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Michel Rocard était le fils du professeur Tournesol

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 juillet 2016 12h03 | 2 commentaires

Homme politique qui a marqué la France, ancien Premier Ministre , Michel Rocard fut aussi le fils d’un grand scientifique passionné de radiesthésie qui avait en partie inspiré à Hergé le professeur Tournesol.

 

Yves et Michel Rocard. le jour où le fils a décoré le père.

Yves et Michel Rocard. le jour où le fils a décoré le père.

 

Les hommages se sont succédés à la mort de Michel Rocard, rappelant sa droiture, sa fidélité, sa force de conviction, et bien sûr son intelligence. Le père de la deuxième gauche qui voulait concilier utopie et réalité fut une icône de la gauche qui ne consentit jamais aux basses manoeuvres politiciennes nécessaires à la conquête du pouvoir. A mille lieues d’un François Mitterrand pour qui, à l’instar du prince de Machiavel, la fin justifiait toujours les moyens.

Mitterrand le littéraire, Rocard le scientifique.

 Hormis la place de la morale en politique, un autre point différenciait radicalement les deux hommes : leur culture. Mitterrand était un littéraire pur et dur, nourri de Balzac, de Mauriac et… de Léon Bloy. Rocard, bien que diplômé de Science Po et doté d’une tronche à la Camus, avait en lui, par goût et par héritage tout un bagage scientifique. Il fut très surpris un jour où il patientait dans la bibliothèque personnelle de François Mitterrand rue de Bièvre de n’y avoir trouvé aucun livre de science, et surtout pas un manuel d’économie.

La star des sondages.

Longtemps de la fin des années 70 au milieu des années 90 Michel Rocard a surfé sur les sondages d’opinion, au point qu’on lui promettait l’Elysée. L’habileté manoeuvrière de François Mitterrand en décida autrement, et son bâton de Maréchal restera l’hôtel Matignon qu’il occupa, dans une dangereuse cohabitation avec le Sphynx, de 1988 à 1991. Finalement sa seule tentative présidentielle fut celle de 1969, quand candidat d’un groupuscule le PSU ( Parti Socialiste Unfié), il avait recueilli 3,6% des voix.

Une diction à la Jouvet.

 Ces dernières années c’est toujours avec plaisir que ceux qui avaient cru en lui le revoyait de loin en loin à la télévision, répondre aux questions de son ton docte et professoral, avec ses lenteurs puis ses accélérations surprenantes, un ton à la Louis Jouvet dans le docteur Knock.

Formules complexes et définitives, fulgurance de la pensée, développements parfois incompréhensibles faits de digressions et de retours en arrière, rien n’étais jamais trop complet dans le discours de Michel Rocard. On peut aussi imaginer qu’il tenait aussi ce sens de la précision de son modèle en politique Pierre Mendès France, dont le général De Gaulle avait dit un jour, sortant épuisé d’un entretien avec lui,  » je ne laisserai plus jamais personne me parler d’économie pendant plus de 20 minutes. »

Mitterrand aurait pu dire la même chose de Rocard, sauf que selon l’ancien premier ministre, leur animosité respective était telle qu’ils travaillaient vite et bien, pour écourter les têtes à têtes.

Hamster érudit.

 20 minutes pour Michel Rocard c’était le début du commencement de l’élaboration du propos liminaire. Mais si le verbe était brumeux à force de se vouloir précis, la pensée était claire et les chiffres avérés. Je me souviens encore d’une séance de question à l’Assemblée Nationale en mars 1983 alors qu’il venait d’être nommé ministre de l’agriculture le matin même. Il a répondu avec une maestria impressionnante à une question très pointues d’un député rural sur les poules pondeuses.

Je l’entends encore égrener les chiffres : «  les poules pondeuses ceci… et les poules pondeuses cela… néanmoins les poules pondeuses » …on se doutait bien que c’était un expert du ministère qui avait rédigé la réponse, mais il s’était emparé du sujet avec un tel brio, qu’on le soupçonnait d’être détenteur d’une thèse d’Etat sur le destin des poules pondeuses.

Ce n’est pas un hasard si son totem chez les scouts était : « Hamster érudit ».

Le fils du professeur.

 Michel Rocard avait de qui tenir, son père Yves Rocard fut l’un des plus grands phycisiens français du XXème siècle. Professeur au Collège de France, résistant, engagé aux côtés du génral De Gaulle pendant la seconde guerre mondiale il est condidéré comme l’un des pères de la bombe atomique française. Mais dans le même temps, et malgré les réticences de ses confrères, il se passionna pour la radiesthésie, les sourciers et les pendules.

A tel point que si Tryphon Tournesol fut sans nul doute inspiré à Hergé par le professeur Auguste Piccard inventeur du ballon stratosphérique et du bathyscaphe, son amour pour les pendules et sa surdité lui viendraient d’Yves Rocard. De même que son intérêt pour l’énergie atomique ( Objectif lune) . Michel Rocard lui-même défendait cette thèse non sans fierté.

