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Charlie : je suis Picsou

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 mars 2015 09h51 | 3 commentaires

Les histoires d’argent finissent mal en général. Un peu plus de deux mois après les attentats du 7 janviers onze salariés de Charlie Hebdo réclament leur part des  30 millions d’euros gagnés depuis l’attentat de janvier.

 Picsou

C’est le genre d’histoire que j’aurais préféré ne jamais vous raconter. Au moment des attentats Charlie Hebdo était aux portes de la faillite. Il avait du mal à vendre ses 30 000 exemplaires hebdomadaires et ses dessinateurs mettaient parfois la main à la poche pour renflouer le journal. Et puis est survenu le drame qu’on connait…

Un drame diabolique, car la mort des dessinateurs de Charlie a paradoxalement enrichi le journal, la vente de près de 8 million d‘exemplaire du Numéro 178, puis encore deux millions pour le suivant. Sans compter les dons qui ont afflué du monde entier, le journal se retrouve maintenant propriétaire d’un capital de 30 millions d’euros…

Une fondation ?

Plusieurs projets ont été avancés comme la création d’une fondation pour la liberté de la presse. Mais d’un autre côté il est logique qu’une part de cet argent revienne aux familles des victimes.

C’est dans cette ambiance un peu floue qu’hier onze salariés de Charlie Hebdo ont réclamé à la direction un statut d’«actionnaires salariés à parts égales». Parmi eux l’urgentiste Patrick Pelvoux et le dessinateur Luz. C’est très  sérieux le collectif a même embauché deux avocats pour faire valoir ses droits.  Actuellement Charlie Hebdo est détenu à 40% par les parents de Charb, héritiers de leur fils tué dans l’attaque du 7 janvier, 40% par le dessinateur Riss, nouveau directeur de la publication blessé par une balle à l’épaule , et 20% par Eric Portheault le directeur général.

Les bagues de grand-mère

«Nous sommes très loin de la réflexion sur l’actionnariat», a commenté l’avocat du journal, « Tout cet argent fait plus de mal que de bien. Cela fait penser à ces enterrements où on se bat déjà en revenant du cimetière pour les bijoux de la grand-mère », de son côté Patrick Pelloux affirme que le collectif des onze n’a rien contre la direction mais qu’il souhaite être associé aux décisions concernant le devenir de cet argent…

L’argent n’a pas d’odeur.

Honnêtement s’il n’y avait pas les victimes je conseillerais de donner tout ce fric à une œuvre caritative. Mais évidemment on est toujours plus généreux avec l’argent des autres qu’avec celui qu’on n’a pas. Donc je me garderais bien de juger les salariés de Charlie, je ne sais pas ce que je ferais devant un tel magot !

Néanmoins j’aime à rêver aux dessins que cet épisode étrange aurait inspiré à Charb, Cabu et Wolinski.

Radio France : un bureau à 100 000 euros.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 mars 2015 09h58 | Un commentaire>

Nouvelle polémique en France, le « Canard enchaîné » révèle que le président de Radio France a fait rénover son bureau pour la modique somme de 100 000 euros. Alors que les salariés redoutent un plan social.

radio france

 

Cette affaire intervient quelques semaines après un scandale du même genre qui avait finalement contraint à la démission le secrétaire général de la CGT le principal syndicat français. Thierry Lepaon avait fait rénover son appartement de fonction pour 100 000 euros et son bureau pour 62 000 euros.

Là c’est juste 100 000 euros pour le bureau du PDG de radio France Mathieu Gallet.  Ce qui fait dire à certains de ses employés qu’il s’est offert un bureau pour le prix d’un appartement…

Comment se fait-il que la rénovation d‘un bureau puisse coûter aussi cher ?

Du bois précieux.

