Divers
Georges Moustaki était un digne représentant de la chanson française populaire, dans son sens le plus noble. Héritier de Trenet ou de Brassens…tout le monde connaissait quelques mesures de Moustaki…

On pourrait fredonner pour lui le célèbre vers de Trenet : « longtemps après que les poètes ont disparu leurs chanson courent encore dans les rues … ». Je ne sais pas si vous avez leu la même réaction que moi en apprenant son décès hier matin… On s’est dit « tiens ça fait longtemps qu’on ‘l’avait pas vu ! » et puis tout de suite on s’est interrogé : « mais au fait que chantait-il encore ? » Ah oui bien sûr le métèque : « avec ma gueule de métèque de juif errant, de pâtre grec… »
Mais encore ? Et c’est là que seul, ou à deux ou à trois, on s’est mis à chercher… et c’est revenu !
Ma liberté :« ma liberté longtemps je t’ai gardée comme une perle rare ma liberté c’est toi qui m’a aidé larguer les amarres »…mais aussi ma solitude : « Pour avoir si souvent dormi avec ma solitude Je m’en suis fait presque une amie une douce habitude… »
Parolier hors de pair.
Et c’est là qu’on se souvient qu’il écrivait d’abord pour les autres ses chansons ont les a entendues dans la bouche de Reggiani et d’autres comme Barbara : « Pour une longue dame brune, j’ai inventé Une chanson au clair de la lune, quelques couplets. Si jamais elle l’entend un jour, elle saura Que c’est une chanson d’amour pour elle et moi. »
Je l’ai écoutée ce matin fredonné par Bernard Lavilliers à la radio. Lavilliers, grand amoureux du Brésil qui rappelait que Moustaki jouait mieux la bossa à la guitare que certains maitres grandis à l’ombre du Corcovado… souvenez-vous de son adaptation en français des eaux de mars d’Antonio Carlos Jobim : « Un pas, une pierre, un chemin qui chemine. Un reste de racine, c’est un peu solitaire. C’est un éclat de verre… », obrigado Georges ! Obrigado !
Et puis évidemment il y avait des pochades comme tous les chanteurs, des pochades qui lui ramenaient un peu de sous de la SACEM… et qui furent bien pratiques hier à la télévision pour conclure les reportages : « Nous avons toute la vie pour nous amuser nous avons toute la mort pour nous reposer… »…Oui quoique, Moustaki c’était d’abord un vivant …
L’Egypte au cœur.
Savez-vous qu’il avait point commun avec Claude François et Dalida ? Il était né comme eux en Egypte dans les années trente, dans cette Egypte cosmopolite du roi Farouk dont les bandes dessinée de Blake et Mortimer, donnent une petite idée. Arrivé à Paris au début des années cinquante, il fut journaliste et barman, et puis un jour il entendit dans une petite salle, un moustachu à la voix grave qui chantait des vers à la fois bien torché contestataire : « Je ne fais pourtant de mal à personne en laissant courir les voleurs de pomme.. »
Fils de Brassens et de Piaf
Ce jour-là Guiseppe (c’est à dire Joseph) Moustaki a su qu’il deviendrait chanteur, et qu’en hommage au moustachu il se prénommerait désormais Georges comme lui. Quant au contestataire, il l’est resté jusqu’au bout, même quand son souffle parti il ne pouvait plus chanter. L’an dernier il a fait savoir que pour la présidentielle il soutenait le trotskyste Philippe Poutou.
Ne cherchez plus Moustaki à Paris dans l’île de la cité qu’il a si longtemps habitée… « Il est trop tard ! »
Il entré se reposer dans un bar, aguiché par une petite brune gouailleuse qui lui a lancé : « Allez venir milord vous asseoir à ma table…il fait si froid dehors ici c’est confortable… »
Christine Lagarde sera entendue aujourd’hui par la cour de justice de la république, seule habilitée en France à juger le ministre. En charge de l’Economie de 2007 à 2011, Christine Lagarde risque une mise en examen pour « complicité de faux et de détournement de fonds publics ».

