Archives du mai, 2018
Plusieurs pays dont la Belgique ont lancé un appel à une enquête indépendante après les événements de lundi dans la bande de Gaza, où près de 60 manifestants palestiniens sont morts sous les balles israéliennes. Pour autant la façon dont Israël a justifié sa riposte, tout comme la détermination des palestiniens, font planer sur la région la menace d’une vraie guerre.

C’est un sentiment diffus, difficile à exprimer mais qui est bien présent, il y a dans l’air comme un désir de guerre. Comme si tous les hommes et les femmes de bonne volonté, avaient disparu du paysage dans cette région du monde.
Réponse « mesurée. »
J’étais halluciné mardi  entendant l’ambassadeur d’Israël à Bruxelles mais aussi à Paris et dans la plupart des pays du monde, expliquer que les morts de Gaza étaient tous des terroristes, et que la riposte, selon la représentante de Donald Trump à l’ONU,  avait été mesurée. Convoquée par Didier Reynders dans la soirée, l’ambassadeur d’Israël en Belgique Madame Simona Fränkel a admis à la télévision flamande que le mot terroriste n’était « peut-être pas le terme adéquat ». Elle a précisé avoir voulu dire que les habitants de Gaza sont « tous manipulés par l’organisation terroriste Hamas ».
Donald et Bibi.
N’empêche on voit bien de quelle manière le gouvernement Netanyahou fort du soutien total et indéfectible de Donal Trump, se sent désormais libre d’exercer la loi du plus fort. On ne parle plus de plan de paix… Alors en face on n’en est pas encore à une nouvelle intifada, mais on sent bien que la jeunesse palestinienne elle aussi a envie d’en découdre, quitte à se faire massacrer. Avec nos regards d’occidentaux nous négligeons beaucoup la valeur du martyre aux yeux des jeunes musulmans.
L’Iran en arrière fond.
La situtation sera surement plus calme aujourd’hui mais le Ramadan se profile dès vendredi, avec le désir de nombreux palestinien de se rende à Jérusalem, à la mosquée al-Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam. La mosquée peut accueillir 5 000 fidèles, et l’esplanade des dizaines de milliers…Les forces de sécurité israéliennes sont bien sûr en état d’alerte.
Au-delà d’Israël il y a ce bras de fer de Trump avec l’Iran qui ( ce n’est pas un hasard )  est le financier de deux adversaires d’Israël : le Hezbollah Libanais , mais aussi le Hamas de Gaza . On a le sentiment que chacun serre les poings et qu’à tout moment ça pourrait déraper. Comme si une guerre de plus pouvait régler le problème. Sauf qu’on n’est pas dans un western, où un duel au soleil permet de vider la querelle.
L’Europe combien de divisions ?
L’Europe cherche à jouer un rôle, quel est son poids réel ? Difficile à dire … géant économique nain politique dit-on souvent. Libéré d’un Trump qui  décidément n’est pas notre ami et peut être plus tout à fait notre allié, c’est le peut être le moment d’essayer de grandir et de faire entendre la voix de la sagesse. Pour transformer la célèbre formule antique : « si veux-tu paix prépare la guerre », en « si tu veux la paix, prépare la paix ! »
Ce matin j’ai moi aussi envie de rendre hommage à Maurane, dont je lisais parfois la nuit, les tweets d’insomnies. Il y a un aspect qui me touchait particulièrement c’était son admiration pour Claude Nougaro. Admiration qu’elle avait  concrétisée lors d’un album de reprises en 2009.