Certes on y a tout changé : moquette, peintures, stores électriques, mobilier… mais l’estimation initiale en décembre dernier chiffrait ces travaux à 35 000 euros ce qui n’est déjà pas mal…

Le problème c’est qu’on aussi décidé pour la première fois depuis 1963 date de la construction de la Maison de la Radio à Paris, de rénover  le revêtement mural du bureau fait de boiseries précieuses en palissandre, coût 72 000 euros…

Pour ceux qui connaissent l’architecture contemporaine c’est un classique des années 60, le mélange bois béton. Il y a 50 ans on n’était pas très regardant sur l’utilisant des essences exotiques qui d’ailleurs coûtaient beaucoup moins cher qu’aujourd’hui. Seulement voilà en 2015 ça fait désordre.

Une radio en déficit.

La défense de la direction de Radio France tient en un mot : depuis 2009 la Maison de la Radio été restaurée de fond en comble pour une somme totale de 430 million d‘euros. A cette échelle le prix du bureau reste modeste.

Oui,  sauf que Radio France est en déficit, un déficit qui pourrait atteindre 50 million d‘euros en 2019. Son PDG s’est donc lancé dans un plan d’économie drastique qui pourrait passer par des suppressions d’emplois. Les syndicats ont d’ailleurs appelé à une journée de grève demain pour manifester leur inquiétude. Et voilà qu’à la veille de cette grève ( hasard heureux…) on apprend que le bureau du PDG a couté 100 000 euros. Je lui souhaite bien du plaisir quand il devra expliquer aux salariés son plan d’économies. En général ce genre de scandale se termine par la démission de l’intéressé.

Et c’est ainsi que le bureau en bois de palissandre pourrait  surtout profiter à son successeur.

« Les Républicains » nouveau nom de l’UMP.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 mars 2015 12h30 | Ajouter un commentaire

 

Nicolas Sarkozy a refusé de le confirmer, mais il a choisi le nouveau nom de son parti. L’UMP s’appellera bientôt « les Républicains. »

les républicains

Quand il est revenu à la tête de son parti, Nicolas Sarkozy avait annoncé sa volonté de tout changer à commercer par son appellation. On a longtemps cru qu’il choisirait comme nom « Le Rassemblement » en référence au parti gaulliste le RPF (Rassemblement du Peuple Français)… ou au RPR chiraquien (Rassemblement Pour la République…)

Mais il a finalement choisis un nom dont les origines sont plus lointaines et ce sera « Les Républicains ». La marque «Les Républicains» ainsi que trois logos ont été déposés dès novembre 2014 à l’Institut national de la propriété industrielle.

Congrès le 30 Mai.

Sarkozy refuse de confirmer, même mutisme du côté de l’agence de publicité Aubert Sotch, qui a déposé le nom. Elle affirme ne pouvoir dévoiler le nom de son commanditaire et assure travailler dans ce cas  «à titre gracieux».

En fait le nom sera officiellement annoncé lors du congrès du parti le 30 mai prochain à la Villette.

Il y a eu débat au sein de l’UMP car il a déjà existé des partis employant le terme républicains. La formation de Valéry Giscard d’Estaing dans les années 60-70s’appelait « Les Républicains indépendants… » Il y eu ensuite un Parti Républicain présidé par François Léotard.

Mais les rares sarkozystes à s’exprimer vont chercher l’inspiration aux sources de la troisième République, juste après le Second Empire, avec de personnalités telles que Gambetta, Jaurès, Clemenceau, ou Jules Ferry…»

Très USA.

Il n’est pas sûr que cela parle à tout le monde, certains redoutent la confusion avec le Parti Républicain américain, le parti des Bush, Reagan , Nixon, des personnalités qui n’ont pas laissé un très bon souvenir en France…

Le plus drôle c’est qu’il y quelques mois, certains socialistes avaient proposé de rebaptiser leur partir le Parti Démocrate. Il n’aurait manqué alors que de transformer l’Assemblée Nationale en Congrès et l’Elysée en Maison Blanche.

Et les autres ?

Ce nom « Les Républicains » me direz-vous ça me mange pas de pain, et ça ne casse pas non plus la baraque…

Oui, sauf qu’en France tout le monde se dit républicain. En déposant le nom les sarkozystes ont l’air de dire qu’ils sont les vrais républicains et que les autres ne le sont pas .

J’entends déjà les envolées : « la République appartient à tout le monde… » ça promet !

