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Archives du février, 2017

Justice : la campagne dérape

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 février 2017 15h37 | 4 commentaires

Une atmosphère malsaine est en train d’envahir la campagne présidentielle française. Marine Le Pen et François Fillon multiplient les attaques contre la justice et contre les institutions qui seraient sorties de leur neutralité. Un jeu qui pourrait s’avérer dangereux pour l’après présidentielle.

marine 2

Ils y vont fort …La présidente du FN a prévenu dimanche à Nantes qu’elle réclamerait des comptes aux fonctionnaires et personnels du monde judiciaire qui participent selon elle à une entreprise de déstabilisation «illégale» de sa campagne. Je vous rappelle que la semaine dernière elle a profité de son immunité parlementaire pour refuser de se rendre à une convocation de la police au sujet de l’affaire des emplois fictifs du parlement européen.

Elle a trouvé un allié de circonstance en Francois Fillon… Après les destructions de la manifestation anti-le Pen samedi à Nantes, il a accusé le gouvernement d’avoir installé un «climat de quasi-guerre civile» . Il avait déjà crié au «coup d’Etat institutionnel il y a quelques jours ? Accusant le gouvernement derrière les fuites du Pénélopegate.

Recadrage présidentiel.

François Hollande a réagi lors d’un discours prononcé devant le grand orient de France, « Je n’accepterai jamais qu’on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République au prétexte qu’ils appliquent la loi et qu’ils font en sorte que la justice puisse travailler »
Le ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas a regretté « une forme de pression qui est exercée sur les juges ». « Les magistrats sont des citoyens qui ont prêté serment » et « ils ne se positionnent que par rapport à la loi », avant d’inviter marine Le Pen à « refaire des études de droit ».

La trumpisation.

A peu de chose près on se retrouve devant une stratégie à la Trump qui, n’arrête pas de critiquer les services officiels américains, en France c’est du jamais vu. Enfin presque…

Il est vrai que durant son quinquennat Nicolas Sarkozy et son parti ont entretenu des relations très tendues avec la justice, relations qui se sont encore dégradées ensuite surtout après le fameux épisode du « mur des cons » en 2013. Ce mur, filmé discrètement par un journaliste qui l’avait ensuite publié sur le net était en fait un panneau accroché à l’intérieur des locaux du syndicat de la magistrature (plutôt à gauche) sur lequel avaient été collés, de 2005 à 2012, les portraits de dizaines de personnalités, plutôt de droite. La plupart des anciens ministres de la justice mais également Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Nadine Morano, Christine Boutin, Luc Chatel, le criminologue Alain Bauer, l’ancien entraîneur du XV de France Bernard Laporte etc…Depuis la droite considère que la magistrature est vendue à la gauche et que les enquêtes qui visent les siens  sont forcément partiales.

Demain quelle légitimité ?

Mais ce qui arrive ces jours-ci est plus grave qu’une simple critique en partialité. On a deux candidats à la présidence, Marine Le Pen et François Fillon qui font partie des favoris et qui discréditent publiquement l’autorité judiciaire et même ‘l’autorité de ‘l’Etat…

Alors bien sûr c’est pour établir un rapport de force et intimider les magistrats pour qu’ils cessent de les poursuivre au moins jusqu’à la tenue des élections…

C’est tout simplement jouer avec le feu. Car demain l’un des deux pourrait être élu président de la République et devenir d’un coup le garant de ces institutions.. C’est ce que leur a rappelé non sans malice, hier dans une interview un certain Emmanuel Macron…

 

Macron décolle.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 février 2017 16h49 | 2 commentaires

La campagne de l’élection présidentielle française est peut-être en train de se décanter. Emmanuel Macron profite du ralliement de François Bayrou, et le maintien de Mélenchon handicape le PS Benoit Hamon.

Macron

 

Un sondage publié ce matin 27 février pour le Figaro RTL et LCI est sans appel. Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour avec 27% des intentions de vote, devant Emmanuel macron 25%, François Fillon 20% Benoit Hamon 14% et Jean Luc Mélenchon 10%. Ce qui traduit plusieurs phénomènes :

La Marine insubmersible.