On lui reproche d’avoir autorisé le recours à un arbitrage privé pour régler le dossier Adidas qui trainait depuis plus de 10 ans. Bernard Tapie poursuivait en justice son ancienne banque le Crédit Lyonnais à l’époque propriété de l’Etat, il l’accusait de l’avoir ruiné lors de la revente d’Adidas dont il était propriétaire.
Le recours à cet arbitrage a été tout bénéfice pour l’ancien patron de l’OM.
400 millions.
Le 7 juillet 2008, le tribunal privé a condamné le Consortium de réalisation (CDR), organisme public gestionnaire du passif du Crédit Lyonnais, à verser 285 millions d’euros (400 millions avec les intérêts) à Bernard Tapie. Immédiatement il est redevenu riche a pu se racheter un yacht et récemment tout une série de journaux dont la Provence le quotidien de Marseille. A noter qu’il s’agit de l’argent du contribuable, puisque le Crédit Lyonnais était une banque publique c’est donc l’Etat qui a payé les indemnités.
Dès le début le recours à cet arbitrage a été contesté par l’opposition socialiste. Dénonçant un gaspillage des deniers publics, et un renvoi d’ascenseur de Nicolas Sarkozy à Bernard Tapie qui l’avait soutenu dans sa campagne présidentielle.
Mais la justice avait aussi dénoncé le procédé, ainsi la cour des comptes puis la cour de cassation ont mis en doute l’impartialité des juges arbitres.
Lagarde fusible de Sarko ?
Vous allez me dire et Lagarde là-dedans ? La sérieuse, la compétente, l’austère Lagarde, on ne va pas la soupçonner d’avoir été proche de Tapie ? Elle s’en défend d’ailleurs, « est-ce que j’ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ? » Disons que Lagarde a probablement fait ce qu’on lui a dit de faire, même si au fond elle n’était pas vraiment d’accord. Elle s’est convaincue que c’était la bonne solution, influencée probablement par son passé d’avocate d’affaires aux Etats Unis, où le recours aux arbitrages est monnaie courante. Le problème c’est qu’elle risque de trinquer pour les autres c’est, comme le titre Libération ce matin, le fusible de Sarkozy. Si jamais elle devait être mise en examen elle pourrait être contrainte de démissionner du FMI. Même si pour l’instant l’institution et le gouvernement français lui maintiennent leur confiance.
Une méfiance envers la justice régulière.
Quant au fond de l’affaire, l’enquête a démontré que le Crédit Lyonnais avait bien escroqué Tapie dans la revente d’Adidas. Au bout du compte la justice régulière lui aurait surement accordé des indemnités importantes… Mais pas forcément 400 millions…
Un écrivain d’extrême droite Dominique Venner s’est suicidé avec une arme à feu hier après-midi devant l’autel de Notre-Dame de Paris, où se trouvaient 1500 personnes. Opposant au mariage pour tous, et à l’immigration, il aurait voulu par ce geste réveiller les consciences occidentales.

Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assoupies. Je m’insurge contre la fatalité», «contre les poisons de l’âme» et «les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires». Message d’adieu lu hier sur « radio courtoisie » par un de ses amis.
Un acte révolutionnaire ?
A bien y réfléchir j’ai l’impression qu‘en posant ce geste Dominique Venner agit à la manière d’une population qu’il détestait , les islamistes et leurs attentats suicides . Bien sûr il s’est suicidé tout seul, mais en plein cœur de Notre Dame de Paris ! C’est une provocation, on pourrait presque dire un acte révolutionnaire… Parce que rien n’est plus éloigné de l’église catholique que le suicide. Je vous rappelle que c’est Judas qui se suicide, dévoré par le remord mais aussi parce qu’il ne croit pas au pardon possible. Les fidèles interrogés hier par les radios françaises sur le parvis étaient choqués, même ceux qui s’opposaient comme lui au mariage homosexuel.

Dominique Venner
Ancien de l’OAS.