 

Le cinéma de Hollande

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 mars 2015 10h15 | Un commentaire>

Qu’est-ce que vous faites le weekend ?  Vous allez parfois au cinéma ? C’est aussi le cas de François Hollande… mais c’est plutôt  le cinéma qui vient à lui, dans la salle privée du palais de l’Elysée.

Thomas Lilti, réalisateur du film "Hippocrate" parle devant le président de la République et ses invités avant la diffusion de son film dans la salle de projection du Palais de l'Elysée à Paris, Dimanche 5 octobre 2014 - 2014©Jean-Claude Coutausse / french-politics pour M Le magazine du Monde

Thomas Lilti, réalisateur du film « Hippocrate » parle devant le président de la République et ses invités avant la diffusion de son film dans la salle de projection du Palais de l’Elysée à Paris, Dimanche 5 octobre 2014 – 2014©Jean-Claude Coutausse / french-politics pour M Le magazine du Monde

Le Figaro  nous invite ce matin à visiter un droit très méconnu,  la salle de cinéma de l’Elysée. Dans les années 60 le Général de Gaulle se faisait de temps en temps projeter des films le dimanche dans la salle des fêtes, des « De Funès » quand ses petits enfants étaient là, et des « James Bond »pour son plaisir, mais on était assis sur des chaises Louis XVI.  Son successeur le président Pompidou aimait le design et le confort  de son époque, c’est pourquoi il a fait construire une salle de cinéma ultra moderne ( en son temps) dans un sous-sol de  l’Elysée.

Une ambiance 70’s

Une porte dérobée quasi invisible dans la salle des fêtes, trente-trois marches à descendre, et vous vous retrouvez plongés dans l’ambiance des années 70. Moquette moutarde et 22 grands fauteuils en velours brun dans une coque blanche façon œuf (dessinés par Philippe Stark, alors âgé de 22 ans). Si les murs pouvaient parler ils vous raconteraient Alain Delon et Mireille d’arc lovés dans ces fauteuils sous Giscard, ou Roger Hanin furieux d’entendre François Mitterrand discuter pendant toute la projection de  « Coup de sirocco … » d’Alexandre Arcady.  Jacques Chirac ne fréquentait pas beaucoup la salle quant à Nicolas Sarkozy il préférait les dvd dans son appartement avec Carlita. Quoique celle-ci accueillit un jour Dany Boon avec une bière pour une projection de « Bienvenue chez les Ch’tis ».

Films politiques et français !

François Hollande est parait-il silencieux et attentif pendant toute la séance qui dure en général quatre heures, au moins une fois par mois le plus souvent le dimanche. Pas question de regarder n’importe quoi la plupart des films ont un intérêt politique ou sociétal. Exemple « La marche » parle de l’immigration, « Quelques heures de printemps » évoque l’euthanasie,  « Chante ton bac d’abord » traite de l’éducation… » Les films sont tous français ! François Hollande invite le réalisateur et des acteurs du film, ainsi que des français concernés par le thème : de infirmières sur l’euthanasie, un professeur et des lycéens pour l’éducation.  Il y a une introduction et un débat après, on  y servirait de très bons jus de fruit,  en revanche pas de popcorn comme à la Maison Blanche  où Barack Obama a posé dans sa propre salle avec ses friandises favorites, de lunettes 3 D sur le nez.  Hélas, pas de 3 D à l’Elysée le cinéma du palais doit être le dernier de France à ne pas être équipé en numérique.

Desperately Seeking Julie

Quant au vrai cinéma en ville, l’assassinat du premier ministre suédois Olaf Palme à la sortie d’une salle de Stockholm en 1986 a définitivement écarté les présidents de cette tentation. François Hollande a pourtant fait une exception en rejoignant Sabine Azéma à la projection du dernier film d’Alain Resnais, le soir des obsèques du cinéaste qui était aussi le compagnon de l’actrice. Tiens ! En parlant d’actrice justement,  il y en a une qui exerce une grande influence sur le choix de films à l’Elysée, mais qu’on ne voit jamais aux projections. Une certaine… Julie Gayet !

