Archives du mars, 2018

Johnny : Comment Laeticia a trusté l’héritage

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 mars 2018 07h36 | 6 commentaires

On en connait un peu plus sur le mécanisme de la succession de Johnny Hallyday, le journal Libération a publié le statut du trust dans lequel tous ses biens ont été transférés dès 2014…Un complexe montage juridique qui n’a qu’un seul but assurer le train de vie de sa veuve Laeticia.

Jean Philippe Smet et Laeticia Boudou lors de leur mariage le 25 mars 1996.

L’affaire remonte au 11 juillet 2014 le jour où Johnny Hallyday signe le testament dans lequel il déshérite ses ainés David et Laura au profit de sa nouvelle famille, et surtout de son épouse Laeticia Boudou. Le même jour il constitue un trust appelé JPS, soit ses initiales Jean-Philippe Smet. Ce trust est une structure domiciliée dans l’Etat de Californie et destinée à loger tous ses biens – immobiliers, financiers ou musicaux – présents et futurs. Bref, tout ce qu’il possède, à l’exception des biens immobiliers situés en France.

L’ « entretien » de Laeticia

Une fois les droits de succession réglés, la mission des trusts consiste à assurer l’«entretien» de Laeticia jusqu’à la fin de ses jours : «Tous les intérêts de l’épouse survivante lui seront dévolus et elle en sera, de son vivant, la seule bénéficiaire.» L’objectif est couché noir sur blanc : «Subvenir à ses besoins» via des «versements échelonnés au moins une fois par mois».

Tout pour la chérie !

De ce trust initial, d’autres trust ont découlé, je vous passe les détails, l’un est dévolu aux impôts et aux droits de succession, un autre a pour but d’assurer l’avenir des petites filles Jade et Joy, et notamment de payer leurs études. Mais c’est bien Laeticia et Laeticia seule qui bénéfice des revenus de Johnny. Ses petites filles n’en disposeront qu’à son décès. Au cas où elles-mêmes décéderaient ce sont alors leurs propres descendants qui toucheraient l’argent. Bref  un subtile usine à gaz, dont les gestionnaires sont d’ailleurs inconnus (pour l’instant), car le trust n’est pas dirigé par Laeticia mais par un « trustee », un gérant du trust qui semble-t-il est une grand banque américaine. Laeticia est juste là pour empocher le pognon ! Toute cette structure a pour objectif d’écarter David et Laura mais aussi probablement le fisc français.

Droit français contre droit californien

Pour les ainés de Johnny, ce sera tout l’enjeu des prochaines audiences au tribunal de Nanterre : démontrer que le droit français l’emporte sur le droit américain, et que ces trusts sont illégaux. Ça parait difficile mais ils ont un argument: l’essentiel des revenus de Johnny est généré en France et en Europe…

Une tradition médiévale

Enfin dernière chose plus anecdotique, d’après Libération l’origine des trusts remonte au Moyen Age. Quand les chevaliers partaient en croisade, ils s’arrangeaient pour que leur famille puisse bénéficier de leurs biens en leur absence, provisoire ou définitive…

Si je me souviens bien, certains complétaient ces dispositions d’une ceinture de chasteté destinée à l’épouse.

Heureusement pour Laeticia, cette clause semble désormais tombée en désuétude…

Hommage national pour Arnaud Beltrame

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 mars 2018 07h56 | 3 commentaires

Le président Emmanuel Macron prononcera l’éloge funèbre du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame lors de son hommage national, qui pourrait avoir lieu dans la cour des Invalides. La famille du « héros de Trèbes » a tout de suite accepté l’organisation de cette cérémonie. La date reste à déterminer.

 

Selon l’entourage d’Emmanuel Macron, cet hommage a pour but, en plus de sa dimension « mémorielle », d’afficher la capacité de résistance individuelle et collective du peuple français. Car le lieutenant-colonel Beltrame est désormais un modèle. Non pas pour que tout un chacun trouve le courage de sacrifier sa vie, c’est bien sûr exceptionnel, héroïque, christique même. Mais pour que chacun retire de cet exemple la force de résister à ceux qui veulent semer la haine et le désordre dans nos sociétés.