Marine le Pen semble définitivement hors atteinte par les affairées judicaires. La mise en examen de sa cheffe de cabinet dans le dossier des emplois fictifs du parlement européen n’a strictement aucune influence sur les intentions de vote en sa faveur. La technique de la victimisation fonctionne comme autrefois avec son père.

Macron Bayrou, ticket gagnant !

Emmanuel Macron fait un bond en avant depuis son alliance avec François Bayrou les 22 et 23 Février. Il gagne 5% d’intentions de  vote effaçant d’un coup  les revers subis après ses déclarations maladroites sur la colonisation et le mariage pour tous. 73% des électeurs de Bayrou sont prêts à voter Macron contre 11% qui se rallient à François Fillon.

Fillon encalminé.

Le candidat des Républicains reste stable à 20%. Il a survécu au Pénélopegate et à l’ouverture d’une information judiciaire. Il contre-attaque en dénonçant un climat de « quasi-guerre civile » entretenu selon lui par le gouvernement, en vain. Il mobilise le noyau dur de son parti, mais il n’arrive plus à élargir sa base électorale. Il est au maximum ou presque avec 20 %. Avec un tel chiffre il y a une semaine il pouvait se qualifier au second tour, ce n’est désormais plus le cas.

Hamon rose, vert mais pas rouge.

Benoit Hamon, le socialiste, a enregistré de weekend le ralliement de l’écologiste Yannick jabot, c’est appréciable mais le candidat du front de gauche jean Luc Mélenchon Luia confirmé qu’il maintiendrait sa candidature quoiqu’il arrive. Ensemble ils rassembleraient 24% des voix, seuls c’est 14 pour l’un et 10 pour l’autre. En clair la défaite de la gauche est assurée.

Un scénario inédit.

Pour la première fois depuis els débits de la Vème république la présidentielle pourrait se jouer sans aucun représentants des deux grandes familles politiques françaises : les gaullisto-républicains et les socialistes.

Cela dit il reste 60 jours, en 60 jours il peut s’en passer des choses. Il y a 60 jours Valls faisait encore partie des favoris et François Fillon avait course gagnée…

 

Le rose et le vert.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 février 2017 09h29 | 2 commentaires

C’est le temps des alliances dans la campagne présidentielle française, après le rapprochement entre en Bayrou et Macron, le candidat écologiste Yannick Jadot a annoncé hier soir qu’il se retirait au profit du socialiste Benoit Hamon….et pendant ce temps Marine Le Pen caracole toujours en tête.

Jadot

 

On l’attendait depuis plusieurs jours, l’annonce est tombée dans la soirée, il n’y aura pas de candidat écologiste à l’élection présidentielle cette année, Yannick Jabot préfère se retirer et passer un accord avec Benoit Hamon. En échange de leur soutien les écologistes ont obtenu un certain nombre de garanties comme l’arrêt du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une sortie du nucléaire en 25 ans, et l’instauration de la proportionnelle aux législatives.

Une bonne affaire ?

Difficile d’estimer combien de voix ce ralliement va rapporter au candidat e la gauche. En 2012 Eva Joly avait décroché 2,3% des voix et le meilleur score qu’un vert ait jamais réalisé à la présidentielle, ce fut 5,2% avec Noël Mamère en 2002.

Donc disons à la louche 3-4 % ce qui n’est pas négligeable car après un bon début Hamon stagne dans les sondages autour de 14-15%, trop bas pour disputer la qualification pour le second tour… et le soutien des verts n’y suffira pas. La seule solution pour la gauche ce serait un rapprochent entre Hamon et Mélenchon. Le candidat du Front de gauche a dit sur France 2 qu’il ne fermait pas la porte, le problème c’est que ni l’un ni l’autre ne sont prêt à abandonner la course…

Les bonnes affaires de Marine.

