Archives du février, 2016

Aubry-Hollande : la fracture !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 février 2016 10h48 | Un commentaire>

Alors que François Hollande est en visite officielle en Amérique du sud, une partie de la gauche en profite pour critiquer bien haut sa politique et celle de Manuel Valls. La maire de Lille Martine Aubry et l’écologiste Daniel Cohn Bendit signent dans le journal le monde un réquisitoire contre François Hollande.

aubry rtl

 

Trop c’est trop… on pourrait résumer cette tribune par cette formule qu’on peut lire dans le premier paragraphe. C’est le cri du cœur de toute une gauche qui ne partage plus la politique de François Hollande et de Manuel Valls. Il y a Martine Aubry et Dany Cohn Bendit parmi les signataires mais aussi d’autres politiques comme l’ancien ministre Benoit Hamon et même des personnalités de la société civile comme le généticien Axel Kahn ou le sociologie Michel Wieviorka. C’est un réquisitoire sans appel… Je vous citerais juste deux extraits d’abord ce constat «  que restera-t-il des idéaux du socialisme lorsqu’on aura jour après jour sapé ses principes et ses fondements ? », ensuite cet avertissement «  c’est un affaiblissement durable de la France qui se prépare ».

La fracture assumée. 

Il y a  longtemps qu’on s’attendait à une fracture au sein du parti socialiste et de la gauche en général, mais pourquoi se révèle-t-elle maintenant ? Disons qu’il, y a deux gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase, d’abord le débat sur la déchéance de nationalité, puis la récente loi de réforme du code du travail, qui assouplit les modalités de licenciement et surtout qui modifie beaucoup le régime des 35 heures. Or je vous rappelle que les 35 heures c’était la réforme phare de Martine Aubry quand elle était ministre de Lionel Jospin entre 1997 et 2002.

Division à gauche, compétition à droite.

Certains dans cette fronde voient la fin définitive de François Hollande et de son premier ministre Manuel Valls. Il est vrai que cette division mise au grand jour n’a rien de bon pour l’image des deux hommes, mais leurs adversaires de droite sont bien mal placés pour se moquer des divisions du PS quand ils entrent eux-mêmes dans une primaire qui s‘annonce meurtrière, où de nouveaux candidats se déclarent presque tous les jours, on est déjà à 8 et Sarko n’est toujours pas en course…

Une recomposition générale ?

D’un autre côté cette fracture est également une clarification, il y a bien d’un côté une gauche réformiste, sociale libérale, et de l’autre la gauche classique « sociale » qui souffre devant les impératifs de la mondialisation. Le pari que fait Francois Hollande c’est que l’opinion publique française sera plus proche l’an prochain de la nouvelle gauche que de l’ancienne, avec éventuellement une recomposition vers le centre. Un peu comme ce qui s’est passé en Italie en 2007  avec le parti démocrate, aujourd’hui au pouvoir, et en Espagne où les socialistes ont signé hier un accord avec les centristes. Alors pourquoi pas en France ?

L’élection présidentielle aura lieu dans 14 mois, et vous verrez alors que le principal souci de François Hollande ce ne sera pas Martine mais…. Marine !

Quand Monsieur Le Pen écrit à Madame Le Pen.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 février 2016 09h38 | Comments Off on Quand Monsieur Le Pen écrit à Madame Le Pen.

A 87 ans, Jean Marie Le Pen bouge encore, en désaccord avec la ligne politique du Front National, il menace sa fille de créer son propre parti, et pour que tout le monde le sache il a écrit une lettre ouverte à celle qu’il n’appelle plus que : « Madame Marine LE PEN, Présidente du Front National. »

 

Le Pen goguenard

 

Dans cette lettre publiée sur son blog, Jean Marie le Pen qui se pare toujours du titre de « Président d’honneur du Front National » revient d’abord sur son exclusion du parti. Dans un style disons biblique…

« Chargé des péchés de ladite extrême droite, j’ai été, comme dans l’Ancien Testament, chassé dans le désert. Morte la bête, effacés les péchés !

 Ce fut une mauvaise action, et, plus grave, une mauvaise affaire. »

Un nouveau parti ?

