133 portraits de Macron décrochés.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 septembre 2019 07h51 | Ajouter un commentaire

Question posée à la justice française : a-t-on le droit de décrocher un portrait officiel d’Emmanuel Macron quand on n’est pas d’accord avec lui ? Réponse oui !

C’est le sport à la mode en France, voler les portraits officiels d’Emmanuel Macron dans les lieux publics où ils sont accrochés ( mairies , écoles administrations  etc…). A priori c’est un délit plutôt grave, mais un tribunal de Lyon a pris une décision surprenante lundi en relaxant deux militants. Ils avaient subtilisé la photo officielle du président de la République le 21 février dans une mairie. C’est ce geste qui a déclenché ensuite la campagne de décrochage toujours en cours, on en serait à 133 portraits escamotés.

 

Au nom de la COP 21.

Les deux prévenus un homme et une femme avaient mené cette action pour protester contre ce qu’ils appellent le manque de volonté du gouvernement dans lutte contre le réchauffement climatique. Accusés de «vol en réunion», un délit passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende, Fanny Delavallée et Pierre Goinvic, trentenaires l’une chargée de projets et l’autre éducateur, avaient redit lors de l’audience du 2 septembre leur détermination face à «l’urgence gravissime» du réchauffement climatique.

Une action démocratique ? Ou pas ?

Le juge a estimé qu’il s’agissait bien du vol d’un objet d’une valeur hautement symbolique, mais que ç’avait été un geste «manifestement pacifique», représentant un «trouble à l’ordre public très modéré», puisque selon le juge «le mode d’expression des citoyens en pays démocratique ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique». Et là on est vraiment dans un raisonnement révolutionnaire : le juge tolère un délit au nom d’une expression démocratique qui ne peut se limite aux élections, c’est un vrai débat qui pose entre autre la question de la séparation des pouvoirs.

Symbole ou simple mortel ?

Imaginons que cette décision fasse jurisprudence, demain tous les portraits d’Emmanuel Macron pourraient disparaitre des administrations. Le parquet a fait appel et on verra ce qu’il en est dans quelque mois, mais le pavé est jeté dans mare, avec en arrière fond toute l’ambiguïté du rôle du président en France : d’un côté incarnation de la République, avec tout le respect qu’on lui doit, et de l’autre un chef politique qu’on peut critiquer. Alors qui a été décroché ? La République, ou l’homme politique ? Les partisans de la monarchie parlementaire vous diraient qu’en Belgique par exemple le roi incarne la Nation, et le Premier ministre le gouvernement. Le roi est intouchable, pas le premier ministre. En France même s’il y a un Premier ministre c’est beaucoup moins clair.

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