Macron perd les sénatoriales

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 septembre 2017 09h56 | Un commentaire>

 Premier revers électoral  pour Emmanuel Macron et son parti la « République en Marche ». Lors des élections sénatoriales, le parti du président n’a pas réussi à percer et à même perdu un siège. La droite classique s’est renforcée et le parti socialiste a limité les dégâts. Après la présidentielle puis les législatives largement remportées par la vague macronienne,  on a un peu l’impression de revenir dans « le monde d’avant. »

Le palais du Luxembourg siège du Sénat français.

Le palais du Luxembourg siège du Sénat français.

 

Ralentir le rythme, tempérer les ardeurs, c’est un peu à ça que ça sert un Sénat, la chambre haute, où les élus souvent plus âgés, sont réputés plus sages et plus pondérés qu’à la chambre basse.

De surcroit en France Sénat n’est pas élu au suffrage universel direct. Il est renouvelé par moitié tous les trois ans, par un collège de 76.359 « grands électeurs » parlementaires, maires, et élus locaux…Ainsi hier 171 des 348 sièges étaient remis en compétition.

Victoire de la droite.

Le résultat donne une nette victoire aux partis de la droite classique, « Les Républicains » comptent désormais 159 sénateurs, soit 17 de plus, les centristes de l’UDI seront désormais 50 dans l’hémicycle, 8 de plus, enfin quatre non-inscrits porteront la majorité sénatoriale à 213 élus de la droite et du centre sur 348 sièges. Les socialistes limitent les dégâts, ils perdent 5 siège et en conservent 81. Quant aux Macroniens de la « République en Marche » ils passent de 29 à 28 Sénateurs…

C’est donc une claque car ils espéraient une percée, bref on est revenu dans la politique traditionnelle avec le bon vieux clivage droite gauche.

Scrutin indirect.

Ce revers s’explique d’abord par le mode de scrutin, comme les électeurs sont eux même des élus issus des scrutins locaux, le résultat reflète le rapport des forces des dernières élections municipales et départementales. Or à l’époque « La République en Marche » n’existait pas, son groupe au Sénat est constitué d’élus Modem et de dissidents d’autres partis. Ensuite le gouvernement a pris toute une série des mesures qui déplaisent aux élus locaux notamment la suppression de 300 millions d’euros de dotations aux collectivités.

Un caillou dans la chaussure.

Emmanuel Macron se retrouve donc avec un Sénat qui lui est opposé. Ca ne l’empêchera pas de gouverner, car en France l’Assemblée a toujours le dernier mot… Mais le Sénat peut retarder le vote des lois, les amender, demander une relecture et puis surtout Emmanuel Macron a besoin des sénateurs pour faire voter la réforme constitutionnelle qu’il appelle de ses voeux.

Or pour ce faire il a besoin d’une majorité des 3/5eme au Congrès ( le rassemblement à Versailles de tous les parlementaires députés et sénateurs. )

Ce qu’il n’a pas …

Il a bien menacé d’utiliser le referendum, mais c’est la bombe atomique, on n’en use qu’avec parcimonie, et parfois ça vous pète à la gueule.

Moralité le TGV Macron pourrait bien ces prochains mois être ralenti par le train des sénateurs.

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1 réaction à “Macron perd les sénatoriales”

  1. Mais , le Sénat , en rejetant la reforme constititionnelle , ne se saborderait il pas ?
    Trop de voix se font entendre depuis longtemps sur son utilité ( ou non utilité ) …les sénateurs prendraient ils le risque de se voir …contredire par un referendum …?
    Effectivement , comme vous le dites si bien mr Giltay , un referendum …c’a peut …peter à la gueule .