La nostalgie Pompidou

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 juin 2019 07h32 | Ajouter un commentaire

 

Il y a cinquante ans, le 20 juin 1969, Georges Pompidou succédait au général de Gaulle à la présidence de la République Française. Ce matin plusieurs journaux français publient en première page une photo du Président à l’apparence débonnaire toujours une cigarette en bouche. Cet anniversaire , célébré entre autre par un grand colloque,  fait planer sur la France un vent de nostalgie. Le souvenir d’une période heureuse et prospère, dont Emmanuel Macron qui n’était pas né, affirme s’inspirer…

 

C’était un temps où les hommes politiques osaient encore promettre le bonheur !

« Français, Françaises, je suis un démocrate, je crois être humain et libéral (…) pour préparer des lendemains qui peuvent être, qui doivent être heureux ».

C’est par ces mots que George Pompidou lançait sa campagne présidentielle en lai 1969… Et c’est vrai que les Français ont gardé de cette période le souvenir d’une époque heureuse. En 1969, la France est un pays qui connait une croissance incroyable 5% par an, il n’y a quasiment pas de chômage, et l’immigration limitée aux travailleurs dans les usines n’est pas encore un problème. Les derniers soubresauts de la guerre d’Algérie sont désormais oubliés, et c’est en apparence une longue ère de prospérité qui s‘ouvre. Elle prendra fin avec la crise du pétrole de 1973.

Succéder au général.

George Pompidou l’a dit, après la séquence historique du Général de Gaule il va revenir à la normale. C’est lui finalement qui a inventé  la façon dont un président élu au suffrage universel doit habiter cette fonction, taillée sur mesure pour un géant de l’histoire. On se souvient de George Pompidou amoureux de l’art contemporain qui fit entrer Paulin, Vasarely et Soulages à l’Elysée ; lui qui faisait ouvrir les musées la nuit pour les visiter avec son épouse, l’élégante Claude Pompidou,  surnommée Bibiche ; on se souvient de l’homme de lettres , auteur d’une anthologie de la poésie française, et qui lors d’une conférence de presse, interrogé sur le cas de Gabrielle Russier qui a inspiré le film « Mourir d’aimer »,  citait Paul Eluard : « Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d’enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés. »

Pompidou et « Bibiche » en Porsche.

 

La France se modernise.

Mais on a un peu oublié que c’est George Pompidou qui a fait entrer la France dans la modernité. Villes nouvelles, autoroutes, RER, TGV, Concorde puis ensuite Airbus, centrales nucléaires… C’est la marque du pompidolisme. Comme il l’a dit dans une autre conférence de presse « Chère vieille France ! La bonne cuisine ! Les folies Bergères ! Le gai Paris ! La haute couture…C’est terminé. La France a commencé et entamé une révolution industrielle ».

Pompidou qui adorait emprunter la Porsche de sa femme pour semer ses gardes du corps (en DS) sur les routes du Cantal et qui, quand on lui proposait d’instaurer des limitations de vitesse, répondait : «  N’embêtez pas les français avec ça ! »  Autre époque …

On se souvient enfin (et hélas) de l’homme gravement malade, soigné en secret à l’Elysée, qui mourut en avril 1974 alors qu’il lui restait deux ans de mandat.

Pompidou et « Bibiche » en 4 L

Macron l’héritier ?

Hier Emmanuel Macron lui a rendu hommage dans un discours solennel. Il a présenté la présidence de Georges Pompidou comme ayant placé la France dans la bonne orbite à l’aube de la mondialisation naissante. Ajoutant que c’est désormais son rôle que de l’y maintenir.

Mais moi je me souviens d’autre chose…Un souvenir d’enfance…Un slogan que les écoliers scandaient joyeusement dans les cours de récréation, reprenant ce qu’on entendait dans toutes les manifestations ouvrières :

« Pompidou des sous ! Pompidou des sous ! Pompidou des sous ! »

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