Archives du mai, 2017

La voiture de Lady Di était une épave

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 mai 2017 07h57 | 5 commentaires

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Un livre publié aujourd’hui en France ( « Qui a tué Lady Di » chez Grasset) révèle que la voiture dans laquelle est morte la princesse Diana le 31 Août 1997 était en fait une épave, un cercueil roulant, qui aurait dû être retirée de la circulation. Cette information importante est-elle de nature à relancer l’enquête sur les causes du drame ?

Le 31 Août 1997 j’étais à Paris, à l’entrée du tunnel de l’Alma où je suis arrivé un peu avant 5 heures du matin. La voiture, une Mercedes 280 S, était encore là, fracassée contre un pilier de béton. Je l’ai vu emmenée sur un plateau, l’avant n’était plus qu’un amas de tôle broyée, imaginez la violence du choc: elle était passée en une seconde de 150 km/h à 0.

Une scène surréaliste

Pendant quelques minutes l’accès au tunnel est resté libre, je suis descendu, il restait des débris de verre, des morceaux de caoutchouc et même une fiche d’entretien, vous savez, ces fiches qu’on colle sous le capot pour indiquer qu’on a changé l’huile et le liquide de frein. La police n’avait pas encore tout ramassé…

C’est là que s’est produit une scène qui reste dans ma mémoire. Les belles de nuit qui tapinaient avenue Georges V avaient cueilli sur le talus, malgré leur talons aiguilles et leurs minijupes, quelques fleurs qu’elles ont déposées sur le macadam en pleurant.

Un tunnel dangereux

Ce tunnel je le connais bien, il est dans le prolongement du cours Albert 1er, le long de la Seine et il plonge sous terre, ironie de l’histoire à la hauteur de la place de la Reine Astrid, morte elle aussi dans un accident de voiture (le 29 août 1935, 62 ans auparavant presque jour pour jour).

C’est un tunnel qui n’est pas dans l’axe, il est en léger virage sur la gauche et juste avant l’entrée il y a une petite bosse qui fait légèrement sursauter les voitures.  A 50 à l’heure on le ressent à peine, mais à haute vitesse c’est autre chose. Plusieurs journalistes ont reconstitué le parcours avec des pilotes au volant. Ainsi Jean-Pierre Beltoise pour une chaîne de télévision  française, puis Thierry Boutsen pour RTL TVI, ont emprunté le tunnel avec une voiture du même type. A 70-80 à l’heure, l’un comme l’autre ont senti un délestage à l’entrée du tunnel et ont dû corriger la trajectoire. Mais au volant le soir du 31, il n‘y avait ni Boutsen, ni Beltoise, mais Henri Paul, le chef de la sécurité du Ritz, lancé à 150 avec 1,82 grammes d’alcool dans le sang…

Un cercueil roulant

On sait donc désormais que la voiture était une épave recyclée illégalement, qu’elle avait comme on dit « un loup », qu’elle ne tenait pas la route. C’est important de le savoir, mais ça renforce la thèse de l’accident : vitesse excessive, alcoolémie du chauffeur, dangerosité du tunnel, voiture pourrie… C’était écrit !

C’est peut-être pour cette raison d’ailleurs que les enquêteurs anglais qui avaient découvert cette information sur la voiture n’ont pas creusé la piste. Maintenant ceux qui croient à la thèse de l’assassinat continueront d’y croire, un mythe ne peut pas mourir d’un banal accident.

A bon entendeur…

Une dernière chose…Pour ceux qui prendront leur voiture aujourd’hui, le seul à voir survécu à ce choc effroyable fut Trevor le garde du corps, le seul à avoir mis sa ceinture. Et pourtant il était assis à la place du mort !

Manchester, un nouveau Bataclan

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 mai 2017 08h48 | 4 commentaires

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Manchester…

Qu’évoquait pour nous jusqu’à présent le nom de Manchester ? Une prestigieuse équipe de football, une grande ville industrielle du XIXee siècle. Une cité aux briques rouges et aux activités culturelles très développées. Une vie nocturne animée par de nombreux groupes de rock locaux.

Désormais il faudra penser à Manchester comme à une ville frappée elle aussi par le terrorisme, comme Bruxelles, comme Paris, comme Nice, comme Berlin, comme Madrid, comme Londres, comme Boston et tant d’autres…

Un nouveau Bataclan me suis-je dis ce matin, en entendant à la radio, les témoignages des survivants, le grand bang, la fuite éperdue, les blessés qu’on évacue… les morts… pour la plupart des jeunes, des adolescents, des enfants….
Effroi, terreur, sidération, colère… et bien sûr compassion, solidarité, fraternité… Ce sont nos frères, nos frères humains.

Les maires de Paris et Nice ont immédiatement envoyé un message de soutien, n’en doutons Bruxelles et les autres suivront… Oui nous les soutenons, oui nous les comprenons, oui ce drame nous touche !

