Archives du novembre, 2015

Les blindés de Bruxelles vus de Paris.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 novembre 2015 12h51 | 2 commentaires

Les médias français relayent bien évidemment ce qui se passe à Bruxelles, mais certains éditorialistes français se demandent si le gouvernement belge n’a pas exagéré en plongeant Bruxelles dans un blackout social.

Militaires rtl

 

Bruxelles tétanisée, Bruxelles plongée dans le coma, la capitale de l’Europe en congé…Quelques titres péchés au hasard ce matin.

Alors oui beaucoup se posent des questions sur l’action du gouvernement belge : « Pourquoi mettre des militaires dans les rues alors que les terroristes visiblement n’y sont pas ? »  Sous-entendu à Paris on a subit des attentats, et on déplore 130 morts, mais vous pas, alors pourquoi ces militaires, ces blindés et ces écoles fermées ?

Etonnement

Leur interrogation vient du fait que les Français et plus particulièrement les médias parisiens n’imaginent pas la proximité réelle qui existe entre les Belges (surtout francophones) et la France. Quand je leur explique qu’ici aussi on a respecté la minute de silence que tout le  monde était devant sa télévision vendredi 13, et même qu’il y avait des victimes belges à Paris, je suscite l’étonnement. Il faut alors rappeler tout simplement que Bruxelles est plus proche de Paris que Lyon ou Bordeaux.

Une expérience différente.

Il est vrai que la Belgique n’a pas la même expérience que la France de ce type de situation de crise. A Paris le plan « Vigipirate » est pratiquement d’application non stop, depuis les attentats de 1995, donc on sait disons gérer la menace avec plus de recul qu’à Bruxelles. Cela dit le weekend qui a suivi les attentats, Paris se trouvait  dans une situation comparable à Bruxelles : écoles, musées, cinémas, grands magasins fermés. Mais au bout de 48 heures le mort d’ordre a été de revenir à la vie normale, en faisant preuve de prudence certes, mais en reprenant ses activités, ainsi les écoles étaient ouvertes dès le 16 Novembre.

La spécificité du Kamikaze.

De toute façon il est imposable de tout surveiller, tout le temps et partout.

La particularité d’un kamikaze c’est qu’avant d’avoir frappé il est invisible et qu’après il est mort ! Il ne frappe qu’une fois contrairement aux terroristes « classiques » c’est pourquoi il est si difficile de les empêcher d’agir en amont. En revanche il est vrai qu‘une surveillance et une protection efficaces peuvent le contraindre à se faire exploser tout seul.  C’est ce qui s‘est produit au stade de France .

Donc on peut penser que l’ « l’état de siège » de Bruxelles sera levé tôt ou tard et qu’on retournera assez vite à l’école. En revanche il va falloir s’habituer à les voir protégées par des policiers et des militaires.

Attentats : hommage national aux Invalides

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 novembre 2015 11h31 | Comments Off on Attentats : hommage national aux Invalides

Après une longue réflexion sur l’opportunité d’une telle initiative, l’Elysée a finalement tranché, François Hollande présidera une cérémonie d’hommage national aux victimes des attentats de Paris, le vendredi 27 novembre à 10H30 aux Invalides.

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La cérémonie se déroulera donc 15 jours après les attentats, pourquoi ce délai ?  Tout simplement parce qu’il est difficile à organiser compte tenu du nombre de victimes. Même s’ils sont désormais tous identifiés, tous les corps n’ont pas encore été rendus à leurs familles, il faut leur laisser le temps d’organiser les obsèques et de commencer leur deuil. Par ailleurs l’Elysée souhaite qu’un maximum de blessés soient présents, les moins sévèrement atteints auront eu la possibilité de récupérer un peu et donc d’être présent aux Invalides. Enfin le président veut associer au maximum les familles, or d’après le ministère de l’intérieur ça signifie qu’il va falloir contacter et inviter plus d‘un millier de personnes.

Sarkozy aussi.

