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Guignolade ou guignolicide ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 juillet 2015 18h22 | Ajouter un commentaire

La nouvelle a secoué hier tout l’univers politico médiatique français, les Guignols de l’info pourraient disparaitre. Vincent Bolloré le patron de Vivendi , propriétaire de Canal + n’aimerait pas leur humour . Immédiatement sur les réseaux sociaux des dizaines d’hommes et de femmes politiques guignolisés ont pris la défense de leurs marionnettes.

Guignol PPD 2013

Guignol PPD 2013

 

Le hashtag « touche pas aux guignols » a été repris par des milliers de twitter, parmi les plus drôles l’ancienne ministre écologiste Cécile Duflot qui a imité sa marionnette : «  c’est qui les bolos qui veut arrêter les Guignols ! »

Parmi les plus importants le président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone qui appelé à sauver l’émission, même s’il regrettait de ne pas avoir sa marionnette, ou encore Alain Juppé, qui a remplacé sur son compte twitter sa photo par celle de sa marionnette avec ce commentaire «  j’aime me voir dans les Guignols nous avons besoin d‘eux… »

Lescure se fâche.

Quant à pierre Lescure l’ancien patron de Canal + qui avait lancé les Guignols en 1988, il a démissionné de son poste au conseil d‘administration d’Havas, autre société du groupe Bolloré. En revanche, c’est marrant, silence radio du côté de Nicolas Sarkozy. Je vous rappelle que Vincent Bolloré c’est ce milliardaire sur le yacht duquel il avait passé quelques jours après son élection en 2007. Séjour nautique largement brocardé l’époque par les Guignols…

Bolloré tout puissant.

Fatalitas ! Depuis Bolloré est devenu le propriétaire de Canal +, et il a toujours dit que cet humour le dérangeait. En janvier dans une interview à  France Inter, l avait déclaré : « la dérision ça peut être blessant, se moquer de soi-même c’est bien se moquer ces autres c’est moins bien.  » A l’évidence les Guignols et leur patron ne sont pas du même monde.

Canal historique.

A Canal +  tout le monde s’est mobilisé pour sauver l’imission.et c’est là que je me demande s’il n’y a pas un coup d’intox. L’info qui a circulé hier, était que lors d’un conseil d’administration, Bolloré acterait la fin des Guignols. Or visiblement il n’en a jamais été question.  L’idée de Bolloré serait plutôt été d’en faire une émission hebdomadaire. De là à imaginer que certains aient fait courir le bruit d’une suppression totale pour sauver la quotidienne…

Un arrière-plan politique ?  

Une chose est sure Canal + va moins bien qu’avant 5,7 million ‘abonnés contre 6,4 en 2008, 1,2 million téléspectateurs pour le « Grand Journal » contre 1,5 en 2013. Or les Guignols on l’a aussi appris hier emploieraient 300 personnes ! Vous imaginez alors l’équation de Bolloré : «  j’aime pas et ça coute cher, je réduis la voilure je les fais passer le weekend… et puis un jour,  je m’en débarrasse, si possible avant la présidentielle pour qu’il ne casse pas mon pote  Sarko… »

Faut-il voir pour autant la main de l’ancien président derrière ce guignolicide programmé ? Il s’en défend, et au fond je ne sais pas… mais comme le répètent  les Guignols : Nicolas Sarkozy a changé… en pire !

 

 

Dernière minute selon l’AFP :

Le président du conseil de surveillance de Vivendi, Vincent Bolloré, a affirmé vendredi à l’AFP que si la survie des « Guignols de l’info » est assurée, « les dirigeants de Canal+ et de Vivendi devront décider sous quel format et à quel moment ils devront être distribués ».

Cette mise au point de Vincent Bolloré laisse ouverte la possibilité d’une diffusion en crypté, à un horaire différent, d’une version raccourcie des « Guignols de l’info », actuellement présents à l’antenne en clair du lundi au vendredi, pour une tranche de huit minutes.

L’émission pourrait également ne pas être retransmise tous les jours en semaine, ou bien se contenter d’un créneau le week-end.