La stratégie de la guerre civile.

En commettants de misérables massacres dans de petits supermarchés de province, les assassins de daesh espèrent briser l’unité de nos sociétés. Leur rêve serait de provoquer une guerre civile, que l’on se retourne contre les populations musulmanes pour se venger. Et ils ont beau de Paris à Londres en passant par Bruxelles, multiplier les attaques contre de simple citoyens, aux terrasses des restaurants, dans des salles de spectacles, dans le métro et les aéroports; contre des militaires en faction; contre des policiers à leur domicile; contre un prêtre dans son église, la guerre civile n’arrive pas, nous savons faire la part des choses.

Un combattant.

Au contraire on voit apparaître la figure lumineuse d’Arnaud Beltrame. Or Arnaud Beltrame ce n’était pas une brebis sacrificielle c’était un guerrier ! Major de promotion à Saint Cyr, ancien du GIGN, ancien commandant de la garde présidentielle à l’Elysée, décoré à plusieurs reprises, notamment de la croix de la valeur militaire, et de l’ordre national du mérite. Il est connu pour avoir déjà sauvé une vie, une otage en Irak en 2005 lors d’une opération dite de chuteur opérationnel, c’est-à-dire un parachutage depuis une très haute altitude.

Un sacrifice héroïque.

Et c’est cet homme, véritable combattant, qui s’est offert en sachant qu’il avait peu de chance de s’en sortir vivant. On sait désormais que le terroriste s’est acharné sur lui le blessant de plusieurs balles, avant de lui porter des coups de couteau à la gorge.

Les minables assassins de daesh croient qu’ils sont des martyrs, des héros, parce qu’ils tuent des employés de supermarché et des clients retraités.

Mais quand le vrai héros apparait celui qui donne sa vie plutôt que de prendre celle des autres, ils sont réduits à ce qu’ils sont …des lâches !

 

Métro : qui s’y frotte s’y pique

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 mars 2018 14h25 | Un commentaire>

Une des conséquences de la campagne #balancetonporc, est la plus grande attention portée par les policiers aux agressions sexuelles dans la rue et les transports en commun. Ainsi en Ile de France la BLAST ( la brigade de lutte contre les atteintes à la sécurité des transports) a fait de la lutte contre ces agressions une de ses priorités.

Quand elle a été créée la Blast avait surtout pour fonction de s’intéresser aux « vols à la tire », car on considérait que le principal danger dans les transports en commun c’était les pickpockets ou tout autre types de voleurs comparables. Jusqu’à l’année dernière, les arrestations pour harcèlement ne représentaient que 1% des arrestations pratiquées par la blast, autant dire que ce n’était pas une priorité. Seulement voilà les statistiques sont terribles 43 % des faits de violences graves contre les femmes ont lieu dans les transports, et en France 87 % des voyageuses déclarent y avoir déjà été victimes de harcèlement.

Filatures.

La brigade a donc reçu l’ordre de porter une attention particulière à ce qu’on appelle les « frotteurs », de hommes qui dans les bus, les trams et dans le métro se collent contre des femmes pour se masturber. Leur profil : tous milieux et toutes générations,  la blast en a arrêté qui étaient âgés de 12 à 86 ans. Pour les victimes c’est pareil des ados aux grands-mères. Les agents et agentes de la blast passent leurs journées à prendre les transports en commun par groupe de trois, habillés en civils, et ils observent. Souvent le frotteur a un comportement spécifique que les enquêteurs entrainés repèrent assez vite. Comme l’a dit l’un d’entre eux ce matin dans le Figaro : « Ces hommes vont rester debout, là où il y a le plus de monde, le regard dirigé vers le bas. On passe la journée à observer les gens, leur regard, les mains, le tour de la ceinture, à surveiller les comportements incohérents. Dès qu’on en trouve un bizarre, on va le prendre en filature. »

Peu de plaintes.

