Archives du septembre, 2013

Les eaux usées mesurent la toxicomanie

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 septembre 2013 13h09 | Comments Off on Les eaux usées mesurent la toxicomanie

L’étude des égouts est devenue le meilleur moyen de juger de l’état de la consommation de drogue dans un pays. C’est la conclusion tirée par une étude française, qui en analysant les eaux usées a pu déterminer que les Français étaient les plus gros consommateurs de cannabis en Europe.

 

C’est comme si on pratiquait une immense analyse d’urine à l’échelle de tout un pays. Cinq chercheurs du laboratoire Santé publique-Environnement de l’université Paris-Sud,  ont pu analyser des échantillons d’eaux provenant de 25 stations d’épuration à travers la France, lors de deux campagnes de prélèvement en 2012. Les résultats sont édifiants. A Lille par exemple on a constaté une présence de molécules de cannabis 5 fois plus élevées qu’à Amsterdam…Il faut dire qu’une partie des prélevements avaient été effectués pendant la grande braderie, quand  il y a des gens qui viennent de partout dont pas mal de Belges. En pétard, la maire Martine Aubry a poussé un grand coup de gueule, en contestant les résulats de l’étude.   

 Cannabis quotidien

Les chiffres parlent d’eux mêmes,  les prélèvements des eaux usées démontrent que la consommation de cannabis ne varie pas durant le week-end en France, à la différence de la prise de cocaïne, d’amphétamines ou d’ecstasy. Conclusion : en France, le cannabis n’est pas une drogue «festive», mais quotidienne . Il y a néanmoins des variations selon les régions : la consommation d’héroïne est particulièrement élevées dans le Nord-Est. pour  les amphétamines c’est plutôt le Sud,  en plus du cannabis et de la cocaïne. Les stations balnéaires de la côte sont des endroits propices à la prise de drogue, d’autant que  le Sud est la première région de France sur la «route de la drogue», ce qui entraîne une plus grande disponiblité des produits.

Snif des villes et pétard des champs.

Il y aussi une différence ville campagne. Dans les grandes agglomération la consommation de cocaïne le weekend est 2,5 fois plus importante que celle des petites villes. Ce qui correspond à l’offre, calquée sur le pouvoir d’achat.  Quant aux amphétamines, on n’en trouve trace que dans les grandes métropoles. Héroïne pour les pauvres “amphets”  pour  les  riches, c’est la nouvelle fracture sociale, la lutte des classes au pays des merveilles.  

Les poissons sans poison.

Enfin l’étude a mis en évidence  une présence de méthadone  dans les eaux d’égouts, supérieure aux doses délivrées en pharmacie, ce qui veut dire qu’il y a aussi un ttafic de méthadone. C’est  pourtant un médicament, substitut de l’heroïne, et qui ne devrait être consommé que lors d’un processus de désintoxication.

 Mais me direz-vous toutes ces eaux sont rejetées dans la nature ? Pas de panique ! Les chercheurs ont aussi étudié les poissons, les traces sont infintésimales.

Dons, si vous vous envoyez au ciel avec une truite au bleu ou des quenelles de brochet sauce Nantua, ce sera uniquement  pour des raisons gastronomiques…

Faut-il supprimer deux fêtes chrétiennes ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 septembre 2013 09h37 | 6 commentaires

 En France une nouvelle polémique en perspective autour de la laïcité et de la place de l’islam dans la  République. Une anthropologue française d’origine algérienne,  nommée à l’observatoire de la laïcité, a proposé de remplacer deux fêtes chrétiennes par deux fêtes l’une juive et l’autre musulmane.

 

Dounia Bouzar

 

Dounia Bouzar née à Grenoble en 1964, de père algérien, est une très sérieuse anthropologue française, dont le domaine d’étude est le fait religieux. Elle s’est penchée souvent sur la place de l’islam dans les sociétés occidentales et notamment dans le monde de l’entreprise. Elle publie de livres depuis une vingtaine d’années. Elle vient d’être nommée à l’observatoire de la laïcité, une instance rattachée au premier ministre qui a pour objet d’assister le gouvernement dans son action « visant au respect du principe de laïcité dans les services publics ». C’est le genre d’organisme qui par exemple recommande l’interdiction des signes religieux dans l’administration.