Toutes les autorités de l’Etat seront bien entendu représentée, y compris Nicolas Sarkozy comme ancien président,  et l’on penser que Valery Giscard d’Estaing y sera également, Jacques Chirac en revanche sera probablement absent compte tenu de son état de santé. Ce sera bien sur une cérémonie républicaine, mais on ne peut pas exclure la présence de dignitaires religieux, représentant les principaux cultes pratiqué en France.

Les Invalides terre de symbole.

La cérémonie se déroulera donc aux Invalides, où se trouve le tombeau de Napoléon et le musée de l’armée, mais qui est surtout un bâtiment extrêmement symbolique puisque construit à partir de 1670 sur l’ordre de Louis XIV pour accueillir les soldats  français, blessés, invalides ou indigents. C’est toujours un hôpital ou vivent des militaires victimes ces dernières années de combats au Liban, en Afghanistan, en Afrique…C’est dans la cour d’invalides qu’on rend également hommage aux soldats tombés victimes de leur devoir,  des obsèques officielle y ont lieu régulièrement.

Morts pour la France.

C’est aussi dans la cour des Invalides qu’on rend hommage aux grand hommes de la République, c’est par exemple là que se sont tenues les obsèques de l’ambassadeur Stéphane Hessel, l’auteur de « Indignez-vous », ou plus récemment de l’ancien premier ministre Pierre Mauroy.

Rendre hommage aux victimes des attentats aux Invalides c’est en quelques sortes les assimiler à des soldats tombés au combat. Ils sont comme on l’écrit sur les monuments : « Morts pour la France. »

 

 

Beaujolais oui ! Daesh non !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 novembre 2015 12h24 | Comments Off on Beaujolais oui ! Daesh non !

Nous sommes le troisième jeudi de novembre, et pourtant pour la première fois depuis les débuts de Champs Elysées en 1994, je n’ai pas dès minuit dégusté le Beaujolais nouveau.  

 Beaujolais

 

J’avais complétement oublié que c’était aujourd’hui le jour du Beaujolais nouveau…

Comme tout le monde sidéré, abasourdi, révolté par les attentats de Paris, je voulais ce matin vous proposer un papier de plus sur la menace terroriste, les techniques de Daesh, le prétendu Etat islamique, l’impuissance face aux Kamikazes etc…

 Un vin d’amis

Et puis je me suis dit que justement ne pas parler du Beaujolais ce serait d’une certaine manière offrir une victoire à ces barbares imbéciles.

Je ne déclarerais pas comme Napoléon au sujet du Champagne, que le Beaujolais est nécessaire dans la victoire et indispensable dans la défaite, mais je dirais que c’est un compagnon amical et que par les temps qui courent un peu d‘amitié, ça fait pas de mal… et pourquoi pas la faire passer par un verre de Brouilly, de Fleurie ou de Saint Amour bien sûr.

Tous au bistro !

 Vous savez peut-être qu’en France les cafetiers ont lancé une opération « Tous au bistro » pour nous remontez le moral  et il y a même ce soir  sur la place de la République, au cœur de la zone des attentats, une soirée intitulée « partouze géante place de la République » . 50 000 personnes ont déjà annoncé qu’elles y participeraient.

Sur internet les appels à aimer la vie et à en profiter se comptent par milliers et parmi les slogans de ces jours derniers il y a un qui me plait particulièrement, ce n’est pas le « je suis la France », ni le désormais classique : « je suis Charlie », ni même le  : «  je suis chien » en hommage à Diesel le chien policier tué lors de l’assaut de Saint Denis. Non, le slogan qui me réjouit le plus sur les réseaux c’est : «  je suis en terrasse ! » sorte de provocation enforme de pied de nez aux minables et lâches assassins de vendredi dernier…

Lettre ouverte à Daesh

Un habitant de Toulouse dont la cousine est morte vendredis a écrit une admirable lettre ouverte à Daesh :

