Archives du février, 2019

Faut-il interdire le Hijab de course ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 février 2019 11h00 | 2 commentaires

En France le retrait d’un hijab de course du catalogue de Décathlon, continue à faire débat. Le  Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT s’est félicité de cette décision, pourtant la vente de ce vêtement n’avait rien d’illégal.

 

Nike propose toujours un hijab de course à ses clientes.

 

Interrogé par le Figaro, le délégué interministériel Frédéric Potier ne remet pas en cause la légalité d’un tel accessoire (qui couvre uniquement la chevelure et les oreilles et, par là même, ne tombe pas sous l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public)  mais il estime que le port d’un tel vêtement peut être assimilé à du prosélytisme religieux, et c’est là tout le débat.  Il est probable que pour Décathlon, tout comme pour Nike autre marque qui commercialise de tels accessoires, il ne s’agissait que de conquérir un marché.  D’ailleurs si la vente est suspense en France, pays très sourcilleux de la laïcité, elle ne l’est pas forcément dans les autres pays, Décathlon affirmait cibler le marché marocain.

Evolution logique ?

Alors on pourrait considérer que c’est simplement un signe des temps… Une population qui n’avait pas jusqu’ alors accès aux sports olympiques y est désormais représentée, et l’olympisme d’ailleurs accepte le hijab de course. Donc « circulez y’a rien à voir ! » Oui sauf que des militantes féministes dans certains pays arabes notamment au Maghreb se sont félicitées de ce retrait. En effet comment lutter contre le port du voile dans leur pays, si en France on accepte de vendre le hijab de course, comme une simple paire de basket ?  Car contrairement à ce qu’on pense ici,  le port du voile n’est pas un problème occidental, on n’en connait que l’écume,  c’est un problème arabo musulman…

Le voile n’est pas islamique.

Il y a débat dans le monde arabe entre progressistes et conservateurs. De nombreux intellectuels musulmans comme l’islamologue et théologien Ghaleb Bencheikh n’hésite à qualifier le Niqab (voile intégral) ou le burkini, d’accoutrement. Il rappelait encore récemment dans son émission « Questions d’Islam »  sur France culture, que le voile n’a rien d’islamique et qu’il remonte à un décret de l’empereur assyrien Teglath-Phalasar 1er qui régnait autour de 1100 avant Jésus Christ soit 1700 ans avant la révélation de Mahomet.  A l’époque ce sont les hommes qui le portaient.

Mais voilà ce genre d’érudition a peu de place dans un débat à la fois passionnel et irrationnel. Un débat où l’on avance également que priver les jeunes musulmanes de ce hijab de course, c’est aussi les priver de sport, car elles n’ont pas toutes le courage d’entrer en rupture avec leur famille, leur milieu, leur quartier,  etc…

La position laïque .

La position de la société laïque française qui a fait pression sur Décathlon est peut être finalement assez sage. On n’interdit pas… Mais on ne va quand même pas en faire ni le commerce, ni la promotion ! Ne serait-ce que par respect pour celles qui, en terre d’Islam, combattent les rigoristes.

 

 

A écouter :

https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/le-feminisme-islamique-est-il-oxymorique

On peut lire aussi « Le voile est-il islamique ? » De l’essayiste tunisien Abdelhaziz Kacem.

 

 

 

 

Abus : la tempête souffle sur l’Eglise

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 février 2019 10h59 | 3 commentaires

C’est une décision historique… Samedi le Vatican a annoncé le renvoi de l’état clérical de Theodore Mc Carrick, ancien cardinal et ancien archevêque de Washington. On lui reproche d’avoir abusé d’enfants de chÅ“ur et de séminaristes. Cette annonce intervient alors que le Pape François réunit, à partir de jeudi, une conférence consacrée aux moyens de lutter contre les abus sexuels dans l’Eglise.

