Manu cherche ministre désespérément

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 octobre 2018 09h50 | Ajouter un commentaire

La France attend toujours son nouveau gouvernement qui ne verra pas le jour avant samedi. La presse française se perd en conjectures sur les causes de ce retard. L’une des causes serait tout simplement le manque de candidats ministres « Macron-compatibles ».

 

Hôtel de Beauvau, siège du ministère français de l’Intérieur.

 

En apparence ça peut paraitre bizarre, on sait à quel point l’homme (et parfois la femme) politique a tendance à se ruer sur les ministères comme la vérole sur le bas clergé. Mais cette fois ça coince…ça coince parce que justement le gouvernent d’Emmanuel Macron voulu rompre avec la politique traditionnelle en étant «  en même temps » formule consacrée de droite et de gauche. Depuis 18 mois il arrive à peu près à tenir cette ligne, car en fait il n’a pas de passé politique, il n’a jamais milité dans aucun parti, il n’a jamais été élu nulle part.

Et quand il a été ministre c’est par la volonté seule du Président Hollande.

Manu du centre, Eddy de droite.

Le problème c’est qu’Edouard Philipe son premier ministre est lui un homme politique classique, un élu local maire du Havre pendant des années. C’est un libéral social, pro européen, dans la lignée d’Alain Juppé dont il est très proche. Logiquement il propose donc des candidats ministres issu de cette mouvance. Or Gérard Colomb, qui a quitté le ministère de l’Intérieur était un ancien socialiste, lui aussi d’ailleurs, élu local et maire d’une grand ville, Lyon. Pour conserver ses deux jambes l’une de droite et l’autre de gauche, Emmanuel Macron cherche donc un candidat plutôt de gauche, mais il en trouve pas. Ceux à qui il s’est adressé  (dont le PS Mathieu Klein) ont refusé. L’heure des débauchages est terminée,  les socialistes restent désormais au PS, ou à la retraite, mais en tout cas ils ne se mettent pas « En Marche ».

Des élus un peu trop tendre.

C’est là que la recomposition macronienne atteint ses limites. Un parti politique classique c’est aussi un vivier de personnalités, d’élus de terrain qui se sont aguerris au contact de l’électeur. Regardez ce qui se passe en Belgique, hormis deux ou trois exceptions aucun ténor politique n’est absent des élections communales, car c’est la base même de la vie publique. Or parmi les très nombreux députés macroniens élus l’an dernier ( 308), il y a une majorité de novices (169) portés par la vague présidentielle. De sympathiques trentenaires, venus de la société civile, souvent bardés de diplômes et de certitudes, mais qui n’ont jamais distribué le moindre tract sur un marché. Sur le moment ça paraissait sympathique, seulement quand les vrais problèmes arrivent on se rend compte que ça manque de profils « capés ».

A saisir Hôtel place Beauvau !

Edouard Philippe a donc beau jeu de proposer quelques-uns de ses copains de droite…et Manu s’arrache les cheveux, entre des socialistes qui refusent et des « En Marche » qui ne font pas le poids. Je vous rassure néanmoins, le ministère de l’intérieur est l’un de postes les plus prestigieux de la République, et je ne doute pas que l’une ou l’autre pointure finira par accepter.  Par sens du devoir bien sûr…

 

 

 

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