SOS Calypso

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 mars 2015 17h24 | Un commentaire>

Qui pourra sauver la Calypso le navire mythique du commandant Cousteau ? Si une facture de plus de 300 000 euros n’est pas acquittée aujourd’hui par l’Equipe Cousteau, propriétaire du bateau, le chantier de Concarneau où il est en travaux pourra lancer une procédure de saisie-vente du navire.

La Calypso au temps de sa gloire.

La Calypso au temps de sa gloire.

La Calypso, du nom de la magicienne qui envoûte Ulysse dans l’Odyssée est le navire océanographique le plus célébré du monde. Ancien dragueur de mine de la 2nd guerre mondiale, racheté par le commandant Cousteau pour un franc symbolique, il a sillonné les mers de 1951 à 1996. Vedette de dizaines de documentaires tournés par l’équipe Cousteau,  dont son plus célébré : « le monde du silence » palme d’or à Cannes en 1956.

Le naufrage.

  En janvier 1996 un an avant la mort du commandant, la Calypso est percutée par une barge dans le port de Singapour et sombre.  Après plusieurs jours au fond du port elle est renflouée et remorquée en France d’abord à Marseille puis à la Rochelle. Dans son testament  jacques-Yves Cousteau souhaitait que La Calypso reste « au service de la science et de l’éducation ». Plusieurs projets vont alors se succéder dont celui de la transformer en musée flottant.

La succession du commandant va tout compliquer : deux camps s’affrontent autour du navire, le deuxième épouse Francine Cousteau présidente de la « Cousteau Society » et la « Campagne Océanographique Française » de Jean Michel Cousteau le fils.  Des années de procédure autour du bateau qui pendant ce temps rouille, est vandalisé, dépouillé de ses équipement scientifique et de son mobilier.

Concarneau.

Le 11 octobre 2007, La Calypso quitte La Rochelle pour être remorquée vers le port de Concarneau afin d’être remise en état complètement. Le 9 Novembre, elle rejoint le hangar des chantiers Piriou où elle doit être restaurée. Elle y est toujours, car durant huit ans les projets se sont succédés sans jamais aboutir.  Au début il fallait juste la remettre en état pour en faire un musée mais ensuite la veuve du commandant a voulu en refaire un navire capable de naviguer sur les océans. Les coûts n’ont rien à voir, 800 000 euros d’un côté, près de 2 millions de l’autre. D’autant que les factures ne sont pas payées. Une tentative pour faire classer le navire et bénéficier de fonds publics a échoué.

L’agonie.

Aujourd’hui elle fait pâle figure, comme l’écrit une journaliste du Monde Marie-Béatrice Baudet qui l’a visitée il y quelques jours c’est : « Un squelette rouillé. Sans sa timonerie, sa mâture et son faux nez, La Calypso est méconnaissable, elle pèse 100 tonnes à peine, quatre fois moins que lors de sa construction. Ses bordés ne craquent plus à la mer, ils pourrissent. Le bateau, l’âme du commandant Cousteau, est à l’agonie. »

La Calypso pourrait bien finir à la ferraille.

Laissez-moi rêver qu’on ne la découpe pas au chalumeau, mais qu’on la remorque au large et qu’on la coule !

Qu’elle rejoigne pour l’éternité… le monde du silence…

 

 

Dernière minute :

Les chantiers Piriou ont annoncé vendredi 13 mars qu’ils délivreront lundi à l’Equipe Cousteau un commandement de saisie-vente « qui débouchera sur une vente aux enchères » de la Calypso, le célèbre navire océanographique du commandant Cousteau entreposé depuis 2007 dans un de leurs hangars à Concarneau (Finistère).

Cette annonce intervient au lendemain de l’expiration du délai fixé par la justice pour le retrait du navire.

 

 

 

Hélicoptères : le duplex qui choque

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 mars 2015 12h52 | Un commentaire>

 

Mini scandale sur twitter à la suite de l ‘accident d’hélicoptère qui a couté la vie à 10 personnes dont trois sportifs français lundi soir. Il y a eu beaucoup de réactions indignées après le direct effectué dans le JT de TF1 par Louis Bodin l’animateur de l’émission « dropped » .