Remplacer l’Ascension par l’Aïd ?

 Pour sa première interview après sa nomination Dounia Bouzar a déclaré : « La France doit remplacer deux fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l’Aïd». Vous imaginez la réaction, tous les sites d’information ont repris cette déclaration. Depuis elle revenue en partie sur ses propos en affirmant qu’il s’agissait d’une pensée pas d’une proposition….

Le président de l’observatoire l’ancien ministre Jena Louis Bianco, a dit de son côté que c’était une piste à étudier mais pas une priorité.

Une stratégie anti-intégristes.

    Et Dounia Bouzar se justifie… «Mon prochain ouvrage, c’est « Désamorcer l’Islam radical », Le discours radical multiplie les occasions de faire croire aux musulmans qu’il y a un complot contre l’islam et fait tout pour séparer les musulmans des autres. Moi, je me suis dit que faire une place symbolique aux fêtes juives et musulmanes pouvait être une manière de leur couper l’herbe sous le pied. Mon obsession, c’est qu’il faut qu’on continue à manger, à nager et à prendre des congés ensemble.»

L’Eglise est contre.

Cité par le Figaro l’abbé Grosjean, secrétaire général de la Commission éthique et politique du diocèse de Versailles, s’insurge : «il faut arrêter de bousculer les repères auxquels les Français sont attachés!». «Ce calendrier est le fruit d’une histoire, d’une culture, un reflet de ces racines chrétiennes qui font partie de notre patrimoine». Quant à Abdallah Zekri président d observatoire contre l’islamophobie il ne veut pas d’ennuis,  il s’oppose à cette idée, et envisage plutôt non pas d supprimer des fêtes chrétiennes, mais de rajouter deux jours fériés, un juif et un musulman.  Vous me direz ça tombe sous le sens, et ça évite la polémique…

Le vrai culte !

 « Quoi deux jours de congés en plus ! » 

Mais ce serait une véritable profanation, un schisme, une hérésie contre le seul Dieu que vénère notre monde moderne …l’argent…

La Valls des Roms

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 septembre 2013 09h07 | Comments Off on La Valls des Roms

 En France le ministre socialiste de l’Intérieur Manuel Valls a semé le désarroi dans son propre camp, en niant la volonté d’intégration de la majorité des Roms.  Pour lui hormis une toute petite minorité, ils ont vocation à rentrer en Roumanie ou en Bulgarie.

 

Manuel Valls

 

Manuel Valls à la radio : « C’est illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations Rom à travers uniquement l’insertion…Les solutions d’intégration ne peuvent concerner que quelques familles il n’y a pas d’autre solution que le démantèlement des campements et les reconduites à la frontière des individus ». 

Des propos « à la limite ».

La droite s’est immédiatement saisie de ce propos avec ironie, déclarant que  si jamais Nicolas Sarkozy avait prononcé de telles phrases, le PS aurait crié à la violation des droits de l’homme.  De nombreux socialistes sont d’ailleurs montés au créneau hier pour nuancer les propos de leur ministre, mais voilà …c’est lui qui est aux commandes. On voit chaque jour des policiers évacuer les camps, et leurs bulldozers écraser les caravanes rouillée et les cabanes insalubres de cette population misérable.

Quoi sont ces Roms ?

Il distinguer ce qu’on appelle en France les gens du voyage des Roms. Les gens du voyage : Manouches, Tziganes, Gitans sont arrivé d’Inde à partir du règne de louis XIV. Pour la plupart de nationalité française,  sédentarisés l’hiver ils reprennent leur voyage en été, c’est eux que l’on voit sur les autoroutes en longs cortèges de caravanes tirées par de grosses berlines. On connait leur célèbre pèlerinage des « Saintes-Maries-de-la-mer », leur figure la plus célèbre est le jazzman Django Reinhardt, qui est né en Belgique…  

   Les Roms sont leurs très lointains cousins qui se sont fixés en Europe de l’est, où ils forment les groupes les plus déshérités de la société.  