Il développe ensuite une analyse politique sur le changement de cap du parti, et en gros ce qu’on appelle la dédiabolisation, puis il fait mine de tendre la main à sa fille, dans la perspective d’une victoire à la présidentielle de 2017…

« Gagner la bataille de 2017 est un impératif catégorique. La victoire sera une gageure, un de ces miracles qui ont permis au long de l’Histoire la pérennité de la France…. »

 « J’ai le sentiment d’avoir au long de cette année tout fait pour aider à l’unité. Cette lettre est un dernier effort avant qu’il ne soit définitivement trop tard. »

Et en conclusion il passe aux menaces, la perspective de créer un autre parti :

« Des demandes pressantes me conduisent à organiser, si possible à l’intérieur, ou en parallèle avec le Front National, un rassemblement des volontés patriotiques fidèles à la ligne politique d’un changement décisif. »

Un moment choisi.

Cette lettre est intéressante car elle intervient dans un moment où Marine le Pen s’est imposé une cure de silence médiatique. Après les européennes qui furent une victoire en voix (6 millions !) mais une défaite au final puisqu’il n’a conquis aucune région, le FN digère. Il réfléchit à sa ligne politique, et à la stratégie à adopter pour la présidentielle, ses cadres savent qu’ils ne peuvent pas gagner sans alliés, sans s’attacher une partie de la droite «  classique », mais pour ce faire il lui faut encore progresser dans la respectabilité.

Et c ‘est là que Jean Marie Le Pen réapparait pour justement les en empêcher et rappeler à tout le monde l’ADN du parti.

Bon coup ou coup bas ?

Cette démarche peut laisser perplexe, car en créant un Front National « canal historique » en rassemblant autour de lui les nostalgiques de Vichy, ceux de l’Algérie française, et les thuriféraires de la messe en latin ( de Pie V) , Jean Marie Len Pen rendrait service à sa fille ! Elle pourrait alors tout à fait légitimement dire : « vous voyez bien que lui c’est lui et moi c’est moi… »

Vieux roublard de la politique il y a surement pensé, mais je ne crois pas que l’histrion vociférateur résistera au plaisir de faire un dernier tour de piste.

Allez à Verdun !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 février 2016 10h15 | 2 commentaires

On commémorait hier le centenaire du début de la bataille de Verdun, l’une des plus meurtrières de la première guerre mondiale qui a fait 700 000 victimes, soldats Français et Allemand. Une bataille pour rien puisqu’après 10 mois de combats les deux armées étaient revenues pratiquement à leurs positons de départ. Ce matin je veux y voir plus que jamais l’importance de la construction européenne.

Ossuaire de Douaumont

Ossuaire de Douaumont

 

Allez à Verdun ! Allez marcher au milieu des tombes devant l’ossuaire de Douaumont, dans ce champ de croix à perte de vue, au milieu des paysages encore bouleversés par les orages d’acier. 1 millions d’obus tiré par les Allemands le 21 Février 1916 ! On estime que chaque mètre carré a reçu en dix mois de combat une tonne de bombes. Il ne poussera plus jamais de blé, ni de vigne, sur les hauteurs de Verdun, juste des arbres qu’on a planté comme un voile pudique.

Volontaires plus que victimes.

Or les combattants de Verdun n’étaient ni des fous, ni des barbares, ils venaient des peuples les plus avancés de la terre les plus industrieux, les plus cultivés, patries de poètes, de philosophes, d’ingénieurs, de musiciens. Et ne croyez pas que les soldats, des deux camps n’étaient que le de la chair à canon, une troupe d’esclaves mené par des maîtres sanguinaires. Non ! Pour la plupart c’étaient des citoyens près à faire le sacrifice de leur vie pour défendre leur pays, dans les deux camps ! Les Français conscients  de se lever contre un envahisseur impitoyable qui avait cruellement ravagé  la Belgique; les Allemands persuadés de protéger leur espace vital pris en étaux entre l’empire russe et les nations alliées.

