L’incandescente Marie Laforêt

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 novembre 2019 11h03 | Ajouter un commentaire

On a appris dimanche le décès de la chanteuse et comédienne Marie Laforêt, celle qu’on surnommait la fille aux yeux d’or. Elle traversé les décennies avec un charme indicible.

 

« La fille aux yeux d’or », le titre d’une nouvelle de Balzac, adaptée au cinéma ( avec elle dans le premier rôle) par celui qui sera son premier mari Jean-Gabriel Albicocco. La fille aux yeux d’or qui est déjà un livre remarquable, puisqu’en 1835 Balzac évoquait la relation entre deux femmes…Ambiguïté, travestissement, complexité, cosmopolitisme. Finalement le personnage collait par bien des aspects à celui de Maïtena Doumenach, fille d’industriel devenue artiste à la suite d’un concours sur Europe 1 en 1959. Son premier film « Plein soleil » avec Alain Delon et Maurice Ronet, révèlera à tous sa luminescence… son incandescence…

 35 films, des millions de disques.

Pour les gens de ma génération, nés dans les sixties, elle avait toujours été là, on avait à peine remarqué qu’elle s’était éloignée depuis le milieu des années 2000. Dernier concert en 2005, produit par Laurent Ruquier, dernière pièce de théâtre en 2000, une interprétation mémorable de la Callas qui lui valut un Molière. Elle ne chantait plus mais ses ritournelles et ses mélodies continuait à se balader sur les ondes. «  Ivan, Boris et moi »; « Viens c’est une prière » ; « Il a neigé sur Yesterday » coté Beatles, « Marie douceur Marie colère » adaptation en français de « Paint it black » côté Rolling Stones. On peine à croire le chiffres 35 millions d’albums vendus… 35 films. Une carrière internationale à une époque où les Français sortaient peu de leurs frontières. En 1969 elle a fait presque un tour du monde, elle a chanté dans quatre langues, fait un tabac en Amérique latine.

De « Plein soleil » aux « Morfaloux ».

 Côté cinéma je me suis toujours demandé si elle avait volontairement transformé le personnage envoûtant de ses débuts, en féministe dévergondée, au caractère volcanique et au verbe acide…

Elle était formidable dans ses personnages comiques, mais on avait l’impression qu’elle était passée à côté de quelque chose. Elle même disait « Ma carrière est de bric et de broc mais ma vie est remplie du début à la fin »

La fin nous a tous surpris : «  Quoi Marie Laforêt, 80 ans ? Mais je la vois encore hier ou avant-hier…enfin je la vois encore …je la vois tout le temps …je l’entends… elle était parmi nous dans le paysage. Il va falloir se convaincre qu’elle ne réapparaîtra pas un jour par surprise sur un plateau de télévision, avec une chanson, un film, un livre.

 Un cadeau ( un peu ) empoisonné.

Marie si vous me permettez, j’ai quand même un petit reproche à vous faire, la chanson « Cadeau… » Celle où une mère explique à son petit garçon qu’il ne lui doit rien

Pour neuf mois de patience et douze heures de souffrance
CADEAU
Pour tant de nuits de veille, surveillant ton sommeil
CADEAU
Pour les tours de manège, les jouets, le collège
CADEAU
Et quand on fait le tour, le total de mon amour,
C’est CADEAU…

Marie si vous saviez combien de fois ma mère me l’a faite écouter, elle m’a littéralement bassiné avec cette chanson !

Bon vent Marie !

  • 0
  • 0
  • 0
  • 0

Laisser un commentaire

  * champ obligatoire

0 réaction à “L’incandescente Marie Laforêt”

  1. Aucun commentaire