La France plutôt que la Roumanie.

Depuis l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne, à peu près  20 000 d’entre eux se sont installés en France dans des bidonvilles. Ce sont ces camps que Valls détruit régulièrement, mais comme leur vie est encore plus misérable en Roumanie ou en Bulgarie, les Roms restent ou reviennent. Sous Sarkozy  la France leur donnait en échange d’un retour au  pays, une somme de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant. Valls a considérablement réduit cette somme à 50 euros par adulte et à 30 euros par enfant, car les Roms empochaient l’argent et une une fois en Roumanie prenaient  le premier car pour revenir.

Un problème insoluble ?

Ce durcissement de la politique intervient opportunément à l‘approche des élections municipales, car bien sur les Roms excèdent les populations  françaises voisines de leurs camps …

 Que dire ?  D’abord que c’est un crève-cœur de voir ces pauvres gens et leurs nombreux enfants, expulsés de leurs terrains boueux par des policiers habillé en Robocop. Mais bien sûr on n’en voudrait pas dans notre jardin… et que celui qui n’a jamais été harcelé par les mendiantes de la gare du Nord jette la première pierre à Manuel Valls.

Libre circulation ?

A cause des Roms la France pourrait s’opposer à l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen. Car alors ils ne seraient plus expulsables…

Quand le mur de Berlin est tombé, on se réjouissant : enfin les intellectuels persécutés, les artistes dissidents, les prix Nobel opprimés allaient être libérés et pourraient venir à l’ouest. On ne s’était pas  imaginé qu‘ils nous enverraient aussi leurs pauvres.

Un job serbe pour DSK

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 septembre 2013 16h50 | Un commentaire>

 Les affaires remarchent pour Dominique Strauss Kahn. L’ancien directeur général du Fonds monétaire international est arrivé  mardi en Serbie. Il a débuté ses entretiens avec le gouvernement, en tant que nouveau conseiller à la politique économique. Devant la presse il a affirmé qu’il  n’était pas rémunéré…du moins pour l’instant

DSK à Belgrade

 Dans son costume sombre d’homme important. Dominique Strauss Kahn a prononcé hier son premier discours de conseiller du gouvernement serbe, au cours d’une conférence de presse à Belgrade. Avec à ses côtés le vice-premier ministre il a dressé un tableau sombre de la situation économique en Serbie. « Il existe de réels problèmes, mais je pense qu’il est possible de trouver des solutions ». Il a du pain sur la planche. En Serbie le chômage atteint les 24% et sa dette publique dépasse désormais les 60% du PIB.

 L’expert.

 Interrogé sur les déboires de DSK avec la justice, le vice premier ministre serbe a répondu que la seule chose qui l’intéressait était ses compétences en matière d’économie. «Nous n’avons pas honte de dire qu’il s’y connaît bien mieux que nous tous en économie (…) et qu’il a plus de contacts dans le monde des finances dans son carnet d’adresses que nous tous ensemble». Il ne sera effectivement pas rémunéré pendant les trois premier mois de sa mission, « on verra ensuite ! » a lancé DSK . On peut penser qu’il sera alors payé au résultat.

Reconversion réussie.

