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Divers

Valls : le père la rigueur

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 avril 2014 10h16 | Ajouter un commentaire

Aussitôt nommé aussitôt à la tâche. 15 jours après son arrivée à Matignon Manuel Valls a présenté hier la douloureuse, la note que vont devoir payer les Français pour réaliser 50 milliards d’économie et rentrer en 2015 dans les 3% de déficit définis par le traité de Maastricht. Prestations sociales non revalorisées, report des mesures contre l’exclusion, gel de l’indice des fonctionnaires, ce programme  a suscité l’inquiétude parmi les députés PS et la colère des syndicats.

 

Guy Abeille co-inventeur du 3%

Je vais vous raconter une histoire : il y a quelques jours  j’étais dans un petit supermarché à Paris devant le rayon de sauces pour pâtes. Une vieille dame s’approche de moi et me dis « je n’ai pas mes lunettes est-ce que vous pourriez m’attraper  la sauce tomates aux champignons ? » Je cherche,  puis je trouve : «  c’est bien  la sauce  X » et je cite une célèbre marque,  la dame me  répond «  une sauce oui mais pas une … » Je cherche à nouveau, mais je ne trouve pas,  alors elle demande le prix de la sauce X . C’était je crois 1,60 euros. Elle me dit : « C’est un peu cher vous êtes sûr qu’il n‘y pas l’autre ? » Je me renseigne et  quelqu’un du magasin m’explique qu’effectivement il existe une marque générique moins chère mais qu’ils sont en rupture de stock.  Alors la dame me dit : « tant pis… » Ce jour-là ce fut pour elle : « pâtes aux champignons sans champignons… »

Il y a aujourd’hui des gens qui sont à 20 centimes près ! Et donc raboter une retraite ou des allocations de 3ou 4 euros par mois, c’est priver une grand-mère deux boites de sauce aux champignons.

L’Etat c’est toi !

Cette historie illustre bien ce qui en train de se passer, en France, en Espagne, en Italie, en Grèce. Quand les économistes distingués disent « l’Etat doit réduire son train de vie… » ou «  Nous vivons au-dessus de nos moyens », ils ne dénoncent pas quelque Sardanapale qui se vautrerait dans le stupre et le lucre. Vous pourriez obliger François Hollande à prendre le bus et à se nourrir de pain sec ça ne changerait rien au budget de l’Etat !

Ces fameuses dépenses somptuaires qu’on ne peut plus se permettre ça s’appelle : des retraites, de l’assurance maladie, des allocations familiales, des emplois publics etc…

Que voulez-vous il faut rentrer dans le critère des 3 % de déficit de PIB décidé par le traité de Maastricht !  Le plus drôle dans cette historie c’est que ce critère n’a pas été gravé dans le marbre en lettres de feu, un soir sur le Mont Sinaï .

Une invention française.

C’est une création française de 1982. Un de ses inventeurs l’économiste Guy Abeille était chargé de mission au ministère des Finances sous Giscard puis au début de l’ère Mitterrand. Il a  été mandaté avec son chef de bureau de l’époque Roland de Villepin, ( cousin de Dominique) pour définir un critère afin de contraindre  les  nouveaux ministres socialistes ( et dépensiers) de rester dans un déficit de 100 Milliards de FF. Il leur a fallu  trouver un chiffre sur lequel le président Mitterrand pouvait communiquer. 1% du PIB ce n’était pas assez, le déficit s’élevait à 2% à l’époque,  5% c’était trop  alors, un soir sur un coin de table ils ont tranché pour trois. Il a raconté cet épisode dans le journal « la Tribune »  en 2010. Je le cite : « Sans aucun contenu, et fruit des circonstances, d’un calcul à la demande monté faute de mieux un soir dans un bureau, le voilà paradigme: sur lui on ne s’interroge plus, il tombe sous le sens c’est un critère vrai…. Parfois lorsque j’entends, repris comme un mantra, le 3% du PIB, je m’amuse de ce 3 que nous avons choisi… »

Effet boomerang.

