Pétrole : le spectre de 1973

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 septembre 2019 07h43 | Ajouter un commentaire

Ce matin Les cours du pétrole ont grimpé de 10% en Asie . Deux jours seulement après les attaques qui ont entraîné en Arabie Saoudite une réduction de production de 5,7 millions de barils par jour, soit  6% de l’approvisionnement mondial.  Une situation qui ressemble aux prémices du chocs pétrolier de 1973.

 

La « Une » d’un journal en octobre 1973.

Et voilà que tout d’un coup je revois  les autoroutes  s’éteindre, et les voitures s’arrêter le dimancheEn 1973  la crise du pétrole couvait déjà depuis deux ans  et la fin de convertibilité du dollar en or, décidée par le président Nixon. Le dollar baissait et les pays producteurs n’y retrouvaient pas  leurs comptes, car le pétrole s’achète en dollars. C’est alors qu’on  a découvert l’OPEP l’organisation des pays producteurs de pétrole qui a entamé un bras de fer avec les compagnies pétrolières occidentales pour obtenir une hausse des prix.

La guerre du Kippour.

Masi là encore c’est une guerre qui a tout déclenché. L’offensive de l’Egypte et de la Syrie contre Israël, le jour la fête du kippour le 6 octobre 1973. Débordés un instant les israéliens ont mené une contre-offensive victorieuse et progressé en territoire égyptiens vers le canal de Suez. Le roi Fayçal d’Arabie saoudite décide alors d’aider ses alliés égyptiens en décrétant un embargo pétrolier. Il annonce que sa production sera réduite de 5 % chaque mois jusqu’à ce que les Israéliens se retirent. Je vous passe les détails mais au final le prix du pétrole a quadruplé, plongeant le monde dans une crise économique majeure avec en occident l’apparition de l’inflation à deux chiffres et du chômage massif. Plus tard on a appelé cette phase historique le « premier choc pétrolier ».

Dimanche sans voiture.

En Belgique pour économiser le pétrole on va éteindre les autoroutes, instaurer les limitations de vitesse, et l’interdiction de circuler le dimanche. A l’époque tous les gens âgés de plus de 40 ans, se souvenaient encore des privations de la seconde guette mondiale. Alors les familles se sont mises à faire des stocks, notamment de sucre, les supermarchés étaient dévalisés. Pour se passer de pétrole la France a fait le choix de l’énergie nucléaire qui fournit aujourd’hui encore près de 75 % de son électricité

La fin des glorieuses.

Peu à peu ça s’est tassé, la production a repris, les cours du brut ont baissé, on a cru à un retour à la normale…Funeste erreur ! En fait tout avait changé, en Europe fini les limousines qui consommaient 20 litres aux cent, fini les bureaux et les logements surchauffés, mais surtout fini les trente glorieuses, la croissance à 5% et le plein emploi. L’insouciance de la vie d’avant n’est jamais revenue. Voilà pourquoi ce matin, je suis disons … un peu inquiet.

 

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