 

Grèce : la belle Hellène.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 juillet 2015 09h48 | Ajouter un commentaire

On sait maintenant qu’il n’y aura pas de nouvel accord entre la zone et la Grèce avant le referendum de dimanche. Mais les européens étaient divisés sur le sujet, les Allemands ne voulaient plus négocier alors François Hollande hier encore disait qu’il fallait trouver un accord avant dimanche. Depuis le début de la crise d’ailleurs, la France apparait comme beaucoup favorable aux grecs que l’Allemagne…ce matin encore le ministre français des finances Michel Sapin déclarait :  « La France a dans sa relation avec la Grèce une position singulière… Nous avons une capacité de dialogue avec la Grèce que l’Allemagne n’a pas. » Comment expliquer cette Hélénophilie française ?

 

Et comment dit-on Français en grec ?  Γάλλος ( Gallos) Gaulois !

Et comment dit-on Français en grec ? Γάλλος ( Gallos) Gaulois !

 

C’est du à l’éducation et à la culture… La Grèce qu’aiment et que défendent la plupart des hommes politiques français, surtout de gauche, mais à droite aussi, ( Sarko est une exception culturelle) ce n’est pas la Grèce réelle, c’est la Grèce antique. Et même quand elle est contemporaine leur Grèce c’est celle des films de Jules Dassin avec Mélina Mercouri souvenez-vous : « Jamais le dimanche … ». D’ailleurs qui était l’invité de France inter, la radio publique ce matin pour parler de la crise grecque ? Un expert du FMI ? Un prix Nobel d’économie ? DSK ? Non ! C’était le cinéaste Costa Gavras…

Grec pour tous.

Tous les français qui ont suivi ce qu’on appelle en Belgique des humanités classiques ont fait au moins une année d’initiation au grec ancien en 5ème

(l’équivalent de la deuxième secondaire belge). Par ailleurs ils ont bien sûr appris l’histoire antique, mais surtout ils ont tous fait de la philosophie en terminale

(l’équivalent de la Rhéto) , y compris ceux qui ont suivi des filières scientifiques. D’ailleurs vous le savez bien chaque année l’épreuve du bac commencent par la philo, pour tous les élèves, les médias français en font des tartines. Tous les français qui ont passé le bac et c’est cas de la plupart des hommes ou des femmes politiques ont étudié Aristote et Platon, ils n’ignorent rien de l’allégorie de la caverne ou du banquet.

Une Grèce mythique.

Ainsi par exemple cette année au festival d’Avignon un groupe de 60 citoyens, lycéens, infirmières, cadres, enseignants etc , va lire tous les jours la « République » de Platon en feuilleton tous les midi au Jardin Ceccano. Ca fait complétement partie de la culture générale.

Voilà donc pourquoi les élites françaises ont une propension à être sympa avec la Grèce, même si l’identité grecque d’aujourd’hui doit plus à son histoire byzantine, et à l’Eglise orthodoxe, qu’aux philosophes platoniciens. Qu’importe ! Comme aurait dit mon prof de philo il y a toujours une part de mythe (mot grec), dans les grandes aventures humaines et l’Europe (mot grec) en est une…

Le referendum en commun.

Enfin depuis la Vème république le referendum fait complètement partie de la tradition politique française, et donc on trouve en France tout à fait normal d’y recourir pour les questions cruciales, rappelez-vous du referendum sur la constitution européenne il y a dix ans. Les français avaient voté non… à la grande colère des Allemands déjà.

Des fois je me demande si Angela Merkel n’a pas fait plus de latin que de Grec… et qu’elle a gardé ne mémoire cette célèbre citation latine extraite de l’Enéide de Virgile ( au sujet du cheval de Troie) …

« Timeo Danaos et dona ferentes ! »

Je crains les Grecs même quand ils me font des cadeaux…

Requiem pour Pasqua

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 juillet 2015 09h00 | Ajouter un commentaire

Deux mots sur la mort de Charles Pasqua ancien ministre français de l’intérieur célèbre pour sa faconde méridionale. Au lendemain de son décès, les hommages sont aussi contrastés que le personnage.

pasqua 2

 