A noter que l’astrophysicien Francis Rocard, responsable du programme de la sonde Rosetta est le fils de Michel et le petit fils d’Yves.

Bref une famile de « têtes. »

Tourneur-fraiseur diplômé !

 Or Michel refusa de suivre la carrière scientifique que son père imaginait pour lui. Et c’est en secret contre la volonté paterrnelle, qui le voyait au pire à Polytechnique, qu’il s’inscrivit à Science Po avant de réussir le concours d’entrée à l’ENA. Décidé à ne pas financer ses études de  » bavard » son père lui avait coupé les vivres, avant ( pour lui apprendre à vivre), de le faire embaucher comme tourneur fraiseur au laboratoire de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) qu’il dirigeait.

Voilà ce que Michel Rocard confiait à ce sujet en 2013 lors d’une interview sur France Culture:  » J’avais un contremaitre qui m’avait pris en charge, de culture trotskiste, il s’était engagé dans les Brigades internationales pendant la guerre d’Espagne, avait été communiste ne l’était plus, c’était un militant ouvrier étonnant et il tient une place importante dans le fait que je suis devenu socialiste dans les années 47/48 dans les sous-sols de l’ENS ».

Michel Rocard n’était donc pas de ces énarques socialistes qui sont passés des banc de l’école aux bancs de l’Assemblée Nationale. Il savait ce qu’était une machine et un atelier…

De la géopolitique à la couleur des pingouins.

 Quant à l’héritage de Tournesol…Ceux qui ont eu l’occasion de discuter avec lui se souviendront qu’il était capable comme le professeur de s’embarquer dans une démonstration, sourd à toute interruption, sur les sujets les plus divers et les plus surprenants.

En 2009 il fut nommé par le président Sarkozy et son ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner : « Ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique ». Depuis il n’était pas rare qu’il commence une interview par un exposé sur le pourquoi de la couleur noire et blanche des pingouins.

( Le noir dans le dos capte la chaleur, le blanc sur le ventre est un excellent camouflage vu d’en bas…)

A plus de quatre-vingts ans le Hamster n’avait rien perdu de son érudition.

L’ombre de Daesh sur l’attentat d’Istanbul

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 juin 2016 17h55 | Ajouter un commentaire

Revenons sur l’attentat qui a frappé la Turquie mercredi soir. Le bilan est lourd 41 morts, 239 blessés dont 130 sont toujours hospitalisés.

istanbul

 

Pendant quelques années j’ai habité la commune de Schaerbeek c’est une commune où il y a une importante communauté turque, vivante, colorée, industrieuse. Dans certaines rues, il y a un petit air d’Istanbul justement, vous partez en voyage sans avoir quitté votre quartier

Ce matin je pense à eux, mes ex-voisins, je les imagine rivés sur les télévisions turques, non pas pour le football comme certains soir d’été, mais pour avoir de nouvelles… comme nous l’étions déjà à Bruxelles le 22 mars ou  à Paris le 13 Novembre.

Un allié de la coalition.

Certains ont peut-être perdu un membre de leur famille, un ami, une connaissance. Le mode opératoire de l’attentat ( terroristes arrivés en taxi, plusieurs explosions successives…) rappelle celui de Bruxelles et très vite le premier ministre turc a désigné Daesh comme responsable. Est-ce une conséquence de l’engagement de l’aviation turque dans la lutte contre le prétendu état islamique ? Est-ce une représailles 48 heures après la reprise de relations diplomatiques étroites avec Israël ?

Qu’importe ! Ils sont frappés comme nous le fûmes, de manière aveugle, barbare, incompréhensible…

Une Turquie contestée.

Alors bien sûr la Turquie d’aujourd’hui nous pose beaucoup questions. Le régime de Recep Erdogan reflète de moins en moins les valeurs démocratiques qui sont les nôtres. Le combat impitoyable qu’il mène contre les Kurdes, le refus obstiné de reconnaitre le génocide arménien, la dérive vers un régime personnel et autoritaire qui fait qu’on surnomme Erdogan « le Sultan », tout ça nous donne une image peu sympathique du pays.

Nos frères dans la douleur.

Mais ceux qui ont été touchés ce matin à l’aéroport ce sont nos alliés, nos amis, nos frères dans la douleur. Istanbul, Paris, Bruxelles même drame, même horreur, même souffrance, et même solidarité.

Quelle ironie cruelle ! Alors qu’un pays profondément européen l’Angleterre quitte l’Europe institutionnelle, un pays aux portes de l’Orient à qui nous n’avons toujours pas permis l’entrée, est tout d’un coup frappé d’un malheur qui l’ancre dans note camp.

Voilà de quoi réfléchir autour de la table du conseil européen… devant la chaise vide de David Cameron !