René Vincent « Ceux de Verdun ! »

La première fois que je suis allé çà Verdun en reportage c’était en 1988, pour les 70 ans de la fin de la guerre. Le président des anciens combattants de Verdun, René Vincent, vivait toujours. Il est mort en 1999 à 102 ans.

En 1988 il conduisait toujours sa voiture, et malgré les séquelles d’une blessure marchait droit sur le champ de bataille. Il pourchassait alors les pilleurs de tranchées, des types sans scrupules qui armés de détecteurs de métaux arpentaient la forêt a la recherche d’objets les plus divers : armes, casques, porte-monnaie, bijoux. Car à Verdun malgré les ossuaires et les cimetières vous marchez toujours sur les morts, des milliers de disparus. De temps en temps, pour leur malheur,  ces pillards tombaient sur un obus, parfois au gaz, et ils payaient très cher leur profanation. René Vinent était persuadé que par-delà la mort ses camarades continuaient à se défendre.

 

René Vincent.  par Steve Pyke ( gettyimages)

René Vincent.
par Steve Pyke ( gettyimages)

 

La réconciliation.

René Vincent qui avait également été mobilisé en 1939, avait une autre passion : la réconciliation franco-allemande, et la construction rougéenne. Pour lui c’était la seule solution pour éviter le retour de la guerre, pour lui c’était le plus beau des rêves que d’unir ces grandes civilisations ces grandes nations : la France, l‘Allemagne, l’Angleterre.

Ah oui tient ! L’Angleterre ! Les Anglais n’étaient pas à Verdun, mais en juillet 1916 ils s’élançaient au combat dans la Somme, le premier jour de la bataille ils ont perdu 20 000 hommes qui reposent toujours dans la terre de France.

Ils avaient 20 ans…

De Verdun à l’Europe.

Au moment où tant de voix s’élèvent pour critiquer l’Europe, au moment où les Anglais pourraient nous quitter, je pense à René Vincent.

Allez à Verdun ! Allez dans la Somme ! Allez à Ypres !

Et vous comprendrez pourquoi l’Europe…

Le Pape, Donald et la pilule.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 février 2016 10h19 | Comments Off on Le Pape, Donald et la pilule.

Aujourd’hui jouons au vaticaniste pour décrypter les propos du Pape concernant Donal Trump et la contraception. Il a déclaré que le premier n’était pas chrétien et que la seconde était un moindre mal.

pape colombe

 

Lors de ses voyages en avion le pape à l’habitude de venir discuter à bâton rompu avec les journalistes qui ont pour une fois l’occasion de lui poser  des questions directement. Car au Vatican le Pape ne fait jamais de conférence de presse, ce qui explique d’ailleurs une parole assez libre.  Interrogé sur Donald Trump François a donc déclaré : «  Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne…Voter, ne pas voter, je ne m’immisce pas. Mais je dis seulement: ce n’est pas chrétien. » Il faut remettre cette phrase dans son contexte le pape, lui-même petit fils d’immigrés italiens installés en Argentine, revenait du Mexique où il avait notamment célébré une messe devant le grillage qui sépare le Mexique du Texas.

Trump rugit puis nuance.

Sur le champ Donal Trump a répondu de manière assez violente « Qu’un leader religieux mette en doute la foi d’une personne est honteux » a-t-il indiqué dans un communiqué. « Aucun dirigeant, notamment un leader religieux, ne devrait avoir le droit de remettre en question la religion ou la foi d’un autre homme ». Mais sa position a évolué dans la journée, le soir sur CNN il déclarait « Je n’aime pas me battre avec le pape », assurant que les propos du souverain pontife avaient été mal interprétés, et que François ignorait la réalité des trafics à la frontière entre Etats-Unis et Mexique. «J’ai beaucoup de respect pour le pape… J’aime sa personnalité, j’aime ce qu’il représente et j’ai un grand respect pour la fonction ». Plus tôt le Vatican avait minimisé les choses en expliquant que le pape ne parlait pas en homme politique mais en homme de foi.

La religion au coeur de la politique.