Qui était le patron de la commission européenne au moment du traité de Maastricht ?  Jacques Delors, le ministre français de l’économie à l’époque où Paris avait établi cette règle des 3 %. Delors a donc fait reprendre aux européens, le chiffre établi à Paris 10 ans plus tôt.  

Des fois je me dis que si les Français avaient prononcé le nom de la ville néerlandaise …MaastriKtttt… comme les Belges, et pas …Massetriche … Ils auraient compris dès le début qu’un jour ça se transformerait en strict et même …en trique !

 

 

 

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Canonisations : Valls doit-il se rendre à Rome ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 avril 2014 08h03 | Un commentaire>

 Début de polémique en France. Le 27 avril, Manuel Valls sera présent à Rome pour assister à la double canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II. Problème lors de la béatification de Jean Paul II en 2011, le PS s’était insurgé contre la venue de François Fillon le premier ministre français de l’époque.

 

C’était le premier mai 2011 et François Fillon représentait la France place Saint Pierre pour la béatification Jena Paul II qui avait rassemblé près d’un million de fidèles. Cette fois ça risque d’être beaucoup plus important encore, on parle de deux millions de personnes qui pourraient converger vers Rome. Jean Paul II, le pape voyageur, celui dont on dit qu’il a fait tomber le mur de Berlin,  et Jean XXIII, le « bon pape Jean » initiateur de Vatican II. Autant dire que le 27 avril, deux stars vont rejoindre le firmament des saints…

Valls moins laïc que le PS ?  

Il est donc tout à fait logique que la France fille ainée de l’Eglise soit représentée au plus au niveau… Seulement voilà, en 2011 pour la béatification de Jean Paul II le PS, le parti de Manuel Valls s’était insurgé contre la présence de François Fillon. Je vous cite son communiqué de l’époque :

«Cette décision rompt avec une tradition diplomatique établie et respectée par tous ses prédécesseurs qui veut que notre pays ne se fasse représenter à ce type de manifestation que lorsqu’elle concerne un Français», expliquait le PS dans un communiqué signé à l’époque par le secrétaire national à la laïcité et à la diversité. Et il rappelait que la France est une «République indivisible, laïque, démocratique et sociale (qui) assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction (…) de religion (et qui) respecte toutes les croyances».

 Evidemment aujourd’hui ce communiqué n’a plus lieu d’être d’autant que comme ministre de l’intérieur ( et des cultes), Manuel Valls a déjà participé à des cérémonies religieuses à Rome,  notamment en octobre 2012  pour la canonisation du missionnaire jésuite Jacques Berthier, premier saint de Madagascar. Une visite réalisée alors à la demande de Jean-Marc Ayrault.

Une justification diplomatique.

Vous me direz ce Jacques Berthier était français, oui …mais bon si l’on cherche un lien avec la France dans la canonisations à venir, ce ne sera pas si difficile. Jean XXIII a été nommé nonce apostolique à Paris en 1944, et il parlait très bien le français,  d’ailleurs Jean Paul II aussi s’expirait souvent en français. Le français qui reste par ailleurs la langue diplomatique du Vatican, même si le pape François ne maitrise pas notre langue.

Vanitas vanitatum omnia vanitas

 Non si je devais lancer un avertissement  à Manuel Valls concernant son déplacement place Saint Pierre le 27, ce serait plutôt au sujet de son avenir politique. Dans le Figaro de ce matin, une photo illustre la présence de Fillon en 2011.On le voit souriant aux côtés d’Yves Leterme et de Silvio Berlusconi. Depuis,  ils ont tous les trois quitté le pouvoir …

Sondages : Quand François pleure Nico rit

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 avril 2014 09h13 | Ajouter un commentaire

La cote de popularité de François Hollande, en chute de cinq points à 18% en avril, se situe à 40 points derrière celle de Manuel Valls, selon le baromètre mensuel publié hier par l’IFOP. Un grand écart inédit entre les deux têtes de l’exécutif sous la Vème République. Et qui en privé, fait bien rire Nicolas Sarkozy.