On ne se fait pas d’inquiétude pour lui,  un de ses proches a récemment déclaré qu’il gagnait entre 2 et 3 millions d’euros par an. En effet en plus des conférence qu’il donne un peu partout dans le monde du Japon à l’Afrique, il est également membre du conseil de surveillance de deux institutions financières détenues en majorité par les pouvoirs publics russes: le Fonds russe des investissements directs et la Banque russe de développement des régions, merci Poutine qui décidément aime accueillir les stars françaises en délicatesse avec leur pays…

Une épée de Damoclès …

   En revanche il l’a répété : la politique pour lui c‘est fini ! Quant à la justice il doit encore être jugé pour proxénétisme aggravé dans l’ affaire du Carlton de Lille. Les avis sont mitigés ses défenseurs clament à qui mieux mieux que le dossier est vide et qu’il va s’en sortir avec un non-lieu. Mais les juges ont l’air bien décidés à ne pas le lâcher si vite. Le climat d’ailleurs en France pourrait se gâter encore, on envisage de voter une loi pour sanctionner comme en Suède les clients des prostituées. Bien entendu les lois ne sont pas rétroactive mais bon…un procès c’est aussi une question ‘ambiance générale.

 Un bon gagneur…

 S’il s’en sort avec une forte amende ses amis d’Europe de l’est pourront surement l’aider à régler la note.  Comme disait l’autre jour un client accoudé au comptoir,  chez le fils de Robert : « c’est bien son tour de faire la  P.. »…Enfin, disons de vivre de ses talents…

 

Bijoutier justicier à Nice: une histoire très gênante pour le gouvernement

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 septembre 2013 10h29 | 12 commentaires

Entre 800 et 1 000 personnes ont défilé à Nice hier apres midi, pour demander que la légitime défense soit reconnue au bénéfice du bijoutier qui a tué un braqueur vendredi. De son côté la famille du jeune homme dénonce un assassinat.

Le bijoutier, Stephan Turk, 67 ans a été inculpé pour homicide volontaire vendredi, après avoir tué l’un de ses cambrioleurs qui avait pris la fuite en scooter, il était âgé de 18 ans. Les deux jeunes braqueurs l’avaient préalablement frappé à coups de pied et de poings, pour le forcer à ouvrir son coffre. C’est quand ils ont pris la fuite que le commerçant est sorti de son magasin une arme au poing et qu’il a ouvert le feu a trois reprises. Touchant dans le dos un des voleurs.

 

Pas de légitime défense

Et c’est là tout le problème. Le procureur de Nice a refusé de lui accorder le bénéfice de la légitime défense.  Celle-ci doit être proportionnelle à l’attaque, simultanée, et exercée alors que l’on se trouve sous la menace. Or au moment du tir, le bijoutier n’était plus sous la menace directe des malfaiteurs.

La justice se retrouve donc devant une équation impossible à expliquer devant l’opinion publique. D’un côté un honnête commerçant de plus de 65 ans qui n’a jamais eu affaire à la justice, mais qui comme beaucoup de ses confrères a déjà été attaqué et ouvre tous les matins son magasin la peur au ventre. De l’autre un jeune délinquant qui malgré son âge a déjà été impliqué dans 14 délits….

 

Un million de « like »

La famille du jeune homme et notamment sa sœur en larmes dénonce un assassinat de sang froid et réclame que le bijoutier croupisse en prison. « C’était un délinquant bien sûr mais il ne méritait pas la mort ». De l’autre 1000 manifestants dans la rue à Nice et surtout plus d’un million de « j’aime » sur internet en faveur du bijoutier. Même si certains doutent de la réalité de tous ces soutiens qui proviendraient pour l’essentiel de l’étranger, un groupe activiste aurait pu les alimenter artificiellement… Il n’empêche !

 

Un climat de méfiance

Dans un climat d’insécurité croissant, au moment où 35 %, des Français seraient prêts à voter pour le Front National, c’est une histoire très gênante pour le gouvernement. Dimanche soir François Hollande a rappelé qu’on ne pouvait pas se faire justice soi-même. C’est un principe auquel personne ne peut déroger même si tout le monde comprend la colère du commerçant.  Mais en contrepartie, et c ‘est la toute la difficulté, il faut que la population ait confiance dans la justice et les forces de l’ordre pour arrêter et neutraliser ce genre de petit braqueur. Et là on est loin du compte …

Hollande : ton humble, positions fermes

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 septembre 2013 15h37 | Comments Off on Hollande : ton humble, positions fermes

 François Hollande s’est exprimé hier soir lors d’une longue interview à la télévision. Il est revenu sur l’accord intervenu en Syrie. Pour lui la menace d’une intervention armée doit être maintenue, afin de s’assurer de la réalité du désarmement chimique syrien.