Ces questions religieuses sont très sensibles aux Etats-Unis, et d‘ailleurs les deux candidats catholiques républicains Jeb Bush et Mario Rubio avaient eux aussi nuancé les propos du Pape, disant qu’il connaissait mal la situation américaine. En clair en pleine campagne des primaires, Trump ne vaut pas se fâcher avec les catholiques quant à Bush et Rubio ils ne veulent pas s’aliéner les protestants… .

Contraception un moindre mal.

Le Pape a également surpris en évoquant la contraception. « L’avortement est un crime, mais la contraception peut exceptionnellement être un moindre mal… » C’est un geste en faveur des femmes d’Amérique du sud exposée au virus Zika qui provoque des malformations chez le fœtus. C’est un peu jésuite comme formulation mais ça m’a rappelé ce que m’avait dit un évêque français au sujet de la capote et du sida, à l’époque où Benoit XVI prônait l’abstinence comme seule solution à l’épidémie. L’évêque avait nuancé en laissant une porte ouverte au préservatif, là aussi considéré comme un moindre mal : « si vous avez un révolver je préfère que vous ne l’utilisiez pas, mais si vous ne pouvez pas vous empêcher de vous en servir, alors tirez à blanc ! »

C’est ce qui s’appelle avoir le sens de la formule…

Chiens oui, banquiers non !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 février 2016 10h09 | 2 commentaires

Alexandre un restaurateur très bien côté de Rueil Malmaison près de Paris,  interdit l’entrée de son établissement aux banquiers. Il leur reproche de lui avoir refusé un crédit pour ouvrir une seconde affaire.

restaurateur

 

Sur la façade des « Ecuries de Richelieu », c’est le nom du restaurant, on trouve désormais une ardoise sur laquelle on peut lire : « chiens acceptés banquiers interdits, sauf droit d’entrée de 70 000 euros.

Banquiers bannis

C’est la réponse d’Alexandre Calet un jeune restaurateur à tous les banquiers qui ne lui ont pas répondu quand il a demandé un prêt. Enfin ce n’est pas tout à fait vrai il y en a un qui a répondu… par la négative, tous les autres, une dizaine ne se sont même pas fendu d’un courrier. Vous allez me dire ce garçon est peut être un client à risque ? Hé non, les Ecuries de Richelieu, c’est ni une gargote de  cauchemar en cuisine qui aurait besoin de Gordon Ramsay pour redresser les comptes,  ni un établissement trop prétentieux qui n’arrive pas çà assumer ses ambitions.

Un bel établissement.

C’est un restaurant gastronomique comme on les aime en France : décor de bon gout, dans une maison du XVII ème siècle, carte classique… Jugez-en avec ces quelques exemples :

Entrées :

Cuisses de grenouilles

Croustillant de saint-Marcellin

Terrine de foie gras

Plats :

Suprême de volaille

Estouffade de sanglier au jus de châtaignes

Saint pierre rôti en filet

Desserts :

Millefeuille à la vanille de Madagascar

Crumble de citron

Fondant de poire caramel …

Formule le à 19 euros pour le déjeuner, entrée plat dessert à 35 euros pour le diner. Référencé depuis 2010, par le guide Michelin, une affaire qui tourne !

Niet !

D’où la surprise d’Alexandre quand en novembre dernier il a voulu ouvrir une seconde affaire et qu’aucun banquier n’a accepté de le financer à hauteur de 70 000 euros.

«Nous avions pourtant fourni toutes les garanties nécessaires: nous avons remboursé les précédents crédits, le chiffre d’affaires des Ecuries de Richelieu a été multiplié par trois depuis la première année, en 2008…Restaurateurs, entrepreneurs, nous sommes tous dans la même situation: à chaque fois que nous souhaitons lancer un business, nous devons nous mettre à quatre pattes… »

Un qatari a dit oui.

