Archives du septembre, 2018

La Belgique à l’ONU.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 septembre 2018 10h26 | Ajouter un commentaire

 

Le premier ministre Charles Michel va s’exprimer aujourd’hui à la tribune de l’ONU, devant l’Assemblée Générale. Ce discours intervient alors que la Belgique va occuper à partir du premier janvier un siège au conseil de sécurité de l’ONU. Ce n’est  pas qu’un poste honorifique, car malgré sa taille en matière de diplomatie la Belgique joue dans la cour des ( presque) grands.

 

La salle du conseil de sécurité de l’ONU.

 

On ne va pas se la jouer, mais il faut se rendre compte, et je l’ai constaté moi-même à l’ONU, qu’effectivement la Belgique est un pays qui compte sur la scène internationale. Ce retour au conseil de sécurité n’est pas dû au hasard. Ce siège a été accordé à la Belgique pour deux ans, par 181 voix sur 188 votants… Excusez du peu !

Une grande tradition diplomatique.

Pourquoi ? Parce que la Belgique est un partenaire sérieux sur la scène internationale, qui dispose de 117 postes diplomatiques dont 82 ambassades. C’est l’une des plus anciennes nations à exercer une activité internationale moderne puisque notre ministère des affaires étrangères a été créé dès 1831. A noter  que la Belgique est pratiquement membre fondateur de tous les organismes internationaux et signataire de la plupart des grands traités. Ainsi par exemple nous avons participé aux premiers accords de Genève de 1864, qui sont à l’origine du droit humanitaire. Autre exemple, nous sommes parmi les 12 signataires du traité de l’Antarctique de 1959  qui a démilitarisé ce continent, et en a fait un bien commun à toute l’humanité. Pays fondateur de l’union européenne, représenté à l’ONU depuis décembre 1945, membre de l’OTAN, de l’Union postale universelle, de l’agence spatiale européenne, de l’organisation internationale de la francophonie, de l’OCDE, du FMI …etc. … etc…etc…

L’art du compromis.

Par ailleurs son statut d’ancienne puissance coloniale au Congo, ou mandataire au Rwanda et au Burundi lui confère aujourd’hui encore une influence et une expertise  recherchée pour l’Afrique centrale… Enfin la Belgique a une réputation de pays de compromis, capable de faire s’entendre entre elles des parties divisées et ça bien sûr en diplomatie  c’est fondamental … Enfin Bruxelles accueille le siège l’OTAN et une partie des institutions européennes ce qui crée forcément une proximité ( on se croise en ville, on participe aux même réceptions, on assiste aux mêmes spectacles). Ainsi la Belgique joue en Europe un rôle sans commune mesure avec son poids géographique.

Un faux petit pays.

Je dis géographique… Car démographiquement nous ne sommes pas un si petit pays. Sur les 28 pays de l’Union Européenne, avec nos 11 millions d‘habitants nous sommes en milieu de tableau. La Belgique est par exemple plus peuplée que le Portugal, la Grèce, la Suède, l’Autriche, la Hongrie, la république Tchèque, la Slovaquie, la Finlande, l’Irlande, le Danemark… 141ème pays du monde ( sur 197) par sa superficie, la Belgique en est le 80ème par sa population,  le 25ème par son PIB, et le 22ème par son indice de développement humain. .

Donc quand le premier ministre belge s’exprime à l’ONU, ce n’est pas au nom d’un petit pays, mais d’une grande nation… diplomatique.

Marine n’ira pas chez le psy

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 septembre 2018 07h55 | Ajouter un commentaire

Marine Le Pen a refusé de se soumettre à une expertise psychiatrique ordonnée par la justice. Cette expertise fait partie d’une procédure ouverte à son encontre, car elle a publié sur Tweeter en 2015 des images de victimes de Daesh.  

 

C’est une histoire qui a première vue pourrait paraitre abracadabrantesque… La justice française a demandé à Marine Le Pen de se soumettre à un examen psychiatrique. Je sais j’en connais parmi vous qui pense que « c’est pas trop tôt », et j’en connais d’autres qui auraient plutôt vu le père livrés aux « Psy ». Mais ici il ne s’agit pas de dérapage verbal ; de détail de l’histoire ; de Durafour crématoire ; ni même de plantage lamentable lors d’un débat présidentiel , il s‘agit de Twitter.

Des photos insoutenables.

