Chirac, tout oublier

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 septembre 2019 07h18 | Ajouter un commentaire

Revenons sur les hommages unanimes rendus à Jacques Chirac depuis l’annonce de son décès hier. Toute la soirée des centaines de Français se sont présentés à l’Elysée pour y déposer des messages de condoléance.

 

 

« Les morts sont tous braves types », chantait autrefois Georges Brassens, et on a l’impression depuis 24 heures que cette phrase a été écrite spécialement pour Jacques Chirac.

Oubliés les emplois fictifs de la Marie de Paris, oublié sa condamnation pour détournement de fonds publics, oubliés les frais de bouche somptuaire de l’hôtel de ville, oubliés les vacances dans un palace de l’île Maurice, oubliées les contradictions et les palinodies, qui l’ont fait passer du travaillisme à la française au reaganisme militant avant de s’installer dans la posture du défenseur intransigeant de la République, plus hériter de Clémenceau que de De Gaulle…

Un faux gentil.

Oublié aussi le tueur qui n’a jamais hésité à flinguer autant ses alliés que ses adversaires renvoyant dans les poubelles de la politiques, ceux qui avaient eu le tort de l’affronter, de le décevoir ou de le trahir. Lui-même d’ailleurs savait trahir quand c’était nécessaire, n’a-t-il pas abandonné lors de la présidentielle de 1974, le candidat gaulliste Jacques Caban Delmas, figure de la seconde guerre mondiale, pour soutenir Giscard, dont il devint le Premier Ministre. Quand Nicolas Sarkozy lui a fait le même coup en 1995, en rejoignant Balladur, ça a dû lui rappeler des souvenirs, mais lui a réussi à rebondir et a finalement triomphé.

Jamais résigné.

C’est peut être ça que les français admiraient en lui, le battant, jamais résigné, toujours à l’assaut.  Je crois aussi les français regrettent en lui un homme qui leur ressemblait… un peu génial, un peu cossard, un peu roublard, un peu menteur, mais aussi généreux, courageux,  un pied à paris et l’autre en Corrèze. paysan et urbain à la fois…la France de toujours !

Un faux beauf.

Chirac l’amateur d’art premier et de poésie japonaise, et qui aimait laisser croire qu’il regardait le foot en survêtement en s’enfilant des bières… Quoique, je peux en témoigner pour l’avoir suivi vu dans un estaminet à Lille un jour de campagne,  Chirac était un vrais connaisseur en matière de bière, même si sur la fin il s’était résigné à la légèreté de la Corona…Bien sûr  Chirac c’était  tout le contraire d’un Emmanuel Macron ou d’un Giscard, premiers de la classe et amateurs de nouvelle cuisine, Chirac lui adorait la tête de veau. Servie entière et non roulée cervelle et langue à art, nappée de sauve gribiche de Brive, câpres blanc d’œuf et moutarde violette.

Douce France…

Chirac incarnait la France d’avant la mondialisation et les smartphones. Quand on pouvait réparer sa 403, au bord de la route avec une clé anglaise et une clope au bec, célèbre photo de sa jeunesse qu’il a utilisé maintes fois dans ses campagnes…

On se souvient de ses formules à l’emporte-pièce : « pschittttt » ou « abracadabrantesque » mais le mot qu’il utilisait le plus dans ses interviews quand il ne savait que répondre c’était : naturellement ! Alors Chirac fut-il un grand président ? Naturellement !

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