 

François Hollande persiste et signe, il pense que son attitude dans la crise syrienne a été la bonne.  Quand Claire Chazal  lui a demandé pourquoi la France n’était pas partie prenante de l’accord entre Moscou et Washington, il habilement a botté en touche, en rappelant que les ministres des affaires étrangères américains et britannique seraient à Paris aujourd’hui, pour en discuter avec lui-même et son propre ministre Laurent Fabius.  

Une menace nécessaire.

Sur le fond sa position est simple, s’il n’y avait pas eu les menaces de frappe, Moscou puis Damas n’auraient pas donné leur approbation à la mise sous contrôle, puis à la destruction des armes chimiques syriennes.  Pour autant il reconnaît que l’objectif d’un contrôle effectué au plus tard en juin 2014,  paraît un peu illusoire. Certains experts estiment qu’il faudrait plus de dix ans pour s’assurer que l’ensemble de l’arsenal syrien a bien été neutralisé.

L’inversion du chômage.

Les questions sur les thèmes économiques ne l’ont pas démonté,  alors que la situation n’est pas très bonne, et qu’il n’a pas réussi comme il l’avait promis il y a un an à inverser la courbe du chômage. Mais là encore il persévère, et annonce que l’objectif sera bientôt atteint. Il a en fait essayé de prendre un ton rassurant et ferme à la fois.

FN et bijoutier.

Deux choses retiendront encore l’attention dans cet entretien, d’abord l’attitude à adopter face au Front National. A l’UMP certains barons dont François Fillon ne ferment plus la porte à des alliances locales avec l’extrême droite. François Hollande a réaffirmé qu’à ses yeux il y avait une sorte de ligne rouge, en Belgique on dirait de cordon sanitaire, à ne pas franchir entre les partis républicains et les autres. Il a rappelé qu’en 2002, il n’avait pas hésité à demander aux socialistes de voter pour Jacques Chirac,  au second tour de la présidentielle qui l’opposait à Jean marie Le Pen.

 Enfin sur la question difficile du bijoutier de Nice qui a tué un jeune cambrioleur, il a essayé de trouver les mots pour dire que personne ne pouvait se faire justice soi-même. Puis il a prononcé quelques phrases de compassion pour les commerçants régulièrement victimes de braqueurs.

Un style borgen

Dans l’ensemble il est apparu pendant ces 35 minutes d‘interview, assez maître de lui et plutôt à l’aise dans l’exercice, comme s’il avait trouvé enfin sa vitesse de croisière en tant que président   Un président qui ressemble plus à un premier ministre danois (voyez Borgen) , qu’à un monarque républicain façon Vème République

Pas particulièrement brillant, pas tonitruant, pas exceptionnel, mais présent à la barre…normal quoi !

La France du futur

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 septembre 2013 15h22 | Comments Off on La France du futur

François Hollande a présenté  à l’Elysée les « 34 plans de bataille » pour doper l’industrie et l’innovation et « hisser la France au meilleur niveau de la compétition mondiale » dans les dix ans à venir. Il s’agit ni plus ni moins de refaire de la France une grande nation industrielle.

 

François Hollande et Nao le robot.

 

Je vous donne quelques exemples dans le domaine des transports : le développement de dirigeables pour transporter les charges lourdes, la production d‘avions électriques, la voiture pour tous qui consomme moins de deux litres aux cent kilomètres. La voiture sans pilote qui conduit toute seule.

Dans le numérique : l’éducation à distance, les services sans contacts, la robotique, la réalité augmentée, les objets connectés.