Dominique Venner 78 ans, était l’un des derniers représentants d’une génération d’intellectuels fascinés par l’extrême droite des années trente. Des hommes dont les pères eux-mêmes avaient souvent été proches du régime de Vichy. Des hommes qui se sont formés pendant la guerre d‘Algérie. Venner avait ainsi passé plusieurs mois en prison parce qu’il était l’un des membres de l’OAS, l’organisation armée secrète qui avait combattu jusqu’au bout les indépendantistes algériens et le gouvernement français. Posant des bombes aussi bien à Alger qu’à Paris. En prison il a écrit ce qui est considéré son œuvre majeure « Pour une critique positive »: un petit essai où il expose la nécessité d’une refondation intellectuelle de l’extrême droite en plein désarroi après la fin de la guerre d’Algérie. Il fut l’un des inspirateurs du front national fondé autour de Jean Marie Le Pen en 1972.
Marine le Pen, en nuance.
Il est intéressant d’ailleurs de noter le message envoyé hier par Marine le Pen : « Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France. » a écrit la présidente du Front national sur son compte Twitter. Mais 20 minutes plus tard elle a envoyé un autre tweet, « Il n’en demeure pas moins que c’est dans la vie et l’espérance que la France se redressera et se sauvera », Ce qui recadre les choses, avec un vocabulaire très nettement inspiré du christianisme ( espérance, salut) . Venner c’est la génération et les idées du père, pas de la fille. D’ailleurs il était obsédé par l’immigration qu’il appelait : « le grand remplacement des populations européennes ».

Yukio Mishima
A l’exemple de Mishima ?
L’ancien N°2 du front national Bruno Gollnisch ( japonisant renommé) a comparé son geste à celui de l’écrivain Yukio Mishima qui s‘est suicidé à l’issue d’un putsch raté à l’école militaire de Tokyo en 1970. La comparaison pourrait être pertinente, à deux détails près : Yukio Mishima était un très grand écrivain… et compte tenu de ses orientations sexuelles, il aurait surement été favorable au mariage gay.
François Hollande n’a pas tardé. Une fois l’avis positif rendu par le conseil constitutionnel, il a dès samedi promulgué la loi dite du « mariage pour tous ». Un geste éminemment politique dans un domaine, la société, où les politiques ont encore la maitrise des choses.

Imaginez un président qui dirait : « Je vais supprimer le chômage et réaliser le plein emploi ». Il pourrait utiliser tous les leviers en son pouvoir, en vain. En France tous les gouvernements s’y attèlent depuis bientôt 40 ans…et tous ont échoué. Car la reprise économique, et le retour au plein emploi ça ne se décrète pas. Du moins dans une société ouverte sur le monde. Sur le plan économique, les peuple se sont fait une raison, les hommes de pouvoir n’ont plus le pouvoir, il est passé ailleurs, entre les mains des marchés financiers.
Le social ou le sociétal ?
Alors que reste-t-il à un Président de la République pour montrer à ses concitoyens qu’il est bel et bien à la barre ? Le sociétal comme dit dans les diners chics. Ainsi François Hollande a pu ouvrir le mariage aux homosexuels, soutenu par l’opinion publique, majoritairement favorable à cette réforme. Fort de l’appui de sa majorité parlementaire, il a tenu bon malgré les imprécations de l’opposition et les manifestations dans la rue. Résultat il peut dire qu’il a tenu une de ses promesses, et qu’il n’a pas fléchi dans la tempête.
Une révision possible ?
La droite a déjà annoncé qu’elle reviendrait sur cette loi, à son retour au pouvoir. On verra. Les prochaines présidentielles se tiendront dans quatre ans, d’ici là des centaines de couples homosexuels se seront mariés, les choses seront comme en Belgique inscrites dans les habitudes, et on voit mal un gouvernent revenir sur un droit acquis. Quant à la manifestation du 26 mai maintenue par les opposants au projet, Jean François Copé le chef de l’UMP veut surtout en faire une journée de dénonciation de l’ensemble de la politique de François Hollande. On le voit le mariage gay n’est déjà, plus qu‘un prétexte, et les quelques maires qui ont annoncé qu’ils ne célébreraient pas ces mariages, seront obligés soit de se faire remplacer, soit d’appliquer la loi. Un maire est un élu, mais aussi un officier d’état civil.