Quant à Marine le Pen toujours en tête avec des score de l’ordre de 26-27% , elle ne souffre pas de l’affaire dite des emplois fictifs au parlement européen. Pourtant sa cheffe de cabinet Catherine Griset a été mise en examen. On lui reproche d’avoir touché un salaire d’attaché parlementaire européen, pour travailler avec sa patronne à Bruxelles et à Strasbourg, alors qu’en fait son bureau se trouve au siège du parti à Paris. Censée résider à Bruxelles, elle n’y a jamais loué ou acheté aucun bien et sa fille a toujours été scolarisée à Garches près de Paris.  Marine le Pen a refusé de rembourser les quelque 300 000 euros de salaires perçus et comme on dit l’enquête continue…

Toujours en tête.

Cette affaire ne fait pas baisser ses intentions de vote dans les sondages. Pourquoi ? Parce que ses électeurs considèrent que c’est un coup monté, c’est la bonne vieille technique de la victimisation qu’utilisait autrefois son père. Plus on les attaque plus ça renforce les convictions de leurs électeurs. C’est un phénomène qu’on a connu également avec Donald Trump.

Ensuite ça se passe au parlement européen, avec de l’argent européen. Et contrairement au Pénélope gate, les gens pensent que l’argent européen, ce n’est pas l’argent du contribuable. Comme de surcroit l’Europe a mauvaise presse c’est tout juste si on n’entend pas des réflexions, du genre « c’est bien fait pour eux !  »

Hélas bonnes gens… l’argent européen c’est aussi notre argent !

Bayrou rejoint Macron

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 février 2017 10h09 | 3 commentaires

 Nouveau coup de théâtre dans la campagne des présidentielles en France. François Bayrou a annoncé hier sa décision de ne pas se présenter à la présidentielle, préférant proposer «une offre d’alliance» à Emmanuel Macron. Une offre que ce dernier a acceptée.

Bayrou rtl

François Bayrou était face à un choix cornélien, soit il suivait ce qu’il appelle sa pente naturelle et il s’engageait dans la bataille, soit il soutenait Macron, le candidat qui est le proche de ses idées et de son parcours, lui qui toute sa carrière a cherché à construire des ponts entre la droite modérée et la gauche raisonnable…

Ni césar, ni tribun…

Les sondages ne le donnaient qu’à  6% mais il aurait pu pourrait croire en son étoile et s’imaginer opérant une percée grâce à une blitzkrieg de quelques semaines. Il aurait longuement hésité, à tel point qu’hier encore certains de ses proches pensaient qu’il irait….C’est tout à son honneur d’avoir choisi la raison plutôt que l’ambition.

En effet sa candidature aurait sans nul doute affaibli considérablement celle d’Emmanuel Macron, favorisant François Fillon. Or Marine le Pen si elle continue à progresser est en mesure de battre Fillon, dont le programme, très libéral sur le plan économique n’est pas rassembleur, alors que Macron lui pourrait catalyser au second tour les voix de droite et de gauche dans une sorte de front républicain .

Une alliance atypique.

Les conditions que Bayrou a posée, notamment sur la moralisation de la vie politique sont tout à fait recevables par Emmanuel Macron, quant au seul point qui les divise : le recours à la proportionnelle pour les législatives, Bayrou n’en a pas fait une condition sine qua non, demandant simplement qu’on ouvre le débat. Les deux hommes vont se rencontrer dès aujourd’hui, il faut maintenant voir quelle forme prendra cette campagne commune, mais elle ne ressemblera surement à rien de ce qu’on  a connu précédemment. Il en s‘agira pas d’une alliance entre partis où l’on se répartirait les postes… On verra. …

Macron relancé.

En tout cas comme le disait Emmanuel Macron c’est un véritable tournant de la campagne. Sa candidature qui s’essoufflait un peu est maintenant relancée, et (est-ce un hasard ?) cette alliance se forme le jour même où la cheffe de cabinet de Marine le Pen est mise en examen dans l’affaire de emplois fictifs du parlement européen.

Le Front National est à son tour rattrapé par les affaires…

Or la principale qualité que les Français reconnaissent à François Bayrou, le désormais allié de Macron … c’est l’honnêteté !

