Italie : victoire des populistes

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 mars 2018 08h25 | 2 commentaires

La Ligue et le Mouvement cinq étoiles sont les deux vainqueurs des élections législatives italiennes, sans pour autant qu’une majorité se dégage de ce scrutin. Quels enseignements tirer de ces premiers résultats peut-on dire que c’est un camouflet pour l’Europe ?  

 

Matteo Salvini, prochain président du conseil ?

 

Hier soir Marine le Pen, évoquant les élections italiennes, avait twitté : «  l’union européenne va passer une mauvaise soirée ». C’est bien ce qui s’est passé : ce matin on assiste à  la victoire des forces antisystème et eurosceptiques, aussi bien d’extrême droite que d’extrême gauche. Elles seront majoritaires en voix et en sièges après le décompte final. Après dépouillement de 2/3 des bulletins, les tendances étaient nettes, véritable défaite du parti au pouvoir le parti démocrate qui tombe à 20% et percée historique des populistes.

La Ligue et les étoiles.

Le premier parti d’Italie devrait être « cinq étoiles » le mouvement crée en 2009 par Beppe Grillo, mais la première alliance sera celle de la droite dure, réunissant Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue et le petit parti Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), qui obtiennent quelque 37% des voix. A noter, et c’est la surprise, que dans cette coalition des droites, ce n’est pas Berlusconi, mais la Ligue, formation eurosceptique et anti-immigration, proche de Marine Le Pen qui est en tête.

Salvini informateur ?

Selon toute logique son chef Matteo Salvini, est en première ligne pour être choisi par le président de la République , Sergio Mattarella, pour un mandat exploratoire en vue de former un gouvernent. En Belgique on dirait un mandat d’informateur.

Cela dit bonne chance car ni l’alliance des droites, ni cinq étoiles ne disposeront de suffisamment de siège pour gouverner, et comme toute alliance entre eux est impossible, ce serait marier Mélenchon et Marine le Pen, l’Italie est ce matin ingouvernable. Les tractations pourraient durer des semaines, voire des mois. Un scénario à la belge façon 2010…

Europe mon désamour.

Reste le fond le message envoyé par les électeurs, c‘est un message clairement anti système, de droite comme de gauche. Et surtout un message anti européen, une situation jusqu’alors inimaginable dans un des pays fondateurs de l’Union. Je vous rappelle que le traité sur lequel l’Europe a été bâtie s’appelle le traité de Rome … De Rome ! Il a été signé au Capitole le 25 mars 1957.

Mais voilà, les Italiens autrefois europhiles convaincus, ont l’impression d’avoir été abandonnés par les autres européens notamment lors de la crise des migrants. 690.000 migrants ont été accueillis en Italie depuis 2013. En Europe hormis l’Allemagne qui en a pris sa juste part ? Et maintenant les Italiens se rebiffent !

Pas parce qu’ils sont anti -européens, parce qu’ils sont déçus par l’Europe.

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2 réactions à “Italie : victoire des populistes”

  1. 1LELEU SERGIO le 5 mars 2018 à 13:26

    Monsieur Giltay,

    D’abord, je souhaiterai saluer le journaliste ainsi que la possibilité de m’exprimer.
    Maintenant, permettez moi d’être en désaccord avec votre titre. Victoire des populistes??? Non victoire du peuple. Peut être sera t il difficile de former une coalition avec l’eau et le feu mais seul le peuple en démocratie est titulaire de la souveraineté. J’ai 43 ans, et je me souviens de ma première élection européenne. On nous promettait la paix, le progrès et du pleine emploi. 25 ans plus tard, nous avons la guerre ici contre le terrorisme et ailleurs avec nos soldats un peu partout dans le monde et pour des intérets qui nous dépasse ; à l’instar du progrès, nous avons la faillite des valeurs morales avec la mise en avant d’une sexualité sans tabou mais où tout de même, on accuse certains hommes, à tort, de prédateurs sexuel tout en cachant ce seins que je ne saurai voir; et concernant le pleine emploi, fort est de constater qu’on embauche partout sauf en Europe, certes avec des standard sociaux bien différent. On nous a vendu l’europe comme un rève, seulement le cauchemar est quotidien. J’ajoute que faire croire ou miroiter que seul la paix à sauver l’europe ces 70 dernières années est en sois un mensonge. Quand pendant 50 ans, 10000 bombes atomique menacent le continent, seul la peur offre la Paix. Je trouve également insultant de la part de journalistes, que la simple idée d’aimer son pays, en Italie, en Hongrie ou Pologne, est une forme nouvelle d’extrème droite. L’amour de la Patrie est il un crime? Croyez vous sincèrement, que si les populistes comme vous dites, avaient le pouvoir, ils commettraient les mêmes qu’en 1940? Ceci est du terrorisme intellectuel. Je suis désolé de la longueur du commentaire mais sachez, qu’on efface pas les histoires, les cultures, les peuples comme cela sauf si évidemment, les flux migratoires soient voulu pour qu’à termes l’europe ne sois qu’un melting pot sans avenir et sans âmes.

  2. 2LELEU SERGIO le 5 mars 2018 à 13:31

    IL FAUT AJOUTER LE MOT  » CRIMES » entre « les mêmes » et « qu’en 1940 »