Depuis qu’Alexandre a installé son ardoise, un banquier est venu s’excuser, il a été contacté par des restaurateurs du monde entier : des Anglais, des Russes, des Belges, qui lui ont proposé leur aide ou qui lui expliqué qu’ils vivaient la même situation. Enfin une banque du Qatar même proposé de lui accorder le prêt que les banquiers français lui refusaient, mais pour l’instant Alexandre a décidé d’en rester là : « je ne veux plus travailler avec les banquiers ! »

 

Sarko en examen

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 février 2016 09h57 | Comments Off on Sarko en examen

Entendu hier pendant 12 heures par les juges dans l’enquête sur ses comptes de campagne en  2012, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour «financement illégal de campagne électorale».

sarko soucieux

 

C’est la tuile, la grosse tuile pour Nicola Sarkozy. Imaginez …il y a une semaine à peine c’est Jean François Copé qui était entendu par les juges, et il est sorti  avec le seul statut de témoin assisté ce qui lui a permis dans la foulée de se déclarer candidats aux primaires de « les Républicains ».

Affaire Copé ? Affaire Sarko ?

Or toute cette affaire était présentée à l’origine par Nicolas Sarkozy et son entourage  comme une affaire Copé. Jean François Copé  alors président de l’UMP ( ancien nom de « Les Républicains »)  aurait favorisé une agence de communication, Bygmalion, tenue par des proches, en lui commandant des travaux surfacturés.  Selon les juges ces faux travaux et ces fausses factures ont servi en réalité à alimenter une caisse noire destinée à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.

Double dépassement.

Alors qu’un candidat a le droit de dépenser 22,5 millions d‘euros, ce qui n’est déjà pas si mal, Nicolas Sarkozy en aurait utilisé environ 50 millions. Soit plus du double. Pour ceux qui ont assisté ne serait-ce qu’à l’un de ses meetings, ce n’est qu’une demi surprise : salles immenses, décors, lumières, déploiement de caméras, dont certaines sur des grues comme au cinéma, des réalisateurs parmi les meilleurs de la télévision française, pour retransmission sur des écrans géants et toutes les chaines infos. Evidemment tout ça coûte cher.

Bygmalion connais-pas !

Nicolas Sarkozy a toujours démenti le moindre lien avec Bygmalion.  Il a déclaré qu’il avait découvertsson existence après l’élection présidentielle : « L’argument d’une campagne qui dérape est une farce», a-t-il même lâché au policiers en septembre 2015 et le 4 février, sur France 2 il lançait : «Jamais je n’ai trahi la confiance des Français, si j’avais eu le moindre doute, je ne serais pas revenu » …renvoyant la responsabilité à Copé et aux dirigeants de Bygmalion.

Peut-être… mais la loi française est formelle, c’est le candidat en personne qui est garant de la justesse de ses comptes ! Nicolas Sarkozy les a paraphé lui-même et par ce geste, il s’est porté garant de la sincérité et de la régularité de ses dépenses. Or L’article 113-1 du code électoral punit d’un an de prison et de 3 750 euros d’amende tout candidat ayant déclaré des «éléments comptables sciemment minorés».

Candidat …ou pas ?

Cette nouvelle mise en examen peut-elle l’empêcher juridiquement de disputer la présidentielle ? Non tant qu’il n’est pas condamné. Ce matin son rival des primaires Alain Juppé rappelait non sans malice ( en lui apportant son soutien sic !) qu’il bénéficiait de la présomption d‘innocence. Rien ne s’oppose pour l’instant à sa candidature aux primaires. D’autres plus facétieux font remarquer a contrario que ce serait un bon prétexte pour ne pas y aller, et éviter ainsi une défaite devant …Juppé !

Attentats : la commission enquête

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 février 2016 13h18 | Comments Off on Attentats : la commission enquête

Trois mois après les attentats de Paris des disfonctionnements dans les secours ont été mis en évidence par la commission d ‘enquête parlementaire. Des victimes entendues hier  par la commission, ont raconté les ratés des dispositifs d’aide et d’information et questionné la responsabilité de l’Etat.

bataclan

Le Bataclan

Parmi toutes ces auditions l’étonnant témoignage de Caroline Langlade, vice-présidente de l’association « Life for Paris – 13 novembre 2015 », pendant trois heures elle est restée enfermée dans une loge au Bataclan avec quarante personnes, la porte était barricadée par un frigo et un canapé. Un djihadiste a tenté de se faire passer pour un gendarme pour qu’on lui ouvre. Demande rejetée par « vote à main levée ».