Plus toute une série de projets dans le domaine de l’écologie, de l’isolation des bâtiments à la création de textile innovants etc… etc… en tout il y aurait de quoi créer et sauver 480 000 emplois, avec des exportations qui pourraient rapporter 17 milliards d’euros par an à la France. Chaque projet sera piloté par un chef de file qui sera dans la plupart des cas un industriel, chargé de former une équipe, de définir un calendrier et de prévoir des financements.

D’ores et déjà le gouvernement a débloqué 3,5 milliards d’euros pour stimuler les premières initiatives.

Un air de plan Marchal .

Présent sur place le patron des patrons a déclaré que tout cela était très positif mais que rien ne serait possible sans d’une baisse « des charges (du) coût du travail » pesant sur les entreprises. Que voulez-vous on ne se refait pas…

Je ne sais pas si François Hollande en a discuté avec Elio Di Rupo, mais ça ressemble furieusement au plan Marchal qu’il y avait initié pour la Wallonie en 2004. Le tout est de voir maintenant si ça va marcher.

A quelle échéance ?

François Hollande ne pense pas, ni même n’espère pas, que tous ces projets aboutiront sous sa présidence.  Comme l‘a dit le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg  Il n’est : « pas certain que ces 34 plans industriels seront à coup sûr 34 tirs au but, mais si nous pouvions en marquer 20 à 25 dans les cinq à dix ans, nous saurons déjà que la France se sera relevée »…

 Rendez-vous donc dans 10 ou plutôt dans 20ans, pour tirer le bilan, mais je peux déjà vous dire une chose : ce ne sera plus le même ministre, ni le même président, ni le même journaliste…Le seul qui sera peut-être encore là,  c’est le petit robot humanoïde Nao qu’on a présenté  à François Hollande à l’Elysée, ils ont échangés quelques mots et ils avaient l’air de bien s’entendre … d’ailleurs dans 20 ans c’est Nao qui sera président !

 

La rencontre Hollande-Nao :  

 http://www.francetvinfo.fr/economie/video-francois-hollande-rencontre-un-robot-a-l-elysee_410087.html

Nice : des Congolais dans la nature

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 septembre 2013 14h22 | Comments Off on Nice : des Congolais dans la nature

10 athlètes congolais venus participer aux jeux de la Francophonie qui se déroulent à Nice jusqu’au 15 septembre, ont disparu dimanche. Ils pourraient rejoindre la cohorte des sportifs africains, victimes de pseudos agents qui leur font miroiter monts et merveilles.

 

 Sept joueuses de l’équipe de basket, deux cyclistes et un footballeur.

Ils étaient là samedi pour  l’inauguration des 7 ème jeux de la francophonie, et dimanche ils avaient disparu.  « Nous sommes inconsolables car notre équipe de basketteuses était qualifiée pour le quart de finale de ces Jeux ! », a indiqué à l’AFP Barthélémy Okito Oleka, le chef de la délégation. Il est vrai qu’avec 7 joueuses en moins l’équipe de basket c’est plus tout à fait ça…

 Il ajouté dans cette interview que les sportifs avaient reçus dès leur arrivée1000 euros chacun pour couvrir leurs frais, les fuyards ont donc trouvé moyen de les employer utilement.

 Un miroir aux alouettes ?

 A la grande époque de l’Union Soviétique la délégation confisquait les passeports des athlètes, on ne sait pas si les officiles congolais avaient gardé ceux de ses champions, mais qu’importe, une fois leur visa expiré c’est un destin de clandestin qui les attend. Et c’est là que l’histoire burlesque en apparence devient beaucoup moins drôle. Souvent les fuyards tombent entre les mains de véritables trafiquants de sportifs, qui leur promettent une carrière fabuleuse en Europe.  Malheureusement le plus souvent ça se termine dans la misère.

 Visas belges.