Brexit: blood, toil, tears and sweat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 juin 2016 14h52 | Ajouter un commentaire

Bruxelles accueille les 28 et 29 juin, le sommet européen, le premier depuis le vote du Brexit. Paris et Berlin pressent le Royaume-Uni d’entériner rapidement sa sortie de l’UE. Mais la France et l’Allemagne ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde. À l’Élysée, on souhaiterait une clarification rapide, alors qu’Angela Merkel serait plus disposée à laisser aux Anglais le temps d’organiser leur sortie.

 

union jack

 

«La responsabilité, c’est de ne pas perdre de temps…Rien ne serait pire que l’incertitude» Voilà ce qu’a déclaré François hollande hier à Berlin lors de la rencontre informelle avec Angela Merkel et Matteo Renzi. Il complétait ainsi les propos tenus juste avant par la chancelière allemande : « Nous avons une responsabilité pour les 27 pays membres…Nous devons essayer de les conduire sur une nouvelle voie».

Hit the road ( union) jack !

A première vue Berlin et Paris sont sur la même longueur d’onde, mais ce n’est qu’une apparence. La France tout comme la commission européenne veut un début de négociation avec l’Angleterre le plus rapidement possible. Une négociation qui ne s’annonce pas forcément douce, « ce ne sera pas un divorce à l’amiable » a déclaré Jean Claude Juncker le président de la commission. Paris est sensiblement sur la même ligne. François Hollande craint deux choses en cas d’enlisement : la contagion à d’autres pays par exemple le Danemark… Mais aussi l’ouverture en France d’un débat le bien-fondé de l’Europe. A contrario, si la situation se clarifiait vite le président pourrait essayer de prendre le leadership d’une refondation européenne, sur les bases des valeurs portées par les pères fondateurs.

Tu veux ou tu veux pas ?

Le problème c’est que seule l’Angleterre peut décider quand elle entame ce processus de sortie. L’article 50 qui prévoit le départ d’un Etat ne peut être invoqué que par le pays qui souhaite s’en aller. Il existe bien une procédure d’expulsion d’un Etat hors de l’Union mais uniquement dans des cas très précis, si par exemple il tournait le dos aux valeurs démocratiques de l’Europe pour devenir une dictature. Mais ce n’est pas le cas du Royaume Uni ! Donc pour l’instant Londres maitrise le calendrier, du moins le calendrier du top départ. On ne devrait rien voir venir avant la désignation d’un nouveau premier ministre le 7 septembre. C’est pourquoi Angela Merkel, plus pragmatique, apparaît moins pressée que François Hollande.

You say good bye I say hello

Ainsi deux camps se distinguent : d’un coté Hollande et Juncker qui veulent un divorce rapide et sec et de l’autres des modérés qui souhaiteraient un Brexit doux, où l’Angleterre ne serait pas tout à fait dehors. Une sorte de statut d’association à la carte. Il me revient d’ailleurs que même en Belgique les deux attitudes coexistent. Les Flamands seraient moins sévères avec les Anglais que les francophones. Il faut dire que la Flandre a beaucoup plus à perdre d‘un départ de de l’Angleterre que la Wallonie.

Va, je ne te hais point !

Au final cette incertitude qui inquiète tant François Hollande, risque bien de durer au moins jusqu’à la désignation du prochain premier ministre britannique le 7 septembre. Il va falloir patienter tout l’été…

Et le pire c’est qu’un Anglais, Chris Froome, pourrait bien gagner le tour de France !

 

 

 

Hit the road Jack !

Abbala connaissait-il le commandant Salvaing ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 juin 2016 15h23 | Comments Off on Abbala connaissait-il le commandant Salvaing ?

Du neuf au sujet de l’assassinat du couple de policiers près de Paris. Larossi Abbala  n’aurait pas choisi ses cibles au hasard, il aurait en effet suivi et surveillé le commandant de police dès le 11 juin dernier, 48 heures avant de le tuer, lui et sa compagne.

salvaing Schneider

 

On s’en doutait depuis le début mais l’enquête commence à apporter des éléments tangibles. Les policiers ont étudié en effet les téléphones portables de Larossi Abbala et de sa victime le commandant Jean Baptiste Salvaing. Les téléphones des deux hommes auraient «borné» comme on dit aux mêmes endroits, aux mêmes moments, deux jours avant le drame. Abbala l’aurait en effet suivi dès le 11 juin soit deux jours avant de passer à l’acte. De plus des photos du policier en uniforme auraient été retrouvées dans le smartphone de Larossi Abbala.

De nombreuses questions.

Si l’assassin semble donc avoir prémédité son crime, aucun élément ne permet de savoir pourquoi il s’en est pris plus particulièrement à ce couple. A-t-il été choisi au hasard ? Ou s’agit d’un règlement de compte ? Cette deuxième hypothèse s’appuie sur une phrase prononcée par Abbala alors qu’il négociait juste avant l’assaut. Il aurait dit au sujet du commandant : « Il était venu chez moi maintenant c’est moi qui viens chez lui. »

Presque des voisins.