 

Oui Sarkozy se marre, il marre de ce qu’il appelle « la sacrée casquette » prise par les socialistes aux municipales. Il se marre aussi quand il voit l’écart de popularité entre Valls et Hollande. 58 % d’opinion favorables pour le premier ministre, 18 seulement pour le président, du jamais vu.  Lui-même avait connu un écart important avec François Fillon, mais rien à voir c’était du 58% pour Fillon  contre 37% pour Sarko.

Fier de sa tribune.

 Sarkozy qui rappelle à qui veut l’entendre le succès de sa tribune publiée dans le Figaro il y a trois semaines. Le journal avait connu un bon de ses ventes à 122%  et surtout l’ancien président avait enregistré  2 millions de «  j’aime » sur sa page Facebook.

 De l’avis de ceux qui le rencontrent il n’a jamais autant détesté François Hollande, et pour lui Manuel Valls va échouer, même s’il apprécie le personnage. Je vous rappelle qu’il avait même un moment essayé de le débaucher.

Coups bas et petites phrases.

Je vous rassure François Hollande en a autant pour lui. D’autant qu’il est persuadé que c’est l’entourage de Sarkozy qui est derrière l’affaire Gayet. Sarkozy est lui convaincu que l’Elysée est à l’origine du scandale des écoutes… Vous voyez c’est l’entente cordiale !

Cette guerre secrète par petites phrases et confidences aux visiteurs du soir, fait la délectation des éditorialistes français qui y voient déjà le match de la prochaine présidentielle. Un peu comme au pesage avant les rencontres de boxe quand les deux champions s’insultent devant les caméras.

Façon Mohammed Ali contre George Foreman…

 

Le tempo s’accélère.
Il y a pourtant autre chose qui m’interpelle, c’est l’apparition incroyablement rapide d’une nouvelle génération. A gauche avec Valls mais aussi à droite. Par exemple François Baroin qui vient de demander à Nicolas Sarkozy de s’exprimer sur l’Europe avant les élections de mai, parce qu’il trouve que  la ligne politique de  l’UMP n’est pas claire…

Or le faire sortir du bois sur un truc comme ça, c’est un piège ! J’ai l’impression que pendant que les deux champions se tirent le short, des outsiders s’agitent dans l’ombre.

Or depuis qu’il y a des primaires aussi bien au PS qu’à l’UMP, rien en dit que ce sont les champions sortants qui disputeront le prochain match.   

 

 

 

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Baudis : journaliste et politique.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 avril 2014 12h07 | Ajouter un commentaire

Les obsèques de Dominique Baudis, Défenseur des droits, ancien homme politique, et ancien journaliste, seront célébrées mardi à 15h00 aux Invalides à Paris. Le président de la République François Hollande pourrait y assister. Hier le décès de ce centriste qui fut journaliste vedette dans les années 80,  a suscité des hommages unanimes venus de tous les milieux.

 

Reporter de terrain.

 On a beaucoup parlé ces derniers temps en Belgique des journalistes qui passaient en politique. En général pour ne pas en dire beaucoup de bien. Mais il existe des contre exemples, et Dominique Baudis est un de ceux-là. Vrai journalistes, vrai politique et véritable serviteur de l’Etat dans ses dernières fonctions…

Un père Maire.

Il faut dire qu’il était né dans le sérail puisque son père était maire de Toulouse. Mais son premier métier, ce fut bien journaliste.

 Il débute come  reporter au Liban en 1971, au début de la guerre civile libanaise en 1975,  il devient correspondant de TF1 pour le Proche-Orient. Il couvre la guerre jusqu’en 1977 date à laquelle il devient présentateur du 20 h de TF1 jusqu’en 1980, où il passe à la présentation du Soir 3 jusqu’en 82…[

]Il décide alors de passer en politique et de briguer la succession de son père à Toulouse.  Il sera a élu brillamment et restera maire de la ville pendant 18 ans. On lui doit notamment la rénovation du centre et l’installation du métro automatique, le même qu’à Lille. Une carrière politique bien remplie qui le verra député, député européen, président de sa région, mais jamais ministre.