Le Pen à Beyrouth, Macron à Londres.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 février 2017 08h51 | 2 commentaires

La campagne française se tenait hier à l’étranger avec le déplacement d’Emmanuel Macron à Londres et celui de Marine le Pen au Liban. Marine le Pen qui a fait l’évènement en refusant de porter le voile pour rencontrer le grand mufti.

Macron à Londres pour venger Jeanne ?

Macron à Londres pour venger Jeanne ?

 

L’image a fait le tour du monde, CNN la diffusait en boucle hier après-midi… Marine le Pen dans l’entrée de l’immeuble où elle devait rencontrer le grand Mufti, principale autorité religieuse sunnite au Liban…quand elle est arrivée sur place on lui a tendu un voile qu’elle a refusé.   « On ne me met pas devant le fait accompli …  La plus haute autorité sunnite du monde n’avait pas eu cette exigence, par conséquent je n’ai aucune raison de… Mais ce n’est pas grave, vous transmettrez au grand mufti ma considération mais je ne me voilerai pas », A-t-elle déclaré à la presse avant de repartir aussitôt

La laïcité en bandoulière.

Elle faisait référence à sa visite en mai 2015 en Égypte où elle avait rencontré Ahmed al-Taleb, le grand imam de la mosquée d’Al-Azhar au Caire. Une attitude et surtout un beau coup de pub, car elle avait été prévenue qu’on lui demanderait d’emporter ce voile. Elle s’est néanmoins rendue au rendez-vous ce qui lui a permis de faire ce clash devant les caméras, pour le plus grand bonheur de ses partisans, mais pas seulement car de nombreuses françaises laïques peuvent se retrouver dans ce geste. Bref c’est un moyen de plus d’élargir son électorat, en accord avec ses promesses de campagne : lors de la présentation de ses 144 engagements présidentiels à Lyon, début février, la candidate avait promis de «promouvoir la laïcité», de «lutter contre le communautarisme» et d’inscrire dans la Constitution le principe selon lequel la République ne «reconnaît aucune communauté».

Macron tance May.

Quant à Emmanuel Macron il était à Londres pour rencontrer quelques-uns des 200 00 français qui y vivent. Là encore on est en plein dans le personnage : le jeune et brillant haut fonctionnaire qui parle parfaitement l’anglais, particulièrement à l’aise dans les élites mondialisées.

Tout habité de son importance il n’a hésité pas à faire la leçon à Theresa May, premier ministre britannique. Il fallait le voir hier à la sortie du 10 Downing Street expliquer qu’il l’avait mise en garde sur les modalités du Brexit, ee lui rappelant que la Grande Bretagne ne pourrait pas participer au marché unique sans une contribution financière à l’Union.

Rien n’est joué.

A dire vrai il s’est un peu comporté comme s’il était déjà président…Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, d’autant que pour la première fois depuis trois semaines les sondages donnent de nouveau Francois Fillon devant lui au premier tour. Le représentant de la droite semble avoir surmonté la crise du pénélope gâte, et l’absence de plan B semble remobiliser ses électeurs… Aujourd’hui à 16h30, lors d’une grande conférence de presse, un autre candidat pourrait entrer en lice : François Bayrou ! Le casting sera alors complet et le grand bal pourra commencer …

 

Gauche en France: l’union impossible

Par Christophe Giltay dans Politique , le 20 février 2017 11h03 | 5 commentaires

melenchonhamon

La gauche a peut être définitivement compromis ses chances de bien figurer à l’élection présidentielle française. Ce week-end, Benoit Hamon le candidat du PS et Jean Luc Mélenchon celui du Front de gauche se sont affrontés par déclarations interposées, ce dernier comparant le PS à… un corbillard.

« Je ne vais quand même pas m’accrocher à un corbillard ! » Voilà ce qu’a déclaré Jean Luc Mélenchon, le candidat de Front de gauche, au sujet du socialiste Benoit Hamon, mettant fin définitivement à toute tentative de rapprochement entre les deux candidats. Or le moindre analyste qui sait poser une addition simple a constaté que si l’on ajoute les sondages de Mélenchon à ceux de Hamon, on dépasse les 25% de voix au premier tour et que si en plus on adjoint ceux de l’écologiste Jadot on dépasse les 27%, soit le score promis actuellement à Marine Le Pen !