« Cher Daech je te dois un aveu: moi aussi, je suis un pervers et un idolâtre. J’aime la vie, le rock, les restaus et, parfois même, regarder un match de foot. Mea culpa, mea maxima culpa. Je suis un Croisé, comme tu dis. Un Croisé de la liberté, de l’amour et de la convivialité »…. « Ma cousine était une femme libre et heureuse. Horreur suprême, c’était aussi une intellectuelle, qui aimait son métier de prof de lettres … Car oui, chez nous, les femmes ont non seulement le droit d’être éduquées, mais aussi d’enseigner. Tout comme elles ont le droit d’aller où bon leur semble, d’écouter de la musique, de boire de l’alcool et d’aimer qui elles veulent. Bref, de jouir de cette liberté qui vous fait tant horreur.. »

Il faudrait lire cette lettre dans les écoles.

Je ne sais pas vous mais …

Moi là, je boirais bien un petit coup de Beaujolais !

Paris : C’est la jeunesse qu’on assassine.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 novembre 2015 18h23 | 2 commentaires

Revenons sur les attentats de Paris et plus particulièrement sur les victimes dont on connait maintenant le nom et l’histoire, du moins pour 117 d’entre elles sur 129. A parcourir cette liste, on a le sentiment que c’est toute une génération qui a été visée par les terroristes.

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Alban, Guillaume, Nicolas, Priscilla, Claire, Elodie, Ludovic, Quentin, Maxime Thomas, Cedric, Marie, François-Xavier, Lola, Hélène, Bertrand ….et tant d’autres !

Difficile de se détacher de leurs visages souriants et de leurs biographies publiées par la presse. Ils sont nés pour la plupart dans les années 80, ou au début des années 90. Une génération !

Dans le journal libération hier le philosophe Frédéric Worms l’a définie en quelques mots :  « Une génération, bien plus soucieuse mais aussi vivante, bouillonnante, que celles d’avant. Une incroyable génération créatrice, voyageuse, polyglotte. »

 Génération Bataclan

 Ils étaient de cette génération qui n’a pas l’insouciance et l’optimisme de la précédente, née dans les trente glorieuse et qui pensait que l’avenir serait de toute façon meilleur. Quelle différence entre avoir eu 25 ans en 1985 et avoir 25ans  en 2015 ! Pourtant cette génération lucide est néanmoins conquérante et bien décidée à être heureuse, et pourquoi pas le vendredi soir dans la salle du Bataclan ou à la terrasse des cafés entre Bastille et République.

Je me suis un moment demandé comment les journaux avaient pu si vite trouver leurs photos et raconter leurs vies.  Mais aujourd’hui il y a Facebook bien sûr !  Comme disait Andy Warhol : « A l’avenir tout le monde sera célèbre pendant quinze minutes »….On y est … mais ils se seraient bien passés de cette célébrité là…

La jeunesse d’aujourd’hui.

A lire leurs biographies je me rends compte que beaucoup d’ente eux avaient participé à la manifestation du 11 janvier après les attentats de Charlie Hebdo. En janvier  beaucoup d’entre nous avaient le sentiment qu’une époque était finie : Cabu, Wolinski représentaient les années 60 et plus particulièrement l’esprit de mai 68, on avait l’impression que c’était cet esprit-là qui avait été tué. Il y avait beaucoup de nostalgie dans les larmes de janvier, dans celles de novembre il y a la sidération. Car la jeunesse tuée vendredi n’est pas celle d’hier mais celle d’aujourd’hui…

Les assassins aussi.

Il faut également parler des assassins, et là aussi pour la plupart d’entre eux on connait leur biographe, ils ont le même âge que leurs victimes un peu plus jeunes peut être … mais pas le même parcours ! Et pourtant ils vivaient dans le même monde,  un monde où les seconds n’ont pas trouvé la place d’être comme les premiers:  « créatifs, polyglottes, voyageurs… » ou alors l’envers du voyage, non pas la découverte de la vie, mais la découverte de la mort.

Daesh l’a dit dans son communiqué de revendication, les cibles ont été soigneusement choisies. Les terroristes du vendredi 13 savaient très bien qui ils tuaient.