Maurane avait rencontré Nougaro quand elle était encore enfant par l’intermédiaire de son père, qui était compositeur et directeur de l’Académie de musique de Verviers. Et elle était tombée complètement amoureuse du répertoire du poète Toulousain. Il s‘agissait alors de ses mythiques chansons à texte : « Cécile », « Sur l’écran noir de mes nuit blanches », « y’avait une ville », « Le jazz et la java », « Toulouse » . Elle disait d’ailleurs quand elle a enregistré son album de reprises que c’était notamment pour montrer à la jeune génération qu’il n’y avait pas que Nougayork dans le répertoire de… Claude…Claude… (est-ce un hasard ?)  Nougaro.
Un fan « chiante ».
A 16 ans elle lui avait envoyé une cassette de chansons, sans résultat, dans une interview à Paris Match en 2009 elle se confiait : « j’ai eu le malheur de lui dire une fois que c’était un maître pour moi il l’a très mal pris …je refuse catégoriquement ce rôle !  Jeune je m’étais débrouillée pour avoir son numéro de téléphone. j’avais un tel culot à l’époque que je l’avais appelé . Je le poursuivais avec les cassettes de mes chansons …là aussi ça ne lui plaisait pas  du tout …Il m’avait jetée comme une malpropre mais c’était mérité j’étais chiante ! »

La rencontre.
Mais finalement Nougaro a fini par la prendre au sérieux et l’a fait rentrer peu à peu dans son cercle d’intime. C’est ainsi qu’elle le fréquentera pendant les 20 dernières années de sa vie de 1984 à 2004, et qu’elle connaîtra Helène son épouse et Cécile sa fille.Vous vous souvenez « elle voulait un enfant moi je n’en voulais pas, il lui fut pourtant facile avec ses arguments de te faire un papa Cécile, ma fille… »
Maurane n’avait pas repris Cécile dans son album de 2009. Ce n’était pas facile de reprendre du Nougaro, ainsi par exemple elle avait renoncé  après  avoir longuement essayé, de chanter « l’amour sorcier » … « Trop masculin et je n’allais quand même pas féminiser ses chansons. ». Une  exception cependant , dans « Une ville » Nougaro a écrit : « Une fille m’a souri Et je me souviens que la suivais. Je la suivais sous le joyeux soleil de Mai… » Dans la version de Maurane ça devient : « Un garçon m’a souri… » peut-être avait elle parfois envie qu’un garçon lui sourie sous le joyeux soleil de mai.
Brel évidemment …Nougaro surtout !
Elle avait annoncé récemment qu’elle allait sortir cet été un album de reprises de Jacques Brel. Bien sûr Brel, incontournable… indépassable ! Mais elle ne l’avait pas connu personnellement.
Non, son vrai modèle c’était Nougaro !
 » Il était heureux sur scène  » disait-elle dans son interview à Match  » mais il avait plein de complexes dans la vie… c’était un peu ce qui nous réunissait. »
Salut Claude !
 Les réseaux sociaux anglo-saxons continuent de se moquer de la bourde d’Emmanuel Macron, qui a qualifié Lucy l’épouse du premier ministre australien de « delicious », c’est-à -dire appétissante au sens gastronomique du terme… C’est d’autant plus surprenant qu’Emmanuel Macron est le premier président français à maitriser quasi parfaitement la langue de Shakespeare.

A l’issue de son voyage en australien en début de semaine Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse en compagne du premier ministre australien, et en conclusion il l’a remercié pour son accueil.
Macron a cru dire en anglais « Merci à vous et à votre délicieuse épouse pour la chaleur de votre accueil… » Le problème c’est qu’il a dit « Your délicious wife… » Or délicious ne s’emploie en anglais que pour les plats, les choses qu’on mange… En fait ça signifie appétissante, savoureuse … à croquer ! Et dans le langage très familier ça va plus loin,  Macron a dit un truc du genre « ta femme elle est bonne ! »
Pépé le putois.
Le premier ministre n’a pas relevé l’erreur et a fait bonne figure…. Mais Immédiatement la presse australienne s’est saisie de l’impair. Le Daily Telegraph local a caricaturé à sa une Emmanuel Macron sous les traits de « Pépé le putois » en anglais « Pépé le pew », un personnage des dessins animés, à l’accent français prononcé, qui véhicule tous les stéréotypes attribués aux français par les anglo-saxons : séducteur dragueur, hâbleur, vantard.
A noter que dans la version française du dessin animé , Pépé le putois parle avec l’accent italien allez savoir pourquoi… quand il a découvert la caricature Emmanuel Macron a bien pris les choses. Une de ses collaboratrices a publié sur Instagram une photo ou on le voit éclater de rire en lisant le journal.
Faux amis.
Le très sérieux site de la BBC a fait de son côté une analyse grammaticale du problème et a conclu que le président avait été victime d’un faux amis, et que plutôt que délicieuse, il aurait dû utiliser l’adjectif delightfull : charmante, adorable, merveilleuse, et même délicieuse au sens métaphorique à la française…… il faut dire que des faux amis en anglais et français il y a en a plein puisque 64% du vocabulaire anglais vient du français… délicieuse bien sûr mais aussi tennis, qui vient de l’impératif tenez, mot qu’on lançait avec la balle pendant le parties de jeu de paume… tenez ! Quant au flirt il vient bien sûr de conter fleurette, fleureter.
Honni soit qui mal y pense.
Enfin au-delà des faux amis il y a aussi des vrais amis. Ainsi la linguistique Henriette Walter dont je vous recommande le célèbre livre « honni soit qui mal y pense » a recensé 3200 mots qui ont le même sens dans les deux langues. Exemple : “ I have a rendezvous with Madame in a restaurant “.
Bref comme le disait Georges Clémenceau l’un des rares français de sa génération à avoir parlé anglais… « l’anglais ce n’est jamais que du français mal prononcé. »
François Hollande est passé par Bruxelles. Il y a dédicacé son livre « les leçons du pouvoir » dans une librairie du centre-ville. L’ancien président a fait un véritable tabac, son bouquin se vend comme des petits pains.