En 2015, la présidente de ce qui est aujourd’hui le Rassemblement ( et plus le Front ) National, publie sur Twitter des clichés d’exécutions commises par l’Etat islamique. C’est un classique de l’extrême droite. Dans les années 60 pendant la guerre d’Algérie, de journaux proches de son père ont publié des photos de cadavres de militaire français horriblement mutilés. Le père ( ancien officier au 1er régiment étranger parachutiste)  avait d’ailleurs utilisé certains de ses clichés pour se défendre lorsqu’on l’accusait d’avoir torturé en Algérie. L’idée est simple l’armée a peut-être commis des trucs terribles, par nécessité,  mais ceux d’en face étaient pires…

Marine refuse.

Marine a sur son père l’avantage de ne pas avoir été mêlée directement à ce genre de conflits, mais elle a gardé les réflexes de communication. évidemment elle s’est insurgée contre la décisionnel la justice… toujours sur Twitter : « Je croyais avoir eu droit à tout : eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Dach par tweets, la « justice » me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu’où ont-ils allé ?!» Elle refuse bien sûr de s’y rendre et met le juge au défi de la contraindre…d’autant qu’elle est couverte par son immunité parlementaire…Dans ce combat elle n’est pas seule, l’un de se plus farouches adversaires a pris sa défense, Jean-Luc Mélenchon qui s’est  élevé contre cette procédure, y voyant une «psychiatrisation de la décision politique».

Une histoire de fou.

En fait il n’y a rien de politique dans cette histoire c’est tout simplement la procédure, pour quelqu’un qui comme Marine Le Pen est inculpée pour : « diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité, accessible à un mineur».

L’examen vise notamment à vérifier «si elle est en mesure de comprendre les propos et de répondre aux questions». En clair vérifier qu’elle n’est pas débile, elle apprécié modérément, mais les juges répondent qu’ils ne font qu’appliquer la loi.

On pourrait s’arrêter là, sauf que la France est en grand déficit, et même en pénurie d’experts psychiatres. Or il y a suffisamment de crimes commis par des tordus, pour laisser les psys bosser avec de vrais cas qui relèvent de leurs compétences.

Expertiser Marine le Pen, ce serait juste une perte de temps.

Monsieur Jean Piat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 septembre 2018 08h18 | Ajouter un commentaire

Le comédien Jean Piat, monstre sacré du théâtre français qui avait marqué les esprits dans le feuilleton télévisé « Les Rois maudits » en 1972, est mort mardi soir à Paris à quelques jours de ses 94 ans. Ancien de la comédie française il avait souvent joué en Belgique où il était très populaire.

Jean Piat « Comte Robert » dans les « Rois Maudits »

Je vous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaitre. Les « Rois Maudits » un incroyable feuilleton télévisé diffusé à l’ORTF de décembre 1972 à janvier 1973. 6 épisodes qui ont marqué toute une génération. Les séries en ce temps-là c’était du lourd : décors de théâtre, scénario Maurice Druon, de l’Académie Française, l’auteur du chant des partisans « ami entends-tu… » Réalisation Claude Barman  incontournable de la télé française à l’époque, notamment auteur de 45 épisodes du commissaire Maigret… les comédiens pour la plupart venu de la comédie française dont l’immense Louis Seigner le grand père de Mathilde et d’Emmanuelle.

Robert d’Artois.        

Et puis et puis… L’extraordinaire, le lumineux, le fabuleux Jean Piat dans le rôle de Robert d’Artois. Un seigneur du Nord de la France qui cherche en vain à récupérer ses terres après la bataille des éperons d’or. Tout ça sur fond de guerre de cent ans et de malédiction des Templiers. Jean Piat fait de Robert d‘Artois un personnage sulfureux au sourire ravageur,  plein de moquerie et de séduction… J’ai connu des dames tombées alors sous son charme et qui l’était toujours 40 ans plus tard.

Jeune jusqu’à 90 ans.

Et pourtant en 1972 Jean Piat avait déjà 25 ans de Comédie Française  derrière lui. Né en 1924, il a toujours paru plus jeune que son âge… Les yeux bleus peut-être ?  A ce tire c’était un peu le Jean d’Ormesson des comédiens, d’ailleurs n’était-il pas le compagnon de l’écrivaine Françoise Dorin ?

Difficile de retracer brièvement une telle  carrière. On retiendra qu’il faut aussi un grand Cyrano de Bergerac, et qu’il  vouait une admiration sans borne à Sacha Guitry avec lequel il avait joué au cinéma dans :  « Le diable boiteux » et dans « Napoléon… ». Il lui avait  consacré un livre en 2002, «  je vous aime bien monsieur Guitry ». Comédien, écrivain, metteur en scène, il prêtait aussi sa voix au doublage, par exemple à Peter O’ Toole dans Laurence d’Arabie.