Des réformes pour l’histoire.
Les réformes sociétales ou à caractère symbolique, c’est ce qu’on retient d’une présidence. Du moins depuis que l’économie s’est émancipée du politique dans les années 70. Ainsi on associe Giscard à la légalisation de l’avortement, Mitterrand à l’abolition de la peine de mort, Chirac à la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’hiv, et Hollande ce sera donc le mariage Gay…et Sarkozy me direz-vous ? Disons que Sarkozy ce fut plutôt le mariage people, ,. mais pas pour tous !
A la suite de la polémique sur l’article de libération concernant Bruxelles, et intitulé « Bruxelles pas belle », je me demande si je ne vais pas arrêter Champs Elysées…

Article de Jean Quatremer publié dans Libération le 14 mai 2013.
J’ai appris hier en écoutant des avis diffusés ici ou là sur le papier de Jean Quatremer dans Libé, qu’il ne serait pas correct pour un journaliste français correspondant d’un grand journal, et vivant à Bruxelles depuis 23 ans de porter un regard critique sur la ville. Alors je voudrais présenter mes excuses aux Parisiens pour avoir évoqué hier le PSG !
Comment, moi natif de Liège et qui ne travaille sur la France que depuis 25 ans, pourrais-je me permettre une telle outrecuidance ? C’est promis je ne le ferai plus, c’est pourquoi, je me contenterai désormais de parler de ma ville natale, dès demain cette rubrique ne s’appellera plus « Champs Elysées » mais boulevard d’Avroy…
De Paris à Liège !
Bon évidemment comme j’ai quitté liège en 1969 et que n’y ai gardé pour toute famille, que deux cousins Daniel et Myriam que j’embrasse au passage, il va falloir que je bosse un peu le sujet, et mon wallon … Alors pour m’en sortir et meubler mon temps de parole j’ai cherché un poème de Rimbaud sur Liège, mais il n’en existe pas … En revanche il en a écrit un sur Charleroi :
Au Cabaret-Vert
cinq heures du soir
Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.
− Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid….
Mais je prends des risques en le citant, Rimbaud originaire de Charleville avait-il le droit d’écrire sur Charleroi ? Vite expurgeons Céline de ses pages sur New York, Henry Miller de celles sur Paris , et bien sur tout ce qui concerne la Havane chez Hemingway… et ce n’est rien encore, sachez qu’il existe des correspondants étrangers à Sao Paolo qui ne sont pas brésilien et qui racontent que la ville est criminogène, et même des reporters exogènes qui vont à Copenhague pour dire qu’on s’y ennuie la nuit… honte à eux !
Le dernier Champs Elysées ?
Et honte à moi d’ailleurs. J’ai trouvé ce matin sur le blog de feu Champs Elysées ce commentaire sur mon Papier « PSG » d’hier …
« Waouhh, ce tissu de conneries ! Bravo à l’auteur. Il aurait difficilement pu faire plus mauvais article… Vraiment n’importe quoi, rempli d’amalgames, de confusions et de subjectivité. »
Mais comme tout est relatif il y en avait un autre :
« je suis parisien; votre commentaire est excellent, et dire que je dois aller sur un site belge pour lire quelque chose d’intelligent sur ma ville. Dans le mille. »
Finalement je me demande si je ne vais pas continuer…
Revenons sur les émeutes qui ont perturbé la fête du PSG, le Paris Saint-Germain qui fêtait son titre de champion de France lundi soir à Paris. Le débat fait rage, les forces de l’ordre auraient sous-estimé les risques. Désormais toute manifestation du PSG sera interdite dans les rues de Paris. Mais en fait il s’agit d’autre chose. En dépit de son nom le PSG n’est tout simplement pas un club parisien…

Je ne sais pas si c’est une imposture ou une erreur, les deux peut être…
D’abord un peu d’histoire le « Paris Saint Germain Football Club » est né en 1970, de la fusion entre le club de Saint-Germain-en-Laye et un club virtuel le Paris Football Club, créé en 1969 à la suite d’une opération d’Europe 1. Dans une sorte de Télévie du foot la station avait appelé les Français à donner de l’argent pour recréer un club de D1 à Paris. L’opération n’avait fonctionné qu’à moitié d’où la recherche d’une fusion avec un autre club… Sedan… oui Sedan dans les Ardennes avait été contacté, mais a refusé, les initiateurs du projet se sont donc rabattus sur Saint-Germain-en-Laye à 20 km de Paris, une équipe de D2 à l’époque. Donc dès le début, ce n’est pas un club parisien, ! A Paris intramuros les gens ne s’intéressent pas au foot, et de moins en moins. J’ai vécu à Reims, ville mythique du football français. Tout le monde parlait du stade de Reims, dans les bistrots, à l’école, dans la rue, dans tous les milieux. C’est le cas à Marseille avec l’OM, à Lens avec le Racing club, à Saint-Etienne bien sûr, à Nantes même… Mais pas à Paris ! A Paris on se fout du foot.