Il en imposait Pasqua,  quand il parlait sa voix passait au-dessus de celle des autres.  Alors évidement, « l’accent méridional soigneusement entretenu » jouait beaucoup de sa popularité. A sa grande époque combien de gens m’ont dit : « lui je l’aime bien il me fait penser à Fernandel ! » Mais c’était un personnage tout en contraste, peut être plus proche de Vidocq ou de Fouchet que de Don Camillo. Cette complexité était visible hier à l’Assemblée Nationale hier, quand le chef du groupe « les Républicains » a proposé un hommage à l’ancien ministre.  Tous les députés de droite se sont levés, tous les membres du gouvernement aussi à la demande de Manuel Valls, une partie des députés de gauche mais d’autres sont restés assis, alors que leurs collègues de droite criaient « debout ! Debout ! »  On peut les comprendre car  l’homme recélait une part d’ombre.

La lumière.

Coté lumière en revanche pas de problème, résistant à l’âge de 16 ans fidèle des fidèle aux Général de Gaulle et à ses idées, c’est une figure de la politique française qui mérite le respect et François hollande lui-même s’en fendu d’un communiqué : « Dans des conditions difficiles et éprouvantes », Charles Pasqua « a animé de toute sa personnalité la vie politique française » … »

La France perd l’un de ses plus grands serviteurs », a dit Nicolas Sarkozy, quant à Jacques Chirac son entourage publié un communiqué : « Jacques Chirac perd un compagnon et un ami ». Or ils ne se parlaient plus depuis 20 ans.

L’ombre.

Mais  c’était aussi un politique dans el sens le plus latin du terme. Clientélisme, affairisme, réseaux corses et africains, il eut à la fin de sa vie bien des soucis avec la justice notamment au sujet d ‘une vente d’armes à l’Angola ( l’angolagate ). A ce sujet je vous cite le célèbre théorème de Pasqua : « Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien ».

Un homme à poigne.

  La  gauche lui reproche les politiques sécuritaires qu’il a menées comme ministre , et surtout la mort de Malik Oussékine 22 ans en 1986, lors de manifestations étudiantes. Frappé à mort par les voltigeurs à moto de la police nationale, une unité dissoute depuis.

Quant à la droite, les plus anciens se sont souvenus de l’extraordinaire organisateur qu’il était, comme N° 2 du SAC (service d’action civique), la police parallèle du gaullisme. Ainsi c’est lui qui a organisé la contremanifestation du 30 mai 68, 1 million de partisans du général de Gaulle sur les champs Elysées qui mit fin au mouvement de mai ou encore le meeting de lancement du RPR en 1977, avec 20 000 militants. On appelait ça la démocratie de l’autocar.

Fidèle… en idées.

S’il n’a jamais trahi ses idées, il a parfois trahi les hommes, Chaban pour Chirac en 1974, puis Chirac pour Balladur en 1995 et puis tout le monde pour  lui-même en 2002.  Cette année-là il voulait être candidat à la présidentielle mais il n’a pas réussi à recueillir les 500 signatures nécessaires.

D’aucuns pensent que s’il avait été présent, Jean Marie Le Pen ne se serait pas qualifié pour le second tour, Pasqua lui aurait siphonné bien des voix.

Un mot pour l’histoire.

La postérité  retiendra de lui cette phrase qui résonne singulièrement aujourd’hui «  il faut terroriser les terroristes »

 

Referendum : démocratie ou démagogie ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 juin 2015 09h28 | Un commentaire>

 

C’est la semaine de  tous les dangers pour la Grèce. Ce lundi démarre une course d’obstacle de sept jours qui prendra fin dimanche avec le référendum. Un vote au résultat déterminant à la fois pour le gouvernement Tsipras et le pays tout entier.

urne

C’est truc bizarre le referendum. Au premier abord ça parait évident, on ne sait pas comment faire, alors on demande l’avis des gens. C’est comme ça qu’on peut comprendre l’attitude du premier ministre grec, élu sur un programme, et à qui l’Europe demande de faire tout le contraire.

Alors y dit « ben je vais demander aux Grecs… »

Non !