 Incompréhension.

Pendant ce temps-là elle essayé d’appeler la police, elle est tombée sur une policière qui a lui a demandé de parler plus fort ! Elle lui a répondu qu’elle ne pouvait pas car elle était otage et qu’il y avait un terroriste dans le couloir. Puis la policière lui a reproché d’occuper la ligne alors qu’il pouvait y avoir une véritable urgence, enfin elle lui a raccroché au nez en lui lançant « tant pis pour vous… »

« Il a fallu, dit la jeune femme que j’appelle ma maman à Nancy pour qu’elle appelle la police de Nancy et leur communique les informations ».

Numéros de téléphone saturés, identifications tardives, institut médico-légal dépassé…les témoignages à charge s’accumulent mais aussi les interrogations.

De légitimes interrogations.

Ainsi comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu de fouille à l’entrée du Bataclan alors que des années auparavant un terroriste avait révélé qu’il envisageait d’attaquer la salle de spectacle ? Les victimes sont également revenues sur la personnalité du coordinateur Abdelhamid Abaaoud, comment se fait-il qu’un terroriste interdit de territoire français et européen se retrouve à diriger une attaque de cette ampleur s’est interrogé le trésorier de l’association « 13 novembre ».

Mauvaise communication.

Il a eu en outre de nombreux disfonctionnement dans la communication aux familles ainsi Sophie Dias a perdu son père, de nationalité portugaise, devant le Stade de France. Le consulat du Portugal lui a appris sa mort le 14 novembre, l’appel des autorités françaises n’est venu qu’un jour et demi plus tard.

Un médecin a eu connaissance la mort de sa fille par des tweets envoyé par des inconnus, alors que l’autorité était incapable de lui confirmer l’information. On se souvient d’ailleurs d’un cas comparable avec une des victimes belge du bataclan. Le liégeois Milko Jozic.

Plus jamais ça.

Une commission d’enquête parlementaire, ce n’est pas un tribunal comme la rappelé son président, elle cherche « la transparence », « la vérité » et « des solutions ». En espérant que la prochaine fois ces disfonctionnement ne se reproduisent plus… en espérant surtout qu’il n’y a pas de prochaine fois !

Copé en primaires.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 février 2016 13h34 | Comments Off on Copé en primaires.

En France il y a désormais pléthore de candidats pour la primaire du parti «  Les Républicains ».  Jean Francois Copé s’est déclaré hier, il rejoint Alain Juppé, François Fillon et quatre autres déjà en lice. Quant à Nicolas Sarkozy, le président du parti il n’est toujours pas rentré dans la course.

copé rtl

 

Je ne sais pas si début 2015 Nicolas Sarkozy imaginait que son retour en politique serait aussi compliqué. J’ai plutôt l’impression qu’il croyait arriver tel un sauveur et que tous se rassembleraient derrière lui pour le ramener sur le trône usurpé par François Hollande. Mais voilà c’est un peu comme le retour de Napoléon en 1815… L’aigle vola de clocher en clocher avant de s’abattre épuisé sur la morne plaine de Waterloo !

Déjà 7 candidats.

Pourtant ça avait bien commencé je me souviens de son premier meeting dans la banlieue de Lille, en Novembre 2014, dans une salle trop petite pour « faire masse ». Ce soir-là  il avait effectivement un côté Napoléon débarquant de l’ile d’Elbe. Côté  Napoléon vous connaissez la suite… pour son lointain successeur elle est en train de s’écrire. Il y aujourd’hui pas moins de sept candidats aux primaires de la droite : Alain Juppé, François Fillon, Nadine Morano, Frédéric Lefebvre, Hervé Mariton et Jean-Frédéric Poisson. Bruno Le Maire se lancera  le 23 février, Nathalie Kosciusko-Morizet probablement mi-mars et Nicolas Sarkozy pas avant la fin de l’été. Enfin jean Pierre Raffarin n’ira pas mais soutient Juppé.

Sarko veut un programme.