 

La minorité plurielle

Sur le papier, la gauche a encore ses chances. Dans la réalité, elle vient de les compromettre. D’abord pour des questions de programme: deux points divisent sévèrement Mélenchon et Hamon.

  1. Le revenu universel, préconisé par le second et que le premier considère comme une capitulation face au chômage;
  2. La relation à l’Europe. Hamon reste sur la ligne du PS, un fédéraliste européen, alors que Mélenchon est un souverainiste qui envisage même la sortie de la France de l’union.

Enfin il y a les questions d’ego. On n’imagine pas Mélenchon, qui est en campagne depuis plus d’un an et dont les meetings sont pleins, s’effacer devant Hamon. Quant à Hamon, nimbé de sa victoire dans la primaire de gauche, il peut revendiquer le droit d’y aller ! Bref, ils restent en course tous les deux…

 

Le rose et le vert

Le seul événement qui pourrait se produire du côté d’une éventuelle union de la gauche, serait un ralliement de l’écologiste Yannick Jadot à Benoit Hamon, ce qui lui apporterait entre et 2 et 3% des voix. C’est appréciable mais pas suffisant. Cela dit, Hamon flirterait alors avec les scores de Fillon et de Macron, et aurait alors une petite chance de rentrer dans la course pour la qualification au second tour.

 

Après Trump et le Brexit, Le Pen ?

Et pendant ce temps, Marine le Pen continue son petit bonhomme de chemin et laisse ses adversaires se déchirer. La droite avec le Pénélopegate, la gauche avec ses divisions, Macron avec ses contradictions entre la colonisation et le mariage pour tous. Et nous assistons aux prémices d’un catastrophe que tout le monde commence à prévoir et que personne n’arrive à enrayer.

Macron invite l’Algérie dans la campagne.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 février 2017 10h00 | Un commentaire>

Emmanuel Macron a commis sa première erreur stratégique importante. En visite en Algérie il y a quelques jours il a déclaré que la colonisation était un crime contre l’humanité. Résultat une grosse polémique alimentée par les partis de droite et bien sûr le Front national.

Macron G20

C’était le 14 février alors qu’il était en visite en Algérie Emmanuel Macron est interviewé par une chaine de télévision privée et il déclare ceci : «La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers qui nous avons commis ces gestes. »
Et là il met les pieds sur un terrain hautement sensible… D’autant que la notion de crime contre l’humanité qui répond à une définition juridique bien précise, est associée forcément à la notion de génocide.
Une blessure toujours ouverte
Je vous rappelle que la France a colonisé l’Algérie pendant 132 ans, et qu’elle n’en est sortie qu’après une guerre coloniale qui a duré de 1954 à 1962. Une guerre dans laquelle a été engagé le contingent c’est à dire les jeunes français qui accomplissaient leur service militaire. Une guerre qui a abouti au rapatriement en France de 1 million français d’Algérie, ceux qu’on appelait les « pieds noirs » dont la plupart n’étaient jamais venus en métropole. Cette histoire est toujours extrêmement douloureuse et sensible en France, et elle concerne une part non négligeable de la population, sans oublier tous les immigrés d’origine algérienne dont beaucoup de binationaux.
Fillon réplique.
Emanuel macron a tout d’un coup a ouvert une faille dans laquelle s’est engouffrée François Fillon qu’il dépasse dans les sondages du premier tour depuis quelques jours.
Devant plusieurs milliers de personnes mercredi soir à Compiègne, le candidat de droite a dénoncé une «détestation de notre histoire», une «repentance permanente» qualifiée d’«indigne» de la part d’un candidat à la présidence de la République. «Il y a quelque temps, M. Macron trouvait des aspects positifs à la colonisation. Il dit simplement ce que ceux qui l’écoutent veulent entendre. Ça veut dire qu’il n’a aucune colonne vertébrale. ».
Marine attaque.
Quant à , Marine Le Pen que les sondages donnent vaincue par Macron au deuxième tour, elle n’a pas raté une si belle occasion, elle a réagi sur Facebook «Y va-t-il quelque chose de plus grave, quand on veut être président de la République, que d’aller à l’étranger pour accuser le pays qu’on veut diriger de crime contre l’humanité?» En «utilisant cette argumentation, probablement pour des raisons bassement électoralistes, le crime, c’est M. Macron qui le commet contre son propre pays. »
Un coup à gauche, un coup à droite.
Depuis macron a compris qu’avec ce propos très à gauche, il risquait de s’aliéner la partie la plus à droite de son électorat. Il a posté sur Facebook un message d’explication destiné aux anciens combattants de la guerre d ‘Algérie et aux pieds noirs « mes propos n’étaient pas destinés contre vous, en rien, c’était simplement reconnaitre une responsabilité de l’Etat français et nous en devons pas nous dérober ».
Et alors qu’il ne présentera son programme que le 2 mars, il a dévoilé dans une interview au Figaro (journal de droite) plusieurs mesures concernant la sécurité. Il propose notamment la création d’au moins 15.000 places de prison sur la durée du quinquennat, et promet la «tolérance zéro à l’égard de la délinquance et des violences policières… »
Un coup à gauche un coup, à droite…Macron navigue à la godille….