« Surtout  pas malheureux ! » C’est une peu ce qu’on entendu hier dans la bouche des gens dits responsables : « C’est démagogique ! d’ailleurs démagogie ça vient du grec !  Non ! Tsipras doit prendre ses responsabilités…vous imaginez demander l’avis des gens ! Et puis quoi encore ! Et d‘abord les gens y répondent jamais ce qui faut au referendum, y répondent pas à la question, y z’en profitent pour sanctionner le gouvernement etc…etc… »

Oui !

Sans oublier ceux qui, pervers, disent pourquoi Pas ? Mais dans ce cas-là il faut changer la question …

Tsipras veut un referendum sur le plan d’austérité que souhaite lui imposer l’Europe, certains en Europe lui répondent  « ah ben non alors, mais fait plutôt un referendum pour ou contre la sortie de l’euro… »

Grecxit

Je vais vous expliquer en deux phrases les conséquences d’une sortie de la Grèce de la zone euro:

Pour nous pas grand-chose, du moins à court terme, un petit peu de croissance en moins, mais bon on s’en sortira.

Pour les Grecs en revanche catastrophe absolue, en quelques  jours la nouvelle drachme perdrait 40% de sa valeur.

« Oui mais justement », affirment les bonnes âmes, « ça leur permettrait de mieux exporter… »

En effet, un peu de féta, d’huile d’olive et de vin résiné.

Dévaluation ?

Il faut savoir que la Grèce n’a pas pratiquement de secteur industriel, qu’elle importe quasi tout ce qui est manufacturé. Donc pour les Grecs la plupart  des biens de consommations un peu sophistiqués, une machine à laver par exemple, augmenteraient de 40%.

Alors bien sûr pour les touristes ce serait le jack pot ! Mais la satisfaction du touriste n’est pas tout. Tiens ! J’imagine votre tête à la terrasse devant un serveur au visage émacié parce qu’il a plus rien à bouffer. Vous me direz nous européen de l’ouest et du nord on a l’habitude d’aller prendre nos vacances chez le pauvres,  et souvent «  y sont bien polis ».

Athènes ou Byzance ?

Au final je me demande si les mieux placé pour décider de leur avenir ne seraient pas les Grecs eux-mêmes … et si on le laissait faire, ce vieux peuple, certes aujourd’hui plutôt Byzantin que philosophe. Il est peut- être plus sage qu’on ne pense ?

Je vous rappelle incidemment que si démagogie vient du grec…

Démocratie aussi !

Des taxis de mauvaise Uber

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 juin 2015 10h35 | Un commentaire>

Vous avez peut être suivi à la télévision la manifestation des taxis à Paris, contre le système Uber. Une manifestation qui a connu des débordements violents. Ce n’est pas première ce ne sera peut-être pas la dernière car des pans entier de la société sont en train de s’uberiser.

taxi

Cette évolution que certains appellent de leurs vœux n’est pas forcément sympathique. Alors bien sûr pour les taxis les avis sont partagés, et que celui qui n’a pas connu le vieux chauffeur acariâtre avec son chien et sa radio à fond, et qui vous fait faire le tour de la ville pour vous emmener à 200 mètres … jette la première pierre…

Néanmoins ce système de dérégulation qui apparait tellement jeune sympa et moderne, va peut-être détruire des pans entiers de l’économie…

La poule aux œufs d’or.

Ces applications sont déjà des centaines, Cityscoot , scooter en libre-service, travelcar, société d’autopartgae, bap.fr, bureau à partager, mieux hourlynerd aux Etats Unis, c’est carrément les salariés qu’on partage… « t’as pas assez de boulot j’te loue à quelqu’un d’autre »… sans oublier bien sur le célèbre Airbnb…

Or toutes ces applications font la fortune de leurs fondateurs, qui ont inventé un concept génial : satisfaire le client sans avoir ni employés, ni matériel… L’employé c’est vous ou votre voisin, et le matériel, c’est votre voiture votre  scooter, votre maison…et il doit bien exister un truc avec des chiens ou des poissons rouges…

Le juste prix ?

Oui mais c’est moins cher ! Me direz-vous, c’est le leitmotiv. Pourtant ce n’est pas si vrai notamment pour Uber, c’est souvent moins cher qu’un taxi classique ; mais c’est parfois beaucoup plus cher par exemple la nuit du 31 décembre, selon la loi de l’offre et de la demande. Or un taxi à part les tarifs de nuit c’est toujours le même prix… (Il est vrai que le 31 décembre on n’en trouve jamais, j’en connais qui ont traversé Paris à pied…)

Sans foi ni loi.