Au troisième jour de deuil il faut impérativement  se poser la question : Comment se fait-il qu’une partie de notre jeunesse en assassine une autre ?

Je n’ai pas la réponse.

François Hollande décore des serviteurs d’Etat un peu particuliers

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 novembre 2015 11h08 | Un commentaire>

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En ces périodes troublées François Hollande délivre beaucoup de décorations, à des victimes du terrorisme ou à des héros du quotidien comme ces Américains qui sont intervenus dans le Thalys. Mais mardi soir il a décoré des serviteurs de l’Etat d’un genre un peu particulier, une autre sorte de héros du quotidien… les standardistes de l’Elysée !

François Hollande le dit souvent, l’Elysée est la maison de tous les Français, et donc en toute logique le numéro de téléphone de l’Elysée est dans l’annuaire. Bien sûr il existe des numéros directs, j’allais dire comme dans chaque administration ou entreprise, mais il y a aussi un standard général, et ce sont les 6 standardistes et leur chef Gérard Duboisset que François Hollande a distingués mardi, en leur remettant la médaille d’honneur des PTT qui est un peu la légion d’honneur des téléphonistes.

Un école de patience

Interrogé notamment par le journal Le Parisien, Gérard Duboisset qui assume la permanence nocturne depuis 25 ans, a raconté les multiples mésaventures que peuvent connaître les standardistes du Président, surtout la nuit. En général, une centaine d’appels à traiter, provenant souvent de Français en détresse qui ne savent plus où trouver de l’aide et qui appellent l’Elysée en dernier recours, comme autrefois on écrivait à la première dame… mais comme il n’y a plus de première dame, on téléphone ! Gérard Duboisset leur conseille de s’adresser aux services sociaux de leur ville, ou d’écrire quand même à l’Elysée où un conseiller leur fera une réponse plus circonstanciée. Des fois ça marche des fois moins, les interlocuteurs sont parfois un peu énervés et comme l’a dit François Hollande dans son discours : « standardiste à l’Elysée c’est une école de patience ».

Plaisantins et contribuables

Il y a bien sûr aussi les multiples plaisantins plus ou moins éméchés, qui tentent la nuit du 31 décembre de souhaiter la bonne année en direct au Président. Il y a les contribuables mécontents qui viennent de découvrir leur feuille d’impôt. Il y aussi ce qu’on pourrait appeler les terroristes du téléphone qui lancent sur les réseaux sociaux un appel à submerger le standard pour défendre telle ou telle cause… et puis bien sûr le plus dangereux : l’imitateur qui se fait passer pour un ami, une vedette, ou un chef d’Etat étranger. Là il faut faire preuve de discernement, car l’Elysée reçoit aussi de vrais appels.

Les vrais appels

C’est ainsi qu’un certain Mohammed VI a demandé un soir à parler au Président, et qu’il a patienté de longues minutes en écoutant de la musique le temps que les services de sécurité vérifient l’origine de l’appel. Manque de pot c’était le vrai qui a lancé à Gérard Duboisset : « Vous avez cru que c’était une blague ou quoi ? » J’imagine la réponse : non non majesté, mais on a eu du mal à localiser le Président qui n’était ni dans sa chambre, ni dans son bureau…

A RTL aussi !

Hé oui, je vous le dis une école de finesse et de patience à l’Elysée mais aussi dans bien d’autres endroits. Permettez-moi d’ailleurs d’en profiter pour saluer, féliciter et remercier nos standardistes, les standardistes de RTL qui eux aussi bien souvent mériteraient une médaille…

Marine Le Pen ne fait plus peur !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 novembre 2015 15h59 | 2 commentaires

 Un récent sondage a démontré que 52% des Français ne seraient pas gênés par une victoire du Front national aux élections régionales. Elles se tiendront dans un mois en France.

