Le Front entre au Sénat.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 30 septembre 2014 10h46 | 2 commentaires

 

La presse française revient ce matin sur l’élection deux sénateurs du Front National dimanche. L’évènement est important en soi car pour la première fois le FN a pu disposer de l’appui d’élus des partis de la droite dite républicaine.

Il y a donc désormais 2 sénateurs du Front National (sur 348), dans la haute assemblée française.

Vous allez me dire ça en va pas révolutionner la planète, à deux ils ne pèseront pas sur les débats…c’est vrai !

Mais les conditions de leur élection interpellent. En France le Sénat n’est pas élu par la population mais par ce qu’on appelle des « grands électeurs » qui sont en fait pour la plupart des élus locaux, maires ou conseillers municipaux.  La droite classique a remporté ces sénatoriales car elle avait précédemment gagné les municipales en mai. L’équation est simple un parti fais le plein d’élus locaux aux municipales,  et ceux-ci votent ensuite pour de candidats sénateurs issus de ce même parti.

Les ralliés au Front.

En mai le Front National a réussi à faire élire 11 maire et plusieurs dizaines de conseillers municipaux, mais sur le papier ils n’étaient pas suffisamment nombreux pour élire à leur tour des sénateurs FN, ils ont eu besoin d’un apport extérieur. En fait on estime à 200 les maires et élus issus de petites communes qui ont accordé leurs voix aux candidats du Front  National, sans être membre du parti. Ce qui signifie que dans  le monde des notables de province, du moins dans le sud-est,  il y a désormais une porosité entre la droite classique et le Front National. Les deux élus FN sont respectivement le maire de Fréjus et le maire d’un des secteurs de Marseille.

Pas de cordon sanitaire.

 En France il n’y a jamais eu, du moins officiellement, de cordon sanitaire  entre le FN et le reste de la société. Mais traditionnellement les élus de droite qui s’alliaient avec le FN étaient expulsés de leur parti. Ce fut le cas de Charles Million ancien ministre de la défense de Jacques Chirac qui avait fait alliance en 1998 avec le Front National pour remporter la présidence de la région Rhône-Alpes. Il avait été immédiatement exclu de son parti (l’UDF). A l’époque il n’était pas rare que des responsables de la droite républicaine utilisent des formules comme : «  il vaut mieux perdre les élections que de perdre son âme… »

Le FN croit en son avenir.  

Visiblement cette maxime a perdu de son actualité. Et donc le Front National peu continuer à infuser goutte à goutte dans la société française.  Pour autant il est encore loin du pouvoir, même si Marine le Pen peut espérer être présente au second tour de l’élection présidentielle.

Par ailleurs un symbole me trouble depuis dimanche :

Avec l’élection de David Rachline un sénateur de 26 ans,  le FN détient depuis dimanche le titre honorifique de benjamin du Sénat, comme il détenait déjà celui de benjamin de l’Assemblée Nationale avec Marion Maréchal le Pen, âgée de 24 ans…

 Idées ringardes mais jeunes élus… cherchez  l’erreur !  

 

 

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2 réactions à “Le Front entre au Sénat.”

  1. Conclusion partiale de l’auteur! Être jeune avec des idées soi-disant « ringardes » n’est ni anormal, ni encore moins une « erreur » dès lors qu’elles sont et restent valables! Et c’est aux intéressés, et non à l’auteur, à en juger!

  2.  » porosite droite classique FN  »
    vous etes sur ?
    lors des municipales , il a plustot été constatée une
    porosité PS / FN …ce qui , manifestement,refletait  » rue  » ;
    pourquoi n’en aurait il pas été de meme cette fois ci ?