Quand ils arrivent en ville …
Je me souviens d’avoir couvert il y a quelques années une autre victoire du PSG, les Champs Elysées étaient envahis par les jeunes de banlieue. Mais dans tout Paris, les restaurants étaient pleins et les cinémas aussi et vous auriez vainement cherché le porteur d’une écharpe aux couleurs du club. Le contraste avec Barcelone est stupéfiant. Hier, dans la capitale catalane le Barça a été fêté dans la bonne humeur par 500 000 personnes de toutes conditions, sans incident. Tandis qu’à Paris, vous avez vu les images: un début d’émeute urbaine façon Brixton ou Los Angeles.
D’un côté les ultras de l’autre les casseurs, la banlieue a déferlé sur la ville. Et n’allez pas dire à ces jeunes que ce n’est pas bien de casser les bus de touristes et de voler leurs valises, que ça nuit à l’image de Paris… Paris, ils s’en moquent ! Paris c’est l’ennemi.
D’ailleurs ces casseurs on ne les voit à Paris que quand ils ont une opportunité, ce sont les mêmes qui parasitaient les manifestations d’étudiants en 2009, souvenez-vous ils dévalisaient les manifestants en leur piquant leurs portables….
Le PSG au ban de Paris
Deux mondes ! Et si la police a reconnu une erreur dans les événements de lundi c’est de ne pas avoir traité le problème en amont. Qu’est-ce que ça veut dire ? Tout simplement attendre les éventuels casseurs dans les gares du RER et les dissuader de monter sur Paris : fouilles, contrôle d’identité etc… ça se passe comme ça toute l’année. Les sauvageons comme disait Chevènement, ou les racailles comme les appelait Sarkozy, vous ne les voyez jamais au Trocadéro ! Un jeune de banlieue en capuche avenue Kleber c’est plus incongru qu’un gilles de Binche en grande tenue avenue Louise !
Faute de solution de fond, la sanction est tombée : désormais le PSG ne pourra plus faire la fête dans les rues de Paris. Pour recevoir ses supporters, il restera dans son stade, le parc de princes, sur le périphérique. Ou à la rigueur, au stade de France, à Saint Denis…
Ironie de l’histoire aux débuts du club la mairie de Paris propriétaire du parc des princes, ne souhaitait pas que le PSG s’y installe. Elle le considérait comme un club de banlieue ….
Plus de 200.000 Français installés aux Etats-Unis et au Canada sont appelés à voter sur internet à partir de mercredi pour élire le nouveau député français d’Amérique du Nord. Est-ce une surprise ? Les profils des candidats sont plutôt originaux.

Je ne sais pas si vous vous souvenez mais Nicolas Sarkozy a créé sous sa présidence 11 postes de députés français à l’étranger. Ils ont été élus il y a un an avec les autres députés au cours des législatives qui ont suivi la présidentielle. Ainsi à Bruxelles les Français qui résident en Belgique, aux Pays Bas et au Luxembourg, ont élu un socialiste Philip Cordery. En Amérique du nord aussi les Français avaient élus une socialiste, mais le Conseil constitutionnel a annulé son élection en février car la candidate avait ouvert deux comptes de campagne au lieu d’un. Déclarée inéligible, elle n’a pas pu se représenter.