Alors connaissait-t-il sa victime ? Il vivait à quelques kilomètres de là à Mantes la Jolie,  il a toujours vécu dans cette région à une soixantaine de kilomètres de Paris. Il a un passé chargé de petit délinquant, il a eu souvent affaire à la police avant sa condamnation en 2013 à trois ans de prison pour avoir participé à une filière Djihadiste. Or le commandant Salvaing a travaillé par le passé au commissariat de Mantes la Jolie, et sa compagne y était toujours affectée. Le commandant a-t-il un jour perquisitionné chez Abbala ? Est-ce qu’il l’a interrogé ? Est-ce  qu’il l’a arrêté ? Les enquêteurs cherchent un lien, mais pour l’instant  ils ne l’ont pas trouvé.

Une cible.

Si jamais ce devait être confirmé, ça rajouterait encore un argument à ceux qui souhaitent plus de protection pour les policiers, et là je parle bien des policiers du quotidien, pas des unités d’élites dont l’identité est protégée, et qui agissent en général le visage dissimulé par une cagoule. Or il semblerait que de plus en plus  souvent les délinquants menacent les policiers dans les commissariats en leur disant des choses du genre : «  je sais où tu habites, je te retrouverai. » Pour l’instant ce n’était que des mots, et si des policiers ont parfois perdu la vie sur le terrain en service et en uniforme, c’est la première fois que l’un d’entre eux est suivi jusque chez lui.

Port d’arme permanent.

On peut désormais redouter qu’Abbala fasse école, et voilà pourquoi les policiers français pourront désormais porter leurs armes en toute circonstance pour se protéger.

Et dire qu’autrefois, dans les années 70, il y avait des débats sur le fait que les forces de l’ordre porte ou non des armes. Et l’on prenait comme exemple les Bobbies à Londres qui n’étaient pas armés.

Autre époque…

 

La double nature des Djihadistes européens.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 juin 2016 17h38 | Un commentaire>

Revenons sur la personnalité de Larossi Abbala, l’homme qui a tué un couple de policiers près de Paris. Les témoignages recueillis dans le voisinage évoquent  un homme affable et gentil, un commerçant sympathique. Comment expliquer ce décalage entre l’image pacifique qu’il donnait et la réalité de son engagement Djihadiste ?

 

This is a still taken from video released Tuesday June 14, 2015 by Islamic State's Amaq news agency that it says is a video showing Larossi Abballa the suspect  in the knifing of a French police couple confessing to the killings. The video, released after the death of Larossi Abballa, appears to be filmed inside the home of the couple in Paris  as security forces closed in.(Islamic State's Amaq News Agency via AP)

 

D’abord il y a l’ambivalence propre à bien des criminels… ou des délinquants… Certes il y en a qui ont effectivement la tête de l’emploi et des comportements qui ne laissent aucun doute sur leur identité profonde, et puis il y aussi les dissimulateurs, les affabulateur, les menteurs. Combien de fois entend-t-on des phrases du genre : «  ah j’aurais jamais imaginé ça de lui, ou d’elle… ». Dans les cas de violences conjugales c’est quasi systématique. Le sympathique voisin qui vous invitait à des barbecues fabuleux était un tyran domestique et personne ne s’en doutait. (Ou ne voulait s’en douter…)

Ecartelés entre deux mondes.

Deuxièmement il y a beaucoup de djihadistes européens, un vrai conflit d’identité entre leur réalité de jeune Français ou Belge de confession musulmane et leur fantasme de soldat de l’islam. Certains vivent simultanément les deux réalités, et c’est ainsi que vous pouvez avoir des thuriféraires de Daesh qui comportent tout à fait paisiblement en société, qui travaillent et sont appréciés de leurs collègues, et qui un jour basculent  du côté sombre de leur personnalité, sortes de Dr Jekyll et Mr Hyde.

Les complices d’Abbala.

Quand il a été condamné en 2013 pour avoir participé à une filière djihadiste vers le Pakistan Abbala n’était pas seul dans le box, il avait trois complices qui ont écopés également de lourdes peines. Deux d’entre eux font partie des trois hommes mis en garde à vue mardi, le troisième a, d’après son avocat, repris à sa sortie de prison une vie tout à fait normale et terminé ses études d’ingénieurs.  La police visiblement avait conclu à un scénario de ce type pour Abbala, honnête commerçant qui développait son activité de sandwichs livrés à domicile. Il postait sur Facebook son humeur du jour, des remarques sur la politesse des gens, quand un client n’était pas très courtois… bref un jeune rangé des valises qui cherche à s’en sortir.

Déjouer les filatures.

La filature et els écoutes confirmaient cette impression. Mais d’après son ex-compagne qui a témoigné sur France info, Abella savait parfaitement qu’il était surveillé: «Il m’avait dit qu’il était sur écoute par rapport à son ancienne condamnation. Ça le faisait rire.»  On sait maintenant qu’il se composait un personnage. C’est d’autant plus facile pour ce type de terroriste qu’ils sont nés ici, qu’ils vivent parmi nous et qu’ils savent très bien comment  se comporter pour avoir l’air « normal ».

