la mort de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. Deux soldats d’élite tombés alors qu’ils participaient à une action de libération d‘otage au Burkina Faso.

Ce matin la République se recueillera devant leurs deux cercueils dans la cour des Invalides, là où l’on a rendu hommage à tant de grand hommes et de femmes, Simone Veil, Stéphane Hessel, Jean d’Ormesson…Là où l’an dernier une cérémonie comparable saluait le sacrifice du colonel Beltrame, qui lui aussi avait donné sa vie pour sauver des otages.

Le don suprême.

« Le risque physique est inscrit dans notre ADN », a déclaré le chef d’Etat-major de la marine française l’amiral Christophe Prazuk, dans une interview au Figaro. Le risque physique oui, comme dans bien des professions, mais il s’agit ici d’autre chose, d’oublier sa propre vie au service des autres. Dans ce monde où l’individualisme triomphe on ne peut que s’incliner devant ceux qui ont choisi de servir à ce point. Ils incarnent des valeurs éternelles, honneur, courage, devoir sacrifice. C’est pourquoi les autorités françaises invitent la population à se masser sur le parcours du cortège funèbre qui traversera Paris ce matin à 10 Heures. Sur le parcours mais pas dans la cour de Invalides, car les soldats des forces spéciales des commandos de marine doivent rester anonymes. C’est donc en quelque sorte à huis clos qu’ ils accompagneront leurs frères d’arme pour leur dernier voyage.

Porter le fer chez l’ennemi.

Ces derniers jours de nombreux reportage ont mis en avant cette unité de la marine, directement héritée des 177 commandos Kieffer qui ont débarqué avec les Anglais le 6 juin 44 en Normandie. Seuls 24 d’entre eux ont terminé cette campagne sans avoir été tué ou blessé. 75 ans plus tard leur esprit vit toujours chez leurs successeurs. Il ne s’agit plus de chasser les nazis, mais la tâche est comparable : porter l’assaut au cœur des groupes djihadistes où qu’ils soient. Leur monter que des hommes sont prêts, au prix de leur vie, à les pourchasser à les combattre et à les vaincre. Pour que la peur change de camp et que leurs crimes ne restent jamais impunis.

Miss France se met à table

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 mai 2019 07h37 | Ajouter un commentaire

Miss France a un bon coup de fourchette et elle assume !  Critiquée pour son poids Vailamana Chavez  a répondu à ses détracteurs en mettant en avant son côté « bonne vivante », expliquant qu’elle prenait du plaisir à découvrir toutes les spécialités culinaires qu’on lui présente.

Vailamana Chavez « Miss France »

 

Voilà qui nous change des miss filiformes et des mannequins anorexiques. Vailamana Chavez une tahitienne de 24 ans a été élue miss France en décembre 2018… Jusque-là rien de bien surprenant elle est d’ailleurs la cinquième miss Tahiti à avoir décroché la couronne nationale. On ses souvient entre autre de sa couine Mareva George en 1991 ou encore de Mareva Galanter en 1999… …Mais voilà  depuis quelques semaines Vailamana a pris un peu de poids à tel point qu’elle est devenue la cible de quelques imbéciles sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram où elle essuie des commentaires du type : «Fais un peu d’effort pour ton corps», «elle est encore plus grosse maintenant», et autre «elle va se faire humilier à Miss Monde avec son bide de grand-mère».

Je mange donc je suis !

Certaines s’en seraient émues, d’autres se seraient imposées un régime sévère au point de s’affamer … Vailamana pas du tout ! Elle a répondu à ses détracteurs au cours d’un reportage diffusée dans l’émission « 50 minutes Inside » sur TF1… «Bah oui, je mange ! Et je mange beaucoup parce que ce n’est pas dans ma culture, tous ces mets gastronomiques qu’on me présente. Alors j’en profite pour découvrir ! Et même si c’est pas l’image que vous voulez avoir d’une Miss France. J’aime rigoler et parler fort et dormir, et je vais continuer à être comme ça. Que vous le vouliez ou non. Alors bon courage parce que vous avez neuf mois à me supporter, les gars !»

La vahiné pas vaine.

Je ne sais pas ce que vous en penser mais moi je trouve ça raifraissant que pour une fois, une Miss, c’est dire quelqu’un qui participe du système, envoie valdinguer tous les diktats imposé par les magazines de modes et les crétins grossophobes. Mieux encore non seulement elle mange mais en plus elle est impolitiquement correcte puisqu’elle ajoute qu’elle aime rigoler parler fort et dormir. Tout le contraire du modèle de la poupée Barbie, qui doit être mince polie, bien élevée et bien sûr exécutive woman. Voilà qui fait voler en éclat les stéréotypes de ces braves Miss, qui il faut bien le reconnaitre ont été ces dernières années très formatées par les communicants…

Chapeau !

Autrefois les Miss étaient déchues parce qu’elles posaient nue, on verra si Vailamana perd sa couronne parce qu’elle aime casser la croute… mais ça m’étonnerait ! Quand à Geneviève de Fontenay, heureusement qu’elle ne préside plus le comité Miss France, avec une telle Miss elle en aurait mangé son chapeau…