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Le scrutin régional en France se déroulera les 6 et 13 décembre, le Front national pourrait emporter deux régions, le Nord-Picardie avec Marine Le Pen et la région Provence Alpes Côte d’Azur avec Marion Maréchal le Pen. Selon un sondage TNS Sofres- pour RTL 52% des personnes interrogées « ne seraient pas gênées » de voir le parti de Marine Le Pen s’emparer de la présidence d’un conseil régional. 35% trouveraient même cela normal et 17% sont indifférents.

Dédiabolisé.

L’opération  normalisation du FN a réussi. Rien ne s’y oppose plus ni les bisbilles entre Jean Marie le Pen et sa fille, ni même la démission annoncée hier avec fracas du député européen Aymeric Chaparde, impliqué dans l’évasion des pilotes de l’affaire dite «  air cocaïne »,ce qui avait rendu la présidente du FN furieuse. En effet on peut difficilement essayer d’incarner le parti de l’ordre et de la sécurité, tout en participant à une opération de barbouze pour exfiltrer des gars pas très clair dans une affaire de blanche…

Un scrutin favorable au FN.

Le scrutin des régionales se prête particulièrement bien à la stratégie du FN, car 50 % des français ne savent pas qui dirige leur région. C’est un échelon du pouvoir qui leur est largement étranger à part dans les régions à forte identité culturelle comme l’Alsace ou la Corse. Donc il y aura une faible participation, ce qui favorise les partis protestataires qui mobilisent mieux. Ensuite comme ce scrutin ne dit pas grand-chose à la plupart des gens, les électeurs ne vont pas voter sur le bilan des équipes sortantes, ils vont en faire une élection nationale, un vote sanction du gouvernement. Enfin les partis démocratiques n’arrivent pas à s’entendre pour constituer un front républicain, un « tout sauf marine ». Seul l’UDI le parti centriste a dit qu’il se désisterait pour le PS ou pour les républicains de Sarkozy s’il arrivait derrière eux. Mais du côté de Sarkozy on  est toujours dans la stratégie du ni, ni…Ni FN, ni PS.  Quant au PS le patron du parti Jean Christophe Cambadélis a déclaré que les Républicains étaient des adversaires et le Front National des ennemis, avec ça on ne va pas bien loin…

La reine des Flandres (françaises)

Ainsi Marine le Pen pourrait bien dans un mois diriger une région de 6 millions d’habitant, grande comme la Belgique et qui s’étendra de Lille à Chantilly aux portes de Paris. Or ça va nous poser problème, la Belgique est le principal partenaire étranger de la région Nord ! Après les municipales de 1996 de nombreuses communes belges avaient rompu leurs accord de jumelage avec des villes françaises tombées dans l’escarcelle du FN. Mais là ce ne sera pas du tout la même dimension, notamment pour la Flandre qui a signé en 2001 avec le Nord- Pas-de-Calais une convention qui porte sur la coopération économique, la recherche, l’aménagement du territoire, la politique de l’emploi et la formation professionnelle.

Si j’étais président d’une de nos régions je commencerais à réfléchir.

Les dessous de l’affaire Lucette

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 novembre 2015 10h15 | 2 commentaires

Vous vous souvenez de Lucette cette infirmière retraitée que François Hollande a rencontrée près de Nancy lors d’une visite qui était tout sauf spontanée et qui a fait scandale. Cette mésaventure montre une évolution des médias, auparavant ça serait passé comme une lettre à la poste.

 

Saliha Brakhlia et Lucette

Saliha Brakhlia et Lucette

 

Il y a quelques jours  je vous rappelais que ce genre de rencontre pseudo spontanée, existait depuis longtemps et que depuis longtemps les équipes du président passaient avant  la visite « spontanée »pour tout organiser. Au-delà de l’affaire Lucette on se souvient de ces salariés sélectionnés en fonction de leur taille dans les usines que visitait Nicolas Sarkozy.

Une info permanente.

