Haro sur le Fillon !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 février 2017 08h55 | 3 commentaires

En France le calvaire continue pour François Fillon, hier la police a perquisitionné à l’Assemblée nationale pour chercher des preuves de l’activité de son épouse comme attachée parlementaire. Et ce matin le « Canard enchaîné » publie d’autres révélations, l’ancien Premier ministre aurait également employé ses enfants pour 82 000 euros brut, quant à Pénélope Fillon elle aurait touché en tout non pas 500 000 mais 900 000 euros.

Fillon RTL

 

Lors d’un colloque avec des entrepreneurs, hier soir, François Fillon s’est dit victime d’une «opération de calomnie très professionnelle, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République». Il a affirmé qu’il était «serein et confiant», dans l’attente de la clôture de l’enquête.

Un classique de la cabale.

François Fillon exagère un peu car des coups politiques de ce genre il y en a eu beaucoup sous la Vème République. Je me souviens notamment de la publication en 1971 par le Canard enchaîné de la feuille d’impôt du Premier ministre Jacques Chaban Delmas. On avait découvert qu’il ne payait pratiquement pas d’impôts; et puis bien sûr plus tard les emplois fictifs de la mairie de Paris sous Chirac; l’appartement municipal, à prix d’ami, du fils de Juppé en 1995…Sans oublier l’affaire du sang contaminé qui a couté surement son destin présidentiel à Laurent Fabius, alors qu’il n’y était pour rien.

Très souvent d’ailleurs ça ne débouche sur aucune poursuite judiciaire, mais le mal est fait, le doute est instillé dans la tête des électeurs, et l’homme politique est carbonisé, du moins à court terme.

Des mœurs d’un autre temps.

Le problème de François Fillon c’est qu’il a bénéficié d’un certain fonctionnement de la vie politique française, à une époque où c’était tout à fait toléré. Beaucoup d’élus agissaient de la même manière dans tous les partis. Jusqu’au début des années 2000, de nombreux Français considéraient normal que les hommes politiques bénéficient d’un certain nombre de privilèges : appartements de fonctions, collaborateurs nombreux, voitures, et même fonds secrets. C’était une sorte de gage de leur liberté face au monde économique. Il valait lieux qu’ils soient les obligés de l’Etat que des lobbies économiques et industriels. Depuis les mentalités ont évolués, mais les hommes politiques à la longue carrière comme François Fillon, député dès 1981, ont forcément ici ou là un truc ou l’autre qui aujourd’hui n’apparaissent pas bien clair.

Comme dit le Comte de Guiche dans Cyrano de Bergerac :

« … lorsqu’on a trop réussi sa vie, on sent, – n’ayant rien fait, mon Dieu, de vraiment mal ! Mille petits dégoûts de soi, dont le total ne fait pas un remords, mais une gêne obscure … »

Et Marine alors ?

On notera au passage que les déboires de Marine le Pen avec ses collaborateurs au parlement de Strasbourg, ne provoquent pas le même tollé, alors qu’elle aurait dû rembourser hier soir plus de 300 000 euros, ce qu’elle a d’ailleurs refusé de faire.

Il est vrai qu’à la place de François Fillon on pourrait légitimement se demander s’il n’y a pas là deux poids deux mesures…

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3 réactions à “Haro sur le Fillon !”

  1. C’est tout le problème des  » petits » arrangements ( quoi que, 900 K€…) plus ou moins tolérés à une certaine époque car presque tout le monde les pratiquaient et finalement cela ne gênait pas grand monde puisque faisant partie d’un système.
    Malheureusement pour beaucoup, les temps ont bien changés et il semble que maintenant la mode est à la transparence et au  » plus blanc que blanc « .
    C’est là tout le problème de François Fillon qui a bâti son image sur une extrême rigueur et qui se retrouve face à des millions de Français qui au fond n’acceptent pas qu’il gagne finalement beaucoup plus qu’eux.

  2. Ou , quand la presee joue les « faiseurs de Roi »
    Juste une petite remarque , mr Giltay : dans le cas du sang contaminé , on ne peut pas dire que Fabius…  » n’y etait pour rien  » … » la lettre refusant le test qui etait sur le marché , emanait de son ministère et , etait signé …Fabius .

  3. Personne ne se grandit à abattre un adversaire politique en usant de telles méthodes, à défaut de débattre de ses propositions. Si tel n’était pas le cas, la démocratie en sortirait encore un peu plus affaiblie qu’elle n’est.

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