 

 

Théodore Mac Carrick, 88 ans, était une sommité de  l’Eglise catholique, élevé au rang de cardinal par Jean Paul II et encore promu dans l’épiscopat américain par le Pape François. Sa chute est un coup de tonnerre et de mémoire de vaticaniste,  on n’a jamais depuis de siècles réduit à l’état laïc un prélat de cette  importance pour abus sexuel. Le pire c’est qu’évidemment c’est lui qui était chargé de lutter contre ces abus dans l’église américaine,  et il y a quelque chose de terrible à revoir ses interviews où il explique que le problème est en voie d’être réglé. Or le problème est très loin d’être réglé et l’Eglise affronte une tempête digne de celle du lac de Tibériade, rapportée dans les Evangiles,  et il faudra peut-être, comme chez Luc, Marc et Mathieu, l’intervention du Christ en personne pour calmer les vents et les flots…

Une congrès à Rome.

Le Christ ou le Saint Esprit… c’est peut-être d’ailleurs ce qu’espère symboliquement le Pape Francois en réunissant à Rome, de jeudi à dimanche une conférence internationale sur la protection de mineurs, à laquelle participeront une centaine de présidents de conférence épiscopales venus du monde entier.  Une sorte congrès mondial de évêques consacré aux abus sexuels dans l’Eglise qui ne se limitent pas d’ailleurs à la pédophilie.  Il y a quelques jours le Pape évoquait dans son avion les abus qui frappent  les religieuses dans certains pays, alors qu’à  Paris la justice a ouvert  une enquête contre le Nonce Apostolique (l’Ambassadeur du Pape ) accusé d’avoir tripoté à l’Hôtel de ville, un conseiller d’Anne Hidalgo pendant les vÅ“ux de la Maire de Paris. Vous imaginez le scandale…

 

Sodoma.

Tout ça en plus intervient au moment où sort un livre très attendu Sodoma, écrit par le journaliste Frédéric Martel.  Il y décrit un Vatican dominé par une homosexualité en contradiction totale avec le célibat des prêtres et le discours officiel de l’église. Par ailleurs plusieurs associations de victimes seront représentées à la conférence et elles attendent des décisions concrètes. Cette fois le Vatican ne s’en sortira pas avec un discours général et de bonnes intentions, dont je vous rappelle que l’enfer est pavé.

Dans le récit des Evangiles Jésus dort à bord du bateau pendant la tempête sur le lac. Les apôtres terrifiés le réveillent en lui criant «  Seigneur nous périssons »… Le Christ impose  le calme à la tempêtes, puis se tourne vers ses disciples pour  les engueuler : « hommes de peu de foi… » . Sous-entendu : ayez la foi, assumer vos responsabilités,  la pire des tempêtes ne peut pas nous détruire…

Je ne sais pas pourquoi mais je pense que jeudi à Rome, bien des évêques  auront cet épisode en tête.

Antisémitisme : Après Veil et Halimi, Finkielkraut…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 février 2019 10h17 | Ajouter un commentaire

Le philosophe et Académicien français Alain Finkielkraut a été victime d’une agression antisémite samedi à Paris. Elle illustre la dérive du mouvement des gilets jaunes, mais aussi la libération d’un discours de haine.

 

Alain Finkielkraut

 

 

« Retourne à Tel-Aviv », « Sioniste de merde »,« Dieu va te punir », « Tu finiras en enfer »,

Voilà quelques-unes des insultes lancée à Alain Finkielkraut samedi dans le quartier de Montparnasse à Paris, en marge de la manifestation des gilets jaunes. Le philosophe a fait face avec dignité, avant que deux policiers ne l’éloignent de la furie de ses agresseurs. Ce n’est pas un acte isolé qui serait réservé à un penseur médiatique souvent l’objet de polémique…Non ! Cet épisode immonde vient clôturer une semaine d’actes antisémites où l’on a vu notamment profaner un site dédié à la mémoire d’Ilan Halimi, et la dégradation  de portraits de Simone Veil réalisé sur  par le « Street artist » C 215. La bête immonde s’est réveillée, le ministère français de l’intérieur l’a confirmé, les actes antisémites ont augmenté de 74% l’an dernier en  France.