Pourquoi ? Pourquoi ?

Pourquoi ces lâches frappent-ils au coeur de nos villes? au coeur de nos fêtes…
Justement pour tuer la fête, pour détruire nos valeurs, notre mode de vie, notre démocratie, pour nous faire peur! Pour nous transformer en population assiégée, le doigt sur la gâchette derrière nos murets de béton , nos barrières Nadar, nos portiques de sécurité…

Et néanmoins frappés par surprise , dans le dos, par des fous qui croient ainsi gagner leur paradis.

Il faudra dire et redire qu’il ne nous vaincrons pas, que nous ne changerons pas, que la vie l’emportera… Et comme le disait le mari d’une des victimes du 22 mars… qu’ils n’auront pas notre haine !

Macron : Un Président vraiment normal.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 mai 2017 08h55 | Un commentaire>

Emmanuel Macron a pris ses fonctions hier au cours d’une cérémonie très solennelle qui a respecté scrupuleusement tous les codes de la Vème République et même un peu plus… On peut y voir le signe qu’Emmanuel Macron sera un président « normal » ce qui ne veut pas dire banal.

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On a beaucoup disserté sur l’expression président normal, utilisée par François Hollande lors de son débat avec Nicolas Sarkozy en 2012. On a cru qu’il voulait dire que le président devait se comporter comme un homme normal, mais c’était un contre sens. ( L’élection à la Présidence de la République  fait : « d’un français comme les autres, le seul français différent des autres. (Pierre Desgraupes « Adresse Elysée »). Le propos de François Hollande s’adressait en fait à la façon dont Nicolas Sarkozy avait exercé la fonction présidentielle : touche à tout, vibrionnant, considérant que son premier n’était qu’un collaborateur etc…

Pas normal, banal.

Normal pour Hollande ça voulait dire revenir à la pratique classique de la présidence, notamment dans sa relation avec le premier ministre, mais on l’a mal compris et comme en plus il a début manifesté  la volonté de ne pas occuper la fonction avec tout le faste et la majesté nécessaire, du normal on a glissé au banal. Ses déboires conjugaux, ses gaffes de communication comme dans l’affaire Léonarda, sa tendance à trop parler aux médias et à laisser publier des livres qui le dévoilaient trop, ont fait le reste.

Sans oublier que François Hollande, en vrai socialiste, n’avait pas forcément une conception jupitérienne de la fonction. Souvenez-vous des paroles de l’internationale, il n’y a pas de sauveur suprême, ni César, ni tribun. Or le Président de la République Française c’est un peu le sauveur, le César, le tribun…

Le commandant en chef.

Emmanuel Macron lui a décidé d’assumer ce statut de monarque républicain. Ainsi hier la remontée des Champs Elysées dans un command car, alors que le président ne fait ça habituellement que le 14 juillet, ça signifiait tout simplement à l’américaine qu’il était non seulement le président mais aussi  le commandant en chef. Et c’était d’autant plus important  tout comme sa visite à l’hôpital militaire, qu’Emmanuel Macron est le premier président à n’avoir pas effectué son service militaire, quand il a eu l’âge il n’existait plus.

Adresse Elysée.

Autre signes : l’annonce qu’il habitera à l’Elysée et le fait que Brigitte Macron assumera un vrai rôle de premier e dame. Souvenez-vous  que Cécilia Sarkozy puis Valérie Trierweiler, avaient refusé dans un premier temps ce statut : « Je ne me vois pas en First lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte » disait l’une , « je trouve l’expression première dame désuète , je suis la première journaliste de France disait l’autre… » Enfin  François Hollande avait annoncé qu’il vivrait chez lui, qu’il prendrait le train et pas l’avion présidentiel. etc….etc…Au final il a fini, comme tous ses prédécesseurs, par  habiter à l’Elysée, et par utiliser tous les moyens mis à sa disposition, car ils sont faits pour ça !  C’est pourquoi en acceptant toutes les grandeurs et pas uniquement les servitudes de la fonction…

Emmanuel Macron sera un président normal.

Macron au boulot !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 mai 2017 21h46 | Un commentaire>

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Alors qu’il ne prendra ses fonctions que dimanche, Emmanuel Macron, le président élu, n’a que peu de temps pour accomplir plusieurs tâches urgentes: constituer son prochain gouvernement et son cabinet de l’Elysée, préparer la passation de pouvoir et désigner les candidats investis pour les législatives de juin.

Emmanuel Macron a donné la priorité à la désignation des 577 candidats de son parti , « la République en marche », pour les prochaines législatives. Tout doit être bouclé jeudi 11 mai. C’est à dire que, comme il l’avait annoncé dans l’entre-deux-tours, les socialistes ou les Républicains qui souhaiteraient le rejoindre n’auront que 48 heures pour se décider. Ils devront bien sûr démissionner de leur parti d’origine.