Indirectement la Belgique a une part de responsabilité dans cette affaire car c’est elle qui leur a délivré les visas pour l’Europe. En effet les pays de l’espace Schengen accordent un seul visa pour tous les pays européen ayant signé l’accord de Schengen. Pour des raisons historiques c’est la Belgique ancienne puissance coloniale qui délivre ces visas pour les habitants de la région de grand lac depuis une maison Schengen situé Kinshasa. Sur les 106 demandes déposées, 25 n’avaient pas été acceptées, soit à cause du jeune âge des athlètes, soit parce qu’ils figuraient sur une liste de noms susceptibles de disparaître une fois sur place. Cette vigilance n’a visiblement pas été suffisante.

Wanted basketteuses.

Une enquête a été ouverte par la police française, à Nice mais ces disparitions ne sont pas considérées comme inquiétantes, et sur la Côte d’Azur la police a d’autres chats à fouetter …conséquence : les athlètes courent toujours ( ce qui est assez dans leur nature…). Reste le système D, le porte-parole de la fédération a demandé à la communauté congolaise installée en France de l’aider à retrouver ses basketteuses. Quant aux cyclistes et au footballeur, j’ai, l’impression qu’ils ont fait une croix dessus. Compte tenu de leurs disciplines respectives, il n’est pas impossible qu’on les retrouve… en Belgique !  

 

Beigbeder dévoile le nouveau « Lui »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 septembre 2013 15h31 | Comments Off on Beigbeder dévoile le nouveau « Lui »

Léa Seydoux

L’écrivain Frederic Beigbeder a annoncé qu’il  allait relancer le mensuel « Lui » célèbre durant les années 70-80. Un premier numéro est sorti avec Léa Seydoux en couverture. Ça peut paraitre un pari fou, car aujourd’hui les magazines de charme sont beaucoup plus osés que ne l’était « Lui « à l’époque. Mais Beigbeder a également des ambitions intellectuelles.

 

Marlène Jobert

 

Frederic Beigbeder se répand dans la presse parisienne pour raconter qu’il a connu l’un de ses émois les plus forts en découvrant en 1979 un exemplaire de « Lui » « le magazine de l’homme moderne » posé négligemment une la table basse , dans l’appartement de son père. Sur la couverture,  Marlène Jobert dans le plus simple appareil. Depuis il a conservé une sorte d’obsession pour les taches de rousseurs. Ça n’a rien d’original dans sa génération.  Je me souviens encore  avec émotion du « Lui » de février 1975, où l’on découvrait la chanteuse Dani, la poitrine affleurant à la surface d’un lac, une véritable sirène. Ça vous laissait sans voix. . Et un peu sourd peut être… J’en  connais d’autres qui ont gardé précieusement le numéro de 1981, avec les photos de Véronique Genest, (oui, oui, LA Véronique Genest.)

Veronique Genest

Des pages très bien fréquentées.

A l’époque c’était un honneur pour une actrice que de se découvrir dans « Lui ». Bardot, Birkin, bien sûr mais aussi Isabelle Huppert,  Anne Parillaud et bien d’autres. Beigbeder à raison il y avait  un côté chic et intello dans « Lui ».  Rendez-vous compte que le premier critique cinéma ne fut autre que François Truffaut, et que parmi ses rédacteurs en chef il y eu Jacques Lanzmann, le parolier de Dutronc : «  il est 5 heures paris s’éveille ! »  

Je me souviens quand  j’avais 15 ans de ce messieurs en costume trois pièces,  couleur gris souris, qui prenaient  l’avion avec un « Lui » sous le bras. Au sommaire on trouvait en général une actrice dénudée, une enquête sur  l’assassinat de Kennedy et une interview d’homme politique à la mode,  comme Giscard ou Rocard.

Mais ce temps-là est révolu et Beigbeder oublie de dire que ces 20 dernières années, il y a eu plusieurs tentatives de relance de « Lui » qui se sont toutes soldées par des échecs.

 Un défi osé.

 Alors bien sûr, je pense que de nombreux lecteurs se précipiteront en ce mois de septembre pour découvrir la plastique superbe de Léa Seydoux, mais il va falloir alimenter, tenir la distance, surtout avec un tirage de 100 000 exemplaires mensuels. L’esthétique très sage qui enthousiasmait  «  l’homme moderne », ne correspond pas forcément aux attentes de l’homme post moderne.