«  Ni victime, ni héros »

Interrogé par le Figaro l’Académicien a réagi en philosophe opposant la raison à la passion, il a annoncé qu’il ne portrait pas plainte, mais qu’il souhaitait connaitre l’identité de ses agresseurs. « Ni victime, ni héros »… « Ce n’est pas l’esprit de vengeance qui m’anime, mais j’ai envie de contribuer à la prise de conscience. Il s’agit aujourd’hui de réfléchir à ce qui nous arrive, pour trouver la meilleure des parades. »

De son côté le parquet de Paris a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête pour « injures publiques en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Un suspect aurait déjà été identifié. L’agression a suscité une condamnation générale en France et Emanuel Macron lui-même s’est exprimé  sur twitter : « Les injures antisémites dont il a fait l’objet sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation. Nous ne les tolérerons pas. »

Qui et pourquoi ?  

Reste maintenant à comprendre l’origine de nouvel antisémitisme, ce serait trop facile de n’y voir que la résurgence des années trente.  Certes il existe encore en France un vieux fond de cet antisémitisme qui a connu son paroxysme pendant l’affaire Dreyfus et le régime de Vichy ; mais les événements de ces derniers jours sont d’une autre nature. Ils sont mêlés d’islamisme, et font clairement référence au conflit israélo palestinien. Par ailleurs, ils ne proviennent pas tous de l’extrême droite. Il y a il faut le reconnaitre une extrême gauche délirante qui confond défense des droits de palestiniens et dérive antisémite, et  le fait de distinguer ,dans le discours, antisionisme et antisémitisme n’est pas une excuse.

Ce qui s’est passé en France la semaine dernière est extrêmement grave et extrêmement inquiétant. Finkielkraut a raison il faut comprendre et agir.

Il n’est peut-être pas trop tard.

 

A 380 : la fin des super jumbos

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 février 2019 08h50 | Ajouter un commentaire

Un coup de tonnerre dans le monde du transport aérien, douze ans après son premier vol commercial Airbus annonce la fin de l’A 380. Le super jumbo, capable d’emporter 800 passagers n’avait jamais connu le succès escompté.

A 380

 

 

En 20 ans nous aurons connu la disparition des deux avions commerciaux les plus extraordinaires et les plus antinomiques de l’histoire…

Formule 1

D’abord le Concorde, véritable Formule 1 des airs qui volait à deux fois la vitesse du son, et permettait de rejoindre Paris à New York en 3h30, soit deux fois plus vite qu’en Boeing 747. Mais il emportait peu de passagers, une centaine, sur une distance relativement courte 6000 km. C’était le produit d’un autre temps quand l’avion était réservé à une élite, d’ailleurs dans le Concorde il n’y avait qu’une classe la première. A la fin de son exploitation en 2003, après un terrible accident qui avait fait 113 morts à Gonesse en juillet 2000, on s’était fait une raison, le développement massif du transport aérien exigeait des autobus volants et pas des Formules 1.

Le Concorde

 

Super Jumbo.

La Américains de Boeing l’avaient compris dès les années 60, quand ils avaient abandonné leur projet de supersonique pour inventer le jumbo jet, le 747, qui fête cette année ses 50 ans. Plus tard les européens aussi ont voulu leur super Jumbo, l’A 380, un mastodonte des airs à double pont, capable d’emporter 800 passagers sur 15 000 km. On allait voir ce qu’on allait voir !

Le premier vol commercial eu lieu en 2007, à l’époque on en tarissait pas d’éloges sur ce zinc improbable, massif au sol mais qui avait l’air si léger une fois en l’air. Un peu comme l’aboutissement du rêve de Howard Hugues et son hydravion géant. Mais voilà dès le début les ennuis se sont accumulés notamment dans sa production, et puis cet avion a fait peur, il fallait adapter les aires d’embarquement à ses capacités, son entretien n’était pas facile, et puis surtout ses quatre moteurs étaient passés de mode…

Boeing 787

 

Autobus volants.