Une circonscription très « in ».
C’est pourquoi les Français d’Amérique du nord revotent à partir de demain. Alors bien sûr pas de surprise, le gros du corps électoral, 200 000 personnes se trouve au Québec, et c’est là que les candidats mènent principalement campagne. Pour autant ce sera très chic de dire à l’Assemblée Nationale qu’on est député de New York, surtout si on est assis entre celui de Brive-la-gaillarde et celui de Mont-de-Marsan.
D’où une certaine convoitise pour ce poste, d’autant que comme le gouvernement Hollande ne va pas très bien, il est loin d’être sûr que le socialiste l’emporte à nouveau.
Le candidat de l’UMP le parti de Nicolas Sarkozy n’est autre que Frédéric Lefebvre, 49 ans, ancien secrétaire d’Etat au Commerce, il fut longtemps le porte- parole de l’UMP, il est connu depuis pour ses positions à l’emporte-pièce. Il avait été sévèrement battu l’an dernier, tout simplement parce qu’il ne connait pas bien l’Amérique du nord, mais il fait valoir ses entrées à Paris. C’est le type même du parachuté, il a peu de chance d’être bien reçu.
Un Auvergnat en Amérique.
Autre candidat de droite, plus chic investi par l’UDI de Jean Louis Borloo : Louis Giscard d’Estaing… c’est tel fils de son père auquel il a succédé à la mairie de Chamalieres en Auvergne. Vous me direz, un maire du Puy de Dôme élu député de New York, ce serait original mais dans la famille on est très original. Il rappelle que sa femme était américaine, et que son fils a la double nationalité…
Enfin n’oublions pas que les Giscard prétendent descendre de l’amiral d’Estaing, le pendant maritime de La Fayette que Louis XVI avait envoyé en 1778 en Amérique pour soutenir les indépendantistes.
Un gay socialiste.
Reste le candidat socialiste Franck Scemama, 38 ans, il s’est installé à Montréal en 2005 et a obtenu en 2012 la double nationalité franco-canadienne, ancien trader et ancien comptable dans une clinique de la ville, il a la particularité d’être homosexuel, et d’avoir annoncé son intentionné se marier. Je ne sais pas pourquoi, mais je doute qu’il morde sur l’électorat de droite.
Quoiqu’il arrive cette élection est très imprévisible car le vainqueur sera très probablement l’abstention. En 2012 seuls 20% des électeurs avaient voté… et pourtant c’est par internet.
Vous savez les français qui vivent à New York ou à Montréal… élire un député de la république, il s’en f…ou comme dirait Giscard « peu leur en chaut » .
Le monde moderne réserve parfois d’étonnantes surprises, ainsi en France la SNCF, la compagnie nationale de chemins de fer, a décidé d’utiliser ses vieux wagons couchettes pour en faire des trains de jour. Au grand désarroi des passagers.

Depuis que le réseau TGV s’est développé en France, rapprochant les distances, il est de moins en moins courant de prendre un train de nuit par exemple entre Paris et le sud-ouest. Ainsi le train de nuit est devenu ringard, d’où cette idée de recycler les matériels en train de jour. Désormais si vous aller sur le site internet de la SNCF, vous allez trouver pour peu que vous vous y preniez à l’avance , des billets extrêmement bon marché pour les destinations du sud…Limoges Narbonne Toulouse… 25 euros, 30 euros…là où en TGV on peut payer entre 80 et 100 euros. A bien y regarder l’acheteur constate qu’il ne s’agit pas d’un TGV mais d’un train « intercité », ce n’est pas grave il n’est pas pressé, un bon bouquin, un sandwich et les choses ne devraient pas se passer trop mal. Sauf que dans l’imaginaire, un train « intercité » c’est ce qu’on appelait autrefois un corail, les trains rapides ou express entre grande villes. Avec des voitures plutôt confortables et des sièges assez large, plus d’ailleurs que dans les TGV…
Mauvaise surprise.