A ce train-là les électeurs pourraient bien attraper le mal de mer

Rencontre avec Nicolas Baverez

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 février 2017 17h38 | Comments Off on Rencontre avec Nicolas Baverez

Nicolas Baverez vient de publier « Chronique du déni français » ( Albin Michel)

 Depuis une vingtaine d’années il dénonce le déclin Français et propose des solutions destinées à faire entrer la France dans la modernité et la mondialisation. A ses yeux l’élection présidentielle en cours est la chance ultime de changer de logiciel pour tourner le dos à un modèle étatique qui n’assure plus ni la prospérité, ni la sécurité de ses citoyens.

La France dit-il ne manque pas d’atout, ( démographie, infrastructures, grandes entreprises, éducation,  armée…)  et même si elle a reculé dans le classement des nations les plus riches elle a conservé toute  la puissance de sa civilisation. Mais il lui faudra passer par des réformes radicales, sinon les français pourraient sortir de la résignation pour se tourner vers la révolution, une  révolution qui de nos jours serait plus inspirée par l’extrême droite que par l’extrême gauche.

Côté présidentielle, le programme de François Fillon correspond  le mieux aux solutions qu’il préconise, mais le phénomène Macron l’intéresse. Quant à une victoire de Marine le Pen, comme pour le Brexit ou l’élection de Donald Trump, si elle reste peu probable…elle n’est plus inconcevable !

 

La conjuration anti-Fillon.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 février 2017 10h33 | 3 commentaires

Alors qu’il répète chaque jour qu’il ne renoncera pas à sa candidature, des élus de son parti réclament des explications à François Fillon. Nous ne pouvons plus faire campagne», estime un groupe de parlementaires LR qui a préparé une «déclaration» pour la réunion du groupe parlementaire le 14 février et demande une «solution politique» au candidat.

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«La situation est extrêmement sérieuse. Elle dépasse de très loin les intérêts personnels du candidat à la présidentielle ou ceux de tel ou tel parlementaire. Et il faut que nous en sortions tous la tête haute » voilà ce qu’on a pu entendre hier au restaurant le Bourbon en face de l’Assemblée Nationale à Paris. Un groupe de vingt parlementaires du parti « Les Républicains » s’étaient réunis pour monter ce qu’on pourrait appeler une conjuration anti Fillon. Bien sûr il s’agit d’anciens soutiens des autres candidats de droite à la primaire qui ne se sont pas consolé de la défaire de leur champion. Mais l’affaire Pénélope leur a donné une occasion d‘essayer de se débarrasser de François Fillon…

Un ultimatum.