Dans les années 1990- 2000 qu’on a vu le développent de longs courrier à deux moteurs comme le Boeing 777 et l’Airbus A 330, puis de leurs successeurs les 787 et A 350. Moins de passagers certes  ( 250-300 ) mais surtout moins de kérosène pour une autonomie comparable. Un point devenu crucial aujourd’hui. Malgré les commandes de la compagnie Emirate, Airbus ne produisait plus que six A 380 par an contre douze au début. Le constructeur européen a donc décidé de stopper les frais. Les chaines de l’A 380 vont s’arrêter avec probablement 3000 emplois supprimés, mais Airbus promet des reclassements.

Alors que le 747 tire sa révérence  à 50 ans, l’A380, 12 ans à peine, n’aura pas le temps de devenir adulte.

Après les supersoniques et les super jumbos l’époque est désormais au… super raisonnable…

Paris : la malédiction de la rue Erlanger

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 février 2019 08h28 | Ajouter un commentaire

Essia B., la femme soupçonnée d’avoir déclenché mardi 5 Février l’incendie d’un immeuble parisien, ( bilan 10 morts et plus de 30 blessés) a été mise en examen et placée en détention provisoire. La rue Erlanger du 16ème arrondissement de Paris, où s’est produit le drame, est une rue étrangement marquée par le destin. C’est notamment là qu’est mort le chanteur Mike Brant en 1975.

L’incendie du 5 février s’est produit au 17 bis de cette rue cossue, située non loin de la porte d’Auteuil…

Le vendredi 25 avril 1975 à 11 h 15 du matin, Mike Brant tombait du sixième étage d’un immeuble situé au 6 rue Erlanger,  à quelques dizaines de mètres de là…cette mort est toujours restée mystérieuse.

Qui saura ?

On se souvient que le chanteur avait fait une tentative de suicide en novembre 1974, mais qu’il avait selon la légende été sauvée par ses chaussures genre boots à semelles compensées et talons hauts qu’on portrait à l’époque. Les talons se seraient accrochés à la rambarde du balcon faisant basculer Mike Brant sur le balcon inférieur, blessé mais vivant. Après plusieurs mois de convalescence il avait repris sa carrière en enregistré notamment au printemps 1975 un de ses plus grands succès « Dis-lui ». Et puis voilà cette mort étrange, inexpliquée… Suicide ? Assassinat ? Les thèses les plus folles ont circulé, Mike Brant qui était israélien aurait été lié à des activités du Mossad. Il entretenait aussi une relation très conflictuelle avec son manager Simon Wajntrob, qu’on retrouvera lui trois ans plus tard, au bois de Vincennes, avec une balle dans le coeur et une autre dans la nuque. Moshe Brand (c’était son vrai nom), repose au cimetière d’Haïfa en Israël.

44 ans après sa mort il a toujours ses fans… depuis 1970  Il a vendu 33 millions de disques…

Le japonais cannibale .

Le 11 juin 1981, un étudiant japonais Issei Sagawa Kagawa, sous le prétexte d’un travail universitaire attire Renée Hartevelt, une jeune Néerlandaise de vingt-quatre ans, dans son studio du n° 10 rue Erlanger. Il aurait connu avec elle une déception amoureuse. Il l’a tuée avec une carabine 22 long rifle, puis prélève  sur son corps 7 kg de chair. Il va la consommer pendant trois jours,  en la conservant au frigo et prenant 39 photos au fur et à mesure qu’il prélève les chairs de sa victime. Arrêté, jugé il est déclaré irresponsable et bénéficie d’un non-lieu. En 1984 il est renvoyé au japon où ses parents se font interner. A la suite de nouvelles expertises il est libéré dès 1985. Il a écrit depuis une douzaine de livres, tous centrés autour de son crime. Il est également apparu dans des publicités pour des chaînes de restaurants de viande !

Le tourbillon de la vie.