Messages recueillis sur Twitter ( avec orthographe d’origine) :

Ah ouais d’accord, le duplex de Louis Bodin sur TF1 devant les restes de l’hélicoptère. C’est juste scandaleux bordel. 

bodin

Quelle honte de placer #Louis Bodin devant l’épave de l’hélico pour ce duplex #honteux

TF1 ou le « show » pour le « show » : #LouisBodin devant la carcasse des hélicos…

Quel manque de respect.non mais tf1 qui interwiew Louis Bodin derrière les épaves des hélicoptères !!!!! Un peu de delicatesse

TF1 vient de franchir les limites de l’indécence. Un duplex avec Louis Bodin devant les carcasses des hélicoptères, comment ont-ils osé ?

Etc…etc… on en trouve des dizaines,  tout est du même tonneau.

L’animateur de l’émission.

Alors que s’est-il passé ? Louis Bodin qui est surtout connu comme monsieur météo de TF1 et de RTL Paris, était l’animateur choisi pour l’émission « Dropped ».  Cette télé réalité consiste à abandonner dans la nature d’anciens sportifs avec juste un peu d‘eau, sans carte ni boussole. Ils doivent se débrouiller pour survivre et trouver en 72 heures un endroit où recharger leur portable. Florence Arthaud, Alexis Castine, Camille Muffat étaient en route pour leur premier trek quand l’accident a eu lieu.

Direct dans le 20h.

Louis Bodin se trouvait au sol avec d’autres candidats, il n’a pas vu l’accident mais il a pu témoigner sur  l’ambiance et l’émotion dans l’équipe .Il est donc logique que la rédaction de TF1 ait décidé de prendre en direct dans son 20h, Louis  Bodin come il l’aurait fait d’un envoyé spécial. Ce n’est pas le principe qui a choqué c’est le lieu. Louis Bodin était filmé juste à côté de la carcasse des hélicos, dont on avait retiré les corps calcinés quelques heures auparavant.

Un cadre classique.

Ce genre de duplex la télévision en fait tout le temps : devant des immeubles en ruines après un tremblement de terre, devant des blindés détruits au combat, devant des écoles incendiées… La rédaction de TF1 a tout simplement demandé à son animateur de s’installer devant les hélicoptères comme on l’aurait fait n’importe où ailleurs…Les autres télévisions ( argentines, américaines etc…) émettaient du même endroit.

Morts de proximité…

Seulement voilà les victimes étaient françaises et qui plus est célèbres. Les téléspectateurs se sont sentis interpellés et même blessés par cette mise en scène, c’est la célèbre règle du « mort kilomètre » qu’on enseigne dans les écoles de journalisme : un accident de voiture au coin de la rue c’est un sujet,  un ferry qui fait naufrage au Bangladesh, ça vaut une brève !

Des vrais gens pas des images.

Il y a aussi ce qu’on pourrait appeler une déformation professionnelle. Quand on fait de la télévision les lieux, les objets, les gens deviennent des images…Il faut de  la bonne image ! Je me souviens un jour d’avoir dit à un cameraman devant une ville inondée au coucher du soleil : « que c’est beau ! » Et c’est alors que j’ai entendu une voix courroucée me lancer : «   moi j’ai tout perdu et je ne trouve pas ça beau ! » Je me suis senti très con…

Les gens de télévision oublient parfois que ces images, leur matière première, ce sont de vrais lieux, des vrais objets, des vrais gens. Cet incident entre TF1 et ses téléspectateurs devrait peut-être nous inciter à réfléchir  …

Mourir pour la télé ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 mars 2015 13h34 | Ajouter un commentaire

arthaud  Le tournage de l’émission de télé-réalité Dropped de TF1 a tourné hier au drame: huit Français, dont la navigatrice Florence Arthaud et la nageuse Camille Muffat, sont morts en Argentine quand deux hélicoptères affrétés par la production sont entrés en collision.

