Wat is confédéralisme ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 juin 2019 07h56 | 14 commentaires

Confédéralisme : mot clé des actuelles négociations pour la constitution  d’un gouvernement fédéral. Discuter du confédéralisme c’est la condition posée par la NVA pour entamer un dialogue  avec le PS. Une rencontre entre le premier parti flamand et le premier parti Wallon qui semble à terme inéluctable, malgré  les anathèmes posés par les uns et les autres. Or le mot confédéralisme n’est pas si clair,  il peut recouvrir des réalités bien différentes.

 

Si on s’en tient à la définition du Larousse, une Confédération c’est une association d’États indépendants qui ont délégué l’exercice de certaines de leurs compétences à un pouvoir central. C’est-à-dire à peu près le contraire de ce qu’est une Fédération où vous avez un pouvoir central qui a délégué des compétences à des pouvoirs régionaux et communautaires. Actuellement même si le Canada et la Suisse sont officiellement des Confédérations, ces deux Etats sont devenus de facto des Fédérations, et il n’existe plus sur terre de vraies confédérations faites d’Etats indépendants associés. ( Comme la Sénégambie de 1982 à 1989.) La CEI, la communauté des états indépendants qui avait succédé à l’URSS en décembre 1991, était formellement une confédération mais il ne reste désormais qu’une coquille vide.

Centrifuge ou centripète ?

Quant à l’Union Européenne, elle correspond à peu près à la définition de la Confédération, mais il y a des aspects de pouvoir supra national, comme le caractère contraignant des décisions européennes, qui en font une structure hybride entre Fédération et Confédération. Enfin si l’on se tourne vers l’histoire, on se rend compte que quand une confédération tient sur la durée elle a tendance à se transformer en fédération. Comme par exemple les Etats Unis. A l’usage une confédération aurait plutôt une logique centripète que centrifuge.

Confédération ou indépendance ?

Or dans l’acception de la NVA, on serait plutôt dans une démarche de séparation que d’union. En fait l’objectif ultime des nationalistes flamands c’est d’être maître chez eux, et de décider avec qui ils peuvent passer des accords de coopération. ( La Wallonie , mais pourquoi pas un jour les Pays bas ou le Nord de la France) .

Dans un premier temps ce serait bien entendu avec les entités d’une Belgique résiduelle. On verrait alors l’apparition d’une sorte de  » Royaume confédéré de Belgique » dont le gouvernement central ne disposerait que de quelques compétences techniques ou régaliennes, comme la défense ou les affaires étrangères, domaines que nous partageons déjà en partie avec l’Union Européenne. Bien que républicains,  les nationalistes flamands pourraient même garder le Roi dans un rôle purement protocolaire. Elisabeth II, la reine d’Angleterre, n’est- elle pas le souverain théorique d’une quinzaine d’Etats ?  Dont le Canada, l’Australie ou la Nouvelle Zélande qui sont depuis longtemps totalement indépendants du Royaume Uni.

Un pays à la carte ?

En fait le confédéralisme c’est un peu l’auberge espagnole du droit constitutionnel, on y met ce qu’on veut. Soit beaucoup d’indépendance et peu de coopération, soit beaucoup de coopération et une autonomie qui ne va pas jusqu’à l’indépendance, avec entre les deux toutes les nuances possibles !

L’avantage de ce flou artistique c’est qu’il permet justement un vaste espace de négociation.

 

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14 réactions à “Wat is confédéralisme ?”

  1. Au moins ça a toujours le mérite d’e Clairement expliqué pour des néophytes comme nous! Merci Monsieur Giltay.

  2. et si on fesait comme la norvege …16 ministres une voiture de fonction et le pays tourne….et le reste dehors et surtout les pensionnes qui s accrochent a l europe …enfin …a leur salaire!

  3. pour tes cours d’histoire de B
    elgique

  4. A-t-on déjà chiffré les conséquences financières du confédéralisme tant pour la Wallonie que pour les Wallons ?
    Je crains que nous ne soyons dans une situation équivalente à celle de la Grèce avec les conséquences que l’on sait aussi bien pour l’état que pour le peuple.

  5. Toujours clair, net et précis … actuel et historique … Vous êtes et resterez le Roi de la vraie et bonne Information Monsieur Giltay !

  6. Petite question pr mr giltay ds le confederalisme ce qui fait peur aux wallons est de savoir qui decidera de ce qui reste fédéral et ce qui est regionalise. Pouvez vs des lors expliquer s il y a un mécanisme prevu pour protéger les minorités. Si les decisions sont prises par vote majoritaire les wallons n auront rien à dire…voilà je pense la vraie crainte

  7. 7Christophe Giltay le 18 juin 2019 à 09:29

    A priori dans le projet de la NVA ne resterons au niveau fédéral que la défense, les affaires étrangères, la sécurité et peut être la justice. Tout le reste dont la sécu seraient scindé. Bien à vous CG.

  8. 8Christophe Giltay le 18 juin 2019 à 09:33

    En général en cas d’une scission comparable le partenaire
    le moins riche perd environ 20% de son PIB. La NVA a néanmoins annoncé un maintien des transferts Flandre Wallonie mais pour une période limitée. Bien à vous
    CG

  9. Scinder le budget ça veut dire scinder la dette, et sur ça ils ne sont pas près de tomber d’accord.
    Je ne vois pas bien comment à terme, d’éventuelles négociations là-dessus pourraient aboutir et je prédis au confédéralisme le même avenir qu’au Brexit.

  10. Et Bruxelles dans tout ça?…pourras t elle avoir ça propre destiné et ne pas dépendre ni des wallons ni des flamands

  11. Pas de confédéralisme sans un referendum, même si NVA + VB = 50% , cela veut dire que 50% n’en veulent pas non plus

  12. Bonjour Mr Giltay , il y a plus de 20 ans j’étais marié à une flamande , j’ai vécu pendant 3 ans en Flandre mais ensuite nous avons divorcé , le divorce fait peur, mais je peux vous dire qu’aujourd’hui je suis plus riche et plus heureux qu’à l’époque .Il vaut mieux prendre son avenir en main plutôt que de se le faire imposer 😉

  13. 13Jean-Pierre Gilson le 18 juin 2019 à 14:13

    J’ai toujours à l’esprit la volonté de la NVA d’arriver à l’indépendance de la Flandre. Cela se trouve dans les première ligne de son programme général « la Belgique n’a plus aujourd’hui de raison d’être ». Alors, si c’est pour en arriver là, les nuances dont vous parlez n’ont plus aucune importance, n’est-il pas vrai ?

  14. Merci, Monsieur Giltay, pour ces explications.