Proche des Belges.

Homme du Nord (né à Lannoy près de Lille) Jean Piat entrainait une relation  chaleureuse avec le public belge, il venait pratiquement chaque année se produire en  Belgique, présentant ici les spectacles qu’il jouait à Paris. Je me souviens un soir à Woluwe Saint Lambert il y a une dizaine d’années où après 8 rappels le public ne le laissait pas partir. Il a fait rallumer la salle, s’est assis sur la scène et s’est mis à discuter avec les gens …

 

L’Artois.

Si un matin, tôt, traversant  les brumes de l’Artois sur l’autoroute du Nord, vous devinez au loin un grand seigneur qui chevauche tout de rouge vêtu. Ne cherchez pas… C’est le Comte Robert qui a enfin retrouvé sa terre.

Audin : geste historique de Macron

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 septembre 2018 13h32 | Ajouter un commentaire

Audin : geste historique de Macron

Emmanuel Macron a posé hier un geste que de nombreux Français attendaient depuis près de 60 ans. Le président de la République a reconnu, la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, un jeune mathématicien torturé et tué par l’armée française en 1957 en Algérie.

Maurice Audin c’est le symbole des exactions commises par la France en Algérie pendant la guerre d’indépendance. C’est un personnage emblématique, célébré en Algérie comme un héros. Une place porte d’ailleurs son nom dans le centre d’Alger depuis1963. Maurice Audin, 25 ans lors de sa disparition, était un jeune professeur de mathématique à l’université d’Alger. Membre du parti communiste algérien  il était favorable à l’indépendance, mais ce n’était pas un activiste, il ne posait pas de bombe.  En revanche lui et sa femme avaient accueilli chez eux des membres du FLN en fuite.

Les paras maîtres d’Alger.

On est alors en pleine bataille d’Alger et le gouvernement français a donné les peint pouvoir à l’armée pour rétablir l’ordre. C’est la mission du général Massu, maître incontesté d’Alger.  Le destin de Maurice Audin bascule le 11 juin 1957 à 23 h. Une dizaine de parachutistes l’arrêtent  à son domicile. Josette son épouse a juste le temps de l’apercevoir, descendant l’escalier, encadré par deux militaires. Elle se souvient de ses dernières paroles : » Occupe-toi des enfants.  » (Ils en ont trois) Elle ne devait plus jamais le revoir.

L’impossible évasion.

Le 21 juin l’armée l’informe que son mari a réussi à s’enfuir à l’occasion d’un transfert en jeep. Il aurait sauté de la voiture avant de disparaitre dans la nuit. Il ne donnera jamais signe de vie, on en retrouvera jamais son cadavre. Commence alors l’affaire Audin. Dès le 4 juillet son épouse porte plainte pour homicide volontaire. Son combat va durer 61 ans. Des livres, des films, sont consacrés à l’affaires Audin, des hommes politiques, des intellectuels se mobilisent. L’avocat de Josette s’appelle Robert Badinter, mais rien n’y fait, car à la fin de la guerre d’Algérie la France a voté une loi d’amnistie qui couvre les crimes pendant le conflit.

 

Torture.

Au fil des années les témoignages s’accumulent, deux hommes arrêtés eux aussi par les parachutiste et détenus à la prison d’El Biar  sur les hauteurs d’Alger affirment avoir vu Audin torturé à l’électricité dans un triste état. Deux thèses circulent  alors : il aurait succombé à une séance de torture trop intense, ou il aurait été carrément assassiné par un  parachutiste trop zélé.

Hollande, puis Macron.

Pendant des décennies la version officielle ne change pas, Audin s’est évadé.  Jusqu’en 2014 quand Francois Hollande affirme : « Monsieur Audin ne s’est pas évadé, il est mort pendant sa détention. » Sans plus…

Le geste ultime viendra d‘Emanuel Macron qui a reconnu hier l’application de tortu en Algérie et qui a demandé pardon à Josette âgée aujourd’hui de 87 ans, pour la mort de son mari. Interrogée par le journal « le Monde », elle s’est dite satisfaite, mais pas heureuse, car il reste de questions  sans réponse :

« Mon combat n’est pas fini. Comment Maurice va-t-il été tué ? Quels sont les noms de ses tortionnaires ? Qu’a-t-on fait de son corps ? Nous ne le savons toujours pas. Il faudrait que des gens parlent enfin… »

Peut-on écarter Trump ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 septembre 2018 10h46 | 3 commentaires

Tempête sur Donald Trump !  Hier une tribune publiée anonymement par un membre de son administration dans le New York Times expliquait que nombreux haut responsables travaillent à contrecarrer ses décisions pour protéger la population. Cette tribune évoquait également la possibilité de le priver de ses fonctions, en vertu du 25ème amendement de la constitution américaine.