Si l’on ajoute que ces entreprises se moquent complétement de la législation, on commence à les trouver beaucoup moins sympathique. Car pour revenir aux taxis, ils doivent payer leur licence à Paris 200 000 euros. On peut comprendre qu’ils considèrent alors Uber comme une concurrence déloyale.

Or il n’y a pas qu’en France qu’on commence à trouver ça scandaleux, en Californie aussi une loi réprime la maraude par géolocalisation et les chauffeurs sans licence. …Mais voilà souvent les entreprises uberisée, sont installées on ne sait où ( Uber c ‘est la Californie justement) et possèdent très vite les moyens de payer des avocats, et même de lourdes amendes.

Hier sur Facebook un type se moquait des taximen, et il a reçu en quelques heures plus de 165 000 « j’aime »… Très bien mon pote, et je te souhaite donc une vie heureuse dans un monde sans règle, sans protections sans assurance, et bientôt sans contrat et sans salaire…

 

Barack « tu me fends le cœur ! »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 juin 2015 09h19 | Ajouter un commentaire

Revenons sur l’affaire des écoutes en France. Trois présidents écoutés pendant 6 ans par les Etats Unis, François Hollande a téléphoné à Barack Obama pour protester, mais l’affaire n’ira pas plus loin la France n’a pas l’intention de porter plainte.

Hollande Elysée

 

Si vous avez suivi les événements, vous avez peut être constaté à quel point la classe politique française s’était indignée des révélations de Libération et de Médiapart fondées sur les documents fournis par Wikileaks. « Intolérable, inacceptable, choquant… » étaient les mots qu’on entendait le plus souvent dans la bouche des ministres et autres parlementaires. L’entourage de Jacques Chirac, pourtant bien retiré des affaires s’est même fendu d’un communiqué rappelant que « La France a toujours agi vis-à-vis des Etats-Unis dans un esprit d’amitié, de confiance, d’indépendance et de franchise ».

 Franches explications.

L’ambassadrice des Etats Unis à Paris a été convoquée au quai d’Orsay pour se faire engueuler par Laurent Fabius, quant à François Hollande il téléphoné à Barack Obama, un échange qui a duré un bon quart d’heure.

Vous imaginez l’appel : «  Allo Barack c’est François ! Oui je sais… »

 

D’après l’Elysée Le président américain a « réitéré sans ambiguïté », son « engagement ferme » contre tout espionnage de pays allié,

cet entretien, a été « l’occasion d’une mise au point sur les principes qui doivent gouverner les relations entre alliés en matière de renseignement ».

Voilà et ça n’ira pas plus loin même si Julian Assange le patron de Wikileaks a lancé depuis l’ambassade où il vit réfugié à Londres un appel à la France peur qu’elle « ouvre une enquête parlementaire et entame des poursuites » affirmant que » les documents les plus importants restent à venir ».

Pas de plainte.

Oui…Mais non…La France n’avait d’ailleurs pas plus porté plainte contre l’Allemagne qui l’avait espionnée déjà pour le compte de la NSA de 2005 à 2015, ciblant des entreprises comme Dassault ou Airbus… Là encore François Hollande l’avait joué modeste déclarant le 19 mai qu’il faisait pleine confiance aux autorités allemandes pour établir la réalité des faits…

L’explication est simple les services secrets des quatre principaux pays occidentaux Etats-Unis, Grande Bretagne, France et Allemagne ; travaillent très étroitement ensemble. Ils s’échangent chaque jour des infos, et partagent des technologies très pointues. Ainsi les services d’écoutes français ont été mis sur pied dans les années 80 avec l’aide la NSA, et c’est la France qui a aidé l’Allemagne de monter le sien. Ce genre d’incident permet d’ailleurs de resserrer les liens, pour s’excuser on intensifie les transferts de renseignement.

Le même monde.