Le président du parti a bien essayé ce weekend de les prendre de vitesse lors conseil national de « Les Républicains ». Il y a dessiné les grandes lignes d’un « projet collectif », en clair du programme que le parti devrait défendre aux prochaines élections. Dans son discours prononcé en l’absence de ses rivaux, il martelé que c’était à lui, président du parti, de définir le programme, sans attendre les résultats des primaires.

Evidement ce n’est pas comme ça que ça marche. Chacun des candidats a son propre programme et certains divergent nettement de la ligne Sarko. Ainsi François Fillon depuis des mois, aidé par des conseillers et des experts, est en train d’élaborer une politique libérale de rupture qui a sa propre cohérence. Les autres aussi ont leur programme Juppé, Copé, Le Maire…et ils les présentent partout en France à l’occasion des dédicaces de leurs bouquins respectifs.

Un improbable ticket.

Comme aux Etats Unis, d’où vient le modèle, la synthèse se fera après les primaires. D’ailleurs souvent aux Etats Unis le vainqueur des primaires prend comme candidat vice-président un de ses anciens adversaires. En France il n’y a pas de vice-président mais par exemple Francois Hollande a pris comme premier ministre Manuel Valls qui fut pourtant son adversaire dans les primaires du PS en 2012.

Sauf que je ne sais pas pourquoi j’imagine mal Sarkozy premier ministre de Fillon, ou Juppé celui de Sarkozy. C’est presque aussi incongru que d’imaginer Donald Trump et Jeb Bush sur le même ticket.

Comme disait autrefois le leader communiste Georges Marchais, cher aux imitateurs des années 70… « L’union est un combat ! »

Remaniement : trois verts pour un Ayrault

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 février 2016 18h19 | Un commentaire>

Le remaniement ministériel attendu s’est donc produit jeudi en fin d‘après-midi avec deux retours: celui de l’ancien premier ministre Jean Marc Ayrault, et celui des écologistes qui récupèrent trois portefeuilles.

Jean Marc Ayrault.

Jean Marc Ayrault.

Sa fille cinéaste lui a consacré un documentaire, « Mon père ce Ayrault », avec évidemment un jeu de mot … Un héros somme toute modeste qui après avoir quitté Matignon est tout simplement retourné vivre chez lui en Loire Atlantique gardant juste son mandat de député et reprenant la route l’été avec son combi Volkswagen, souvenir de ses années de jeunesse .

Un germanophile.

Il y a tout un monde entre l’ancien maire de Nantes et Laurent Fabius son flamboyant prédécesseur, fils d’un grand antiquaire, bardé de diplômes et qui fut longtemps le favori de François Mitterrand. Jean Marc Ayrault a lui commencé sa carrière comme modeste professeur d’allemand, mais sa maitrise de la langue de Goethe et son maintien sobre et modeste devraient lui servir dans ses relations avec Berlin, on dit d’ailleurs qu’Angela Merkel l’appréciait beaucoup quand il  était Premier Ministre. Par ailleurs son retour au gouvernement est une main tendue à la gauche du PS, ses positions économiques sont en effet beaucoup moins libérales que celles du duo Valls-Macron.

Que trois verts s’épanouissent.

L’autre retour est celui des écologistes. Trois portefeuilles pour les verts mais deux pour des dissidents Jean Vincent Placé et Barbara Pompili et un, le logement, pour la secrétaire nationale du parti EELV (Europe Ecologie Les Verts ) Emmanuèle Cosse, qui ces derniers temps était en désaccord avec la direction des verts opposés au retour au pouvoir…

Pour le reste comme prévu Jean Michel Baylet le chef des radicaux de gauche obtient un ministère, l’Aménagement du territoire, 23 ans après avoir quitté son poste de secrétaire d’Etat au tourisme dans le gouvernement Bérégovoy ça ne nous rajeunit pas.

Pellerin prend la route.

Plusieurs départs dont celui de Fleur Pellerin remplacée à la culture par la conseillère culture de François Hollande, Audrey Azoulay, grande spécialiste de la question des intermittents du spectacle. On notera également la création d‘un secrétariat d’Etat à l’aide aux victimes, une création rendue nécessaire par l’actualité douloureuse de ces derniers mois. A noter que le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian et la ministre de l’environnement Ségolène Royal restent en place, tout comme Emmanuel Macron. Enfin François Hollande a nommé trois hommes et sept femmes, histoire de rétablir la parité.