D’où la surprise des passagers quand ils découvrent sur le quai gare d’Austerlitz, l’ « intercité 100% éco », certes pas cher, mais c’est un vieux train couchette des années 70, vaguement repeint de couleurs vives, avec des compartiments à l’ancienne, qui sont tous simplement des wagons couchettes en position jour. Il y en a même d’ailleurs qui sont en position nuit, je ne vous dis pas la tête des voyageurs qui n’ont pas vérifié en passant leur commande, le petit appendice en italique qui expliquait qu’ils voyageraient couchés…mais de jour !
Que vous soyez puissant ou misérable…
Je ne vous dis pas le binz, d’autant qu’autrefois dans les trains de nuit, il y avait non pas des fantômes comme disait Trenet, mais des fourgons pour les bagages, là non ! Les gens entassent tant bien que mal leurs grosses valises sur la couchette du haut, et se glissent comme ils peuvent sur la banquette en bas… 6 voyageurs par compartiment. Bien serrés, car bien sûr compte tenu du prix ces trains sont pleins…. Et hop ! En route pour 6 ou 7 heures, dans des conditions qui rappellent les trains des années 60 les jours de grands départs. Sauf que dans les années 60, il y avait eu certaine égalité de traitement. Tous dans le même train et pour le même prix. Aujourd’hui c’est tout le contraire il y a ce que j’appellerai après la fracture sociale, la fracture wagon : ceux qui ont les moyens prennent le TGV, confort rapidité… et les autres le train de nuit de jour, entassement, lenteur et inconfort.
Tueurs de coûts.
Cette idée d’utilisation optimale des matériels, est un truc qui a du naitre dans l’esprit créatif ( tellement créatif) d’un « cost killer »… un tueur de coûts.
Il est vrai que dans cost killer, il y a killer !
François Hollande vient à peine de fêter la première année de son élection, que déjà les prétendant à sa succession se bousculent. En visite au Japon l’ancien premier ministre François Fillon a déclaré qu’il sera candidat en 2017 « quoiqu’il arrive », une annonce qui n’a pas fait plaisir à tout le monde…

- Ah bon ça pourrait déranger quelqu’un ?
- Il y aurait un autre candidat à droite bien placé pour l’emporter en 2017 ?
Ah oui ! Je vois ! Un petit marié à une grande brune qui chante… mais il est retiré de la politique je crois ?
L’appel de Tokyo !
Jeudi dans un hôtel de Tokyo, peu après avoir été décoré par l’empereur Akihito du « grand cordon de l’ordre du Soleil levant », la plus haute distinction japonaise, François Fillon rencontre quelques journalistes. Il leur dit »Je serai candidat quoi qu’il arrive » à l’élection présidentielle de 2017. Immédiatement l’info traverse l’océan pacifique, les Etats Unis, l’océan atlantique et tombe sur les français à l’heure du réveil… Un peu plus tard Fillon nuance en expliquant sur son compte tweeter qu’il parle bien entendu de la primaire qu’organisera l’UMP en 2016, et que donc il se soumettra au choix des militants de son parti .
Sarkozy retiré ?
Au fond ça ne change pas grand-chose du côté de Sarkozy, d’autant qu’interrogé à Tokyo sur l’ancien chef de l’État, Fillon répondu « Moi, je suis engagé dans la vie politique, ce n’est pas son cas. »
Pour faire bonne mesure France 3 a diffusé mercredi soir un documentaire sur les années Sarkozy, dans lequel François Fillon déclarait qu’il y avait une « différence d’approche irréconciliable » enté eux concernant l’attitude face au front national : » Nicolas Sarkozy pense que le Front national est à combattre parce qu’il affaiblit la droite et qu’il nous fait perdre – c’est d’ailleurs ce qui s’est passé à l’élection présidentielle – moi, je pense que le Front national est à combattre parce qu’il est en dehors des limites du pacte républicain tel que je le considère.Ca, c’est une vraie divergence »
C’est effectivement une différence politique fondamentale.