Ce n’était pas mon jour ! Voilà ce qu’a déclaré Florence Arthaud aux sauveteurs qui l’ont récupérée 29 octobre 2011, au large du Cap Corse. Elle était tombée de son bateau en pleine nuit, en général ça ne pardonne pas, c’est comme ça qu’est mort le grand Tabarly.  Mais ce jour-là Florence a eu de la chance, elle avait sur elle une lampe frontale et un téléphone portable étanche. Elle est parvenue à appeler sa mère qui a joint son frère qui lui-même a prévenu les secours.  Ils ont mis deux heures à la récupérer grâce à la localisation de son téléphone portable. En hypothermie mais saine et sauve.

Ce ne fut qu’une des nombreuses péripéties de la vie de celle qu’on avait surnommée « la petite fiancée de l’Atlantique »… Une jeune femme qui passé sa vie à se battre et à prendre des risques, revanche sur un terrible accident de voiture subi à 17 ans et qui l’avait laissée paralysée pendant de longs mois…

Vivre à fond.

Et puis voilà mourir comme ça, d’un accident d’hélicoptère pendant le tournage d’une télé réalité.  Quand j’ai entendu l’information cette nuit,  j’ai bondi, je me suis dit : «  il faudrait interdire la télé réalité, là de toute façon, ça va lui porter un coup fatal ! » Sur le moment j’avoue que je pensais qu’ils étaient morts bêtement. Mais au fond toutes les morts sont bêtes…

Va-t-on reprocher à Florence Artaud, à la battante et talentueuse Camille Muffat, au sympathique et généreux Alexis Vastine, d’avoir voulu vivre à cent à l’heure ? Sportifs de haut niveau ils avaient choisis cette vie !

A bien y réfléchir il m’est arrivé aussi de monter dans des hélicoptères, en zone de montagne, au milieu des turbulences…Pourquoi ?  Pour faire des images ! Et alors ? Y a-t-il une manière plus ou plus moins noble de risquer sa peau pour la télévision ?

Le prix du danger.

Noble si c’est du sport, noble si c’est du journalisme, ridicule si c’est pour de la télé réalité ?  Mais non ! Et quant aux pilotes et 5 membres de l’équipe de production, ils faisaient leur boulot, un boulot passionnant. Ce n’est pas donné à tout le monde d’aller tourner des émissions en argentine. Ca aurait pu être une équipe d’Ushuaïa ou de toute autre mission réputée plus prestigieuse que la télé réalité. Quelle différence ?

Une petite gêne quand même, une tristesse un peu nostalgique, au-delà du choc et du deuil, quand je pense à ces sportifs  retraités, les trois défunts mais aussi Candeloro,  Jeannie Longo, le nageur Alain Bernard, le footballeur Sylvain Wiltord, qui avaient également accepté de participer à ce jeu.

Comme pour retrouver un soupçon de leur gloire passée… «  – Encore un peu de lumière … s’il vous plait… encore un peu de lumière… »

Mais la lumière s’est éteinte.

Islamistes : Pasqua veut rétablir le bagne

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 mars 2015 16h18 | Ajouter un commentaire
Charles Pasqua

Charles Pasqua

On s’interroge beaucoup en France et en Belgique sur les dispositions à prendre concernant les terroristes une fois qu’ils sont en prison, faut-il les isoler ? Les regrouper  ? Charles Pasqua ancien ministre de l’Intérieur propose de déporter les islamistes radicaux sur une île et de leur faire exécuter des travaux forcés.

Charles Pasqua âgé aujourd’hui de 88 ans est un personnage truculent qui n’a rien perdu de sa verve méditerranéenne. Lui, qui en son temps avait promis de « terroriser les terroristes », a fait dimanche sur France 2 une étrange proposition. « J’apprends » a-t-il dit « qu’on va regrouper tous les détenus islamistes dangereux au même endroit»: «Bravooo». «Et c’est où cet endroit? C’est sur le sol de la métropole? Non ce n’est pas sérieux» et il ajoute «Qu’on les mette sur une île, qu’on les mette loin, bien entendu», le journaliste lui demande alors s’il souhaite  un Guantanamo à la française et Pasqua ajoute «On n’a qu’à recréer les travaux forcés».