Nous voulons des renseignements.

C’est toute la difficulté pour ceux qui surveillent les personnes fichées. Il faut gratter aller au plus profond, trouver le troisième ou le quatrième téléphone, repérer qui to exactement suis le suspect sur Facebook et les autres réseaux sociaux. Le message qu’Abbala a envoyé sur Facebook depuis la maison de Magnanville  a été vu par 98 amis  avant d’être retiré.

Qui sont-ils ? Il y a peut- être beaucoup de choses à apprendre de leurs profils.

Recueillir des renseignements c’est relativement aisé…c’est l’analyse qui est difficile.

I am Pulse

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 juin 2016 17h02 | Comments Off on I am Pulse

( Texte écrit lundi matin pour la chronique « Champs Elysées » sur Bel RTL, avant l’attaque contre le couple de policiers français)

 

 La tuerie d’Orlando a été très vivement ressentie en France. Sa similitude avec l’attaque du bataclan le 13 Novembre a fait remonter à la surface toute l’émotion suscitée par ce drame. Dés l’annonce du drame le président Hollande a exprimé son horreur et la solidarité du peuple français avec le peuple américain.

Orlando

 

 

On les attendait au stade de France. Ils ont frappé une boite gay à Orlando…

Selon un mode opératoire semblable à celui du Bataclan et qu’on pourrait qualfier de méthode DAESH, l’assaut en trois étapes : je fais le maximumde morts, je me retranche avec des otages, je subis l’assaut au cours duquel je fais de nouveau un maximum de victimes, et je meurs les armes à la main.

Opportunisme ou coordination ?

Bien sûr il n’est pas dit qu’il y ait quelque part en Syrie ou en Irak, une sorte d’Etat Major secret des terroristes de Daesh qui sur une carte du monde a désigné Orlando, sachant qu’ils étaient attendus en France pour l’Euro. Peut-être ce tueur aurait-il frappé quoiqu’il arrive, et peut-être que l’Euro 2016 est toujours une cible, sûrement d’ailleurs. Mais impossible vu de Paris de ne pas y voir plus que de la similitude, une répétition…

La haine de la vie.

Même méthode même cible. Alors on va me dire  » oui mais là c’était plus particulièrement la commuanauté gay alors qu’ à Paris c’étaient des jeunes et des gens qui sortent le soir pedant le weekend » … Où est la différence ? Les victimes d’Orlando étaient jeunes et sortaient le weekend, et surtout les victimes d’Orlando comme celles de Paris avaient choisi un mode de vie et des valeurs aux antipodes de celles des jihadistes.

Ils ont tout simplement de la haine pour ceux qui chosissent, la vie, la joie, la fête, la liberté , y compris la liberté de vivre selon son choix son identité sexuelle.

Horreur.

 Nous sommes tétanisés par ces image, de corps ensanglantés qu’on évacue, nous sommes sidérés par ces témoignages de gens cools en tee shirts et shorts qui disent : « mon voisin était couvert de sang j’ai essayé d’arrêter l’hémorragie » …Nous avons le coeur brisé par ces parents venus aux nouvelles et qui demandent en pleurs où est leur fils ou leur fille, et qui n’obtiennent pas de réponse .

Tristesse et courage.

 Nous regardons avec tristesse,compassion et fraternité ces bougies qu’on allume partout, de Tel Aviv à Los Angeles et cette affiche qui a fait son appartion  » I am Pulse « ( je suis pulse,) du nom de la boite de nuit martyre…

On les attendait à Paris, ils ont frappé Orlando…

A Bruxelles, à Paris, à Orlando…ils nous font mal, nous blessent, nous déchirent… mais ils ne nous briseront pas !

Nous avons raison, ils ont tort .

Sarko brandit l’étendard de la Nation.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 juin 2016 08h58 | Un commentaire>

L’idée de nation sera au cœur de la future campagne présidentielle française. Hier au cours d’un meeting à Lille, Nicolas Sarkozy  futur candidat à la primaire de la droite, s’est livré à un plaidoyer pour «la souveraineté du peuple», dénonçant le «communautarisme» et la «tyrannie des minorités».

sarko à lille

 

Sur ces terres du Nord, où le Front National fut à deux doigts d’emporter les élections régionales, Nicolas Sarkozy a donc désigné son nouvel ennemi : «la tyrannie des minorités», ces minorités qui d’après lui dictent leur loi à la majorité silencieuse. Dans une longue énumération, il en a dressé la liste: «Une poignée de lycéens qui bloquent un lycée, de zadistes qui bloquent la construction d’un aéroport, de gens du voyage qui bloquent une autoroute, de casseurs qui bloquent une raffinerie, des islamistes radicaux qui prennent en otage un quartier.»

Des références gaulliennes.