Enfin moins dramatique : l’écrivain Serge Rezvani a vécu de nombreuses années au 81 de la rue Erlanger. Rezvani auteur prolifique célèbre notamment pour avoir écrit les célèbres chansons « Le Tourbillon (de la vie) », et « J’ai la mémoire qui flanche » interprétées par Jeanne Moreau .

Revzani très marqué par la mort de Lula sa femme et égérie en 2004, vit désormais avec l’actrice Marie Josée Nat, à Bonifacio en Corse…

Loin, très loin de la rue Erlanger.

Paris : incendie dans le quartier chic.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 février 2019 09h17 | Un commentaire>

Revenons sur cet incendie extrêmement violent qui a ravagé un immeuble à Paris cette nuit. Le bilan provisoire est très lourd 10 morts et une trentaine de blessés. Les incendies graves ne sont pas rares à Paris, la particularité c’est qu’il a cette fois touché l’un des quartiers les plus aisés de la capitale.

 

Le 17 bis rue Erlanger avant l’incendie

 

L’incendie s’est déclenché au 17 bis de la rue Erlanger dans le 16 ème arrondissement de Paris, c’est le quartier le plus chic de paris.

La rue Erlanger est une rue résidentielle assez calme, bordé de beaux immeubles haussmanniens, et d‘autres plus récents datant des années 70 ou 80 qui se vendent à 10 000 euros le m2. On est à deux pas de la porte d’Auteuil, du parc des Princes et de Roland Garros. Donc à mille lieues de ces immeubles vétustes du nord de Paris exploités par des marchands de sommeil, à l’électricité surannée ou au réseau de gaz défectueux, où l’on a connu autrefois bien des drames.

Des incendies meurtriers.

On se souvient  notamment de l’incendie de l’hôtel Paris-Opéra dans la nuit du 14 Avril 2005, 76 rue de Provence dans le 9eme arrondissement, il avait  fait vingt-quatre morts dont onze enfants. Plus récemment le 12 janvier toujours dans le 9ème, une explosion au gaz suivi d’un incendie avait fait quatre morts. Dans le 9e Fin décembre, deux femmes et deux fillettes sont mortes dans un incendie qui s’était déclaré dans une tour HLM de la cité Paul-Eluard à Bobigny en Seine-Saint-Denis, au nord de Paris, mais là encore  il s’agissait de bâtiments, j’ailais dire à risque.  Rue Erlanger c’est impeccable à tous le points de vues, quand vous regardez les photos de l’immeuble du 17bis, c’est une élégante résidence de 8 étages datant des années 70. Un peu comme celles qu’on voit dans les films de cette époque, avec Alain Delon. ( Le cercle rouge, Trois hommes à abattre…)  Baies vitrées, façade en pierre de taille….

Une violence exceptionnelle.

Alors comment expliquer la lourdeur du bilan ? Visiblement le feu s’est propagé très rapidement par un appel d’air dans la cage d’escalier principale. Ensuite c’est un immeuble enclavé avec une cour intérieur comme il y a beaucoup à Paris et cette fois dans tous les quartiers. D’où la difficulté pour les habitants de fuir et pour les pompiers d’intervenir avec du matériel depuis la cour. C’est ainsi que beaucoup de gens sont réfugiés sur les toits. Par ailleurs dans ces immeubles cossus les appartements sont bien meublés, or les meubles, même de style, même en bois peuvent facilement alimenter une incendie. Un capitaine de pompiers racontait ce matin sur RTL Paris à quel point la combustion d‘un canapé par exemple peut poser des problèmes.

Querelle de voisinage ?

Reste la cause. Pour l’instant évidement il est trop tôt pour la déterminer avec certitude, mais dans ces immeubles très bien entretenus  le court-circuit ou la fuite de gaz c’est très peu probable. D’après le Procureur de la République de Paris, la piste criminelle est privilégiée. Une habitante de l’immeuble a été placée en garde à vue, elle aurait été retrouvée, ivre, tentant de mettre le feu à une voiture. Une querelle de voisinage serait à l’origine du drame.

Cela dit, même dans les quartiers chics on oublie parfois une casserole sur le feu…