Le bagne.

En clair Pasqua propose de réinventer le bagne ni plus ni moins. Les amateurs de littératures et de cinéma connaissent le bagne de Cayenne rendu célèbre dans le monde entier par l’histoire de Papillon, ou les affaire Dreyfus et Seznec. Le Bagne fut actif en Guyane française de 1852 à 1938. Il y eu aussi un bagne en Nouvelle Calédonie de 1864 à 1924, où l’on déporta notamment les insurgés de la commune dont l’égérie anarchiste Louise Michel. Ca fait donc très longtemps que la France ne déporte plus se prisonnier sur des iles. Pourtant la proposition de Pasqua n’est pas tout à fait dépourvue de pertinence, il y un précédent.

Peyrefitte et Clipperton.

En 1981 lors de la discussion de la loi sur la suppression de la peine  de mort, un autre gaulliste historique Alain Peyrefitte avait suggéré de transférer les condamnés à perpétuité sur Clipperton, l’île française la plus isolée à l’est du Pacifique. Peyrefitte se souvenait peut être que l’on surnommait autrefois le bagne : « la guillotine sèche ». L’île de Clipperton est un îlot de 1,7km2 située à 1200 km du Mexique et à 12 000 km de la France. Sur cet atoll il n’y a rien hormis quelques tonnes de guano exploité jusqu’en 1914 par des mexicains.  Isolés sur Clipperton les terroristes ne pourraient pas radicaliser grand monde à part une myriade de crabes et d’oiseaux….

Sinon le Jura ?

Le problème c’est qu’il faudrait y construire de bâtiments, y installer l’eau et l’électricité, loger des gardiens et leurs familles. Tout ça couterait un peud’ argent mais ça aurait le mérite d’une certaine efficacité, du moins sur le plan de l’isolement.

Sérieusement il y a peu de chance que la France rouvre jamais un bagne à Clipperton ou ailleurs outre-mer. En revanche d’autres hommes politiques ont évoqués l’installation de pénitenciers  dans des zones un peu rudes, comme le Jura ou les Vosges. Des régions où le climat vivifiant pourrait atténuer les ardeurs djihadistes. Mais je ne suis pas sûr que cela suffise à terroriser les terroristes…

 

 

Comment contrer les drones ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 mars 2015 10h49 | Ajouter un commentaire

drone

Alors que les survols de drones au-dessus de zones sensibles se multiplient, le gouvernement français envisage plusieurs mesures pour une meilleure détection et neutralisation des engins indésirables.

D’après le ministre français de l’intérieur Bernard Cazeneuve, au total, « 60 survols de drones » ont été constatés au-dessus de centrales nucléaires ou de Paris depuis le 5 octobre, un sujet que le gouvernement français assure prendre “très au sérieux”.

Pour l’instant la police n’a interpellé personne à part une équipe de la chaîne de télévision Al-Jazeera qui faisait voler un drone au bois de Boulogne. Mais même si le drone a été confisqué et que le journaliste Tristan Redman a été condamné à une amende de 1.000 euros, cette télévision n’est pas à l’origine des vols qui inquiètent Paris.

Presque indétectables.

Le problème c’est qu’actuellement il n’existe aucune méthode éprouvée pour neutraliser ou intercepter des drones. Si un chasseur bombardier menace Paris on sait comment faire, mais les forces de sécurité classiques sont désarmées face à ces petits engins. Il n’existerait pas pour l’instant de système de défense anti-aérien, adapté à une menace qui vole entre 50 et 100 mètres d’altitude.

Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, a remis un rapport confidentiel sur le sujet au Premier ministre fin janvier, et propose quelques pistes :

  • Une détection radar renforcée au-dessus des sites sensibles
  • Le brouillage du signal entre le propriétaire et son drone,
  • L’utilisation de canons à eau
  • L’emploi de lasers et autres systèmes de “mise en panne volontaire” des engins volants à l’approche de zones interdites.

Tirer n’est pas jouer.