Au final ce qui s’est passé là s’apparente à une sorte de grosse indélicatesse entre copains comme quand on triche aux cartes sur le vieux port à Marseille. « Tu me fends le cœur… » ça n’empêche pas un peu plus tard de prendre l’apéritif ensemble… Car n’en doutez pas, la France espionne aussi ses alliés.

 

 

 

Allo Barack ? C’est François…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 juin 2015 09h28 | Ajouter un commentaire

Des documents obtenus par WikiLeaks et que publie «Libération» révèlent que la NSA, le service d’écoute américain,  a de 2006 à mai 2012, espionné Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. François Hollande a convoqué ce matin un conseil de défense pour étudier cette situation avant de réagir.

 NSA 2

 

Dans les documents publiés par libération, il n’y a pas de secret d’Etat, mais néanmoins des choses qu’on peut considérer importantes et confidentielles quelques exemples :

Hollande, Sarkozy, Chirac.

Peu après son arrivée à l’Elysée en 2012 la NSA a écouté une conversation entre François Hollande et son premier ministre Jean Marc Ayrault au sujet de la tenue de réunions secrètes à Paris pour discuter de la crise dans la zone euro, et particulièrement des conséquences d’une sortie de la Grèce.

Nicolas Sarkozy a été écouté maintes fois, notamment en juin 2011 quand il a envisagé une initiative pour relancer des discussions de paix directes au Proche-Orient entre Israël et les Palestiniens. Il prévoyait d’associer le président russe de l’époque Dimitri Medvedev et de mettre en quelque sorte Obama devant le fait accompli. Inutile de vous dire que ce projet n’a pas vu le jour.

En 2006 un note de la NSA explique la stratégie de Jacques Chirac pour influencer la nomination d’un secrétaire général adjoint de l’ONU, et détaille les relations entre le président et son ministre des Affaires étrangères.

 Des hauts fonctionnaires.

Les présidents ne sont pas les seuls à, avoir été écoutés, mais aussi des hauts fonctionnaires, le secrétaire général de l’Elysée et même celui qui était à l’époque

le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valerio, et qui est aujourd’hui ambassadeur de France en Belgique.

La Maison Blanche a réagi en assurant hier soir mardi soir qu’elle ne ciblait pas les communications du président français François Hollande et qu’elle ne le ferait pas,

« Nous travaillons étroitement avec la France sur tous les sujets de dimension internationale et les Français sont des partenaires indispensables ». C’est à peu près ce qu’ils avaient déjà dit au sujet des écoutes qui avaient visé Angela Merkel et que Wikileaks avait révèle en 2013…

De bonne guerre ?

Pas de naïveté ! A ce niveau de responsabilités il n’y a pas d’amis et tout le monde espionne tout le monde, notamment sur le pan économique et industriel. La France le fait aussi .Mais écouter les portables privés de présidents alliés, c’est plus que de l’indélicatesse. On peut penser que ce matin François hollande n’était pas de bonne humeur, que d’abord il a dû engueuler ses services secrets, incapables de protéger son portable. Il va peut-être ensuite téléphoner ( sur écoute ?) à Obama pour lui dire sa façon de penser. Il y a surement une forme d’excuse et la promesse que…

Mais ne nous leurrons pas, comme le dit « Libération » qui publie l’info ce matin, dans cet univers-là, tous les coups sont permis !

 

Hollande et Gayet unis dans la résistance.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 juin 2015 09h35 | Ajouter un commentaire

On sait enfin pourquoi François Hollande n’était pas à Waterloo pour la cérémonie protocolaire, en fait il commémorait à Paris le 18 juin…1940 !  En présence, mais pas à côté de Julie Gayet.

Julie Gayet au Mont Valérien

Julie Gayet au Mont Valérien

 

Il faut être bien ignorant ou bien naïf pour avoir imaginé une seconde que le Président de la République française serait ailleurs …Avec son appel du 18 juin 1940, le général de Gaulle a effacé de l’espace mémoriel français la date de la bataille de Waterloo.  Je pense d’ailleurs qu’ancien professeur à Saint Cyr il savait très bien ce qu’il faisait en parlant ce jour-là, même si c’est Churchill qui a décidé de la date.  D’ailleurs je me demande si Churchill n’y a pas aussi pensé,  comme un clin d’œil à l’histoire ou un cadeau à la France, ou peut-être n’est ce qu’un hasard ? En tout cas ce hasard fut efficace, puisqu’un évènement positif, le début de la résistance, a remplacé un mauvais souvenir la défaite de l’Empereur.

