Libération : ceci n’est pas un Journal.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 février 2014 18h56 | 2 commentaires

 Le quotidien français Libération traverse une crise très grave qui pourrait aboutir à sa disparition. Le journal fondé par Jean Paul Sartre perd beaucoup d’argent, et son actionnaire principal a proposé un plan de relance qui passe par un déménagement et une réaffectation des locaux en espace culturel.

Ce projet a déclenché une fronde de la rédaction, sur le thème « nous sommes un journal et pas autre chose. »

 

 « Nous sommes un journal, pas un restaurant pas un réseau social pas un espace culturel, pas un plateau télé  pas un bar pas un incubateur de Start up… » 

 C’était le titre de Libération samedi 8 févier. Le jour où la rédaction pris le pouvoir dans le journal contre les actionnaires et leur projet de relance. En ligne de mire Bruno Ledoux propriétaire de la majorité des actions et du siège historique du journal 11 rue Béranger à Paris à deux pas de la place de la République. En fait un ancien garage dont la rampe d’accès (la vis en langage Libé) dessert les différents services.  

 Un bras de fer.

 Ledoux en a marre d’éponger environ 1milliosn d’euros de pertes par an, et il a proposé de faire déménager le journal et transférer son immeuble « en Flore du 21 ème siècle ». Référence au café mythique de Saint Germain des prés où Sartre et les existentialistes,  se réunissaient dans l’après-guerre, pour y boire, manger, discuter, écrire… Et surtout se chauffer car il y avait un gros poêle ! 

Tollé général de la rédaction qui a fait grève et sorti ce numéro « Nous sommes un journal ».

 Demorand démissionne.

 Depuis, le directeur de la publication favorable au projet Nicolas Démorand a démissionné, on lui cherche un remplaçant.  Chaque jour deux pages sont dorénavant consacrées à des tribunes venues du monde entier, où chacun donne son avis sur ce que devrait être Libération.

Certains comme Daniel Schneidermann, l’animateur « d’arrêt sur images »proposent aux journalistes de racheter Libé à travers une souscription sur les réseaux sociaux, et de redémarrer à zéro en privilégiant le web.

 

Le Flore QG de Sartre

Les ventes en baisse.

  Le problème de fond c’est que Libé qui fut au centre de la vie politique et journalistique des années 80 et 90 vend aujourd’hui moins de cent mille exemplaires, alors qu’il frôlait les 200 000 à l’époque. Il a raté faute d’investissements technologiques suffisants le tournant du numérique et il a perdu de gros marchés publicitaires notamment en se payant Bernard Arnaud.  Quand l’homme d’affaire a voulu obtenir la nationalité belge, Libé avait titré : « casse – toi riche con ! »

Conséquence : 150 000 euros de pub en moins, les marques de LVMH  la société d’Arnaud.

La liberté a un prix… 

A la recherche de l’esprit Libé.

Un journal comme Libé très imprégné de sa culture papier,  a-t-il encore de l’avenir ? Où doit- il se transformer en « Libéland » et vendre sa marque et son image pour faire de l’argent ?

Quand je pose la question autour de moi à Paris la réponse est toujours : « Surtout pas ! Libé est un journal pas un restaurant, un bar, un plateau à start up etc… »

Mais quand j’ajoute : « Quand avez-vous acheté Libé pour la dernière fois ? » C’est l’embarras et le silence…

 

 

 

 

« Champs Elysées 20 ans de chroniques sur Bel RTL » de Christophe Giltay, aux éditions “La Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, decitre, rueducommerce, Leclerc, etc…) et sur le site de l’éditeur.

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2 réactions à “Libération : ceci n’est pas un Journal.”

  1. cher mr Giltay ,
    vous vivez à Paris , je crois ;
    Libé vous connaissez et vous avez du suivre ses evolutions ;
    deux remarques :

    1 . libé a perdu ses lecteurs ex soixantes huitards ; qui etaient restés fidèles , malgré leur essor social
    ( eh oui , les etudiants de mai 68 ,sont devenus avocats/medecins/ingés..);
    et , en prenant parti de manière forte , avec leur Sarko bashing …Libé a  » fatigué » ses lecteurs;( comme ils ont fatigué B. Arnauld ).

    2 . les journalistes ne veulent pas quitter la rue Beranger …
    mais , bien d’autres entreprises ont dans leur vie changées de locaux…meme des journaux ( Le Monde par ex.)…;
    il est cocasse de constater que l’on ne parle pas de statut ,
    baisses de salaires , ou autre ,
    mais qu’il est fait tout un buzz , uniquement parce que …la rue Beranger : c’est cool ( entre le Marais et Republique et en plein quartier bobo …);

    alors ? embourgeoisés ? à Libé ?

    en tous cas ( j’ai relu Libé recement ) surement plus accrochés à leurs privilèges qu’a autre chose de l’actualité.
    et c’a , leurs lecteurs le sentent tr!s bien .

  2. « Libération »… ?
    C’était de la pure propagande communiste.