François Hollande dédicace avec le sourire.
Â
C’est tout le paradoxe, très impopulaire quand il était président François Hollande est devenu la star de librairies ces dédicaces sont de véritables évènement, ou qu’il aille il y a foule et ça dure des heures. Ce fut encore le cas hier à Bruxelles ou une dédicace était prévue de 16 à 18h, chez Filigranes la plus grande librairie de la capitale. A 16h, mais il y avait déjà des gens qui faisaient la queue à 13h… et si mes infos sont bonnes à 19h30 il y était toujours !
Dédicace joviale.
Il faut dire que François Holland prend le temps, il savoure … Chaque dédicace lui prend plusieurs minutes, il parle avec les gens répond à leurs questions accepte de faire des selfies ou de photos et souvent ce sont ses gardes du corps qui prenne les clichés. Il a repris un peu de poids, ils s’est arrondis, il sourit beaucoup  fait de blagues ou des jeux de mots :  « la politique c’est un roman…mais c’est pas un poème ! »
Bref il est redevenu le personnage sympathique et jovial qu’il était avant d’être président… personnage qu’il n’a jamais d’ailleurs cessé d’être en privé. La grande inconnue, c’est comment quelqu’un qui passe aussi bien dans le contact direct sur le terrain a pu devenir aussi impopulaire, au point de ne pas pouvoir se représenter…
Des erreurs.
La réponse est en partie dans son livre, il reconnait deux erreurs qui l’ont coupé du peuple de gauche. D’abord la loi sur le travail dit loi El Khomri, qui flexibilisait le code du travail. Il continue à penser qu’elle était nécessaire pour selon sa formule, « inverser la courbe du chômage », mais il reconnait une mauvaise communication et surtout le provocateur recours à l’article 49/3 qui permet au gouvernement de faire passer un texte en force… Or il ne fallait pas faire passer en force une loi que contestaient 7 français sur 10. Autre regret le fait d’avoir proposé puis retiré la déchéance de nationalité pour les terroristes français qui auraient rejoint Daesh . En fait une proposition de la droite, très critiquée à gauche, et qui l’a coupé de son électorat traditionnel. J’aurais dû écouter Christiane Taubira écrit-il dans son livre… hé oui ! Il faut toujours écouter Christiane Taubira.
Normal et fier de l’être !
En revanche il assume complètement son côté président normal, qu’il définit comme, un juste équilibre entre la nécessaire solennité de la fonction, et le besoin de rester proche des gens. A ce sujet il pense que Jupiter tombera tôt ou tard de son Olympe… Macron dit-il « a de l’audace et de la chance mais ça ne suffit pas ! »
En attendant Hollande dédicace, et il y a du boulot son livre a été tiré à 100 000 exemplaires. ! Excusez du peu…