Julie et François ?

Hier François Hollande était donc au Mont Valérien, l’endroit où l’on honore  l’armée des ombres, car c’est là que les nazis ont exécuté plus de 1000 résistants pendant la guerre. Parmi les invités poussant le fauteuil de son grand père compagnon de la libération, (l’ordre crée par le général de Gaulle), une certaine Julie Gayet ! Sur le champ la presse people s’est emparée du sujet publiant sur ses sites : « pour  la première fois Hollande et Gayet participent à une cérémonie officielle ensemble ! »

Julie et son grand père !

La vérité est un peu différente du moins selon le compte rendu de l’Agence France presse : « Tout de noir vêtue, l’actrice est apparue, à la grande surprise des journalistes, dans ce haut lieu de la mémoire nationale, poussant le fauteuil roulant de son grand-père Alain Gayet, Compagnon de la Libération, peu avant l’arrivée du président de la République.

Accompagnée de son père Brice, Julie Gayet, qui a fêté début juin ses 43 ans, est restée en retrait tout au long de la cérémonie, se tenant derrière les anciens résistants auxquels le chef de l’Etat serrait la main. Elle est ensuite repartie, tout aussi discrètement sous une pluie fine, avec son père et son grand-père, tandis que le président quittait le Mont-Valérien de son côté. »

Circulez y’a rien à voir…

Première dame, de l’ombre.

Même si tout le monde sait que Julie Gayet fréquente de plus en plus souvent l’Elysée, que François Hollande a fait remeubler l’appartement de fonction, que l’actrice participe aux séances de cinéma privées. Elle y reste très discrète, au point que c’est Ségolène Royal en tant que N°3 du gouvernement qui a joué les premières dames lors de la visite récente du roi d’Espagne.

Ce n’est donc pas demain qu’un journal pourra titrer « François et Julie sortent ensemble ». Enfin tout dépend du sens qu’on donne au mot sortir…

 

 

49-3 c’est pas du foot !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 juin 2015 09h56 | Ajouter un commentaire

Aujourd’hui  séance de décryptage à destination de tous ceux qui consulteraient  les médias français ces prochaines heures. Voici l’explication d’une phrase répétée à chaque flash d’information et sur tous les sites des médias, mais qui sonne aux oreilles belges d’une manière particulièrement ésotérique.

 

L'Assemblée Nationale

L’Assemblée Nationale

 

La phrase : « Manuel Valls a décidé d’engager le 49.3 pour faire passer la loi Macron… »

 Avec ça vous faites un micro trottoir à BXL, personne ne comprend…et à Paris au fond pas grand monde. Car c’est du charabia juridico-politique repris tel quel par la presse…

Le 49-3 ce n’est pas le résultat du dernier match des bleus, même si dans leur état actuel ça serait plausible…Non il s’agit de l’article 49 alinéas trois de la constitution française. Il prévoit après délibération du conseil des ministres, qu’un projet de loi est considéré comme adopté sauf si une motion de censure, déposée dans les 24 heures, est votée par l’Assemblée. Si la motion de censure obtient une majorité, le gouvernement doit démissionner.

Peur des frondeurs ?

En clair ça permet au gouvernement de faire passer des textes en force sans vote ni débat au parlement. En général un gouvernent l’utilise quand il n’est pas sûr de sa majorité ce qui est le cas de Manuel Valls qui affronte un groupe de députés PS frondeur. Ils avaient prévu de mener une guerre parlementaire contre la loi Macron, en déposant plus mille de amendements, il aurait fallu une dizaine de jours pour tout étudier.

Haro sur le Macron !

La loi Macron, c’est la loi portée le ministre de l’économie Emmanuel Macron , qui prévoit de « déverrouiller l’économie française » en modifiant notamment le travail du dimanche, les professions réglementées (notaires etc…), les transports, le permis de conduire,  la vie des entreprises et celle des salariés.