«  La racine du problème est l’amoralité du président. Quiconque travaille avec lui sait qu’il n’est arrimé à aucun principe fondamental, discernable guidant se prises de décision. »

On ne peut pas le dire plus clairement d’ailleurs l’auteur de l’article se qualifie lui-même de résistant. On le savait déjà depuis la publication des bonnes pages du livre de Bob Woodward il y a quelques jours, il existe dans l’entourage même du Président des gens qui font le maximum pour l’empêcher d’appliquer ses décisions, considérées comme mauvaises ou absurdes:

«  Nous pensons que nous avons un devoir envers notre pays, et que le Président continue à agir d’une façon néfaste à la bonne santé de notre République…aussi ferons-nous ce que nous pourrons pour orienter l’administration dans la bonne direction… »

L’impossibilité de gouverner ?

Dans cet article l’auteur évoque le 25ème amendement de la constitution américaine, qui permet de suspendre un Président dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. Attention ! Cet amendement n’est pas la fameuse  procédure de destitution l’ « impeachment », qui permet de démettre un président reconnu coupable de trahison, de corruption, ou d’autres crimes et délits majeurs. Non le 25ème amendement ressemblerait plutôt à ce qu’on appelle en Belgique l’impossibilité de régner, un dispositif mis en vigueur quand  le roi est incapable d’exercer ses fonctions, comme Léopold  III prisonniers des Allemands. Autre cas : la mise en retrait volontaire comme le roi Baudouin refusant de voter la loi sur l’avortement. Mais il n’est pas destitué il peut revenir, si ça s’arrange…

Un amendement récent.

L’avantage c’est que cette procédure est plus légère que l’ « impeachment » et qu’elle peut être initiée par une simple lettre du Vice-président et de la majorité des membres du gouvernement. Cet amendement est relativement récent, il a été voté après l’attentat contre John Fitzgerald Kennedy en 1963. Le président Kennedy est  mort dans l’attentat, et son vice-président Lyndon Johnson lui a donc immédiatement  succédé prêtant serment, on s’en souvient, dans l’avion  présidentiel qui ramenait le corps à Washington. Mais que ce serait-il passé si JFK  avait survécu dans le coma ?

On a donc fait voter cet amendement, pour le cas où le président serait dans l’incapacité de présider. Ce raisonnement peut s’appliquer à un  président qui n’aurait plus toutes ses capacités physiques * ou toute sa tête…

Le cas Reagan.

Certains y avaient songé pour Reagan après l’attentat qui l’avait touché en 1981, ( ç’aurait été assez logique au moins pendant sa présence à l’hôpital) puis plus tard à la fin de son mandat quand passait plus de temps à regarder la télévision qu’à travailler dans le bureau ovale. Pour Trump il faudrait démontrer qu’il souffre de déficience mentale…Problème : il y a de nombreux garde-fou, (c’est le cas de le dire), avant l’application de cette procédure, qui nécessiterait notamment un vote des deux tiers des membres du congrès si jamais le Président la contestait.

Pence en embuscade.

Cela dit même si ça marchait, Donald Trump serait alors remplacé par son vice-président Mike Pence. Un peu moins folklo certes, mais ce chrétien évangéliste très conservateur, ne croit ni au réchauffement climatique, ni à la théorie de l’évolution…

Juste pour rire Mike Pence a déclaré hier qu’il n’était pas l’auteur de la tribune du New York Times…

Bonjour l’ambiance !

 

*L’amendement n’existait pas à l’époque de F.D. Roosevelt. Aurait-on pu l’invoquer contre lui en raison de son handicap ?

Macron à 31%

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 septembre 2018 08h55 | Ajouter un commentaire

En France journée cruciale hier pour Emmanuel Macron qui a pris deux décisions importantes, le remplacement de Nicolas Hulot et le maintien de sa réforme des impôts… Emmanuel Macron bien loin désormais de l’état de grâce de ses premiers mois de mandat, il est devenu plus impopulaire que François Hollande à la même époque.