Déjà à l’époque le subterfuge avait été révélé par  un journaliste un peu curieux.  Le plus drôle que c’est que ça n ’a pas servi de leçons aux communicants qui entourent Français Hollande pas plus d’ailleurs que la fameuse affaire Léonarda quand la jeune Rom expulsée est apparue à la télévision pour répondre au président  quelques secondes à peine après l’allocution de François Hollande à son sujet.

Même si depuis le président a changé d’équipe celle-ci n’a pas encore compris que dans leur besoin d‘information permanente et immédiate les chaines tout info comme BFM TV, mettent des gens partout tout le temps et posent toutes les questions y compris les plus iconoclastes.

 L’école « petit journal ».

Ainsi traditionnellement dans une visite présidentielle, les journalistes qui suivent le président vont aux même endroits que lui, arrivent un peu avant, repartent un peu après, voyagent en car derrière son cortège et rentrent en avion avec lui. Qu’est ce qui s’est passé à Nancy ?  Saliha Brakhlia la journaliste de BFM TV  n’est pas rentrée à Paris, elle est allée revoir Lucette. Et Lucette lui a tout raconté, les conseillers de l’Elysée qui l’avaient briffée, les chaises, le café, les tasses amenées par la mairie etc… Et ce n’est pas par hasard si cette journalistes est retournée chez Lucette, elle l’a fait exprès, elle a été embauchée pour ça !

Avant elle travaillait pour le petit journal une émission de Canal + qui ne fait que ça, essayer de prendre les politiques au pièges et  décrypter leurs « coups de com. ». Sauf que là on est passé d’une émission à caractère satirique et relativement confidentielle  à du news pur, repris par tous les médias !

Le jeu a changé.

Ne nous leurrons pas, tous les journalistes ont toujours su que ce genre de rencontres étaient plus ou moins préparées. Mais ils jouaient le jeu. Ce qui les intéressait c’était suivre le président et pas les détails plus ou moins anecdotiques. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si c’est Jean-Philippe Schaller un journaliste travaillant pour la TSR et la RTBF qui avait découvert en 2009 l’histoire des salariés de petites tailles. Jamais un journaliste politique français « classique » ne se serait intéressé à ça, et même s’il l’avait su il en aurait ri mais n’en aurait pas parlé. Visiblement la donne a changé.

Dans la guerre que se livrent communicants et journalistes, les journalistes de BFM TV ont marqué un point. J’attends avec curiosité la riposte des communicants…

Goncourt, Renaudot, Femina que valent les prix littéraires ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 novembre 2015 12h59 | Comments Off on Goncourt, Renaudot, Femina que valent les prix littéraires ?

C’est la saison des prix littéraire le Goncourt et le Renaudot ont été délivré mercredi, hier le prix Femina 2015 a été attribué à Christophe Boltanski pour « La cache ». Deux questions nous brulent les lèvres chaque année : ces prix sont-ils truqués ? Et surtout est-ce qu’ils distinguent vraiment les meilleurs écrivains…

Les frères Goncourt par Nadar

Les frères Goncourt par Nadar

 

 « Malheureux ! Vous voulez me fâcher avec le monde de l’édition m’empêcher d’avoir le Goncourt un jour ! Jamais je ne répondrai à ces questions ! »

Bon sérieusement…On n’est plus en 1958, quand le journaliste Alain Ayache âgé alors de 16 ans s’était caché dans le placard de la salle du restaurant Drouant, pour espionner les délibérations du Goncourt. Il avait alors révélé toutes les magouilles et les petits arrangements entre éditeurs, pour favoriser l’un ou l’autre. Les jurés Goncourt étant eux-mêmes écrivains ils récompensaient ainsi leurs employeurs à tour de rôle. C’était l’époque de la domination   « Galligrasseuil… » Gallimard- Grasset- Le Seuil…

Des petits aussi.