Des deux côtés du micro.

 

Une infâme calomnie.

 Il sera également président du CSA, conseil supérieur de l’audiovisuel au début des années 2000.  On lui doit l’installation de la TNT en France ce qui a permis aux Français, très peu câblés, de recevoir  autre chose que les 6 chaines hertziennes historiques, notamment des chaines tout info . Le président de BFM TV saluait sa mémoire en disant que sans Baudis sa chaine n’aurait jamais existé…

C’est pendant cette président du CSA qu’il sera en 2003 victime d’une cabale qui l’implique dans l’affaire Allègre On l’accuse de proxénétisme, de viol, de meurtre et d’actes de barbarie. Il se battra pour sauver son honneur, notamment en direct  dans le  journal de Claire Chazal sur TF1. Les instigateurs de cette campagne de diffamation seront mis en examen deux ans et demi plus tard.

 

 Serviteur de l’Etat.

 Il fut aussi président de l’Institut du monde arabe, actuellement dirigé par Jack Lang. Il avait démissionné de tous ses mandats politiques pour devenir en Juin 2011 le défenseur des droits, le dernier recours pour ceux qui n’ont plus de recours, une tâche qui lui tenait beaucoup à cœur, mais le cancer ne lui a pas permis d’exercer longtemps…

Au paradis des journalistes.

 J’ai demandé un jour à un théologien : « si le paradis existe quel âge y aura-t-on ? » Il m’a répondu sous forme de boutade : « Probablement  l’âge du Christ 33 ans… »

 J’imagine Baudis là-haut comme au début des années 80 jeune et beau, yeux bleus cheveux blonds vénitiens. Ca tombe bien St Pierre cherchait un présentateur pour le JT de « Ciel info »… Ils ont paraît-il des problèmes d’audience face au 20h de Mourousi,  sur « Lucifer TV » !

Hollande nomme ses secrétaires.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 avril 2014 09h03 | Un commentaire>

En France, le tremblement de terre des élections municipales a connu ses derniers soubresauts avec la nomination de 14 secrétaires d’Etat, d’un nouveau secrétaire général de l’Elysée, et le débarquement du patron du PS. On pourrait dire que  François Hollande a procédé au grand nettoyage de printemps.

 

Ça n’a pas raté ! Quand en France on annonce un gouvernement resserré ça veut simplement dire que le nombre des ministres diminue mais que le nombre de secrétaires d’Etat augmente. 38 ministres pour Jean Marc Ayrault, 16 pour Manuel Valls,  la semaine dernière ça faisait gouvernement resséré… et puis hier on a appris la nomination de 14 secrétaires d’Etat alors qu’il n’y en avait aucun dans le gouvernement Ayrault.  Résultat des courses : sous Ayrault 38 portefeuilles, sous Valls 30 ! Disons que c’est une peu plus resserré, mais il y a eu des gouvernements plus « light » dans l’histoire de la Vème République ceux de Michel Debré, de 1959 à 1962 (26 membres), de Georges Pompidou entre 1962 et 1966 (25), ou encore de Lionel Jospin de 1997 à 2002 (26).

Tout change pour que rien ne change…

 Mais jamais 14 out 15 car il est impossible de gouverner un pays comme la France avec une si petite équipe. D’ailleurs depuis une semaine nombre de secteurs se plaignaient de ne plus avoir de ministres en titre, tourisme, commerce extérieur, santé etc…La nomination de secrétaires d’Etat a résolu le problème. A noter que quatre d’entre eux n’ont même pas quitté leur bureau.