Il a appelé le peuple à se «lever contre la chienlit», reprenant une expression rabelaisienne  utilisée par le Général de Gaulle pendant Mai 68… ( « la réforme oui la chienlit non » ) Un général qu’il a cité à plusieurs reprises, Lille est sa ville natale, cherchant à capter l’héritage et à montrer que c’est lui le candidat de la droite républicaine qui défendra le mieux l’idée de nation. En ligne de mire son adversaire au sein des républicains, Alain Juppé toujours en tête des sondages, mais que Nicolas Sarkozy accuse d’être «  je cite » touché par la douce mélodie des « accommodements raisonnables » avec les affirmations identitaires de la communauté musulmane.

La renaissance de la France.

Devant 1000 personnes dont plusieurs leaders du parti « les Républicains » , comme François Baroin qui le soutien depuis le weekend dernier, il a tracé des grandes lignes de ce que sera sa campagne. Il frappera donc à droite Juppé mais aussi à gauche, cette gauche accusée justement d’avoir imposé en France les valeurs multiculturelles, alors qu’il entend rétablir la nation comme référence. «L’interdiction du voile, la défense de la laïcité … seront vaines si nous ne renouons pas avec notre projet en tant que nation». Un projet qui suppose que chacun assume l’histoire de ce pays, son appartenance à «une tradition chrétienne». Reprenant ses accents de 2007, il s’est présenté comme l’avocat du peuple sacrifié par une partie des élites ce qu’il appelle la gauche culturelle. Avant de conclure avec une phrase pleine d’emphase : «C’est la raison d’être de mon retour parmi vous dans ce combat pour la Renaissance de la France» .

Aux confins du FN.

Pour les distraits je vous rappelle qu’il s’agit de Nicolas Sarkozy et pas de Marine Le Pen. Il est clair désormais qu’il va chercher comme en 2007 à phagocyter le discours du Front National, tout en protestant de son attachement aux valeurs républicaines et démocratiques. Pour Nicolas Sarkozy le Front National représente un nationalisme de repli, alors que le sien serait un nationalisme d’ouverture.

Je ne sais pas si les électeurs feront bien la différence…

A mon avis il se croit aussi fort qu’en 2007 mais il joue avec le feu. Et j’entends déjà la fille de Jean Marie répéter ce que disait toujours son père : «  un jour les français préféreront l’original à la copie. »

Sécurité maximale pour l’Euro 2016

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 juin 2016 09h11 | Comments Off on Sécurité maximale pour l’Euro 2016

L’Euro 2016, qui débute ce vendredi, est placé sous haute surveillance en raison des menaces terroristes qui pèsent sur la compétition. Un énorme dispositif a donc été mis en place pour assurer la sécurité des joueurs et des spectateurs.

 

Members of the RAID, the French national police intervention group, take part in a public exercise in front of the Chateau de Versailles (background), outside Paris, on October 11, 2014. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

 

Les trois unités d’élites des forces de la police françaises, le GIGN de la gendarmerie, le RAID de la police nationale, la BRI de la police judiciaire, ont été reparties en fonction des cibles potentielles

Le RAID et le GIGN se partageront la protection rapprochée des 24 équipes en compétition. Le premier sera chargé de protéger les poules A, B et D, dans lesquelles concourt l’équipe de France, il aura aussi sous sa protection l’Espagne, l’Angleterre ou la Russie. De son côté, le GIGN assurera la protection des poules C, E et F, dont les sélections belges et allemandes.

Une protection rapprochée.

Six d’entre elles sont plus particulièrement considérées comme de cibles privilégiées des terroristes. La France bien sûr mais aussi la Belgique, ou encore l’Italie, la Grande Bretagne, la Russie, et l’Espagne.

Six hommes d’une unité d’élite seront détachés en permanence auprès de ces équipes. Pour éviter toute guerre des polices il y aura également une répartition des tâches : Le RAID sera mobilisé sur l’ensemble des rencontres, de son côté le GIGN répondra aux alertes «  hors stade » sur l’ensemble du territoire, par exemple il assurera la sécurité de Disneyland Paris.

Des blindés légers.

Les  attentats de Paris et de Bruxelles sont passés par là, l’organisation se veut impeccable. Pour vous donner une idée dans son camp de base à Clairefontaine, l’équipe de France est protégée par un véhicule blindé installé à l’intérieur du périmètre.

L’unité centrale du RAID basée à Bièvres et ses antennes aligneront ce dispositif dans les dix villes hôtes, en déployant à chaque fois des 4×4 blindés légers de type petits véhicules protégé (PVP) de Renault Trucks Défense, prêts à réagir à une éventuelle attaque terroriste dans les stades. Lors de leurs déplacements en bus pour rallier les hôtels ou les aéroports, toutes les équipes seront systématiquement escortées par des motos des forces de l’ordre.

90 000 hommes.

