Quand on envisageait d’interdire le sport auto

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 septembre 2019 09h34 | Un commentaire>

Revenons sur le décès du jeune pilote français Antoine Hubert, samedi à Francorchamps. Le parquet de Liège a ouvert une enquête et il faudra tirer les leçons de ce drame. A chaque accident mortel des questions se posent sur l’existence même de la course automobile. Par le passé il fut même question de l’interdire , ce fut le cas notamment après le terrible accident du Mans en 1955.

24 Heures du Mans, le 11 juin 1955. La course a débuté depuis plus de quatre heures et deux pilotes se disputent la première place sur un rythme de grand prix de formule 1. L’anglais Mike Hawthorn sur Jaguar et la légende Juan Manuel Fangio au volant d’une Mercedes. Les deux hommes roulent tellement vite qu’ils sont sur le point de prendre un tour à une autre Mercedes pilotée par le français Pierre Levegh. Quand les leaders arrivent, il est lui même en train de rattraper une modeste Austin Healey, beaucoup plus lente. Ils sont dans la ligne droite des stands. Levegh lève le bras pour prévenir Fangio que la voie n’est pas libre, ce geste sauvera le pilote argentin qui reste en embuscade.

De son côté Mike Hawthorn double la Mercedes de Levegh et l’Austin , mais tout d’un coup il décide de rentrer au stand il freine brutalement pour bifurquer vers la droite. Sa voiture est la seule à être équipée de freins à disques, l’Austin qui n’a que des freins à tambour, n’arrive pas à ralentir suffisamment, pour éviter la jaguar son pilote se déporte alors sur la gauche, et c’est le drame ! Surpris par l’Austin le Français Levegh la percute par l’arrière et sa Mercedes décolle. Elle s’écrase sur muret de protection et explose ! Son moteur et plusieurs pièces de carrosserie sont propulsés à une vitesse folle dans le public.

Carnage

Hormis Levegh, on déplorera la mort de 82 spectateurs et d’un gendarme fauché par l’Austin partie en tête à queue. 120 blessés s’ajouteront à ce bilan. La course n’est pas arrêtée mais dans la nuit Mercedes retirera ses voitures. La marque allemande ne participera plus à aucune épreuve sur circuit pendant près de trente ans. Dès le lendemain plusieurs pays envisagent l’interdiction des courses automobiles. Dans la plupart des cas elle ne durera que quelques mois. Sauf en Suisse où elle n’a été levée qu’en 2007.

Cet accident a fait beaucoup progresser la sécurité des spectateurs qui à l’époque n’étaient protégés que par des ballots de pailles et des barrières en bois , mais pour le pilotes il faudra attendre les années 70, notamment après l’accident de Roger Williamson, mort brûlé vif dans sa voiture, devant les caméras de télévision, au Grand Prix des Pays Bas en 1973 .

Un sport dangereux

Malgré les efforts, le sport automobile reste meurtrier. Dans nos mémoires s’égrènent les noms de Jim Clark, Jochen Rindt, François Cervert, Ronnie Peterson, Gilles Villeuve, Ayrton Senna, Jules et Lucien Bianchi et tant d’autres, jusqu’au drame de samedi. On a longtemps considéré que la mort faisait partie du « contrat » des pilotes et quand on évoque avec lui sa longue et brillante carrière, Jacky Ickx a coutume de dire qu’il est un « survivant ».

Après chaque accident le débat fait rage entre ceux qui estiment qu’aucun sport ne mérite la mort d’un homme et d’autres qui affirment que le sport auto a fait progresser la sécurité des voitures de tourisme. Ce débat sera peut être tranché le jour où les voitures de course seront conduites par des robots guidés depuis les stands. Ce sera alors une autre histoire.

 

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1 réaction à “Quand on envisageait d’interdire le sport auto”

  1. allons …il faut regarder les vrais bilan …car il y a beaucoup moins de morts en competition auto que …en velo …!