 La ministre déléguée à l’enseignement supérieur  Geneviève Fioraso, ou l‘ancien ministre des anciens combattants Kader Arif, devenus secrétaire d’Etat avec les mêmes compétences gardent leurs locaux , leurs administration,  leur voiture, leurs conseillers etc…Il n’y a que le papier à lettre qui change. ! Bon  il y a néanmoins une différence, en France les secrétaires d’Etat ne participent au conseil de sinistres que si l’on y évoque leurs dossiers. Disons que ça leur fera deux heures de vacances le mercredi… Et qu’ils n’auront pas à laisser leurs GSM au poste de garde, puisque désormais les GSM sont  interdits au conseil…   

Hollande désire valser Harlem

Harlem désir est lui nommé secrétaire d’Etat aux affaires européennes ce qui permet de le débarquer de la tête  PS. Les militants choisiront bientôt son successeur Jean Christophe Cambadélis qui a bien sûr déjà été désigné par François Hollande.  Dernier changement le secrétaire général de l’Elysée, la clef de voute de l’entourage présidentiel…Pierre-René Lamas a été remplacé par Jean-Pierre Jouyet , directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, qui fut ministre de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2008.

Jouyet accessoirement condisciple de François Hollande à l’ENA dans la fameuse promotion Voltaire (1980)  où se trouvaient également Michel Sapin  ministre de finances, Ségolène Royal ministre de l’environnement ainsi que son prédécesseur  Pierre-René Lamas qui va probablement lui succéder à la caisse des dépôts !

Je vous le répète ce qu’écrivait déjà Françoise Giroud à propos de François Mitterrand : « infidèle en amour comme tout le monde,  fidèle en amitié comme personne… »

 

 

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Un coup de barre ? Valls et ça repart !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 avril 2014 08h34 | Ajouter un commentaire

Le nouveau premier ministre français Manuel Valls a obtenu mardi une nette confiance des députés, après avoir promis « vérité » et « efficacité » pour redresser la France. Après la sévère défaire des municipales peut-on dire que le pouvoir a repris l’initiative ?

L’Assemblée nationale a voté la confiance à Manuel Valls par 306 voix contre 239. Le gouvernement a donc toujours une majorité et même une belle majorité. Toutes les rumeurs qui ont couru ces derniers jours se sont dégonflées devant l’obstacle. Il y a bien eu quelques abstentions ans son camp, 11 députés socialistes se sont abstenus, mais comme 11 verts sur 17 ont voté pour  le compte y était, plus quelques radicaux et non-inscrits, Valls ne risquait pas de valser…

La presse séduite.

Ce matin la presse est salué le discours de manière quasi unanime.  « Un autre ton, un autre élan, un diagnostic lucide sur l’état de la France et des Français et un train de mesures qui ressemble à un programme… présidentiel » dit Le Parisien.

« Plus de charisme, plus de conviction, plus de nerf, le discours de politique générale de Manuel Valls ne pouvait qu’être meilleur que les prestations de son prédécesseur », ajoute Le Journal de la Haute-Marne. Voilà qui résume bien les commentaires…à l’exception bien sur du Figaro à droite qui a trouvé Manuel Valls « sur le fond sinon sur la forme, contraint, emprunté, ligoté- en un mot, hollandisé » …Et de l’Humanité le journal du parti communiste qui déplore un « verbe haut » et une « addition vertigineuse » en termes de « nouveaux cadeaux au patronat».

Le pacte hollandais.

Il est vrai que Manuel Valls a assumé un discours de rupture avec la gauche de la gauche en défendant et en scénarisant  le pacte de responsabilité dessiné par François Hollande lors de sa conférence de presse de janvier. En contrepartie il a consenti à une baisse sur les charge salariales qui devrait permettre aux salariés les moins bien payés de gagner 500 euros de plus par an. C’est la sucette, la seule de ce programme…mais ce qui m’interpelle c’est autre chose…

 Retournement médiatique.

 Vous souvenez-vous du vainqueur des élections municipales il y a 10 jours ? Le PS ? Non il a pris une dégelée, c’est la droite qui a gagné. Or depuis 8 jours, et la nomination de Valls l’UMP  a quasi  disparu de la scène médiatique. Il n’y en a que pour le gouvernement et le nouveau premier ministre…  TV, presse, magazine.