Parfois ils changent une ou deux fois de métro, reprennent la ligne en sens inverse jusqu’à ce qu’ils repèrent une victime. Quand ils passent à l’acte les policiers interviennent, le problème c’est que les victimes souvent hésitent à porter plainte : «  On n’interpelle pas sans l’accord de la victime…Certaines ne veulent pas porter plainte : pas le temps, honte, peur de recroiser cet homme un jour… Alors on essaie de les convaincre : la prochaine fois, l’auteur s’en prendra peut-être à une gamine… Tandis qu’une plainte nous permet de prendre son ADN, et il sera fiché. »…

Au bout la prison !

Le message qu’il faut faire passer et plus particulièrement le 8 mars, c’est que ce genre de comportement n’est pas une simple incivilité, c’est une véritable agression sexuelle. Ainsi en France ils risquent 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. L’an dernier à Paris quarante et un d’entre eux ont été condamnés à des peines de prisons fermes… à bon entendeur salut !

 

Italie : victoire des populistes

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 mars 2018 08h25 | 2 commentaires

La Ligue et le Mouvement cinq étoiles sont les deux vainqueurs des élections législatives italiennes, sans pour autant qu’une majorité se dégage de ce scrutin. Quels enseignements tirer de ces premiers résultats peut-on dire que c’est un camouflet pour l’Europe ?  

 

Matteo Salvini, prochain président du conseil ?

 

Hier soir Marine le Pen, évoquant les élections italiennes, avait twitté : «  l’union européenne va passer une mauvaise soirée ». C’est bien ce qui s’est passé : ce matin on assiste à  la victoire des forces antisystème et eurosceptiques, aussi bien d’extrême droite que d’extrême gauche. Elles seront majoritaires en voix et en sièges après le décompte final. Après dépouillement de 2/3 des bulletins, les tendances étaient nettes, véritable défaite du parti au pouvoir le parti démocrate qui tombe à 20% et percée historique des populistes.

La Ligue et les étoiles.

Le premier parti d’Italie devrait être « cinq étoiles » le mouvement crée en 2009 par Beppe Grillo, mais la première alliance sera celle de la droite dure, réunissant Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue et le petit parti Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), qui obtiennent quelque 37% des voix. A noter, et c’est la surprise, que dans cette coalition des droites, ce n’est pas Berlusconi, mais la Ligue, formation eurosceptique et anti-immigration, proche de Marine Le Pen qui est en tête.

Salvini informateur ?

Selon toute logique son chef Matteo Salvini, est en première ligne pour être choisi par le président de la République , Sergio Mattarella, pour un mandat exploratoire en vue de former un gouvernent. En Belgique on dirait un mandat d’informateur.

Cela dit bonne chance car ni l’alliance des droites, ni cinq étoiles ne disposeront de suffisamment de siège pour gouverner, et comme toute alliance entre eux est impossible, ce serait marier Mélenchon et Marine le Pen, l’Italie est ce matin ingouvernable. Les tractations pourraient durer des semaines, voire des mois. Un scénario à la belge façon 2010…

Europe mon désamour.

Reste le fond le message envoyé par les électeurs, c‘est un message clairement anti système, de droite comme de gauche. Et surtout un message anti européen, une situation jusqu’alors inimaginable dans un des pays fondateurs de l’Union. Je vous rappelle que le traité sur lequel l’Europe a été bâtie s’appelle le traité de Rome … De Rome ! Il a été signé au Capitole le 25 mars 1957.

Mais voilà, les Italiens autrefois europhiles convaincus, ont l’impression d’avoir été abandonnés par les autres européens notamment lors de la crise des migrants. 690.000 migrants ont été accueillis en Italie depuis 2013. En Europe hormis l’Allemagne qui en a pris sa juste part ? Et maintenant les Italiens se rebiffent !