Le dilemme des sortants

Cela constitue une pression terrible pour les membres des deux grands partis qui auraient bien aimé laisser passer l’élection et se rallier ensuite en fonction des résultats. Un peu comme on le fait en Belgique. Mais en France la logique est différente, on s’allie avant l’élection et non après. Il y a en ce moment pas mal de députés sortants qui doivent avoir du mal à dormir sur le thème : j’y vais, j’y vais pas… Officiellement les partis appellent à faire campagne sous leur bannière, mais des poids lourds pourraient faire défection, par exemple Manuel Valls au PS ou Bruno le Maire chez les Républicains.

Matignon à droite

La deuxième priorité d’Emmanuel Macron ce sera de choisir un Premier Ministre qui sera nommé dès sa prise de fonction dimanche. Beaucoup de noms circulent et hier soir celui du maire  » les Républicains » du Havre, Edouard Philippe 46 ans, était le plus souvent cité. La rumeur court que le président nommerait un premier ministre de droite, pour affaiblir les Républicains. Ils constituent un danger car ils pourraient mobiliser aux législatives pas mal d’électeurs frustrés de la défaite de François Fillon. On parle aussi de l’ancien maire de Valenciennes Jean Louis Borloo, dont la nomination pourrait carrément faire éclater le grand parti de droite.

L’Elysée à gauche

Quant aux gens de gauche ils seront aussi présents au gouvernement on parle notamment de Jean Yves Le Drihan, l’actuel ministre de la Défense pourrait garder son portefeuille ou passer aux Affaires Etrangères. Le cabinet du président à l’Elysée pourrait récupérer certains hollandistes, ainsi Emmanuel Macron reprendrait des collaborateurs qui travaillaient avec lui au ministère de l’économie.

Beaucoup d’appelés

Il y aura des déçus car les postes sont en nombre limité, ainsi le gouvernement ne devrait pas excéder le chiffres de 15 ministres ce qui est peu en France. Comme toujours quand se constitue un nouveau pouvoir, il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus…

La tentation de l’abstention

Par Christophe Giltay dans Politique , le 2 mai 2017 07h39 | 7 commentaires

Les candidats à la présidentielle française sont entrés dans la dernière ligne droite. Il reste quatre jours de campagne avec un moment clé: le débat à la télévision qui aura lieu mercredi soir. Actuellement, les sondages donnent toujours Emmanuel Macron largement en tête avec 59 % des intentions de vote , contre 41% pour Marine Le Pen. Reste l’inconnue de la participation qui pourrait bouleverser les pronostics.

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« J’y vais où j’y vais pas ? » Cette question taraude de nombreux Français, confrontés à un choix qui ne les satisfait pas. Emmanuel Macron ne bénéfice pas comme Jacques Chirac en 2002 d’un rejet massif du Front National. A l’époque Jean-Marie Le Pen n’avait quasiment pas gagné de voix entre les deux tours et le président sortant l’avait battu avec 82% des suffrages. Les Français, à part les électeurs FN convaincus, avaient massivement voté Jacques Chirac pour contrer Le Pen.

Marine le Pen double ses voix

Cette fois on en est loin, les sondages donnent Marine Le Pen autour de 40%, alors qu’elle avait réalisé 21% au premier tour. Autant dire qu’elle va doubler son nombre de voix. Quant à Emmanuel Macron, il y a toute une partie des électeurs de gauche, chez Mélenchon mais aussi chez les socialistes qui rechignent à voter pour lui, car ils le voient comme un candidat de droite, ou du moins un candidat qui défend les idées libérales et mondialisées qui effrayent bien des Français.

Au royaume des aveugles…

Ces abstentionnistes en puissance estiment que de toute façon il y aura assez d’électeurs pour le porter à l’Elysée, et j’ai même entendu une proche de Mélenchon affirmer qu’il fallait battre Le Pen mais en donnant le moins de voix possible à Macron ! C’est le genre de raisonnement qui pourrait tout simplement faire élire la candidate du Front National. D’autres se rassurent en estimant que les législatives du mois de juin rebattront les cartes. Jean-Luc Mélenchon en personne laisse planer le doute puisqu’il prétend qu’il peut gagner ces législatives, et donc devenir le Premier ministre du futur président, quel qu’il soit.

Le mirage des législatives

Ça s’appelle jouer avec le feu, car la constitution française donne des pouvoirs immenses au Président de la République. C’est lui seul qui nomme le Premier ministre et celui-ci n’a pas besoin d’être investi par le parlement. Il peut gouverner sans une majorité claire en trouvant des alliés au coup par coup, et si jamais il est renversé par le vote d’une motion de censure, le Président peut dissoudre l’Assemblée Nationale et renvoyer tout le monde devant les électeurs, en demandant qu’on lui donne cette majorité… et alors…

Dimanche 7 mai, ceux qui n’iront pas voter ou ceux qui voteront blanc, voteront Le Pen.

Tout simplement.