 Remarquez  il y avait tout un débat à l’époque sur la moralité de l’exposition ou non des toisons pubiennes… La mode de l’épilation brésilienne a réglé le problème.  

Quant au rôle éducatif et initiateur de « Lui », comment dire ?

 Jeunes amis boutonneux, avides de découvertes, juste un conseil : pour l’anatomie, l’extérieur, «  Lui » c’est très bien !

 Mais si vous voulez vraiment savoir ce qui se passe à l’intérieur de ces êtres étranges… c’est pas  « Lui » qu’il faut lire, c’est « Elle » !

 

 

Le sarkothon est terminé !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 septembre 2013 10h34 | Un commentaire>

Après huit semaines de collecte, l’UMP a réussi à réunir les 11 millions d’euros nécessaires, après l’invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.  Le président de l’UMP Jean-François Copé l’a annoncé officiellement au Touquet,  à l’occasion du « campus des jeunes » de son parti.

 

Jean François Copé, président de l’UMP.

 Jean François Copé a déclaré devant les jeunes de son parti, que c’était la première fois sous la Vème République qu’un parti réussissait une telle collecte fonds. Il a très probablement raison. Car c’était aussi la première fois qu’un candidat majeur, et qui plus est un président de la République sortant, voyait ses comptes de campagne retoqués par le conseil constitutionnel. C’était quand même « un peu la honte ».

Candidat ou président ?

 Le conseil, gardien de la constitution, reprochait en fait à Nicolas Sarkozy d’avoir confondu une partie de ses comptes avec ceux de l’Elysée, il pointait notamment des meetings et des déplacements payés par l’Etat, alors que le président était déjà manifestement en campagne, même s’il ne l’avait pas déclaré officiellement. Conséquence le conseil a refusé que les frais de campagne de Sarkozy soient remboursés à hauteur de 11 millions, comme la loi le prévoit. Le parti avait jusqu’au 30 septembre pour réunir ces fonds, et ce sera donc chose faite. Dès hier Nicolas Sarkozy a rédigé un message de remerciement sur tweeter, (il est bien aimable), et il enverra  ces jours prochains une lettre personnelle à chacun des donateurs.

  Avec la réussite de cette collecte on peut dire comme l’a fait Jean-François Copé, que le parti est sauvé, d’autant qu’il a du faire par ailleurs un emprunt de 55 millions pour apurer ses comptes. En effet il n’y a pas eu que Nicolas Sarkozy à connaître l ‘an dernier, le goût amer de la défaite, ce fut aussi le cas de son parti, lors des législatives qui ont suivi la présidentielle. En France le financement des partis (comme en Belgique ) est lié aux résultats électoraux. Moins d’électeur égale moins d’argent !  

Copé ? Iznogoud ?

 Paradoxalement le succès du Sarkothon, pourrait bien marquer un coup de frein aux velléités de retour de Nicolas Sarkozy. Jean François Copé a acquis une nouvelle dimension, il passe désormais pour le sauveur du parti, alors que Sarkozy a failli en être le fossoyeur. Car bien sûr il n’aurait pas remboursé de sa poche.  

Au Touquet, quelques militants n’hésitaient pas à dire qu’ils en voulaient à l’ancien président de les avoir mis dans une telle situation.

«  Il aurait pu faire attention ! » cette fois ils ont payé, mais il n’est pas sûr qu’ils soient près à remettre la main au portefeuille pour d’autres campagnes.

Or les municipales se profilent à l’horizon et la prochaine présidentielle sera lancée dans un peu plus de trois ans, et l’UMP envisage déjà de faire de nouveau appel à la générosité de ses supporters.

« Plaie d’argent n’est pas mortelle » dit la sagesse populaire.

Peut-être mais Napoléon disait lui que l’« argent est le nerf de la guerre »… et j’ajouterais, de la guerre politique aussi !