 

Dans un sondage IFOP publié mardi le président de la République perd 10 points d’un coup et se retrouve avec seulement 31% d’opinion favorables…au même stade de son mandat en septembre 2013, François Hollande était à 32%. Les chiffres sont encore plus sévères si l’on entre dans les détails : 68% des français estiment qu’il ne mène pas une bonne politique économique,  et 22% seulement pensent qu’il est proche de leurs préoccupations. Il entraine son premier ministre dans sa chute. Edouard Philippe est tout juste un peu plus populaire avec 35% d’opinion favorable.

A la source.

Cela dit  être impopulaire  présente un avantage, c’est qu’une fois qu’on  l’est devenu on ne risque plus de le devenir. On peut donc prendre sans  crainte des mesures impopulaires. C’est probablement pourquoi après avoir longuement hésité, Emmanuel Macron maintenu au premier janvier prochain, l’application de la retenue à la source pour les impôts des Français…La France est en effet l’un des tout derniers pays, ou les impôts n’étaient prélevés directement sur le salaire comme en Belgique, et c’est vrai que ça va leur faire un choc psychologique quand ils vont découvrir leur feuille de paie amputée de leurs contributions. Ce n ‘est pas la même chose de payer volontairement en envoyant un chèque au percepteur, que de ne jamais voir la couleur de cet argent.

Données personnelles.

Et puis il y un autre aspect, qui va gêner les français c’est le fait de devoir révéler à leur employeur leur situation de famille. J’ai commencé ma carrière en France, et je me souviens que la première fois qu’en Belgique on m’a demandé dans une entreprise si j’étais marié et si j’avais des enfants j’ai répondu « ça vous regarde pas… »

François qui ne rugit pas.

L’autre décision importante prise hier par Emmanuel Macron, fut le remplacement de Nicolas Hulot par François de Rugy, le président de l’Assemblée Nationale. Là encore il a décidé de ne pas chercher un candidat populaire ou spectaculaire. Il s’agit d’un ancien écologiste qui s’est rallié au mouvement En Marche  durant la campagne présidentielle, après avoir participé à la primaire de la gauche où il avait recueilli 3,88% des voix ! Ce n’est pas uen star et ce n’est pas lui qui va faire oublier l’ex présentateur d’Ushaia. En revanche c’est un homme politique professionnel, qui ne fera pas de vagues et respectera sans état d’âme la solidarité gouvernementale.

Fini les paillettes ! Comme dirait François Hollande, 15 mois après son élection, Emmanuel Macron est en train de devenir un président normal.

 

Faut-il réformer le participe ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 septembre 2018 09h26 | Un commentaire>

 

C’est le débat qui agite les linguistes depuis 24 heures, faut-il supprimer les règles d’accord du participe passé avec le verbe avoir ? Deux profs belges l’ont proposé dans une tribune au journal  Libération, et ce matin c’est presque la guerre de l’orthographe entre la France et la Belgique.

 

 

« La guerre que les Belges ont déclarée », voilà le titre de une du journal libération ce matin, et le e final de déclaré est barré par une grande croix rouge, comme si un professeur avait sanctionné une faute. Dans cette phrase en effet, jusqu’à présent  il faut accorder le participe passé, puisque le complément d’objet précède le verbe, en revanche si l’on avait écrit la Belgique a déclaré la guerre le participe serait resté invariable. C’est cette règle qu’Arnaud Hoedt et Jérôme Piron dénoncent entre autres dans leur spectacle  «  la convivialité ».  Ils proposent de rendre le participe passé invariable quand il est conjugué avec l’auxiliaire avoir.

Une offensive belge ?

Le problème c’est qu’ils sont Belges, et que leur proposition a déclenché en France une véritable levée de boucliers. Comment ? Des Wallons veulent changer la langue des français ? Que nenni mon brave !  C’est l’Académie qui doit le faire …Or nos deux profs belges expliquent  avec raison que les élèves passent environ 80 heures à apprendre cette règle du participe avec ses exceptions, 80 heures qui pourraient être consacrées à autre chose.

Un pays de grammairiens.

Le journal libération qui visiblement prend fait et cause pour la réforme rappelle que les meilleurs grammairien sont belges, citant Grévisse bien sûr, mais aussi Marc Wilmet auteur d’une Grammaire critique du français . En fait plutôt qu’à un conflit franco-belge on assiste plutôt à une sorte de nouvelle guerre des anciens  et des modernes ( qui comme par le plus grand des hasards intervient lors d’une rentrée des classes où en France, un ministre plutôt conservateur vient de rendre la dictée obligatoire tous les jours ).