Une vingtaine d’autres parlementaires devraient les rejoindre aujourd’hui pour lancer un appel au candidat, sous la forme d’un message solennel. Ils vont lui demander de réunir le bureau politique du parti, seule instance à leurs yeux légitime pour décider de la suite des évènements, et de l’éventuel retrait du candidat. Comme le dit l’un d’eux… «François Fillon explique qu’il est debout, mais être debout, ce n’est pas un thème de campagne. Cela veut dire qu’il survit or ce n’est pas suffisant pour gagner».

La dure réalité du terrain.

Ces élus qui passent le plus souvent le weekend dans leurs circonscriptions en province, en reviennent avec le moral à zéro, car sur les marchés on ne leur parle que du Pénélopegate. Et je ne vous dit pas la tête de ceux à qui ont dit : « mais au fait vot’ dame elle ne travaille pas aussi avec vous à l’Assemblée ? » On considère que 20 à 25% des parlementaires français emploient quelqu’un de leur famille. On peut imaginer qu’ils passent ces jours-ci de moments sympas à l’heure du dîner…

Les législatives en ligne de mire.

Leur deuxième problème c’est que l’impopularité de François Fillon pourrait avoir des conséquences dramatiques sur les élections législatives qui vont suivre la présidentielle. Car bien entendu tous ces parlementaires veulent garder leurs sièges. C’est pourquoi à la limite ils seraient prêt à un « tous sauf Fillon », pour sauver leur gamelle…

C’est mal connaitre l’animal qui hier encore à déclarer avant de quitter l’île de la réunion où il a tenu plusieurs meetings : « Ma candidature est un train qui ne s’arrêtera pas ! » et tant pis si certains veulent descendre en marche …

Il est né le divin Macron !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 février 2017 08h49 | Un commentaire>

On s’interroge beaucoup en France depuis début de la campagne  sur le contenu du programme d’Emmanuel Macron,  en tête dans les sondages du second tour sans avoir jamais vraiment développé de propositions concrètes. Il a apporté un élément de réponse ce weekend dans une interview au « Journal du dimanche », pour lui le programme n’est pas le cœur d’une campagne…la politique c’est mystique !

christ pantocrator

Les observateurs avaient été surpris, par le caractère exalté d’Emmanuel Macron lors de son premier meeting. Exaltation largement disciplinée le 4 février à Lyon , où il était apparu très calme, très maitre de son discours… ce n’était peut-être que l’accalmie avant la parousie : le retour du Christ en gloire. Car dans la même interview Emmanuel Macron n’hésite pas en toute modestie à se comparer, à un certain Jésus, un orateur brillant qui a connu un certain succès en Palestine dans les années 30 du premier siècle… je cite « La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je ne cherche pas à être un prédicateur christique « …Encore heureux !

Le prophète l’avait bien dit !

Il faut dire que son prénom le prédestinait un peu à jouer les sauveurs. Comme le dit très bien l’Evangile de Saint Mathieu citant le prophète Isaïe «  Voici que la vierge concevra un fils auquel ils donneront le nom dEmmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous (Mathieu 1/23) ». Excusez du peu !

Je sais vous vous dites le père Christophe a un peu abusé du vin de messe et à force de couvrir l’actualité au Vatican, il voit des messies partout ! Pas sûr …

Mystique pas programmatique.

Je vous cite un autre extrait de l’entretien d’Emmanuel Macron :

« La politique, c’est mystique…C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite. »

Je vous rassure il est bien prévu par son mouvement « En marche » que Emmanuel Macron détaille ses propositions début mars…mais visiblement pour lui ce n’est pas le programme le plus important, c’est plutôt une sorte de relation magique ( religieuse ? ) entre l’électeur et le candidat.

Les pieds sur terre.

Autre extrait de l’interview : « Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses.»

Comme disait Raoul Volfoni dans les « Tontons flingueurs » : « nous v’là sauvés ! »

Il est possible, d’après les sondages, qu’Emmanuel Macron débatte avec Marine le Pen entre les deux tours. Au cas où elle se prendrait pour Ponce Pilate ça promet !


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