Gilets jaunes la fin ?
Cette nuit à Feluy des affrontements violents ont opposé environ quatre cent casseurs aux forces de l’ordre. Selon tous les témoignages les manifestants n’ont plus grand-chose à voir avec les gilets jaunes et leurs revendications. Pour autant peut-on dire que ces débordements sont tout simplement en train de tuer le mouvement ?
Il faut se souvenir qu’à l’origine ce mouvement est né en France et devait se limiter à une seule journée de manifestation le 17 novembre, journée d’ailleurs qui fut un succès avec 282 000 participants dans l’hexagone. Depuis on est un peu dans les prolongations de cette mobilisation. D’abord il y a eu les irrédentistes, puis les acharnés  et maintenant les casseurs, en Belgique mais aussi en France où l’on signale de nombreux incidents. Ces débordements discréditent forcément le discours initial, et l’on voit d’ailleurs sur les réseaux sociaux toute une mobilisation anti gilets jaunes, qualifiés au mieux de beauf au pire de brutes…
 La fièvre et le thermomètre.
A mon avis ce serait une grave erreur de tomber dans ce piège et d’en conclure que parce que le mouvement a dérapé, les revendications initiales n’avaient aucune valeur. Casser le thermomètre n’a jamais fait tomber la fièvre. Il y a eu indubitablement un cri de douleur de la part d’une population qui se sent abandonnée voire méprisée par les élites actuelles. C’est d’autant prégnant en France, qu’on y cultive depuis la révolution française un  fort sentiment d’égalité. Or il ne faut pas confondre l’égalité et l’égalité des chances concept régulièrement mis en avant par les gouvernements dit moderne et d’inspiration libérale comme celui d’Emmanuel Macron.
L’égalité.
L’égalité la vraie, c’est celle qui traite tout le monde de la même manière, ceux qui ont réussi comme ceux qui ont moins réussi, ceux qui vivent en ville et ceux qui vivent à la campagne, ceux qui ont fait des études et ceux qui n’en n’ont pas faites. Or jusque dans les années 80, l’égalité ou du moins le sentiment d’égalité était une réalité en France, notamment grâce à des services publics très bien implanté. Il y avait une poste dans le moindre village, une maternité dans le moindre chef-lieu, des gares un peu partout etc… La volonté de rationaliser les comptes publics et de limiter les dépenses ont fait voler en éclat cette égalité de traitement.
 Les territoires en question.
Là -dessus s’est greffée un mouvement de gentrification des centres villes qui a fait que peu à peu les classes populaires se sont éloignées pour trouver de logements plus abordables. D’où ces banlieues dites « rurbaines » où s’alignent à l’infini des lotissements pavillonnaires, où l’on doit faire ses courses dans les centres commerciaux,  et aller travailler en ville avec le seul moyen de transport disponible la voiture. Alors quand ceux qui ont réussi expliquent à ceux qui ont moins réussi qu’ils sont d’infâmes pollueurs qui n’ont rien compris au monde moderne, « y’a comme un défaut »…et ça pète !
En fait les premiers disent liberté ! Les seconds égalité ! Il faudrait peut-être chercher la solution dans le troisième terme : fraternité !