Pas parce qu’ils sont anti -européens, parce qu’ils sont déçus par l’Europe.

Rwanda : la Belgique face à son histoire

Par Christophe Giltay dans Histoire , le 2 mars 2018 19h16 | 4 commentaires

La Belgique a rouvert le 2 mars une des pages les plus sombres de son histoire : son attitude pendant le génocide rwandais en Avril 1994. L’Etat belge et trois officiers, sont jugés au civil devant la cour d’appel de Bruxelles pour crime de guerre. Le 11 Avril 1994, les casques bleus belges qui protégeaient l’Ecole Technique Officielle de Kigali ont reçu l’ordre d’abandonner les 2000 réfugiés qui s’y trouvaient encerclés par les milices hutus. Une cinquantaine d’entre eux, seulement, ont survécu et certains de ces survivants réclament aujourd’hui justice.

En avril 2000 le Premier Ministre Guy Verhofstadt s’est excusé pour l’attitude des Belges durant le génocide rwandais. Le leader libéral qui n’était pas au pouvoir en1994 a toujours pensé que si les Belges avaient maintenu sur place leur contingent ils auraient pu sauver des centaines de milliers de gens.

Sur ordre de Dehaene

Le cas de l’école technique officielle ( ETO) n’est hélas qu’un exemple parmi d’autres… Les casques bleus belges ont reçu l’ordre d’évacuer leurs compatriotes et les ressortissants occidentaux, mais ont abandonné les Tutsis à leurs génocidaires. Jean Luc Dehaene le Premier Ministre de l’époque a assumé cette décision lors d’un précédent procès. Il estimait que la Belgique était un petit pays qui avait fait de son mieux et que la responsabilité revenait à l’ONU…

Le traumatisme des 10 paras

A l’époque l’opinion publique belge était en phase avec cette décision, même si l’image d’un para déchirant au poignard son béret bleu en arrivant à Bruxelles a marqué bien des esprits.
En fait les Belges avaient été traumatisés par le massacre, le 7 avril, premier jour du génocide, des 10 casques bleus qui assuraient la garde de la Première Ministre du Rwanda. L’objectif dès lors n’était pas de sauver les Tutsis rwandais, mais bien d’éviter d’autres morts belges. Quand les C 130 ont décollé de Melsbroek, ce n’était pas pour envoyer des renforts, mais pour rapatrier nos soldats et les coopérants.

Responsabilité

Il a fallu des années et notamment la tenue d’une commission d’enquête parlementaire, pour prendre conscience de la responsabilité belge dans ces événements terribles. Si Bruxelles avait décidé d’utiliser ses soldats autrement, il y aurait eu quand même de nombreux morts, et d’autres soldats belges auraient probablement été tués. Mais le génocide aurait pu être enrayé.

Sortir ou non de l’histoire ?

En 1994 on venait tout juste de sortir de la guerre froide, le mur de Berlin était tombé en 1989, et l’Union soviétique avait disparu en 1991. On parlait alors de « fin de l’histoire » et on imaginait une ère de paix perpétuelle où les conflits seraient gérés pacifiquement par « la communauté internationale ». Malgré la guerre en Yougoslavie certains pays, dont la Belgique, imaginaient que leurs armées n’assumeraient plus que des missions humanitaires ou de maintien de la paix.
La Belgique n’était plus prête au sacrifice de ses soldats, d’où cette réaction à Kigali : la fuite plutôt que le combat. ( Alors que les soldats étaient prêts à se battre.)

Au temps des attentats

Presque 25 ans plus tard le terrorisme islamique nous a remis violemment au cœur des réalités, il n’y a pas de paix perpétuelle et des militaires patrouillent désormais dans nos rues.
La Belgique assume à nouveau son rôle historique.
Mais pour les victimes de Kigali, il est hélas trop tard !