Edito: Emmanuel Macron, le danger de l’arrogance

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 avril 2017 07h21 | 4 commentaires

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Après deux jours de flottement dans sa campagne Emmanuel Macron va repartir dès aujourd’hui sur le terrain, avec une visite dans sa région natale d’abord, à Amiens, et ensuite à Arras. Hier le président de la République l’a mis en garde, car rien n’est encore gagné. Il faut dire que la moitié des électeurs qui l’ont choisi au premier tour, ne l’ont pas fait par adhésion à son projet, mais uniquement pour écarter Marine Le Pen.

« Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie », voilà la leçon lancée depuis Laval par François Hollande. Une leçon qui n’a pas eu l’air de plaire beaucoup à Emmanuel Macron quand on l’a évoquée hier soir sur le plateau de France 2. Et pourtant ce qui le menace le plus le candidat d’En marche, c’est l’arrogance. Le New York Times lui même le mettait en garde hier matin contre une attitude à la Hillary Clinton, qui a sous estimé son adversaire au point de perdre l’élection.

 

Le maître des horloges

Il se défend en disant qu’il reste lui même, qu’il n’est pas soumis au rythme des médias, qu’il est le maître des horloges. Certes, mais il doit prendre conscience qu’il n’est plus au premier tour. J’ai assisté le 17 avril à l’un de ses grands meeting à Bercy devant 20 000 personnes, c’est très coloré, très animé, très jeunes, très geek… Mais désormais il s’agit de parler à une autre France, moins jeune, moins urbaine, moins fan de nouvelles technologies. Une France qui a plus besoin d’être rassurée que bousculée.

 

L’ordre et le mouvement

Or Marine Le Pen a démarré ce second tour avec finesse en quittant la tête de son parti et en se présentant comme la candidate du peuple, et même de la défense des acquis sociaux. Un martien qui débarquerait dans cette campagne pourrait la prendre pour une candidate de gauche, engagée dans une lutte de résistance face à un jeune libéral qui veut tout casser. Or si les sondages sont toujours aussi bon pour Macron, dans un rapport 60-40, on est loin du raz de marée. Il suffirait de pas grand chose pour que les positions se rapprochent.

 

Attention à l’abstention

Si par exemple la participation n’atteignait que 70% au second tour ( contre 80 au premier), Marine le Pen pourrait être à 50% des voix. Le non-choix de Jean Luc Mélenchon et de sa France insoumise qui laisse la porte ouverte au vote blanc ou à l’abstention, pèse comme une menace sur la candidature Macron. François Hollande a raison, Emmanuel Macron doit maintenant grandir… Endosser le costume de président et laisser au placard celui de start-upper.

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4 réactions à “Edito: Emmanuel Macron, le danger de l’arrogance”

  1. Je pense que les critiques liées à la fête organisée dans une brasserie pour fêter sa 1ère place au premier tour d’où une arrogance présumée sont excessives.
    Pas question bien sûr de tomber dans l’ostentation, mais ne pas tomber non plus dans le misérabilisme ce qui finirait par devenir hypocrite.
    S’il est pratiquement, sauf faute grave, qu’il sera le prochain président, reste face à une MLP franchement brillante à obtenir un bon score afin de préparer dans les meilleures conditions les législatives qui elles seront particulièrement importantes car conditionnant la majorité, et les équipes, qui lui permettront de gouverner.
    Si avant le second tour il va devoir rassurer, pour après, il va falloir assurer….

  2. Allons bon …l’arrogance maintenant …on aura tout vu ( ou du moins tout lu ) !
    Pourtant , ce n’est pas dufficile d’aller voir sur le site de En Marche , et de voir le professionalisme de léequipe Macron…;
    Il ne faut pas confondre …remerciements à son entourage actif , et fete triomphale ; et La Rotonde n’est pas un restaurant , mais une brasserie ou beaucoup ont des habitudes …pourquoi pas lui ?

  3. 3ThierryVanBrussel le 27 avril 2017 à 16:04

    il en fait un peu trop à mon goût, quand il parle on dirait un exalté sorti tout droit de l’école qui croit pouvoir tout révolutionner mais quand il sera face à ses responsabilités SI il devient Président il redescendra vite de son pied d’estal! de plus il se comporte déjà comme si il était déjà Président, il ne faut jamais au grand jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué

  4. Macron a séduit tous les incultes, ça fait du monde. »

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