Les choses ont changé car depuis environ 25 ans d’autres éditeurs ont réussis à franchir la porte , ainsi l’éditeur de Mathias Enard n’est autre qu’Acte sud, maison fondée par le belge Hubert Nyssens et dirigé aujourd’hui par sa fille Françoise. Pour autant, même si le jeu est plus ouvert, c’est un petit monde qui regroupe écrivains, éditeurs, journalistes et même lecteurs. Ainsi Delphine de Vigan, qui a dé »croché le Renaudot n » n’est autre que la compagne du journaliste t François Busnel, présentateur de la « Grande librairie » sur France 5. C’est un peu le Bernard Pivot d’aujourd’hui, bon vous allez me dire la grande librairie c’est pas « Apostrophe » à la grande époque. Certes mais l’émission réuni quand même 500 000 téléspectateurs chaque semaine soit autant de lecteurs potentiels. De là à dire que sa compagne a bénéficié d’un petit coup de pouce, je ne le ferai pas ! C’est une excellente auteure, mais à ce niveau-là ils le sont tous, de vrais pros, d’où la difficulté du choix.

Proust Oui, Céline non.

Et c’est là qu’arrive la deuxième question, le Goncourt et les autres distinguent ils les plus grands écrivains ? Le Goncourt a consacré Marcel Proust en 1919 mais raté le Voyage au bout de la nuit Céline en 1932…le lauréat de cette annone-là s’appelait Guy Madelize, Goncourt 1932 pour Les loups … aujourd’hui un illustre inconnu. Céline a néanmoins le Renaudot . Qui est un peu traditionnellement le prix de consolation remis juste après le Goncourt au même endroit. Le Renaudot a été créé chez Drouant en 1926 par dix journalistes et critiques littéraires, qui attendaient s’ennuyaient en attendant les résultats du prix Goncourt. Ces dernières années un Goncourt se vendait à environ 400 000 exemplaires, un Renaudot à 200 000.

Un certain palmarès.

Au final au palmarès du Goncourt vous trouvez plein d’écrivain célèbre André Malraux, Simone de Beauvoir, Romain Gary, Eric Orsenna, Maurice Genevoix, Michel Tournier, Félicien Marceau, Henri Troyat, Marguerite Duras et aussi plein d’inconnus…à la mode de leur temps et disparus depuis, c’est pourquoi je ne me prononcerai pas sur les plus récents : NDiaye,Houllelebecq, Jenni, Ferrari, Lemaitre, Salvayre.

Pour répondre plus clairement aux deux questions :

Les prix sont-ils truqués ? Moins qu’avant !

Et désignent-ils de grands écrivains ? Parfois !

Le « fait maison » ne fait pas recette

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 novembre 2015 09h40 | Un commentaire>

En juillet 2014, une loi créait en France le label « fait maison » destiné aux  restaurateurs qui cuisinent leurs plats sur place à partir d’ingrédients frais. Un an plus tard une enquête administrative démontre que ce label est finalement très peu utilisé.

Logo "fait maison"

Logo « fait maison »

 

En fait aucune des grandes chaines de restauration n’a adopté ce label, et dans des restaurants plus modestes vous la chercherez en vain. En fait ce label est utilisé de manière très exceptionnelle…

Une révolution industrielle.

Pourquoi ? Parce qu’il arrive peut être un peu tard. La révolution industrielle dans la manière de préparer des plats  est intervenue depuis une vingtaine d’années, combinée à des normes d’hygiène de plus en plus sophistiquées, elle a induit des comportements sur lesquels il est pratiquent impossible de revenir. Ainsi nettoyer une salade fraiche, utiliser des œufs est devenu extrêmement rare dans une cuisine. Les salades sont en sachets, et les œufs en brique de carton blancs d’un côté, jaunes de l’autre. Quant aux légumes la plupart du temps ils sont prédécoupés et prélavés dans des emballages conditionnés.

Un surcoût important.

La plupart des professionnels estiment qu’ils auraient besoin de 20 à 30% de main d’œuvre supplémentaire pour réaliser un plat entièrement «fait maison». Et hormis les restaurants étoilés, hors concours,  rares sont les restaurateurs qui ont les moyens d ‘embaucher un commis uniquement pour éplucher les légumes.  Alors bien sûr il y a des niveaux différents dans ceux qui utilisent les recours de la cuisine industrielle. Il y a un monde entre le « fast food » et certains restaurants de quartier, où l’on s’efforce encore de mitonner le bœuf bourguignon plutôt que de l’acheter tout préparé sous vide.