Vous me direz et alors ? Sarkozy peut affronter Fillon aux primaires et le battre ! A mon avis non, Fillon pense que Sarkozy ne reviendra pas !
L’impossible come-back.
Quand vous avez été président de la Vème République, c’est à dire roi, vous n’allez pas redescendre dans l’arène et disputer les qualifications. Giscard a essayé, il y a perdu son prestige. Sarkozy ne peut être candidat que si à l’occasion d‘une crise ou d’une guerre, on vient le supplier d’être le sauveur suprême. Certes s’il y a eu un précédent le général De Gaulle en 58. Les Français ( bien aidés en coulisses par les réseaux gaullistes …) sont venu le rechercher en pleine guerre d ‘Algérie dans une France en capilotade, pour qu’il sauve une deuxième fois la patrie après le 18 Juin 40. Mais voilà c’était une situation très exceptionnelle, les « come-back » en général ça tourne vinaigre. Pensez à Napoléon, il revient de l’ile d’Elbe et cent jours plus tard c’est Waterloo…(le seul point commun c’est que Waterloo c’était aussi un 18 juin…)
François Fillon qui est très observateur a du remarquer que Nicolas Sarkozy ressemblait plus à Napoléon qu’à de Gaulle…

Tout sur le fonctionnement de la constitution française et les Présidents de la République , dans “La France choisit son roi” de Christophe Giltay, aux éditions “La Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, decitre, rueducommerce, etc…) et sur le site de l’éditeur.
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Le 8 mai marque la date anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe occidentale. Contrairement à la Belgique, en France c’est aujourd’hui un jour férié, l’occasion d’en profitez pour nous revisiter une vieille tradition de la République , faire lire dans les écoles des textes édifiants lors des fêtes importantes.

Gustave Courbet : l’homme blessé.
Vous vous souvenez peut être de la lettre de Guy Moquet que Nicolas Sarkozy voulait faire lire dans toute ses écoles françaises, le 22 octobre pour commémorer la mémoire des fusillés, une lettre poignante qui commençait comme ça : « Ma petite maman chérie mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, Je vais mourir ! » Le problème c’est que cette initiative avait déclenché une énorme polémique. Certains établissements avaient suivi les ordres scrupuleusement, voici les instructions d’un proviseur de lycée : « Levée des couleurs ; hymne national ; lecture de la lettre de Nicolas Sarkozy ; intervention d’un représentant des anciens combattants ; lecture de la lettre de Guy Moquet ; minute de silence ; sonnerie aux morts ; chant des partisans »…
Exemple et contre-exemple.
Mais dans d’autres écoles bien des enseignants ont refusé de lite cette lettre… pourtant sur le fond il n’y a rien à dire. Guy Moquet jeune militant communiste a été fusillé comme otage par les allemands à l’âgé de 17 ans. Mais les profs n’aiment pas qu’on leur dise quoi faire, enfin surtout quand c’est Nicolas Sarkozy… Finalement l’initiative est tombée en déshérence, car l’affaire a tourné au ridicule le 7 septembre 2007 quand l’entraineur de l’équipe de France de rugby Bernard Laporte a fait lire la lettre à ses joueurs avant le match France Argentine, en ouverture de la coupe du monde, complétement démoralisés, les bleus avaient été battus 12 à 17.
Malgré cette expérience malheureuse voudrait moi aussi vous lire un texte à l’occasion du 8 mai… Sa forme a inspiré bien des Champs Elysées car c’est la conclusion qui en révèle tout le sens. Je le dédie à tous ceux qui sont morts au champ d’honneur pour que nous vivions libre, mais je l’adresse aussi à ces jeunes qui croient qu’il est plus intéressant, noble et grand de prendre une kalachnikov que de travailler à l’école, tracer son sillon, fonder une famille, et essayer s’inscrire à sa place dans une société certes dure et injuste , mais pacifique et encore prospère… C’est un texte écrit par un jeune ardennais de 16 ans qui s’appelait Arthur.
Le dormeur du val
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert ou la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud, Octobre 1870.