Dans chaque région, les troupes d’élites seront renforcées par des policiers locaux. En tout 90 000 personnes seront chargées de la sécurité de l’ensemble de la manifestation dont 70 000 policiers et gendarmes appuyés par des militaires et de agents de sécurité privé…

Le mot d’ordre c‘est maximum de sécurité pour le maximum possible de convivialité. C’est ainsi que le ministre d l’intérieur Bernard Cazeneuve a décidé de maintenir les fans zones qui devrait accueillir au total 7 millions de supporters. « J’ai pris la décision », a dit le ministre « d’imposer des palpations de sécurité à l’entrée, d’avoir recours à la détection métallique et d’interdire les bagages à l’intérieur. S’il n’y avait pas de fans-zones, les supporters se regrouperaient dans une totale improvisation et le risque serait décuplé ». Par exemple la BRI de Paris sera en charge de la protection de la fan-zone Tour Eiffel, qui pourra accueillir jusqu’à 92 000 spectateurs.

En cas de manifs ?

Reste une inconnue la situation sociale très tendue en France en ce moment. Il est évident que les forces de police auraient du mal à gérer la sécurité de l’euro et de manifestations violentes comme celle qu’on a connu ces dernières semaines à Paris ou à Nantes.

Il existe une solution la France est toujours en état d’urgence, le gouvernement a donc le moyens légaux d’interdire toute manifestation pendant l’Euro… et là je me dis que ce serait peut-être aussi une manière de sortir de cette crise sociale sans que personne ne perde la face.

L’étrange terroriste venu d’Ukraine.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 juin 2016 09h36 | Un commentaire>

Les autorités ukrainiennes ont arrêtés un Français de 25 ans soupçonné de vouloir commettre un attentat en France au cours de l’Euro 2016. L’homme a été arrêté fin mai, il est originaire d’une petite commune de la Meuse près de la frontière belge . Dans sa voiture on a trouvé des explosifs et des armes de guerre, un véritable arsenal qu’il aurait acheté auprès des rebelles pro-Russes de l’est de l’Ukraine. Comment décrypter cet événement ?

arrestation

 

C’est une affaire bizarre et complexe, et comme toujours dans ce genre de cas, il y a néanmoins une part de plausible.

La part de plausible c’est que depuis les attentats de Paris et de Bruxelles il existe vrai risque de contre-terrorisme, d’extrême droite visant les populations Arabo-musulmanes d’Europe. Ca fait d’ailleurs partie du plan de Daesh de provoquer un tel dérapage, voire un début de guerre civile. D’autant qu’il y a un précédent dans l’histoire de la France que les théoriciens du prétendu Etat islamique n’ignorent pas.

Un passé colonial.

C’est un aspect de choses qu’on appréhende mal en Belgique, mais dans ces attentats anti-français, il y a comme des relents de guerre d’Algérie. Le père des Abdeslam est né à Oran, dans l’Algérie Française en 1949. Les terroristes du 13 Novembre  ont frappé la rue Charonne, endroit symbolique d’une grand manifestation qu’avait fait 9morts en 1962…certains spécialistes vous expliquent  que parmi les motivations de ces jeunes djihadistes il existe la frustration d ‘une décolonisation mal vécue, qui se répercute les générations qui n’ont pas connu cette colonisation.

OAS

 

L’OAS veille

Or en Algérie il a existé à la fin de la guerre, quand l’indépendance paraissait inéluctable, un contre-terrorisme pro « Algérie française », menée par une organisation appelée l’OAS, l’organisation armée secrète qui commettait des attentats à la fois contre les indépendantistes algérien et contre le pouvoir gaulliste. (y compris en Belgique contre des soutiens locaux du FLN)

Ce sont eux notamment qui ont tenté de tuer le général de Gaulle en mitraillant sa DS au Petit Clamart le 22 Aout 1962. Ainsi pour l’opinion publique française l’apparition d’une sorte de néo OAS qui combattrait à la fois le pouvoir et Daesh ne relève pas que du pur fantasme…

Terrorisme ou trafic ?

D’après les autorités Ukrainiennes le jeune homme arrêté entendait viser une quinzaine d‘objectifs dont des mosquées, des synagogues, des centres de prélèvement de l’impôt et des autoroutes. C’est un scénario intéressant sur le plan de la fiction…

Les services secrets Ukrainiens sont tout à fait capables d’avoir manipulé un garçon que le maire de son village qualifie de « gamin très agréable avec ses voisins, intelligent et sympathique, qui était prêt à rendre service». D’ailleurs les services de police français restent très prudents, pour eux les faits de terrorismes ne sont pas avérés. Pour l’heure, une enquête préliminaire a été ouverte par la juridiction interrégionale spécialisée de Nancy, non pas pour terrorisme mais pour trafic d’armes.

Un coup monté ?

Les Ukrainiens l’ont arrêté le 21 mai, après disent-il l’avoir suivi depuis décembre 2015, soit près de 6 mois de filature ! Ça me fait penser un peu à ces opération antidrogue montées le FBI, où l’on fait tout pour qu’un type tombe dans le panneau propose de la drogue à un intermédiaire dans une chambre d’hôtel sous le regard de caméra cachée. C’était même arrivé à John de Lorean, le fondateur de la célèbre marque de voiture utilisée dans retour vers le futur. Il fut accusé d’avoir organisé un trafic de drogue pour renflouer sa boite. Il avait finalement été acquitté. Vous me direz quel intérêt pour les Ukrainiens ?

