L’oiseau blanc a vaincu l’Atlantique

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 octobre 2017 17h43 | Ajouter un commentaire

La ville de Paris a relancé la polémique concernant l’histoire du premier vol transatlantique. En installant une plaque de rue, Anne Hidalgo la maire de Paris, a attribué cet exploit aux aviateurs français Nungesser et Coli.  Détrônant ainsi l’américain Charles Lindbergh.. .Le problème c’est qu’il n’y aucune preuve de la réussite des aviateurs français, dont on n’a jamais retrouvé l’avion, le célèbre « Oiseau blanc ».  

Nungesser et Coli à bord de "l'Oiseau blanc."

Nungesser et Coli à bord de « l’Oiseau blanc. »

 

Lundi 16 Octobre Anne Hidalgo a apposé les nouvelles plaques de la rue Nungesser-et-Coli, dans le XVIe arrondissement de Paris, sous leurs noms les deux hommes ne sont plus désignés comme : ces « aviateurs disparus au cours de la traversée de l’Atlantique Nord en 1927 ». Mais désormais ils sont devenus des héros de l’aviation qui « ont traversé l’Atlantique les 8 et 9 mai 1927 à bord de l’Oiseau blanc ».

Pourtant on n’a jamais retrouvé l’ « Oiseau blanc » qui a été aperçu de façon certaine pour la dernière fois le 8 mai 1927 à 6h48 au large d’Etretat, depuis on le cherche…

Abattu par les gardes côtes.

Des dizaines d’historiens se sont penché sur la question. Bernard Decré, un passionné d’aéronautique a émis une hypothèse considérée comme plausible. « L’Oiseau blanc » aurait réussi sa traversée et serait arrivé à hauteur de Terre Neuve au Canada le 9 mai 1927. Mais il aurait été abattu par erreur, ou intentionnellement par des gardes côtes américains qui l’auraient pris pour un avion de trafiquants d’alcool en provenance de saint Pierre et Miquelon deux îles françaises voisines de Terre Neuve. C’était l’époque de la prohibition aux Etats Unis, Saint Pierre et Miquelon où l’alcool n’était pas interdit ( la France !) était devenu la plaque torturante d’un important trafic. Or l’« Oiseau blanc » dont l’empennage était peint en bleu blanc rouge, portait également sur la carlingue la cocarde personnelle de Nungesser, aviateur héros de la grande guerre.  Soit : une tête de mort aux tibias entrecroisés, surmontée par un cercueil entouré de deux chandeliers, le tout dessiné dans un cœur noir . Un vrai drapeau de pirate que les gardes côtes auraient pu ressentir comme une provocation. Plusieurs expéditions au large de Saint Pierre et Miquelon n’ont pas permis de retrouver la moindre trace de l’appareil.

 A court de carburant ?

 Une autre hypothèse évoque une dépression sur l’Atlantique qui aurait pu contraindre l’équipage à un long détour. L’avion serait ainsi arrivé en vue de Terre Neuve au bout de ses réserves de carburant, il se serait abîmé en mer ou crashé sur la côte au Canada ou dans l’Etat du Maine.  Depuis 1927  des dizaines d’expéditions ont recherché « l’Oiseau blanc », un mystérieux moteur aurait été retrouvé en 1951 puis déplacé en 1974. Mais on ne sait pas aujourd’hui où il se trouve. Un navire américain aurait repêché des ailes en août 1927, mais on ne sait pas ce qu’il en a fait.

Une chose est sure une douzaine de témoins ont affirmé aux équipes de l’association « A la recherche de l’Oiseau Blanc » avoir vu un avion blanc depuis Terre Neuve le matin du 9 mai 1927. Or à l’époque les avions étaient plutôt rares. C’est sur base de ces témoignages qu’en 2015  la Fédération aéronautique internationale a décidé de reconnaitre l’exploit des deux pilotes français.

Officiellement vainqueurs…mais…

Désormais Nungesser et Coli ont officiellement retraversé l’Atlantique quinze jours avant Lindbergh, qui reste néanmoins le premier à avoir réussi la traversée  en solitaire, de New York à Paris.

La vérité historique est donc rétablie. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, et la soixantaine de villes françaises qui possèdent des rues Nungesser et Coli vont pouvoir changer leurs plaques comme Paris. !

Oui sauf qu’il y a un problème…

En vérité ce ne sont ni Nungesser et Coli, ni Lindbergh qui ont retraversé les premiers l’Atlantique sans escale à bord d’un « plus lourd que l’air ». L’exploit été réalisé 9 ans auparavant par deux britanniques.

Deux précurseurs britanniques.

Le capitaine John Alloc et le lieutenant Arthur Whitten Brown ont décollé de Terre-Neuve, dans la fin de l’après-midi du 14 juin 1919 à bord d’un bombardier Vickers reconditionné. Ils ont touché terre (en cassant leur avion ) dans le Connemara en Irlande à 8h40 le 15 juin suivant.

Célébré mondialement à l’époque leur exploit a été ensuite occulté par celui de Lindbergh qui ne s’est pas posé en plein champ en Irlande, mais au Bourget devant 200 000 personnes.

Rendons donc justice à Alloc et Brown.

Quant à Nungesser et Coli ils resteront, peut-être à jamais, les héros d’un des plus grands mystères de l’histoire de l’aviation.

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