Pivot pour , Rouart contre.

Dans le camp des modernes on trouve Bernard Pivot qui estime que la proposition de réforme des deux Belges est habile claire et simple, affirmant qu’il l’emploierait dans ses propres textes. En revanche il pense qu’il faut, avant de l’appliquer, obtenir  l’accord de l’Académie et des autres pays qui ont le français en partage : Québec, Suisse, Afrique francophone … En revanche l’académicien Jean Marie Rouart est radicalement contre. Il décrit la langue française comme un chef d’œuvre en péril et les réformateurs sont pour lui des gens qui torturent le français. Bref il vaut mieux torturer les écoliers en leur faisant apprendre des règles absurdes, car cette règle du participe contrairement à bien d’autres est absurde et ne se justifie pas par le sens. Il s’agit juste d’une convention.

Ortografe : la raifaurme impauçible.

Cela dit il n’y a rien de plus difficile que d’imposer une réforme à la langue française. Ainsi la nouvelle orthographe de 1990 n’est toujours que partiellement appliquée. Savez-vous par exemple qu’on peut depuis 28 ans écrire oignons sans i…( ognons)  et chariot avec deux r…( charriot)

Bref ce n’est pas demain la veille qu’on dira que l’accord du participe est dépassé…

 

 

Post scriptum : Selon un sondage publié ce matin par C News, 21% des Français seraient pour la réforme et 79% contre.

Hulot : Dany a dit non.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 septembre 2018 07h51 | Ajouter un commentaire

En France on connaitra mardi au plus tard  le nom du successeur de Nicolas Hulot au ministère de l’environnement. En tout cas ce ne sera pas Daniel Cohn Bendit. L’ancien leader de Mai 68 a préféré renoncer pour conserver sa liberté.

 

Avouez que ça n’aurait pas manqué de panache et d’audace,  50 ans après mai 68, celui qui avait mis le pays sens dessus dessous à 23 ans, nommé ministre d’Etat à 73 ans ! Il est sûr qu’Emmanuel Macron aurait réalisé un bon coup, et le plus fou c’est que Dany y a songé sérieusement. Quand l’Elysée lui a fait cette proposition il a consulté ses amis et sa famille, d’abord à Francfort où il habite et ensuite à Paris. Parmi ceux qui l’ont décidé à renoncer son frère aîné Gaby, dont il a toujours écouté les conseils. Gaby qui lui a dit :  « accepte un poste de conseiller si tu veux mais ministre non ! »

Ma liberté …

Finalement c’est lors d’une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron qu’il a pris sa décision : « On a mis d’un côté ma capacité à influencer les choses. Et d’un autre côté, ma liberté. […] Emmanuel Macron m’a dit – et c’est exactement ce que je ressens – ‘si tu es ministre, tu perds ta liberté’. Il m’a demandé : ‘est-ce que tu veux cela’ ? Et là, nous étions tous les deux d’accord pour dire que ce serait une fausse bonne idée..

Un politique.

Pourtant il y avait du pour et du contre. Contrairement à Nicolas Hulot, Daniel Cohn Bendit est un politique. Il a été député européen pendant 19 ans, et auparavant  il avait été maire adjoint de Francfort.

En revanche il est moins calé qu’ Hulot sur l’écologie, il possède une réelle compétence sur les question d’énergie, et le nucléaire, le grand combat des verts allemands « atomkratf ? Nein danke ! » En revanche il ne connait pas grand-chose au réchauffement climatique, le sujet du moment. Cela dit on peut être ministre de la défense sans être militaire c’est même plutôt recommandé…

Libéral mais libertaire.

Le problème c’est que Dany a gardé un coté anarchiste, incontrôlable, capable de dire « ta gueule » en pleine séance au président du parlement européen, le pourtant très affable Martin Schultz. On l’imagine à l’assemblée nationale ferraillant avec les députés de droite ou les Mélanchonistes, ça se serait terminé avec des pavés sur les barricades…

Alors qui ?

Finalement Dany a proposé au président le nom de Pascal Canfin ancien ministre de Hollande et actuel directeur pour la France du WWF, le fond mondial pour la nature, compétent certes mais moins sexy médiatiquement. Macron cherche surement un plus gros poisson. Parmi les anciens ministres de l’environnement disponibles, il y a bien à Ségolène Royal et même Alain Juppé. Mais ces poissons -là sont peut-être un peu trop gros…