C’est une fois de plus la démonstration qu’en France c’est le président qui garde l’initiative jusqu’au bout.  Une défaite électorale ?  Pas grave je change de gouvernement ; je reprends la main ; je fais souffler un vent nouveau ; je retourne la situation face à l’opinion publique.

 C’était déjà comme ça sous Sarkozy, qui se souvient qu’il a perdu toutes les élections  intermédiaires ? Personne ! On garde l’image d’un président omniprésent et hyper actif.

En nommant une sorte de Sarkozy de gauche à Matignon, Hollande joue sur la même corde, avec bien sûr l’espoir de se faire réélire dans trois ans.

 A moins qu’il n’ait introduit le loup dans la bergerie…

 

 

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Ségolène entre dans la Valls

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 avril 2014 14h10 | Un commentaire>

 L’évènement du nouveau gouvernement français c’est bien entendu le retour de Ségolène Royal sur le devant de la scène. Elle retrouve le ministère de l’écologie 22 ans après y avoir été nommée une première fois. Et certains spéculent déjà sur le retour d’une première dame à l’Elysée…

 

Faut pas rêver, je vous rassure tout de suite, ils ne se sont pas remis ensemble d’ailleurs la presse ce matin, spécule sur le nom de la nouvelle copine de François Hollande. Ce ne serait plus Julie Gayet, mais une journaliste politique. Je vous rappelle que c’était autrefois le métier de Valérie Trierweiler.

Un riche passé.

Honnêtement ça ne présente pas beaucoup d’intérêt. Car quelle que soit l’éventuelle partenaire du chef de l’Etat, elle restera désormais dans l’ombre. Or ce qui intéresse Ségolène c’est la lumière, et depuis hier elle revenue dans le faisceau des projecteurs. Or si elle ne partage plus la couche du président elle partage encore avec lui énormément de choses et pas seulement quatre enfants.

Je vous rappelle qu’ils se sont rencontré à  l’ENA,  ( école nationale d‘administration) , dans la même promotion que l’ancien premier ministre Dominique de Villepin, et que Michel Sapin nouveau ministre des finances.  

Des amis ?

La journaliste Françoise Giroud a dit autrefois de François Mitterrand : « il est infidèle en amour comme tout le monde et fidèle en amitié comme personne. » Cette définition peut s’appliquer également  à François Hollande . Or Ségolène Royal camarade de promotion, camarade de combat politique, camarade d’ascension dans le sillage de François Mitterrand , n’est plus un amour mais c’est peut être une amie…et dans ces milieux c’est un qualificatif plutôt rare ! C’est d’ailleurs un ami commun  Jean Yves le Drian ex soutien de la campagne présidentielle de Ségolène qui a servi d’intermédiaire, pour négocier son retour au gouvernement.  Et je suis persuadé qu’à côté de ses autres potes, Le Fol, Rebsamen, Le Drian  et Sapin, Ségolène  sera le meilleur allié et le meilleur atout de François Hollande dans cette équipe ( le club des cinq !)

Une question de protocole.

 Quant à la première dame elle ne manque en fait que lors des diners d’Etat. Par exemple quand le président chinois est venu à Paris juste avant Bruxelles, on lui a offert un diner intime au grand Trianon de Versailles avec Alain Ducasse aux fourneaux. Mais l’absence d’une première dame française a conduit à imaginer un plan de table «en triangle» pour une table ronde, les 3 convives étaient placés à chaque «pointe». Désormais François Hollande pourra toujours inviter à sa table la ministre la plus haut placée dans le protocole … la N°3 du gouvernement….Juste derrière Valls et Fabius une certaine … Ségolène Royal !

 

 

 

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Matignon : boite à fusibles !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 avril 2014 11h46 | Ajouter un commentaire

 On a beaucoup répété hier que le remplacement du premier ministre français s’était produite de manière assez expéditive quelques heures après la défaite des socialistes aux municipales. Mais à bien y regarder, sous la Vème République il est très rare qu’un premier ministre quitte sereinement ses fonctions.