Il ne s’agit pas de se contenter de placer des tireurs d’élite en faction, d’autant qu’au-dessus des zones habitées abattre un drone sans autre forme de procès pourrait être très dangereux. Le gouvernement cherche donc des solutions innovantes et un appel d’offres a été lancé en décembre ( budget 1 million d’euros), 23 projets sont actuellement en lice. Par ailleurs l’immatriculation de tous les appareils, y compris les plus légers, pourrait être imposée pour mieux identifier les propriétaires.

L’objectif du gouvernement est également de faire adopter une réglementation harmonisée au plan européen. La France organisera d’ailleurs le 28 mai à Paris un séminaire international sur la question. En attendant si vous voulez faire le petit malin en France avec un drone, ça peut déjà vous coûter jusqu’à 75 000 euros d’amende…

Et ça, c’est pas dro…ne !

 

 

Impôt sur la fortune

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 mars 2015 11h00 | Ajouter un commentaire

impots

On évoque beaucoup en ce moment l’éventualité de la création d‘un impôt sur la fortune en Wallonie. En France cet impôt existe depuis 1982, et son bilan est mitigé.

L’impôt sur la fortune a été créé en France en 1982 par le gouvernement de Pierre Mauroy. On était en pleine vague socialiste après la victoire de François Mitterrand en 1981, et cet impôt n’était qu’une des multiples réformes de gauche adoptée par le nouveau pouvoir à côté par exemple des nationalisations.

L’impôt sur la fortune qu’on appelait alors l’IGF (impôt sur la grande fortune) avait d’abord une fonction symbolique, idéologique même : faire payer les riches !

Supprimé puis rétabli.

Supprimé en 1987 par le gouvernement Chirac, il est rétabli au retour  de la gauche au pouvoir, par Michel Rocard, sous le nom de ISF : import de solidarité sur la fortune. En changeant le nom on change  aussi l’axe symbolique, il ne s’agit plus de punir les riches mais de les inciter à partager avec les autres…

Aujourd’hui cet impôt est payé par tous les foyers fiscaux qui détiennent un patrimoine de plus de 800 000 euros. Le barème est clair : Entre 800 000 et 1 300 000 euros 0,5 % , entre1 300 000 et 2 570 000 euros 0,75%, entre 2 570 000 et 5 000 000 euros 1 %, entre 5 000 000 et 10 000 000 euros1,25 % et au-delà de10 000 000 euros 1,50%

Quelques aberrations.

Il se paie tous les ans sur une déclaration volontaire, à noter qu’il suffit d’être en concubinage pour voir cumuler son patrimoine. Seuls les couples mariés sous le régime de la séparation et vivant sous des toits différents peuvent faire des déclarations individuelles. En 1982 on avait accusé cet impôt d’être un incitateur au divorce,  aujourd’hui on lui reproche plutôt de faire fuir les riches à l’étranger et notamment en Belgique.

Tout le patrimoine intervient dans le calcul d’où des aberrations comme ces paysans de l’ile de Ré, dont les maisons ont pris une valeur hallucinante depuis que les bobos y passent leurs vacances et qui, assis sur un tas d’or bien involontaire, n’ont pas les moyens de payer l’impôt.

Sont exonérées les oeuvres d’arts, les productions de l’esprit comme les droits d’auteurs, les entreprises si le patron en est le propriétaire, et les rentes pour handicap ou maladie.

Rentable …ou pas ?

Les experts s’affrontent depuis trente ans sur le bien-fondé de cet impôt.  En 2013, 312 046 foyers français ont réglé l’ISF, pour des recettes s’établissant à 4,39 milliards d’euros à l’État.

Mais les détracteurs affirment que l’expatriation fiscale a privé l’Etat d’au moins  15 milliards sur 6 ans. Le solde serait donc quasi nul ou en tout cas bien modeste. Ultime argument contre cet impôt : il embêterait les millionnaires sans gêner les milliardaires qui ont les moyens de tout planquer dans des paradis fiscaux.

Bref ami wallon, ne vous trompez pas de combat…cet impôt est un symbole, mais pas forcément un jack pot !