Anas symbole de la précarité étudiante

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 novembre 2019 10h41 | 3 commentaires

La fédération des étudiants francophones organise aujourd’hui à Bruxelles un rassemblement pour dénoncer la précarisation des étudiants. En France la situation est encore plus grave et les manifestations se succèdent depuis qu’un étudiant s’est immolé par le feu vendredi à Lyon. 

Le message d’adieu d’Anas peint à la bombe sur le mur du CROUS.

 

Il s’appelle Anas, il a 22 ans. Vendredi il s’est immolé par le feu devant le CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaire) à Lyon. Cette année il redoublait pour la deuxième fois sa deuxième année de licence en Sciences politiques, et donc faute de résultats suffisants  il avait perdu sa bourse.

Privé de bourse et de logement.

Sur Facebook avant de commettre son geste il a écrit: « Cette année, faisant une troisième Licence 2, je n’avais pas de bourse, et quand j’en avais, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ?» Il avait également perdu sa place en résidence universitaire. Il vivait depuis à moitié chez sa copine et chez ses parents, à 60 kilomètres de Lyon. Pas très pratique pour réussir son cursus. Très impliqué dans la vie syndicale il militait pour la création d’un salaire étudiant. Brûlé sur 90% du corps il lutte toujours pour sa vie mais le pronostic est très réservé.

Pauvre et universitaire.

Anas est devenu le symbole de la pauvreté dans le monde estudiantin. En Belgique 30 000 étudiants émargent au CPAS. En France 34% des étudiants occupent un travail à temps plein pour payer leurs études. Seuls 26% touchent une bourse, 8 étudiants sur 10 sont soutenus par leurs parents avec des disparités importantes. Enfin il n’y a en France que 150 000 places en résidence universitaire pour 2 700 000 mille étudiants inscrits dans le supérieur. En France dénoncent les syndicats il y a des étudiants qui ont faim, à tel point qu’il existe une vingtaine d’épicerie solidaires et sociales pour ceux qui ont moins de 7 euros par jour pour vivre.

Révolte en puissance.

Le geste désespéré d’Anas a servi de déclencheur, depuis tous les jours il y a des manifestations en France. A Lyon la faculté ou il étudiait est fermée.  A Paris, mardi soir, des manifestants ont arraché la grille d’entrée du ministère de l’Enseignement supérieur. A Lille, 400 personnes ont pénétré de force dans la faculté de droit où se tenait une conférence de François Hollande.

Et tout d’un coup flotte l’ombre de mai 68…

Avec cette différence : en 68 les étudiants révoltés étaient pour la plupart des fils et des filles issus de la bourgeoisie et de la classe moyenne. Ce qui les motivait c’était l’espoir de changer le monde !

Aujourd’hui ce sont les fils des gilets jaunes et ils sont mus par le désespoir…

 

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3 réactions à “Anas symbole de la précarité étudiante”

  1. Mr Giltay …: symbole d’une precarité ? ou symbole d’une derive bordelique ? symbole d’une demission et paternelle et universitaire ? Un jeune de 22 ans est victime de ce laxisme !
    Ne me dites pas que vous trouvez normale de tripler son année de fac …Ne me dites pas que les bourses ( à la charge de la collectivité ) sont faites pour …financer du miilitantisme …! Ce sont les VRAIS etudiants qui paient le prix de cette situation , et aussi les pseudos militants syndicaux qui , meme si celà a réussi a qq uns ( Cohn Bendit en est un  » illustre  » exemple ) à qui on fait oublier qu’ils sont à la fac pour …ETUDIER !

  2. Ici, je crois qu’il s’agit bien du coût très (trop) élevé des études supérieures et non pas du redoublement d’un étudiant. Si les parents ne peuvent participer aux frais (complètement ou partiellement), il faut que l’étudiant trouve une solution (le « job » étudiant) et, par expérience, je sais qu’il est difficile de combiner les deux! Sans aller jusqu’à de telles extrémités, s’immoler par le feu est horrible, on peut comprendre le geste désespéré de ce jeune homme. Le fossé se creuse entre ceux qui ont les moyens financiers de payer les études de leurs enfants (doués ou pas, studieux ou fêtards) et ceux dont les moyens se limitent à la (sur)vie. Société de plus en plus inégalitaire qui se remarque à chaque étape de l’enseignement, du maternel au supérieur. Il est vrai que les ex-dirigeants de Nethys n’ont pas à se poser ce genre de questions!

  3. Article ridicule! quand j’allais bosser à gauche et à droite tout en étudiant. Maintenant, les gens veulent tout sur un plateau d’argent… Cherchez l’erreur….