 

 

Sous la Vème république le régime taillé sur mesure pour le général de Gaulle en 1958, le premier  ministre bien que chef du gouvernement est surtout le principal collaborateur du président. Il lui sert de fusible quand les choses tournent mal. Ainsi il est très fréquent que le locataire de Matignon change après une défaite intermédiaire aux élections locales. Le cas de Jean Marc Ayrault est exceptionnel par l’ampleur de la défaite mais surtout par la rapidité de son départ.  Mais c’est arrivé à peu près dans les mêmes conditions à Edith Cresson ou Jean Pierre Raffarin après des élections régionales.

 Un régime presque présidentiel.

  Dans les démocraties parlementaires classiques, le Premier ministre quitte ses fonctions quand il est battu aux législatives, puisqu’il détient son pouvoir des députés. En France comme on dit « il procède » du président de la République, lui seul le choisit et le nomme. Ainsi il est assez rare en France qu’un chef de gouvernement soit remercié après de législatives perdues même si ça c’est déjà produit par exemple Fabius en 1984, Bérégovoy en 1993, ou Juppé en 1997. Parfois ils sont écartés après une victoire, comme Pompidou en 1968. Plus singulier certains premiers ministres ont démissionnés après leur propre défaite à la présidentielle alors qu’ils avaient toujours une majorité parlementaire, Jospin en 2002 ou Balladur en 1995.

 Le fait du prince.

 Mais le plus souvent c‘est le fait du prince le président change de Premier ministre en dehors de toute élection quand il estime que le fusible est  fondu. Debré en 62, Chaban en 71, Mauroy en 84, Rocard en 91. Seul cas d’un Premier ministre qui a pris l’initiative de son départ : Chirac en 1976 sur un désaccord avec Giscard.

 

 

Le Numéro 6.

 

Tremplin ou toboggan ?

 Quand on voit le nombre de candidats pour exercer le poste on pourrait se dire qu’il s’agit du bon tremplin pour l’Elysée : erreur !  Sur les 20 Premiers  ministres de la Vème République deux seulement ont accédé à la Présidence, Pompidou et Chirac. C’est comme au « village » dans le feuilleton « le prisonnier »  pour remplacer le numéro 1, il vaut mieux être le numéro 6… que le numéro 2 !

Bonjour chez vous !

 

 

 

Sur le fonctionnement de la Vème République et les rapports entre le Président et le Premier ministre : «  La France choisit son Roi » de Christophe Giltay, aux éditions “La Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, decitre, rueducommerce, Leclerc, etc…) et sur le site de l’éditeur.

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Municipales : haro sur Ayrault !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 mars 2014 09h26 | 3 commentaires

Trois jours  après le premier tour des municipales, une question traverse la vie politique française : Qui sera le prochain premier ministre ? Car sauf retournement spectaculaire et très improbable au deuxième tour, François Hollande va sacrifier Jean Marc Ayrault son actuel second, sur l’autel des élections perdues.  

 

La une du quotidien libération lundi était  assez limpide. On y voyait François Hollande avec ce titre : «  Après la claque remaniez-vous ! » comprenez remaniez le gouvernement !

 Gagner Paris !

 En fait le président a deux priorités d’abord limiter les dégâts et notamment gagner Paris, c’est pour ça que le PS a signé dès lundi dans la capitale un accord très favorables aux verts, pour être sûr de leur soutien et conserver la municipalité. Cette victoire parisienne pourrait masquer en partie l’ampleur de la débâcle socialiste.

 Ayrault sur le départ.

Ensuite  il est clair que le premier ministre va sauter. Sur le fond c’est injuste,  Jean Marc Ayrault est un honnête homme, et par les temps qui courent c’est plutôt rare. Mais que voulez-vous comme disait Fernand Raynaud : « ça eût payé mais ça paye plus » ! Dans un paysage politique qui est devenu d’une violence étonnante, et que le Front National vient maintenant troubler il  faut quelqu’un avec plus de niaque, plus de carrure…

 Valls ? Bartolone ? Aubry ? Fabius ?