Un effet pervers.

Le problème c’est qu’il est très difficile de réaliser un plat entièrement fait maison. Et là je reviens aux légumes… Et même quand ça existe, certains patrons décident de ne pas l’indiquer à la carte, car cela crée une discrimination entre les plats fait maison et les autres. Et finalement le résultat est contraire à l’effet escompté. Le client ne voit plus que les plats qui ne sont pas tout à fait, « fait maison. » Ainsi les professionnels contrôlés par l’enquête administrative affichent bien la mention désormais obligatoire «les plats faits maison sont élaborés sur place à partir de produits bruts», mais la plupart ont décidé de ne pas apposer le logo «fait maison» sur les plats de leurs cartes.

 

Le flair plutôt que le label.

Reste au consommateur les vieux réflexes de bon sens. Le « confit de canard pommes sarladaise » et « le mi-cuit de moelleux au chocolat» à la carte dans un bistrot du coin juste à côté du jambon beurre et des croques monsieur, ne vous faite pas d’illusions il y a du micro-onde la dedans.

En revanche chez certains restaurateurs traditionnels, on n’est pas loin du vrai fait maison. Un indice qui trompe rarement : une carte courte, avec peu de produits et qui  change régulièrement, c’est le signe que le marché est fait tous les jours…

Car au fond  on n’a pas forcément besoin d’un label pour ne pas manger idiot !

Hollande : c’était bien chez Lucette

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 novembre 2015 15h55 | Comments Off on Hollande : c’était bien chez Lucette

En France lors d’une visite présidentielle rien n’est laissé au hasard. C’est ainsi que Lucette une retraitée lorraine a été très sérieusement briefée 48 h avant de rencontrer Francois Hollande jeudi dernier.

 

Hollande chez Lucette

Hollande chez Lucette

Elle s‘appelle Lucette Brochet infirmière à la retraite de 69 ans. Toute la France la découverte jeudi dernier quand François Hollande est allé prendre le café chez elle à la bonne franquette, c’était lors d’une visite en Lorraine à Vandoeuvre près de Nancy. En apparence la scène était improvisée, mais Lucette a vendu la mèche.

Des visiteurs prévenants.

48 heures auparavant des « gens de la mairie » sont venus la voir pour lui demander d’accueillir le président dans son tout nouveau logement social. Bien plus beau et confortable que celui qu’elle occupait dans une tour précédemment. Puis ce sont carré »ment des conseiller d d’Elysée qui lui ont rendu visite pour lui expliquer le déroulement de la recentre, creusai el résident allait lui dire et quelles questions elle pourrait poser. « J’avais envie de lui dire qu’il s’occupe beaucoup d’immigrés mais pour ainsi dire pas des clochards qui crèvent dans la rue. Mais ça, il ne fallait pas que je le dise ».

Un service tout neuf.

Jeudi dernier un peu avant l’arrivée du président les « gens de la mairie » sont revenus avec des chaises, des tasses, des soucoupes et un bouquet de fleurs à poser sur la table. Même le café avait été préparé à l’avance dans des thermos. Tout s’est déroulé comme prévu et Lucette à bien posé les questions qu’elle avait répétées avec les conseillers.

Rien d’exceptionnel.

Les réseaux sociaux se sont emballés et certains se sont offusqués, pourtant ce type de préparation présidentielle est un grand classique. Souvenez-vous de Valery Giscard d’Estaing s’invitant à dîner chez les Français, ou encore de Nicolas Sarkozy visitant des usines où l’on avait soigneusement sélectionné des salariés de petite taille pour entourer le président.

Au final Lucette a beaucoup apprécié. Elle même déclaré qu’elle était tombée sous le charme de François Hollande ! Vous voyez, il n’y a pas que Julie Gayet…