Voilà au moins une promesse qu’il aura tenue…

 

 

 

Liste des arrivées et des départs :

 

Jean-Marc Ayrault (PS) ministre des Affaires étrangères Emmanuelle Cosse ( EELV) ministre du Logement. Jean-Michel Baylet (PRG) ministre de l’Aménagement du territoire. Audrey Azoulay (PS) ministre de la Culture et de la Communication. Jean-Vincent Placé (Vert dissident)  secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État

Barbara Pompili (Vert dissident) secrétaire d’Etat chargée des Relations internationales sur le climat. Juliette Méadel (PS) secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes. Ericka Bareigts ( PS) secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité réelle. Hélène Geoffroy ( PS) secrétaire d’État chargée de la Ville. Estelle Grelier ( PS) secrétaire d’État chargée des Collectivités territoriales.
 Laurent Fabius (Affaires étrangères) , Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Fleur Pellerin (Culture) quittent le gouvernement.

Hollande remanie

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 février 2016 10h08 | Comments Off on Hollande remanie

Journée de grandes manœuvres pour François Hollande. Il va très probablement annoncer un remaniement ministériel dans la matinée, et ce soir il sera en direct sur les principales chaînes de télévision françaises. Hier l’Assemblée Nationale a adopté à une grande majorité la déchéance de nationalité qui faisait tant débat.

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317 voix pour 199 contre l’inscription de la déchéance de nationalité dans la constitution, a été adoptée avec une majorité confortable. Alors bien sûr les opposants parlent de gâchis et évoquent l’unanimité qu’on aurait pu espérer après le discours de Francois Hollande devant le congrès. Il a néanmoins réussi à faire voter une partie de la droite sur son projet, et c’est bien la manœuvre qu’il voulait réussir. Maintenant on est encore loin de la fin de ce débat, le texte doit passer au Sénat, puis repasser devant l’Assemblée et ce n’est qu’alors que François Hollande convoquera ou non le Congrès, c’est à dire l’ensemble des parlementaire pour faire entrer ce texte dans la constitution. Il faudra alors rassembler 3/5ème des voix, des députés et des sénateurs ensemble.

N’en doutez pas le président sera très largement interrogé à ce sujet ce soir à la télévision.

Grand ou petit remaniement ?

L’autre sujet du jour c’est bien le remaniement ministériel, rendu obligatoire par le départ de Laurent Fabius. Alors les spéculations vont bon train : petit remaniement, grand remaniement…

Une chose est quasiment sûre, le président des radicaux de gauche Jean Michel Baylet va entrer au gouvernement pour un portefeuille qui reste à déterminer. On parle de l’agriculture, à la place de Le Foll, c’est fou ! Pour le reste c’est le flou aux Affaires Etrangères le nom les plus souvent cités sont ceux de Ségolène Royal et Jean Marc Ayrault, l’ancien premier ministre. Si Ségolène quittait l’environnement, un vert pourrait lui succéder. Mais là c’est l’inconnue un vert du parti des verts ou un verts dissident ? C’est un peu le verre à moitié plein…

On évoque aussi le cas du ministre de la défense Jean-Yves Le Drian qui cumule son ministère avec la présidence de la région Bretagne, restera –t-il ? partira-t-il ? Choisira-t-il les embruns ou les Rafales ?

Une admonestation pour macron ?

Enfin ce matin certains facétieux imaginaient que le jeune et brillant ministre de l’économie Emmanuel Macron pourrait prendre la porte. Hier il s’est permis à son tour de critiquer le projet de déchéance de nationalité, disant que ça lui posait un problème psychologique. Je pense que ça n’ira pas jusqu’au limogeage, mais il se prendra surement un petit remontage de bretelle sur le thème, « tes états d’âmes tu les gardes pour toi. »

Aller plus que quelques heures à patienter pour tous ce ministres putatifs qui ont passé la nuit à côté d’un coup téléphone…qui pour la plupart n’a pas sonné…