Goncourt : Amélie Nothomb ostracisme ou malédiction ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 novembre 2019 10h14 | Un commentaire>

Amélie Nothomb n’a finalement pas décroché le prix Goncourt, décerné à Jean Paul Dubois par 6 voix contre 4 pour la romancière. C’est la troisième fois que l’écrivaine belge échoue,  alors… Ostracisme ? Ou malédiction ?

Un peu des deux peut être … Ce n’était pas la première fois qu’elle figurait dans le dernier carré. En 1999 et 2007, elle avait également été sélectionnée sans l’emporter, pour ses romans « Stupeur et tremblements » et « Ni d’Eve ni d’Adam ».

Un Goncourt notoire ou pas ?

Il serait facile de dire qu’elle a été victime de son image médiatique et de sa notoriété. C’est peut-être le cas mais la notoriété n’est pas forcément rédhibitoire. Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Marcel Proust, André Malraux, Henri Troyat, Michel Houellebecq et tant d’autres écrivains déjà célèbres ont obtenu le Goncourt. Et puis il y a les contres exemple bien connus de Céline avec « Le voyage au bout de la nuit », ou encore de saint Exupéry avec « Vol de nuit », qui ont raté le Goncourt…Enfin je vous passerais les dizaines d’auteurs qui l’ont eu et dont tout le monde a oublié l’existence.

Une formule magique.

Le Goncourt c’est une espèce d’alchimie, ou s’entremêlent la qualité du livre, la personnalité de l’auteur, celle des jurés, le poids des éditeurs, la tendance du marché etc…

On peut néanmoins essayer de chercher quelques éléments subjectifs : D’abord le livre d’Amélie Nothomb « soif » traite de la passion du christ, racontée par lui-même. Un sujet difficile, audacieux et clivant, car il faut être à la hauteur de l’histoire et du personnage. Quatre jurés du Goncourt ont estimé que l’objectif était atteint, six non.

Ensuite il y a la personnalité d’Amélie Nothomb, ses chapeaux,  ses interviews son style. Sa production très abondante, pas toujours de qualité égale. Parfois les jurés du Goncourt, eux-mêmes écrivains, aiment les auteurs qui peinent sur leur ouvrage, qui accouchent dans la douleur. Alors qu’Amélie Nothomb affiche une grande facilité…

Un aspect commercial.

Il y a peut-être également une question commerciale, aujourd’hui un Goncourt se vend en moyenne à 367 000 exemplaire. Amélie Nothomb a déjà vendu 140 000 exemplaires de « Soif ». Jean Paul Dubois avec « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » est très loin derrière, au moins 100 000 de moins, les Goncourt ont peut-être voulu lui faire un cadeau, un riche cadeau.

Le précédent Duras.

Au final rien ne dit qu’Amélie Nothomb ne décrochera jamais le Goncourt . Si je reviens à l’exemple de Marguerite Duras, tout le monde la donnait favorite  en 1950  pour « Un barrage contre le pacifique », et elle ne l’a obtenu qu’en 1984, 34 ans plus tard, avec l’« Amant »…

Comme on dit : patience et longueur de temps….

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1 réaction à “Goncourt : Amélie Nothomb ostracisme ou malédiction ?”

  1. J’acquerrai le livre d’Amélie parce que le sujet est tellement osé que ce serait dommage de ne pas juger(un bien grand mot) par moi-même; et surtout parque l’idée est nouvelle, loin des sentiers battus, me semble t-il.