Les intérêts de l’Ukraine.

J’en vois au moins deux :

Le premier se mettre bien avec la France et l’Europe au moment où le gouvernement de Kiev cherche notamment à assouplir la politique de visas avec l’union. Le second accuser les rebelles pro-russes et donc la Russie et donc Poutine de vouloir déstabiliser l’Europe…

Bref cette histoire, un peu trop belle pour être vraie, requiert la plus grande prudence !

Que fait le zouave au pont de l’Alma ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 juin 2016 09h03 | 3 commentaires

Les inondations à Paris, nous ont remis en mémoire le rôle symbolique du Zouave du pont de l’Alma qui, depuis 1856, sert de mètre étalon aux Parisiens pour évaluer le niveau de la Seine…C’est l’occasion de nous rappeler ce qu’est un Zouave.

Zouave Alma

Vous vous souvenez sûrement de la célèbre invective du capitaine Haddock au professeur Tournesol dans objectif lune « vous allez arrêter de faire le zouave ! » et Tournesol sort alors de sa torpeur et furieux poursuit le capitaine en hurlant : « zouave moi ! Il m’a traité de zouave ! »

Avec le capitaine Haddock le mot zouave est devenu une sorte de synonyme de branquignol. Il faut savoir que lorsque cet album est sorti dans les années 50, tout le monde avait en tête un célèbre tube de Ray Ventura et ses collégiens, presque aussi connu que « Tout va très bien madame la marquise… »

Tous en chœur !

« Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine

Ça vaut mieux que d’avaler d’la mort-aux-rats

Ça vaut mieux que de sucer d’la naphtaline

Ça vaut mieux que d’faire le zouave au Pont d’l’Alma… »

Et nous voici donc au zouave du pont de l’Alma qui a l’origine n’a rien d’un histrion.

L’héroïque Zouave

Un zouave c’est un militaire, plus particulièrement des troupes coloniales un peu comme les tirailleurs sénégalais sauf que le recrutement des zouaves était exclusivement européen. Ils ont existé dans l’armée française de 1830 jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962. Ils sont connus pour leurs uniformes qui s’inspiraient des tenues ottomanes avec une coiffe la chechia, une sorte de tarbouche, et des pantalons bouffants. Le pantalon était rouge et la veste bleue. Si ça vous rappelle quelque chose ça n’a rien de surprenant, certains groupes de marcheurs de l’entre Sambre et Meuse ont adopté l’uniforme du Zouave.

Le Zouave belge.

 La Belgique a eu aussi ses zouaves, au service du pape pendant les guerres de l’unification italienne ( les zouaves pontificaux ) et lors de l’expédition du Mexique. A l’époque une légion de volontaires belge de 4000 hommes était venue appuyer les troupes de l’empereur Maximilien époux de la princesse Charlotte soeur de Léopold II. Vous pouvez d’ailleurs voir aujourd’hui au musée de l’armée à Bruxelles quelques uniformes de zouaves belges.

Le zouave de l’Alma.

Mais me direz-vous quel rapport avec les crues de la Seine ? Tout simplement par ce quand on a construit le pont de l’Alma en 1856 sous Napoléon III, pour célébrer la bataille de l’Alma on l’avait décoré avec des statues de militaires déployés pendant la guerre de Crimée. Un zouave, un grenadier, un artilleur, et un chasseur à pied. Lorsque le pont a été reconstruit en 1974, on n’a gardé que le zouave les autres statues ont été installées ailleurs. Le chasseur est à Vincennes le long de l’autoroute A 4, le grenadier à la Fère et le chasseur à Dijon.

L’étalon des inondations.

 Mais pas question bien sûr de déplacer le zouave devenu depuis 1910, la référence des parisiens en cas d’inondation. A l’époque le centre de paris s’était retrouvé sous l’eau et le zouave en avait jusqu’au cou…

C’est pourquoi les vieux parisiens regardent avec sérénité le niveau de la Seine ces derniers jours, il en a à peine jusqu’à la ceinture.

Ainsi quand j’entends certains de mes confrères annoncer avec un ton dramatique une crue exceptionnelle à Paris…l’évacuation du Louvres, voire de l’Elysée etc… etc… J’ai envie de leur dire :

« Hé c’est bon quoi les mecs ! Arrêtez de faire les zouaves !  »

 

Dernière minute:

Il y a débat sur la position actuelle du Zouave. Avec le nouveau pont il a été déplacé et il aurait été réinstallé plus haut qu’avant 1974. C’est l’opinion commune. Mais d’après un article du Monde il serait en fait plus bas:

 

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/03/les-droles-de-mesures-de-crues-sur-le-zouave-du-pont-de-l-alma_4933609_4355770.html