La gauche du PS y voit une inflexion à droite de la poétique gouvernementale, une dérive libérale, un cadeau aux patrons etc…etc…. C’est pour ça qu’ils auraient bien voulu en discuter … Mais ce sera  non…

Censure  peu probable.

Conformément à la constitution l’opposition a déposé une motion de censure qui si elle était votée provoquerait la chute du gouvernement. C’est le principe du 49.3 ça passe ou ça casse. Mais si le PS a une majorité limite à l’Assemblée Nationale, l’opposition n’a pas de majorité du tout et on imagine mal la gauche, même celle que Macron énerve mêler ses voix au camp Sarkozyste. Ce serait un cataclysme qui provoquerait probablement des élections  législatives.  Or vu l’état de l’opinion elles seraient catastrophiques pour le PS.

Confiance…

Alors les Vallsiens pourraient valser certes, mais les frondeurs auraient aussi toutes les chances de perdre leurs sièges… Or « y sont pas fou les mecs ! »Alors ils se répandent dans les médias en se lamentant sur le manque de démocratie et de débat…et ce sera tout.

Et c’est ainsi que le quotidien libération peut afficher ce matin un portrait de Manuel Valls avec les yeux du serpent Kaa dans le livre de la jungle , et ce titre :«  ayez confiance …»

 

Il n’y pas eu d’affaire DSK

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 juin 2015 08h57 | Ajouter un commentaire

Le tribunal correctionnel de Lille a rendu son jugement, dans l’affaire dite du Carlton de Lille. Dominique Strauss Kahn a été relaxé, c’est donc la fin de la saga judiciaire de DSK qui aura duré quatre ans.

DSK à Belgrade

DSK à Belgrade

 

La relaxe de DSK ne faisait pas de doute car le procès n’a pas démontré qu’il était coupable de proxénétisme aggravé, le délit pour lequel il était renvoyé en correctionnelle. Il faut dire que cette accusation était un peu capillotractée, elle se fondait sur quelques sms grivois que l’intéressé avec échangé avec ses copains de partouze. Les magistrats instructeurs en avaient déduit qu’il avait transmis les cordonnées de prostituées à d’envoutés client, ce qui peut être assimilé à du proxénétisme. Sauf que DSK a toujours prétendu qu’il ne savait pas que les « libertines » qui participaient à ses orgies sexuelles, étaient des prostituées. C’est peu plausible mais en droit le doute bénéficie à l’accusé et personne n’a pu prouver que DSK connaissait le caractère rémunéré des prestations dont il jouissait.

Une sexualité originale.

Alors bien sûr les témoins ont raconté  à l’audience ses pratiques que certains qualifieraient au mieux d’originales et au pire de bestiales. Mais voilà au sens juridique il n’y a eu ni viol ni agression sexuelle. DSK est un sale type mais ce n’est pas un délit.

Tout ça pour ça me direz-vous…Oui tout ça pour ça ! Imaginez… Ca fait déjà quatre ans que l’affaire du Sofitel éclatait suivie de peu par celle du Carlton. Combien de reportages ? D’interview ? D’audiences judicaires ? Et même un film ! Pour aboutir à rien…ou si peu ! Avec l’argent qu’elle a touché Naffissatou Diallo a ouvert un snack à New York, mais on ne sait toujours pas si derrière le Sofitel il y avait un complot. Quant au Carlton comme dirait Chirac ça a fait pschitt…

Il ne s’est rien passé.

DSK est sorti de la politique, mais il redevient fréquentable, on l’a vu stade de France l’autre jour, il conseille de entreprises et des gouvernements en Europe de l’est, et il prononce en Asie des conférences très bien rémunérées, quant à Anne Sinclair elle a refait sa vie avec l’historien Pierre Nora…circulez y’a plus rien à voir.

Reste le sentiment étrange d’être passé à côté de quelque chose. Et si DSK n’avait pas été carbonisé par ses mœurs licencieuses ? Lui le politique sans scrupule, le cosmopolite polyglotte, le financier de haut vol à l’aise aussi bien à New York qu’à Shanghai, n’aurait-il pas été un président mieux adapté à la mondialisation que le très franchouillard François Hollande ? Peut-être …

Mais on ne le saura jamais.

 

 

 

 

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