 Les candidats ne manquent pas. Le nom le plus souvent cité est celui de Manuel Valls, le ministre de l’intérieur,  il a tout à fait le profil du combattant dont le président a besoin. Mais certains s’interrogent : ne serait-ce pas prendre le risque de le griller trop vite, alors qu’il pourrait servir plus tard ?  D’autres noms circulent, le président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone, il en a très envie, mais il manque de notoriété. Martine Aubry l’un des seuls Maires PS à et sorti en tête dans sa ville de Lille, mais ce serait pour Hollande installer  un ancien rival à ses côtés,  et vivre une sorte de cohabitation interne au PS.

Reste Laurent Fabius,  et son image de sage. L’affaire du sang contaminé est désormais bien loin, et sa liste au municipale a été élue au premier tour avec 77% des voix. Mais il fait très président et Hollande pourrait souffrir de la comparaison.

Alors, puisque Valérie est partie,  pourquoi pas Ségolène Royal ?

Non je plaisante !

 

 

 

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Ecoutes : Sarko monte à la tribune !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 mars 2014 09h02 | Un commentaire>

 Après l’affaire des écoutes, Nicolas Sarkozy contre-attaque ce matin dans le Figaro. Il s’interroge sur « ce qui est fait » du contenu des écoutes qui le visent, parlant « de principes républicains foulés aux pieds ».  Il compare également  la France de François Hollande, à la RDA et à sa tristement célèbre police politique : la Stasi.  .

 

Voici les extraits les plus significatifs de cette tribune que Nicolas Sarkozy signe dans le Figaro. C’est la première fois qu’il s’exprime ainsi dans la presse depuis sa défaite de 2012. Il évoque bien sur les écoutes dont il fait l’objet.  On parle ici des écoutes de la justice pas de son conseiller Patrick Buisson.

RF = RDA

« Des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent ».

  »Suis-je en droit de m’interroger sur ce qui est fait de la retranscription de mes conversations? »

  »Je sais, la ministre de la Justice n’était pas au courant, malgré tous les rapports qu’elle a demandés et reçus. Le ministre de l’Intérieur n’était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? »

  »Aujourd’hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu’elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n’est pas un extrait du merveilleux film « La Vie des autres » sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi » 

On peut en déduire que d’après lui  la France est une dictature dont les dirigeants espionnent leurs adversaire politiques comme le faisaient les communistes en Allemagne de l’Est…

Hollande répond le PS aussi.

Evidement en face on a réagi au quart de tour. Depuis Bruxelles où il se trouve pour le sommet européen François Hollande a déclaré :

« Laisser penser que notre pays, notre République puissent ne pas être fondés sur les libertés, c’est introduire un doute qui n’a pas sa place, et toute comparaison avec des dictatures est forcément insupportable »

Coté socialistes c’est d‘ailleurs un tir groupe Manuel Valls le ministre de l’intérieur  dit par exemple que Nicolas Sarkozy  s’en prend au « fondement même de l’Etat de droit » et Christiane Taubira la ministre de la  justice affirme qu’elle « n’entend pas accepter cette injure à l’égard des citoyens français et des juges ainsi que cette attaque envers les institutions de la République. »

 Copé se réjouit.

 A droite le son de cloche est tout autre pour Jean-François Copé, le président de l’UMP, le texte de Nicolas Sarkozy est une « réponse courageuse » et « indispensable aux accusations incessantes ».

Ah oui c’est chaud ! Mais Je vous rappelle accessoirement que dimanche se tient en France le premier tour de des élections municipales… et qu’on est donc en pleine campagne électorale.

 Quant à la tribune de Sarkozy il y a dans son texte une autre phrase qui a attiré mon attention :

« Je n’éprouve nul désir de m’impliquer aujourd’hui dans la vie politique de notre pays ».

 Le mot important c’est aujourd’hui…

 

 

 

 

 

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